Programme de déclaration des émissions de gaz à effet de serre – Aperçu des données des installations pour l'année 2010


4 Variation à court terme, 2009-2010

Au cours de la dernière année, le total des émissions déclarées par des installations a augmenté de 10,8 Mt en équivalent CO2 (une augmentation de 4,3 % par rapport au total déclaré modifié pour 2009 de 251 Mt). Cette augmentation s'est produite dans tous les secteurs, à l'exception de la catégorie « Autres », qui incluent divers types d'installations, comme le transport du gaz naturel par gazoduc, les sites d'enfouissement des déchets solides et les universités (diminution de 0,9 Mt). Parmi les secteurs qui ont vu une augmentation de leurs émissions, le secteur de l'extraction minière, de l'exploitation en carrière et de l'extraction de pétrole et de gaz (6,2 Mt) et le secteur de la fabrication (3,0 Mt) ont affiché la plus forte hausse. Une augmentation des émissions de 2,5 Mt a été observée dans le secteur des services publics dans son ensemble.

L'augmentation des émissions déclarées peut s'expliquer par deux différents facteurs : un accroissement du nombre d'installations qui ont produit une déclaration et une augmentation des émissions des installations ayant produit une déclaration en 2009 et 2010. Le nombre d'installations qui ont fait une déclaration est passé de 533 à 537. Voici des exemples de certaines variations observées dans le nombre d'installations ayant produit une déclaration entre 2009 et 2010 qui ont eu une incidence sur cette variation globale :

  • comparativement à l'année dernière, 14 installations de fabrication de plus ont produit une déclaration;
  • en 2010, dix installations d'extraction minière, d'exploitation en carrière et d'extraction de pétrole et de gaz de plus ont produit une déclaration;
  • le nombre d'installations qui ont produit une déclaration dans le secteur des services publics a baissé de 25 : ces installations ont choisi de ne pas refaire de déclaration volontaire en 2010. Les émissions de ces 25 installations représentaient 0,06 Mt de GES en 2009.

Onze installations ont déclaré leurs émissions de 2009 en même temps que leurs émissions de 2010. L'accroissement du nombre d'installations ayant produit une déclaration (à la fois les déclarants volontaires et les installations tenues de présenter une déclaration) peut être en partie attribuable à la nouvelle réglementation en matière de déclaration adoptée par l'Ontario et la Colombie-Britannique ainsi qu'à une meilleure connaissance des exigences de déclaration fédérales et provinciales de la collectivité réglementée. Ces deux provinces exigent désormais que les installations déclarent leurs émissions de GES et les renseignements connexes, en commençant par les renseignements pour 2010. Les seuils de déclaration de la Colombie-Britannique et de l'Ontario sont inférieurs au seuil fédéral de 50 kt.

Lorsqu'on comprend les variations à court terme par rapport à des installations comparables, on peut brosser un tableau plus précis de la variation globale dans les émissions déclarées, puisqu'on élimine la variabilité dans le nombre d'installations qui font des déclarations chaque année. Les « installations comparables » sont celles qui ont déclaré des émissions de GES pour chaque année analysée, et l'analyse à court terme incluse dans la présente section du rapport repose sur des installations qui ont fait une déclaration à la fois en 2009 et en 2010. Pour 2009 et 2010, il existe 476 installations comparables, et leurs émissions comptaient pour 99 % du total des émissions déclarées pour ces deux années.

Entre 2009 et 2010, le total des émissions déclarées par les installations comparables affiche une augmentation globale de 8,2 Mt (ou 3,3 %). Le dioxyde de carbone (CO2), représentant la majeure partie des émissions déclarées (94 %), a augmenté de 9 Mt (ou 3,9 %). Les émissions d'hydrofluorocarbures (HFC) déclarées ont également augmenté entre 2009 et 2010, en grande partie en raison de deux installations qui ont accru leur utilisation d'hydrofluorocarbures. Ceci n'est pas nécessairement révélateur d'une tendance nationale globale des émissions d'hydrofluorocarbures.

On a enregistré une augmentation nette des émissions déclarées par des installations comparables dans les secteurs de l'exploitation minière, de l'exploitation en carrière et de l'extraction de pétrole et de gaz (4,9 Mt), de la fabrication (2,4 Mt), et des services publics (2,0 Mt) (Tableau 2). Parmi les facteurs potentiels pouvant expliquer ces variations dans les émissions déclarées, on retrouve la variabilité dans les volumes de production ou les activités (p. ex. augmentation de la demande en raison de facteurs économiques, diminution des périodes d'arrêt).

Tableau 2 : Variations à court terme, par secteur défini dans le SCIAN,4 pour des installations comparables*, 2009-2010

Secteurs de l'industrie, groupé par code SCIANNombre d'installationsÉmissions (kt en équivalent CO2)
SCIANDescription SCIAN20092010Écart
21
Extraction minière, exploitation en carrière et extraction de pétrole et de gaz
138
61 759
66 608
4 849
22
Services publics
87
101 935
103 950
2 056
31-33
Fabrication
195
73 727
76 172
2 445
Autre
Autres**
56
12 081
10 951
-1 171
 Totaux
476
249 503
257 682
8 179

*Les installations comparables sont les 476 installations ayant produit une déclaration à la fois en 2009 et en 2010.

**La catégorie « Autres » comprend divers types d'installations, comme le transport du gaz naturel par gazoduc, les sites d'enfouissement des déchets solides et les universités.

Les dix industries montrant les variations les plus importantes dans les émissions (Figure 4) ont enregistré une augmentation générale des émissions de 7,9 Mt (ce qui représente 97 % de la hausse totale à court terme). Le secteur de l'extraction de pétrole par des méthodes non classiques arrive en tête avec une hausse de 4,0 Mt des émissions, suivie d'une hausse de 2,5 Mt des émissions des usines métallurgiques et de la fabrication des ferro-alliages. Les émissions des installations du secteur de la production d'électricité à partir de combustibles fossiles ont augmenté de 1,2 Mt.

L'augmentation des émissions dans le secteur de l'extraction de pétrole par des méthodes non classiques s'explique par l'augmentation de la production de bitume (20 %) et de pétrole synthétique (environ 4 %) entre 2009 et 2010.7

À l'échelle nationale, les ventes manufacturières ont connu une hausse de 8 %,8 ce qui contribue à l'augmentation des émissions de 3,2 % depuis 2009. La production nationale d'acier, en réponse à la demande pour des produits de l'acier provenant de divers secteurs, a augmenté de façon appréciable (41 %).9 L'exportation de tuyaux et tubes en acier, principalement vers les États-Unis, a connu une hausse considérable (40 %).10 Cette hausse dans la production d'acier se traduit par une augmentation de 22 % des émissions pour ce secteur.

Figure 4 : Dix principales variations à court terme, par secteur industriel défini dans le SCIAN,4 pour des installations comparables*, 2009-2010

Figure 4 : Dix principales variations à court terme, par secteur industriel défini dans le SCIAN, pour des installations comparables, 2009-2010

*Les installations comparables sont les 476 installations ayant produit une déclaration à la fois en 2009 et en 2010.

Parmi les provinces et les territoires, la plupart des provinces ont connu une augmentation dans les émissions pour des installations comparables, à l'exception de l'Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et du Manitoba (Figure 5).

  • L'augmentation nette de 5,6 Mt qu'ont connue les installations de l'Ontario est due en grande partie à la hausse des émissions générées lors de la production d'électricité à partir de combustibles fossiles (3,9 Mt), de la production sidérurgique (2,0 Mt) et de la production d'électricité par d'autres méthodes (0,9 Mt). La fabrication d'autres produits chimiques organiques de base et le transport du gaz naturel par gazoduc comptaient pour une réduction des émissions de 0,7 Mt et de 0,5 Mt respectivement.
  • La hausse de 4,0 Mt observée pour des installations comparables en Alberta est en grande partie attribuable à une hausse des émissions provenant de l'extraction de pétrole par des méthodes non classiques.
  • Le Nouveau-Brunswick a déclaré la plus importante baisse d'émissions (2,0 Mt) pour des installations comparables entre 2009 et 2010, dont la majorité est survenue dans le secteur de la production d'électricité à partir de combustibles fossiles, lequel a connu une diminution de 1,9 Mt.

Figure 5 : Variations à court terme au niveau provincial pour des installations comparables*, 2009-2010

Figure 5 : Variations à court terme au niveau provincial pour des installations comparables, 2009-2010

*Les installations comparables sont les 476 installations ayant produit une déclaration à la fois en 2009 et en 2010.


7. Energy Resources Conservation Board. 2011. Alberta's Energy Reserves 2010 and Supply/Demand Outlook 2011-2020. ST98-2011. (Anglais seulement)

8. Source : Statistique Canada, Tableau CANSIM 377-0008.

9. Source : Statistique Canada, Tableau CANSIM 41-019.

10. Source : Statistique Canada, Tableau CANSIM 303-0046.