Stratégie binationale relative aux toxiques dans les Grands Lacs

Introduction

La Stratégie binationale relative aux toxiques dans les Grands Lacs instaure un cadre d’action pour réduire ou éliminer les substances toxiques persistantes, en particulier celles qui sont bioaccumulables *, dans l’écosystème des Grands Lacs. Signée le 7 avril 1997, elle est le fruit des efforts conjoints du Canada et des États-Unis.

La Stratégie fixe des défis en matière de réduction des substances toxiques persistantes qui ont été ciblées initialement en vue de leur élimination : aldrine/dieldrine, benzo[a]pyrène, chlordane, dichlorodiphényltrichloroéthane, hexachlorobenzène, alkylplomb, mercure et composés, mirex, octachlorostyrène, diphényles polychlorés, dioxines et furanes, toxaphène. Ces substances ont été associées à des effets nocifs à long terme et généralisés sur les espèces sauvages des Grands Lacs et, du fait de leur bioaccumulation, elles constituent une menace à la santé humaine. C’est la première fois que des cibles de réduction précises ont été fixées conjointement par les deux pays.

Reconnaissant que l’élimination est un but à long terme, la Stratégie fournit un cadre d’action en vue de l’atteinte d’objectifs de réduction quantifiables. Elle autorise une certaine souplesse en ce qui a trait à la révision des objectifs, des échéanciers et de la liste des substances. L’établissement de mesures de base pour suivre et évaluer les progrès accomplis dans l’obtention des réductions visées constitue également un élément clé de la Stratégie.

Dès le départ, conscients que les gouvernements fédéraux ne peuvent agir seuls pour éliminer les substances toxiques persistantes, l’US Environmental Protection Agency (USEPA) et Environnement Canada (EC) ont demandé aux États et à la Province de l’Ontario, aux tribus et aux Premières nations, aux intervenants de l’industrie, aux groupes environnementaux et aux autres parties intéressées de les épauler, la coopération de tous les secteurs de la société étant essentielle au succès de cette vaste entreprise. En mettant en œuvre la Stratégie, les deux pays contribuent à perpétuer ce partenariat vital.

La Stratégie a été élaborée sous l’égide du Comité exécutif binational (CEB), qui a pour mandat de coordonner l’application des aspects binationaux de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs (AQEGL). Le CEB est coprésidé par EC et par l’USEPA; ses membres comptent des représentants des États riverains des Grands Lacs, de la Province de l’Ontario ainsi que d’autres organismes fédéraux du Canada et des États-Unis.

Le but de la Stratégie binationale est de mettre en place un processus de collaboration dans le cadre duquel le Canada et les États-Unis œuvreront en vue d’éliminer du bassin des Grands Lacs les substances toxiques persistantes, en particulier les substances bioaccumulables, issues de l’activité humaine, et de protéger et préserver la santé et l’intégrité de l’écosystème des Grands Lacs. L’atteinte de l’objectif d’élimination sera assurée par un ensemble de programmes et de mesures, mais l’accent sera mis en priorité sur la prévention de la pollution.

La Stratégie réaffirme l’engagement des deux pays à l’égard de la saine gestion des substances chimiques, telle que définie dans Action 21 (Plan d’action global pour le développement durable au 21e siècle) et préconisée à la Conférence des Nations Unies de 1992 sur l’environnement et le développement. Elle sera également guidée par les principes mis de l’avant par le Groupe de travail sur l’élimination virtuelle de la Commission mixte internationale (CMI) dans le Septième rapport biennal sur la qualité de l’eau dans les Grands Lacs et par les engagements pris aux termes du Traité des eaux limitrophes internationales de 1909.

* La bioaccumulation est l’accumulation d’une substance, telle une substance chimique toxique, dans les tissus d’un organisme vivant : la bioaccumulation du mercure dans les poissons en est un exemple.

Publications

Liens connexes