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Atlas climatique des glaces de mer pour la Côte Est 1981-2010

Le Régime des glaces

Le régime des glaces

Quand on examine le régime des glaces dans une région telle que le golfe du Saint-Laurent ou les eaux qui entourent Terre-Neuve, on constate qu’il y a deux facteurs climatiques principaux qui le régissent. D’abord, les températures moyennes durant l’hiver ne descendent pas beaucoup au-dessous du point de congélation et, comme résultat, les hivers froids ou doux ont un effet très important sur l’étendue et l’ampleur de la couverture de glace. Le second facteur climatique est le fait que, durant l’hiver, les vents provenant de l’ouest au nord sont presque toujours froids et secs alors que ceux venant de l’ouest au sud au nord-est sont doux et humides. Cette situation est un facteur déterminant de l’emplacement des zones de dispersion et de congestion des glaces.

Les cartes « dates de l’englacement et du déglacement » représentent les configurations d’englacement et de déglacement sur les eaux du littoral est du Canada. On trouve ensuite les cartes hebdomadaires « Médiane sur 30 ans de la concentration des glaces » et « Médiane sur 30 ans du type de glace prédominant en présence de glace » dans l’est du Canada. Elles servent de base au texte. D’autres types de statistiques ont également été produits pour cet atlas. Ces deux séries de cartes sont suivies des cartes « Fréquence sur 30 ans de présence de glace de mer (%) » . Celles-ci indiquent la probabilité de présence de glace à un endroit donné autour de la date indiquée. On a ajouté une nouvelle carte à cet atlas, soit : « Médiane de la concentration des glaces en présence de glace » . Elle est un complément à la carte « Médiane sur 30 ans du type de glace prédominant en présence de glace », et elle servira à évaluer la médiane de la concentration des glaces en présence de glace.  Viennent ensuite les cartes « Fréquence sur 30 ans de présence de vielle glace (%) » . Même si cela ne survient pas fréquemment, il y a eu dérive de vieille glace dans le bras nord-est par le détroit de Belle Isle. Des floes de vieille glace ont alors dérivé vers la côte nord de l’île d’Anticosti au début de juin.

Le Golfe du Saint-Laurent

Cette section couvre l’estuaire du Saint-Laurent à l’est de Québec, tout le golfe du Saint-Laurent, les eaux au sud de la Nouvelle-Écosse, et les eaux au sud de Terre-Neuve vers l’est jusqu’aux îles de Saint-Pierre et Miquelon.

Évolution normale

La première formation de glace dans cette région se produit dans le Saint-Laurent lui-même au cours de la deuxième semaine de décembre, et les floes descendent vers l’aval pour atteindre la région de Québec un peu après le milieu du mois. Cette glace, mince, est principalement de la glace d’eau douce; elle s’étend graduellement vers l’aval sous l’effet du vent et du reflux des marées. Dans la quatrième semaine de décembre, elle atteint l’embouchure du Saguenay et se mélange avec la glace d’eau salée qui s’est formée dans cette partie de l’estuaire. La formation de nouvelle glace survient d’abord dans les régions côtières, puis s’étend vers la mer. En raison des courants et des vents dominants d’ouest et de nord-ouest, la croissance de la glace dans l’estuaire du Saint-Laurent s’étend plus rapidement vers l’est sur la rive sud, et atteint le rivage nord de la péninsule gaspésienne vers la fin de décembre.

À la troisième semaine de décembre, la glace commence à se former dans les eaux côtières peu profondes du Nouveau-Brunswick. Au cours de la dernière semaine de décembre, de la glace nouvelle commence à s’étendre vers le large, le long de la côte du Nouveau-Brunswick, et se forme dans les régions côtières du détroit de Northumberland. À la fin de décembre, le détroit de Northumberland est partiellement recouvert de glace nouvelle et de glace grise. Tout le détroit est couvert de glace durant la première semaine de janvier.

Durant la dernière semaine de décembre, de la glace nouvelle commence à se former dans le détroit de Belle Isle ainsi que le long de certaines régions de la rive nord du golfe du Saint-Laurent. À la fin du mois, les concentrations les plus élevées se trouvent dans le détroit de Northumberland, dans les zones côtières du Nouveau-Brunswick, le long des rives sud de l’estuaire du Saint-Laurent et de la baie des Chaleurs, et dans certaines des parties côtières de la rive nord du golfe. La plus grande partie de cette glace est nouvelle et grise, et le contour de la banquise côtière s’établit.

Au début de janvier, dans la partie sud-ouest du golfe, la concentration de la couverture de glace augmente plus rapidement que son extension. Tandis que la glace s’éloigne des rives, les eaux plus chaudes ont tendance à faire fondre la glace. En janvier, la croissance et l’extension de la glace évoluent vers l’est dans le golfe plus rapidement que vers le sud à partir de la rive nord. Au milieu du mois, la lisière de la glace a atteint cap North et s’éloigne vers le nord, par l’entremise du détroit d'Honguedo, en direction de l’extrémité ouest de l’Île d’Anticosti.. À ce moment, les concentrations de glace ont atteint le stade de banquise très serrée dans le détroit du Northumberland, dans la baie des Chaleurs, et dans la majeure partie de l’estuaire, tandis que les concentrations les plus faibles se trouvent dans la partie nord de l’estuaire, ainsi que le long de la lisière des banquises. Toutefois, une grande partie de cette glace est de la glace nouvelle ou de la glace grise, mais de la glace blanchâtre s’est formée dans des parties du détroit de Northumberland ainsi que le long des rives sud de l’estuaire du Saint-Laurent et de la baie des Chaleurs. Le long de la rive nord, l’extension de la glace n’est que de 10 à 20 km, sauf dans le bras nord-est, où elle est plutôt de 25 à 40 km. Ici la glace est généralement lâche ou serrée, mais elle est très serrée dans le bras nord-est où elle est généralement nouvelle ou grise.

À la fin de la troisième semaine de janvier, la lisière de la glace a atteint East Point sur l’Île-du-Prince-Édouard, puis s’étend  vers le nord en direction de l’extrémité sud-est de l’île d’Anticosti, et ensuite vers le nord-est, près de la péninsule Pointe Riche sur la côte ouest de Terre-Neuve.  Les concentrations de glace de cette banquise sont habituellement très serrées. Cependant, la glace est plus lâche de 20 à 50 km de la lisière. Les types de glace prédominants continuent d’être la glace grise, avec de la glace blanchâtre dans le détroit de Northumberland et le long des rives sud de l’estuaire du Saint-Laurent et de la baie des Chaleurs, ainsi que dans la région sud du détroit de Belle Isle. En raison des vents prédominants du nord-ouest et des courants marins qui suivent le chenal Laurentien, la glace blanchâtre provenant du détroit d’Honguedo a tendance à dériver vers le sud-est en se dirigeant vers la rive-nord des îles de la Madeleine. Vers la fin de janvier, la glace atteint le cap Nord, puis commence à se déplacer vers la partie de l’ouest du détroit de Cabot. Il ne fait pas de doute que le courant qui contourne le cap Anguille et circule vers le nord au large de la côte ouest de Terre-Neuve a un effet retardateur sur la formation de la glace de la péninsule Pointe Riche. À la fin de janvier, de la glace blanchâtre commence à apparaître dans la partie ouest du golfe, dans le détroit d’Honguedo, dans le bras nord-est et le long de la côte ouest du cap Breton.

Durant la deuxième semaine de février, la glace qui dérive vers le sud par le détroit de Cabot arrive aux abords de Sydney et y demeure jusqu’à la première semaine d’avril.  La couverture de glace continue à croître et à s’épaissir à mesure qu’elle s’étend pour couvrir la quasi-totalité des autres régions du golfe dans la troisième semaine de février. Il y a une exception, un chenal côtier de 10 à 30 km le long de la côte de Terre-Neuve, au sud de cap St-George. Au début de février, la glace grise et blanchâtre prédominent habituellement dans la banquise. Cependant, la glace mince de première année se forme graduellement durant ce mois. À la fin de la troisième semaine de février, on trouve de la glace mince de première année dans le détroit de Northumberland, le long de la côte nord-ouest du cap Breton, le long de la côte nord des Îles de la Madeleine, le long de la côte ouest de Terre-Neuve, et le long de la rive-sud de la baie des Chaleurs et de l’estuaire. Dans les parties nord de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent, la glace nouvelle et la glace grise restent les types prédominants. La raison pour laquelle la glace reste mince est que les brises de terre la poussent vers le sud.

De la fin de février jusqu’au milieu de mars, la glace du golfe a atteint son étendue maximale mais continue tout de même à s’épaissir et la majorité de celle-ci atteindra le stade de glace de première année. Cependant, en raison de la dérive continue de la banquise vers le sud dans le golfe, la glace reste blanchâtre dans les parties nord-ouest. Le chenal qui longe la côte ouest de Terre-Neuve, particulièrement au nord de la péninsule de Port au Port, est fermé et une certaine quantité de glace dérive dans le détroit de Cabot.

Dispersion et fonte normales

La dispersion de la glace commence à la fin de février et se constate d’abord dans l’estuaire près de l’embouchure du Saguenay, où la glace devient très lâche. La remontée d’eau chaude, sous l’effet de la marée, à l’extrémité ouest du chenal profond qui traverse l’estuaire et l’élévation de la température de l’air avec le printemps en sont la cause. Cette remontée est une particularité de l’emplacement et une certaine quantité d’eau libre est presque toujours présente dans cette zone. La neige et la glace réfléchissent une grande partie du rayonnement solaire; l’absence de glace accélère ainsi le réchauffement solaire de l’eau. Les ouvertures dans la couverture de glace sont donc extrêmement importantes au printemps, car elles agissent comme centres de fonte de la glace. Cette réduction de la concentration de la glace est lente jusqu’à la deuxième semaine de mars, puis s’accélère graduellement. Au milieu de mars, il existe de grandes zones d’eau libre sur le côté nord de l’estuaire du Saint-Laurent et le long de la rive nord jusqu’à Natashquan et au sud de l’île d’Anticosti. À ce moment, la glace est lâche ou très lâche dans le reste de l’estuaire et le détroit d’Honguedo, sauf le long de la rive nord de la péninsule de Gaspé. La concentration de la glace le long de la principale voie de navigation au centre du golfe diminue rapidement. Durant la seconde moitié de mars, on constate une réduction de la concentration médiane de la glace au centre du golfe, mais la congestion persiste dans le sud-ouest et dans le bras nord-est.Étant donné que la glace mince fond et se décompose plus rapidement, les types de glace prédominants sont les types plus épais. La concentration de la glace dans le détroit de Northumberland commence à diminuer au cours de la troisième semaine de mars à l’extrémité ouest, et progresse vers le sud-est. À la fin de mars, l’estuaire est généralement libre de glace et la lisière interne de la glace a dépassé l’île d’Anticosti.

Dans les premiers jours d’avril, la principale voie de navigation dans le golfe se dégage, créant deux zones de glace : le sud-ouest du golfe et les eaux entourant le cap Breton d’une part, et la zone s’étendant de la péninsule de Port au Port jusqu’au détroit de Belle Isle d’autre part. Après cette séparation, la navigation dans l’estuaire est sans entraves, et il n’y a pas de nouvelles formations de barrières de glace dans la voie de navigation. De ces deux zones, c’est dans le sud-ouest du golfe que la glace fond en premier. Habituellement, la glace dans le détroit de Northumberland et autour de l’île du Cape Breton fond autour de la mi-avril. À ce moment, la seule glace résiduelle est la banquise côtière en décomposition qui finit de fondre à la dernière semaine d’avril.

La dernière zone à perdre sa couverture de glace est le bras nord-est. La glace en régression fond graduellement vers le nord durant le mois d’avril, et jusque durant le mois de mai. À la troisième semaine de mai, toute la glace de mer a fondu, mais les icebergs peuvent présenter un danger pour la navigation au cours de l’été. La date à laquelle les dernières glaces disparaissent peut varier grandement. En 1991, la glace de mer est restée présente dans le bras nord-est jusqu’au milieu de juillet et, l’année suivante, la glace de mer du détroit de Belle Isle n’était complètement fondue qu’à la fin de juillet.

Caractéristiques de la glace dans la région

N’ayant qu’une extension limitée dans la plupart des zones côtières, la banquise côtière ne s’étend pas très loin dans le golfe. Elle occupe toutes les petites baies et tous les petits passages de Gaspé au cap Nord, de Pointe-des-Monts à Blanc Sablon, et du cap Anguille à Flower’s Cove. La fonte sur place est le processus de désintégration normal dans ces zones restreintes.

Dans l’estuaire, la tendance de la glace à se déplacer vers l’est est très évidente. Les chenaux sont nombreux le long de la rive entre Pointe-des-Monts et le Saguenay, et la congestion est courante le long de la Gaspésie. Les mouvements du vent et de l’eau contribuent à ce déplacement en produisant une congestion de glace épaisse qui suit la rive pour pénétrer dans la partie principale du golfe. Une zone de glace très difficile se crée sur toute l’entrée de la baie des Chaleurs quand une partie de la glace épaisse provenant du détroit d’Honguedo pénètre dans la zone. À mesure que la glace progresse vers le sud et le sud-est pour pénétrer dans le centre du golfe en se combinant avec la formation de nouvelle glace, elle produit une couverture de glace faite de grands floes de glace épaisse du détroit d’Honguedo à l’île du Cape Breton. Des chenaux et des zones de glace dispersée se créent le long des rives du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard sous l’effet du vent mais, en général, la partie sud-ouest du golfe devient congestionnée par une glace épaisse constituée de très grands floes qui peuvent exercer une pression considérable sur l’île du Cape Breton et les rives nord-ouest des îles de la Madeleine.

Dans le nord-est du golfe, le mouvement de la glace est beaucoup plus limité par la dérive d’ouest en est produite par le vent, ce qui entraîne une congestion occasionnelle dans la zone de la baie des Îles. Il y a généralement une zone de glace épaisse et déformée qui s’étend vers le nord à partir de la péninsule de Port au Port. Des chenaux côtiers peuvent se créer dans cette zone quand les vents d’est sont prédominants, mais le déplacement latéral de la glace le long de la côte n’est pas fréquent.

De très grands floes, appelés localement « battures »  se rencontrent parfois dans le nord-ouest du golfe du Saint-Laurent en mars. Ce sont des fragments qui se sont détachés de la banquise côtière qui se forment au-dessus des hauts-fonds le long de la rive-sud de l’estuaire et qui ont ensuite été délogés par les marées printanières durant les périodes de temps doux. Les battures sont caractérisées par leur taille, leur rugosité et leur saleté, et peuvent porter une épaisse couche de neige qui les rend très difficiles à pénétrer. Elles sont une grande nuisance et un danger pour la navigation.

Dans le golfe du St-Laurent, la glace est mobile et libre de se déplacer. Les floes sont généralement plus petits que ceux de l’Arctique canadien. La formation de crêtes de glace peut par conséquent être considérable, mais sans atteindre de grandes hauteurs. Les crêtes dépassent rarement 2 mètres, et la plupart ont moins d’un mètre. Toutefois, dans les conditions de pression extrême le long de rives exposées au vent, telles que la côte ouest de Terre-Neuve, les floes peuvent former des empilements jusqu’à 13 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les mares sont rarement très développées sur la glace du golfe. La glace fond surtout par le dessous à cause de l’eau chaude ambiante plutôt qu’en surface à cause de l’absorption de chaleur par les mares.

Quand la glace dérive dans l’Atlantique par le détroit de Cabot, les courants marins favorisent la dérive vers le sud au-delà de Sydney, jusque dans la région de l’île Scatarie. La zone entière du détroit ne devient couverte de glace que si le vent maintient celle-ci contre la côte de Terre-Neuve. Quand le vent tombe ou change de direction, les courants entrants qui contournent le cap Ray créent rapidement un chenal vers le nord, jusqu’au cap Anguille et, à terme, jusqu’au cap St-George. L’hiver, il s’établit généralement un régime général de dérive de la glace après que celle-ci a quitté la zone de l’île Scatarie. Certaines années, généralement les années froides, la banquise continue vers l’est, et elle a parfois atteint Saint-Pierre et Miquelon. D’autres années, quand les vents d’est sont courants, elle suit la côte du cap Breton, et la glace progresse vers l’ouest en direction de la baie Chédabucto et parfois le long de la côte de la partie continentale de la Nouvelle-Écosse. En 1987, la glace a rempli le port de Halifax et bloqué l’entrée du bassin de Bedford. Les faibles courants marins renforcés par le vent sont la cause de l’étendue de ce déplacement. La dérive se fait généralement vers le sud, mais la distance couverte n’est pas très grande.

Bien que la vieille glace ne soit pas normalement une grande préoccupation dans le golfe du Saint-Laurent, de la vieille glace peut dériver dans le bras nord-est par le détroit de Belle Isle. Certains de ces floes de vieille glace ont survécu à une dérive qui les a entraînés jusqu’à la rive nord de l’île d’Anticosti au début de juin 1991.

La houle créée par les tempêtes de l’Atlantique peut pénétrer par le détroit de Cabot et être la cause d’une fragmentation extrême des floes dans les régions des îles de la Madeleine et du détroit de Cabot.

Variabilité de la couverture totale de glace

Pour la période de 1981 à 2010, la couverture la plus importante de glace enregistrée durant une seule saison dans le Golfe du Saint-Laurent a été observée en 1989-1990. La couverture la plus faible observée a été enregistrée en 2009-2010.

La couverture de glace varie grandement d’une année à l’autre. Cependant, dans l’ensemble, les conditions étaient au-dessus de la normale de 1980-1981 à 1994-1995, puis au-dessous des conditions normales de 1995-1996 à 2009-2010.

On propose des exemples de l’état minimal et maximal des glaces pour l’ensemble de la région de la Côte Est pour illustrer l’étendue spatiale d’un tel état des glaces.

Eaux à l'est de Terre-Neuve et au sud du Labrador

Cette section couvre les zones du large au sud de la latitude 55°N jusqu’aux limites de la glace de mer, le long de la côte sud de Terre-Neuve jusqu’aux îles de Saint-Pierre et Miquelon à l’ouest, et dans le détroit de Belle Isle.

Évolution normale

Les variations de l’étendue des glaces sur ces eaux sont grandes car les vents et les températures influent beaucoup sur l’emplacement de la lisière. Lors d’un hiver froid, comme celui de 1990-1991, la glace peut être présente tardivement, jusqu’à la troisième semaine de juillet dans les eaux de l’est de Terre-Neuve. D’un autre côté, lors d’un hiver doux, comme celui de 2005-2006, la glace peut avoir disparue des eaux de l’est de Terre-Neuve avant la fin d’avril.

À cause de leur latitude, de leur éloignement de l’océan et de la faible salinité de leurs eaux, les régions de la baie Goose et du lac Melville sont les premières zones du Labrador qui gèlent, et elles sont toutes deux invariablement couvertes de glace à la mi-décembre. Le gel initial dans la baie Goose survient habituellement à la troisième semaine de novembre, mais la croissance est lente et l’épaisseur de la glace ne dépasse pratiquement jamais 30 cm avant la mi-décembre. La formation de la glace s’étend lentement sur le lac Melville, puisqu’elle est ralentie par les forts vents. La glace apparaît dans les eaux côtières durant la troisième semaine de décembre et s’étend vers le large. La lisière médiane de la glace s’étend vers le sud jusqu’à la partie nord du détroit de Belle Isle pour l’atteindre à la quatrième semaine de décembre, et l’extrémité nord de Terre-Neuve avant la fin du mois.

Au cours de janvier, la lisière moyenne de la glace progresse vers le large et s’étend vers le sud, atteignant la baie White et la latitude 50°N à la troisième semaine du mois. En deçà de 80 km de la lisière, la glace est parfois de la banquise serrée, ou moins serrée, et les types prédominants sont la glace nouvelle et la glace grise qui deviennent grise et blanchâtre au large du sud du Labrador. C’est à ce moment que la banquise côtière commence à se former entre les îles de la baie Notre Dame, où elle est normalement établie dès les premiers jours de février. La glace qui descend du nord se mêle à la glace en formation dans la baie Notre Dame durant la quatrième semaine de janvier. À la fin du mois, la banquise commence à dériver vers le sud-est à partir du cap Freels. La glace reste lâche jusqu’à environ 80 km de la lisière. Dans la plus grande partie des eaux de Terre-Neuve, les types prédominants sont la glace nouvelle et la glace grise, mais ont atteint les stades de glace blanchâtre et glace de première année au nord de la péninsule  Northern.

La ceinture de glace s’élargie considérablement en février. Sa limite sud atteint le cap Bonavista au milieu du mois et l’ile de Baccalieu à la fin du mois. La glace reste plus lâche près des lisières sud et est, avec des conditions très serrées dans la banquise même.Le long de la lisière sud on a généralement de la glace grise au début de février, mais de la glace blanchâtre et la glace de première année à la fin du mois.

L’étendue maximale de la glace vers le sud est atteinte entre la fin de février et le milieu de mars.

Dispersion et fonte normales

Le premier signe de déglacement se produit dans la baie Notre Dame vers le milieu de mars quand les chenaux d’eau libre commencent à s’élargir lentement. Durant la première moitié de mars, la vitesse de la fonte à la lisière de la glace augmente suffisamment pour équilibrer la dérive vers le sud, et une lente régression de la glace commence. Cette régression n’atteint que la latitude du cap Freels au milieu d’avril et le nord de l’île Fogo à la fin du mois. Durant cette période, toute la partie de la banquise qui est au sud du bras Hamilton se rétrécit sous l’effet de la fonte le long de la lisière est. La glace ne reste très serrée qu’au voisinage de la côte du Labrador. Ailleurs, la glace est surtout très lâche à serrée, la glace de première année étant le type principal, mais on peut parfois y retrouver quelques  floes de vieille glace.

La fonte s’accélère et, à la troisième semaine de mai, la lisière sud a reculé jusqu’au nord du détroit de Belle Isle. C’est cette fonte de la banquise qui expose les icebergs qui ont été transportés vers le sud par le courant du Labrador, et leur nombre dans les eaux de Terre-Neuve atteint son maximum à cette période de l’année.

Les courants marins qui sortent de l’inlet Hamilton contribuent à limiter les quantités de glace durant l’hiver. Durant la seconde moitié d’avril, l’eau libre est prédominante dans cette région, mais elle ne s’étend pas de façon appréciable avant le milieu de mai. La débâcle du lac Melville commence habituellement à la troisième semaine de mai, et prend fin environ deux semaines plus tard. La navigation sur le lac Melville peut nécessiter de pénétrer dans la banquise du large, à moins que les brises de terre ne créent un chenal le long de la rive, de Battle Harbour jusqu’à la baie Groswater. À ce moment, la banquise a généralement des concentrations très variables. La lisière sud de la banquise régresse jusqu’à la latitude 55°N environ durant la troisième semaine de juin.

Caractérisques de la glace dans la région

La formation de glace le long de la côte est de Terre-Neuve est relativement faible si on fait des comparaisons avec les concentrations plus importantes et la grande variété de types de glaces qui dérivent vers le sud dans cette région.

Le vent moyen dans la zone du détroit de Belle Isle provient du nord-ouest durant l’hiver mais, en avril, c’est un vent du nord-est. Dans les périodes de vent du nord-est, une partie de la glace de la côte du Labrador,dans laquelle on peut retrouver un peu de vieille glace et des icebergs, peut être entraînée dans le détroit de Belle Isle et dans le bras nord-est du golfe; elle est constituée de vieille glace et d’icebergs. Étant donné que cette glace provenant du Labrador est plus épaisse que celle qui s’est formée localement, le dégagement du détroit est ralenti quand ces intrusions se produisent.

La banquise côtière est surtoutlimitée de l’île Fogo jusqu’au sud de la baie Notre Dame. Il se forme également une banquise dans le sud de la baie White ainsi que dans les baies et ports le long de la péninsule Northern.

Les brises de terre peuvent pousser la glace vers le large. La concentration diminue à la lisière de la banquise, et des chenaux côtiers peuvent se développer de la baie White au cap Bauld et du détroit de Belle Isle vers le nord jusqu'à l’inlet Hamilton. Ces brises de terre font en sorte que la banquise se déplace vers le sud-est à partir du cap Freels et laisse la côte facilement accessible entre le cap Freels et le cap Race. D’autre part, les brises de mer peuvent rétrécir considérablement le chenal d’eau libre le long de la côte et rendre les conditions glacielles dangereuses pour la navigation. Quand c’est le cas, les principales baies de l’est de Terre-Neuve sont encombrées de glace serrée, les abords de St. John’s peuvent être congestionnés et la glace peut contourner le cap Race et dériver vers la péninsule Burin ou même les îles de Saint-Pierre et Miquelon.

De la vieille glace est imbriquée dans la banquise principale et dérive vers le sud à partir de la côte du Labrador ; elle peut parvenir a l’inlet Hamilton en avril. Elle n’atteint pas de proportions importantes avant le mois de mai, moment où la glace mince fond plus rapidement et où les concentrations moyennes diminuent. Toutefois, durant les années froides, où la glace est plus abondante, ces vieux floes peuvent limiter sérieusement la navigation. On a observé de la vieille glace dans les eaux au sud du Labrador jusqu’en août.

Variabilité de la couverture totale de glace

De 1981 à 2010, la couverture la plus importante de glace durant une seule saison dans le sud de la mer du Labrador a été observée en 1983-1984. La couverture la plus faible a été enregistrée en 2009-2010.

Dans l’ensemble, des conditions normales ou au-dessus de la normale ont été enregistrées pour la période de 1980-1981 à 1994-1995. Elles ont été sous la normale pour la période de 1995-1996 à 2009-2010.  

Pour cette période, la couverture de glace la plus importante durant une seule saison dans les Grands Bancs a été enregistrée en 1984-1985. La couverture la plus faible a été enregistrée en 2003-2004.

La couverture de glace varie grandement d’une année à l’autre. Cependant, dans l’ensemble, les conditions étaient normales ou au-dessus de la normale de 1980-1981 à 1994-1995, puis au-dessous des conditions normales de 1995-1996 à 2009-2010.  

On propose des exemples de l’état minimal et maximal des glaces pour l’ensemble de la région de la Côte Est pour illustrer l’étendue spatiale d’un tel état des glaces.