Aidez le gouvernement du Canada à organiser son site Web!

Remplissez un questionnaire anonyme de 5 minutes. Commencez maintenant.

Évaluation préalable pour le Défi concernant
le
3-({4-Amino-9,10-dihydro-9,10-dioxo-3-[sulfonato-4-(1,1,3, 3-tétraméthylbutyl)phénoxy]-1-anthryl}amino)-2,4,6-triméthylbenzènesulfonate de disodium
(Acid Violet 48
)

Numéro de registre du Chemical Abstracts Service
72243-90-4


Environnement Canada
Santé Canada

Février 2009

Synopsis

Conformément à l’article 74 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [LCPE (1999)], les ministres de la Santé et de l’Environnement ont effectué une évaluation préalable du 3-[[4-amino-9,10-dihydro-9,10-dioxo-3-[sulfonato-4-(1,1,3,3-tétraméthylbutyl)phénoxy]-1-anthryl]amino)-2,4,6-triméthylbenzènesulfonate de disodium (Acid Violet 48), dont le numéro de registre du Chemical Abstracts Service est 72243-90-4. Une priorité élevée a été accordée à l’évaluation préalable de cette substance inscrite au Défi lancé par les ministres, car elle répondait initialement aux critères environnementaux de la catégorisation écologique relatifs à la persistance, au potentiel de bioaccumulation et à la toxicité intrinsèque pour les organismes non humains et l’on croit qu’elle est commercialisée au Canada.

L’évaluation des risques que présente l’Acid Violet 48 pour la santé humaine n’a pas été jugée hautement prioritaire à la lumière des résultats fournis par les outils simples de détermination du risque d’exposition et du risque pour la santé élaborés par Santé Canada aux fins de la catégorisation des substances de laListe intérieure. Par conséquent, la présente évaluation est axée sur les renseignements utiles à l’évaluation des risques pour l’environnement.

L’Acid Violet 48 est une substance organique définie utilisée au Canada et dans d’autres pays comme teinture dans l’industrie des textiles et comme colorant dans les produits de nettoyage. Au Canada, cette substance est surtout importée sous forme de produit de nettoyage formulé et, dans une moindre mesure, de substance pure à intégrer dans des produits de nettoyage ou à utiliser comme colorant acide dans les produits textiles.

Cette substance n’est pas produite naturellement dans l’environnement. En 2006, on a importé au Canada entre 100 et 1 000 kg d’Acid Violet 48. Selon les utilisations déclarées et les profils d’utilisation susceptibles d’entraîner la dispersion de la substance, cette dernière pourrait être rejetée dans l’environnement au Canada. La majeure partie devrait aboutir dans les eaux usées et dans une moindre mesure dans les lieux d’élimination des déchets. L’Acid Violet 48 ne devrait pas être présent en quantités importantes dans d’autres milieux.

D’après l’examen des données empiriques concernant des teintures analogues à l’Acid Violet 48 et les propriétés physiques et chimiques de la substance (particulièrement son existence sous forme anionique dans l’eau), on conclut qu’elle ne présente pas un potentiel de bioaccumulation important dans les organismes aquatiques. En outre, les valeurs empiriques récemment relevées au sujet de la toxicité aiguë en milieu aquatique ainsi que les valeurs déduites à partir d’analogues indiquent que l’Acid Violet 48 n’est pas très dangereux pour les organismes aquatiques. Il ne se dégrade pas rapidement dans l’environnement et devrait persister dans l’eau, le sol et les sédiments. Cette substance répond donc aux critères de la persistance énoncés dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation, mais non aux critères de la bioaccumulation.

Dans le cadre de la présente évaluation, on a retenu le pire des scénarios d’exposition plausible en milieu industriel ou à la maison selon lequel l’Acid Violet 48 est rejeté en milieu aquatique. La concentration environnementale estimée dans l’eau était de plus d’un ordre de grandeur inférieur aux concentrations estimées sans effet calculées pour les poissons, ce qui semble indiquer un faible risque pour les organismes aquatiques.

Cette substance s’inscrira dans la prochaine mise à jour de l’inventaire de la Liste intérieure. De plus, des activités de recherche et de surveillance viendront, le cas échéant, appuyer la vérification des hypothèses formulées au cours de l’évaluation préalable.

D'après les renseignements disponibles, l’Acid Violet 48 ne remplit aucun des critères de l'article 64 de la LCPE (1999).

Introduction

La Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [LCPE (1999)] (Canada, 1999) impose aux ministres de l’Environnement et de la Santé de procéder à une évaluation préalable des substances qui répondent aux critères de la catégorisation énoncés dans la Loi afin de déterminer si elles présentent ou sont susceptibles de présenter un risque pour l’environnement ou la santé humaine. Selon les résultats de cette évaluation, les ministres peuvent proposer de ne rien faire à l’égard de la substance, de l’inscrire sur la Liste des substances d’intérêt prioritaire en vue d’une évaluation plus détaillée, ou de recommander son inscription sur la Liste des substances toxiques de l’annexe 1 de la Loi et, s’il y a lieu, sa quasi-élimination.

En se fondant sur l’information obtenue dans le cadre de la catégorisation, les ministres ont jugé qu’une attention hautement prioritaire devait être accordée à un certain nombre de substances, à savoir :

  • celles qui répondent à tous les critères environnementaux de la catégorisation, notamment la persistance (P), le potentiel de bioaccumulation (B) et la toxicité intrinsèque (Ti) pour les organismes aquatiques, et que l’on croit être commercialisées au Canada;
  • celles qui répondent aux critères de la catégorisation pour le plus fort risque d’exposition (PFRE) ou qui présentent un risque d’exposition intermédiaire (REI) et qui ont été jugées particulièrement dangereuses pour la santé humaine, compte tenu du classement attribué par d’autres organismes nationaux ou internationaux quant à la cancérogénicité, à la génotoxicité ou à la toxicité pour le développement ou la reproduction.

Le 9 décembre 2006, les ministres ont donc publié un avis d’intention dans la Partie I de la Gazette du Canada (Canada, 2006), dans lequel ils priaient l’industrie et les autres parties intéressées de fournir, selon un calendrier déterminé, des renseignements précis qui pourraient servir à étayer l’évaluation des risques, ainsi qu’à élaborer et à évaluer les meilleures pratiques de gestion des risques et de bonne gestion des produits pour ces substances jugées hautement prioritaires.

On a décidé d'accorder une attention hautement prioritaire à l'évaluation des risques pour l'environnement du 3-({4-Amino-9,10-dihydro-9,10-dioxo-3-[sulfonato-4-(1,1,3,3- tétraméthylbutyl)phénoxy]-1-anthryl}amino)-2,4,6- triméthylbenzènesulfonate de disodium (ci-après appelé « Acid Violet 48 »), car cette substance a été jugée persistante, bioaccumulable et intrinsèquement toxique pour les organismes aquatiques et il semble qu'elle est commercialisée au Canada. Le volet du Défi portant sur l’Acid Violet 48 a été publié dans la Gazette du Canada le 18 août 2007 (Canada, 2007a). En même temps a été publié le profil de cette substance, qui présentait l’information technique (obtenue avant décembre 2005) sur laquelle a reposé sa catégorisation. De nouveaux renseignements sur la substance ont été communiqués en réponse au Défi.

Même si l’évaluation des risques que présente l’Acid Violet 48 pour l’environnement a été jugée hautement prioritaire, cette substance ne répond pas aux critères de la catégorisation pour le PFRE ou le REI ni aux critères définissant un grave risque pour la santé humaine, compte tenu du classement attribué par d’autres organismes nationaux ou internationaux quant à sa cancérogénicité, à sa génotoxicité ou à sa toxicité sur le plan du développement ou de la reproduction. La présente évaluation est donc axée principalement sur les renseignements présentant de l’intérêt pour l’évaluation des risques touchant l’environnement.

Les évaluations préalables effectuées aux termes de la LCPE (1999) mettent l’accent sur les renseignements jugés essentiels pour déterminer si une substance répond aux critères de toxicité des substances chimiques au sens de l’article 64 de la Loi :

« 64. […] est toxique toute substance qui pénètre ou peut pénétrer dans l’environnement en une quantité ou concentration ou dans des conditions de nature à :

  1. avoir, immédiatement ou à long terme, un effet nocif sur l’environnement ou sur la diversité biologique;
  2. mettre en danger l’environnement essentiel pour la vie;
  3. constituer un danger au Canada pour la vie ou la santé humaines. »

Les évaluations préalables visent à examiner des renseignements scientifiques et à tirer des conclusions fondées sur la méthode du poids de la preuve et le principe de prudence comme l'exige la LCPE (1999).

La présente évaluation préalable prend en considération les renseignements sur les propriétés chimiques, les dangers, les utilisations et l’exposition, y compris ceux fournis dans le cadre du Défi. Les données pertinentes pour l’évaluation préalable de l’Acid Violet 48 ont été trouvées dans des publications originales, des rapports de synthèse et d’évaluation, des rapports de recherche de parties intéressées et d’autres documents consultés lors de recherches documentaires menées récemment, jusqu’en mai 2008. Lorsqu’ils étaient disponibles et pertinents, les renseignements contenus dans les évaluations des dangers effectuées par d’autres instances ont été utilisés. La présente évaluation préalable ne constitue pas un examen exhaustif ou critique de toutes les données disponibles. Elle fait plutôt état des études et des éléments d’information les plus importants pour appuyer la conclusion.

La présente évaluation préalable a été préparée par le personnel du Programme des substances existantes de Santé Canada et d’Environnement Canada et elle intègre les résultats d’autres programmes exécutés par ces ministères. Par ailleurs, une ébauche de cette évaluation a fait l’objet d’une période d'observation du public de 60 jours. Bien que les commentaires externes aient été pris en considération, Santé Canada et Environnement Canada assument la responsabilité du contenu final et des résultats de l’évaluation préalable. Les principales données et considérations sur lesquelles repose la présente évaluation sont résumées ci-après.

Identité de la substance

Dans le Colour Index (CII, 2002), l’Acid Violet 48 regroupe de nombreux numéros de registre du Chemical Abstracts Service (no CAS), dont le 12220-51-8. Toutefois, aux fins du présent document, la substance dont il est question ici sera appelée Acid Violet 48 et renvoie exclusivement au nCAS 72243-90-4.

Tableau 1. Identité de la substance – Acid Violet 48

Numéro de registre du Chemical Abstracts Service (no CAS) 72243-90-4
Nom dans la LIS1 3-({4-amino-9,10-dihydro-9,10-dioxo-3-[sulfonato-4-(1,1,3,3-tétraméthylbutyl)phénoxy]-1-anthryl}amino)-2,4,6-triméthylbenzènesulfonate de disodium
Noms dans les National Chemical Inventories (NCI)2 benzenesulfonic acid, 3-[[4-amino-9,10-dihydro-9,10-dioxo-3-[sulfo-4-(1,1,3,3-tetramethylbutyl)phenoxy]-1-anthracenyl]amino]-2,4,6-trimethyl-, sodium salt (1:2) (TSCA); benzenesulfonic acid, 3-[[4-amino-9,10-dihydro-9,10-dioxo-3-[sulfo-4-(1,1,3,3-tetramethylbutyl)phenoxy]-1-anthracenyl]amino]-2,4,6-trimethyl-, disodium salt (AICS, PICCS, ASIA-PAC, NZIoC); 3-({4-amino-9,10-dihydro-9,10-dioxo-3-[sulfonato-4-(1,1,3,3-tétraméthylbutyl)phénoxy]-1-anthryl}amino]-2,4,6-triméthylbenzènesulfonate de disodium (EINECS);
Autres noms 3-({4-amino-9,10-dihydro-9,10-dioxo-3-[sulfonato-4-(1,1,3,3-tétraméthylbutyl)phénoxy]-1-anthryl}amino)-2,4,6-triméthylbenzènesulfonate de disodium; Sanolin Violet FBL; C.I. Acid Violet 48
Groupe chimique (groupe de la LIS) Produits chimiques organiques définis
Sous-groupe chimique Anthracènediones
Formule chimique C37H38N2Na2O9S2
Structure chimique Structure chimique CAS No. 72243-90-4
SMILES CC1=CC(=C(C(=C1NC2=CC(=C(C3=C2C(=O)C4=CC=CC=C4C3=O)N)OC5=C(C=C(C=C5)C(C)(C)CC(C)(C)C)S(=O)(=O)[O-])C)S(=O)(=O)[O-])C. [Na+].[Na+]
Masse moléculaire 764,82 g/mol
1 LIS (Liste intérieure des substances)
2 Source : National Chemical Inventories (NCI), 2007: AICS (inventaire des substances chimiques de l’Australie); ASIA-PAC (listes de substances de l’Asie-Pacifique); EINECS (Inventaire européen des substances chimiques commerciales existantes); NZIoC (inventaires des substances chimiques de la Nouvelle-Zélande); PICCS (inventaire des produits et substances chimiques des Philippines); TSCA (inventaire des substances chimiques visées par la Toxic Substances Control Act des États-Unis).

Propriétés physiques et chimiques

Peu de données sur les propriétés physiques et chimiques de l’Acid Violet 48.

À l’atelier sur les RQSA parrainé par Environnement Canada en 1999, on a établi que les propriétés intrinsèques de nombreuses classes structurales de pigments et de teintures (dont les colorants acides et les colorants dispersés) étaient difficiles à modéliser, car on considère qu’elles « ne font pas partie du domaine d’applicabilité » (p. ex. , domaines de la structure ou des paramètres des propriétés) [Environnement Canada, 2000]. Par conséquent, l'applicabilité des modèles RQSA aux teintures et aux pigments est évaluée en fonction de chaque cas. On considère qu'il est peu approprié d'utiliser des modèles de relations quantitatives structure-activité (RQSA) aux fins de la détermination de nombreux paramètres physiques et chimiques de l'Acid Violet 48.

Par conséquent, des données expérimentales disponibles ont été utilisées, déduites à partir d'analogues, pour la détermination des propriétés physiques et chimiques approximatives de l'Acid Violet 48. Les valeurs des analogues incluses dans la présente évaluation préalable représentent les données disponibles sur les composés qui appartiennent à la même classe chimique que l’Acid Violet 48, soit les colorants ioniques acides. Dans la mesure du possible, une gamme de valeurs est donnée afin de fournir une indication des incertitudes.

Le tableau 2 présente les propriétés physicochimiques (valeurs expérimentales et analogues) de l’Acid Violet 48 qui se rapportent à son devenir dans l’environnement.

Tableau 2. Propriétés physiques et chimiques de l’Acid Violet 48

Propriété Type Valeur Température (°C) Références
État physique expérimental poudre mauve température ambiante Environnement Canada, 2008a
expérimental granules violets, inodores n.d. 1 MSDS, 2003
Point de décomposition (ºC) expérimental > 200 n.d. MSDS, 2003
analogue > 250 à 300 n.d. ETAD, 1995
Pression de vapeur (Pa) analogue < 10-13 à 10-8 n.d. ETAD, 1995
Constante de la loi de Henry (Pa·m3/mol) calculé2 ~ 1,2 ×10-11 25 HENRYWIN, 2000
Log Koe (coefficient de partage octanol/eau) [sans dimension] analogue < 3 n.d. ETAD, 1995
Log Kco3 (coefficient de partage carbone organique/eau) [sans dimension]   s.o.    
Solubilité dans l’eau (mg/L) expérimental 90 000 90 MSDS, 2003
expérimental ~ 60 000 25 Clariant 2007
analogue très soluble n.d. ETAD, 1995
pKa (constante de dissociation acide) [sans dimension]   n.d.    
1 n.d. : non disponible
2 Calcul basé sur la solubilité dans l’eau (SE), la pression de vapeur (PV) et la masse moléculaire (MM), à l’aide de la formule suivante : (PV/SE)MM. Aux fins du calcul, on a utilisé les valeurs suivantes : solubilité dans l’eau : 60 000 mg/L; pression de vapeur : limite supérieure de 10-8 Pa.
3 Les substances ioniques très solubles, comme les colorants acides, ne devraient pas être adsorbées sur les solides selon le coefficient de partage octanol/carbone (peu ou pas soluble dans le n-octanol). Toutefois, on a déjà observé que les colorants acides présentaient un fort degré d’adsorption sur les substrats chargés positivement et que les groupes acide sulfonique des colorants acides réagissaient avec les groupes amide dans les fibres telles que le nylon, la soie et la laine. On a également constaté que les colorants (y compris les colorants acides) s’adsorbent sur les sédiments et peuvent être transférés dans les boues d’épuration par adsorption (ETAD, 1995).

De plus, des données empiriques sur la toxicité de deux analogues, soit le 3,3'-(9,10-dioxoanthracène-1,4-diyldiimino)bis(2,4, 6-triméthylbenzènesulfonate) de sodium (Acid Blue 80) (no CAS 4474-24-2) et le 1,4 bis(p toluidino)anthraquinone sulfonée, sels de potassium (no CAS 125351-99-7), énumérés au tableau 3, ont été utilisées pour étayer le poids de la preuve.

Tableau 3. Analogues structuraux de l’Acid Violet 48

i. 3-({4-amino-9,10-dihydro-9,10-dioxo-3-[sulfonato-4-(1,1,3, 3-tétraméthylbutyl)phénoxy]-1-anthryl}amino)-2,4,6-triméthylbenzènesulfonate de disodium (no CAS 72243-90-4) ii.3,3'-(9,10-dioxoanthracène-1,4-diyldiimino)bis(2,4, 6-triméthylbenzènesulfonate) de sodium (Acid Blue 80) (no CAS 4474-24-2) iii. 1,4 bis(p toluidino)anthraquinone sulfonée, sels de potassium (AMS) (no CAS 125351-99-7)
Structure chimique CAS No. 72243-90-4 Structure chimique CAS No. 4474-24-2 Structure chimique CAS No. 125351-99-7
  • Les nos CAS 125351-99-7 et 4403-90-1 sont des analogues écotoxicologiques acceptables pour le no CAS 72243-90-4 (Acid Violet 48) en raison des similitudes dans le nombre et la position des groupes SO3-.
  • La présence du groupe NH2 et d’un autre groupe SO3- (qui n’a pas de position précise) sont les deux principales différences entre la structure chimique du no CAS 72243-90-4 et celle des nos CAS 4403-90-1 et 125351-99-7.
  • Les nos CAS 4403-90-1 et 125351-99-7 sont de bons analogues pour la toxicité du no CAS 72243-90-4 (Acid Violet 48).

Sources

L’Acid Violet 48 n’est pas produit naturellement dans l’environnement.

Des enquêtes menées auprès de l’industrie en 2005 et 2006 par le truchement d’un avis publié dans la Gazette du Canada conformément à l’article 71 de la LCPE 1999 (Canada 2006 et 2007b) ont permis de recueillir des renseignements récents. On y demandait des données sur la fabrication, l’importation et l’utilisation de la substance au Canada.

En 2006, deux entreprises ont déclaré avoir importé de l’Acid Violet 48, soit entre 100 et 1 000 kg au total. Aucune entreprise n’a indiqué en avoir fabriqué en quantités supérieures au seuil de déclaration de 100 kg/an au Canada. En outre, aucune entreprise n’a déclaré avoir utilisé plus de 1 000 kg d’Acid Violet 48 (seul, dans un mélange, dans un produit ou dans un article manufacturé), à n’importe quelle concentration en 2006. Dans le cadre de l’enquête menée en 2006 en application de l’article 71, cinq entreprises ont indiqué un intérêt pour cette substance sur le formulaire Déclaration de non-implication.

En 2005, deux entreprises ont déclaré avoir importé au total entre 100 et 1 000 kg de cette substance par an. Aucune n’a déclaré en avoir fabriqué en quantités supérieures au seuil de déclaration de 100 kg/an. De plus, aucune entreprise n’a indiqué d’intérêt pour cette substance.

Il est à noter que des quantités supplémentaires d'Acid Violet 48 sont susceptibles d'entrer au Canada dans des produits importés n'ayant pas été recensés dans l'enquête menée en vertu de l'article 71, soit parce que l'importateur ne sait pas que cette substance est présente dans les articles manufacturés, soit parce que la substance en question est présente en quantités inférieures au seuil de déclaration de 100 kg établi par l'enquête.

Aux États-Unis, la fabrication ou l’importation de 10 000 à 500 000 livres (4,54 à 22,7 tonnes) d’Acid Violet 48 a été déclarée en 1986, 1990, 1994 et 1998 (US EPA, 2007). Aucune fabrication ni importation de cette substance n’a été déclarée en 2002 (US EPA, 2007). L’Acid Violet 48 est une substance chimique existante en Europe, mais il ne figure pas sur la liste des substances chimiques produites en petite ou en grande quantité (ESIS, 2008). Entre 1999 et 2005, l’Acid Violet 48 a été utilisé dans au moins un des trois pays suivants : Danemark, Suède, Finlande (SPIN, 2007).

Utilisations

En 2006, une entreprise a importé de l’Acid Violet 48 au Canada dans un produit (détersif liquide), la quantité importée constituant l’essentiel de ce qui a été déclaré cette année‑là. Le code d’utilisation mentionné par cette entreprise et l’autre entreprise importatrice est « Colorant – pigment / teinture / encre » et les deux entreprises semblent être des grossistes-distributeurs de produits chimiques.

En 2005, les codes SCIAN fournis par les entreprises importatrices se rapportaient à la vente de gros et à la distribution de produits chimiques et à « Usines de finissage de textiles et de tissus et de revêtement de tissus ».

Aux États-Unis, l’Acid Violet 48 est utilisé dans les produits textiles (CDC, 2007). Il est homologué comme produit de formulation inerte des pesticides dans ce pays (US EPA, 2004), mais non au Canada (ARLA, 2007). En Finlande, il a été utilisé dans les produits textiles de 2002 à 2004 (SPIN, 2007).

Rejets dans l’environnement

Aucun rejet d’Acid Violet 48 dans l’environnement n’a été recensé. Toutefois, compte tenu de son utilisation dans les produits de nettoyage, on s’attend à des rejets à l’égout généralisés.

Outil de débit massique

Un outil basé sur le débit massique a été utilisé pour estimer les rejets potentiels d’Acid Violet 48 dans l’environnement à différentes étapes de son cycle de vie. Les données empiriques sur les rejets de substances spécifiques dans l’environnement sont rares. On estime donc pour chaque type d’utilisation connue, la proportion et la quantité de la substance des rejets dans les différents milieux naturels, ainsi que la proportion de la substance qui est transformée chimiquement ou envoyée dans des lieux d’élimination des déchets. Les hypothèses et les paramètres d’entrée employés pour effectuer ces estimations sont fondés sur les renseignements obtenus de diverses sources, notamment les réponses à des enquêtes menées conformément à la réglementation, les données de Statistique Canada, les sites Web des fabricants et les bases de données techniques. À cette fin, les facteurs d’émission sont très utiles; ils sont habituellement exprimés comme la fraction de la substance rejetée dans l’environnement, notamment pendant sa fabrication, son traitement et ses utilisations associées à des procédés industriels. Ces données découlent notamment de scénarios d’émissions, souvent élaborés sous les auspices de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), et d’hypothèses par défaut utilisées par différents organismes internationaux de réglementation des produits chimiques. On a remarqué que le niveau d’incertitude de la masse de la substance et de la quantité rejetée dans l’environnement augmente généralement vers la fin du cycle de vie.

Tableau 4. Estimation des rejets et des pertes d’Acid Violet 48 dans l’environnement, de sa transformation chimique et des quantités transférées aux lieux d’élimination, au moyen de l’outil de débit massique1

Devenir Proportion massique (%) Principale étape du cycle de vie
Rejets dans le milieu récepteur :
  dans le sol 0,8 Utilisation par les consommateurs
dans l’air 0 s.o.2
à l’égout* 88,2 Utilisation par les consommateurs, formulation, fabrication
Transformation chimique 0 s.o.
Envoi dans des lieux d’élimination des déchets (p. ex., les décharges, les incinérateurs) 11 élimination des déchets

1 Pour estimer les rejets d’Acid Violet 48 dans l’environnement et sa distribution, qui sont résumés dans le tableau, on a utilisé des renseignements tirés des documents de l’OCDE sur les scénarios d’émissions (OCDE, 2004, 2006a et 2006b). Les valeurs relatives aux rejets dans l’environnement ne tiennent pas compte des mesures d’atténuation qui peuvent être en place à certains endroits (comme leur élimination partielle dans les stations d’épuration des eaux usées). Certaines hypothèses découlant de ces estimations sont résumées dans Environnement Canada, 2007b.
2 Sans objet.
* Dans les eaux usées avant toute forme de traitement.

Les résultats obtenus à l’aide de l’outil de débit massique (tableau 4) révèlent que la majeure partie de l’Acid Violet 48 (environ 88 %) serait rejetée dans l’eau (égouts) par suite de son utilisation dispersive par les consommateurs et au cours du procédé de formulation des produits de consommation. Une quantité moindre (11 %) aboutirait dans les lieux d’élimination des déchets. On ne s’attend pas à ce que cette substance subisse une transformation chimique. De plus, à moins qu’il n’existe des renseignements précis sur le taux ou le potentiel de rejet de la substance par les décharges et les incinérateurs, l’outil de débit massique ne tient pas compte des rejets dans l’environnement en provenance des lieux d’élimination des déchets. On ne possède aucun renseignement de ce genre pour l’Acid Violet 48. Toutefois, il se peut que cette substance 48 s’échappe à plus long terme des lieux d’élimination des déchets.

Enfin, on estime que moins de 1 % de la substance pourrait être rejetée dans le sol et il est peu probable qu’elle soit rejetée dans l’air.

D’après ce qui précède, les eaux usées reçoivent la plus grande partie d'Acid Violet 48, étant donné que cette substance est rejetée pendant la fabrication, la transformation et l'utilisation des produits.

On s’attend à ce que l’Acid Violet 48 contenu dans les produits de nettoyage importés soit rejeté lorsque ces derniers sont utilisés par les consommateurs Le devenir du colorant non fixé rejeté dans les égouts est inconnu et sera fonction de la présence ou de l'absence d'une usine de traitement des eaux usées.

Devenir dans l’environnement

Comme le montre l'outil de débit massique, la majeure partie de l'Acid Violet 48 est rejetée dans les eaux usées durant l'utilisation domestique de produits manufacturés et au cours des procédés de formulation et de fabrication des produits de grande consommation. Par conséquent, le rejet d’Acid Violet 48 dans l’eau est le scénario de rejet le plus pertinent au Canada. Une fois rejeté dans l’eau, l’Acid Violet 48 demeurera probablement dans ce milieu en raison de sa grande hydrosolubilité (60 000 à 90 000 mg/L

Toutefois, comme les colorants acides se dissocient dans l'eau pour former des anions, ils se fixent très bien aux substrats chargés positivement et peuvent s'adsorber sur des particules positives (p. ex. les particules azotées) et, par conséquent, se déposer sur les matériaux de fond ou les boues des usines de traitement des eaux usées (ETAD, 1995). L'Acid Violet 48 peut être épandu sur le sol avec les boues des usines de traitement des eaux usées utilisées comme amendement. Les boues peuvent également être épandues dans les décharges. La volatilisation à partir des surfaces de sol sèches ou humides serait un processus peu important dans le devenir de cette substance d'après la valeur faible estimée de la pression de vapeur et de la constante de la loi de Henry. Si l'Acid Violet 48 était rejeté dans le sol, il pourrait, en raison de sa forte solubilité dans l'eau, migrer jusqu'à une nappe d'eau (p. ex. eau souterraine) ou être entraîné par le ruissellement de surface s'il est fixé sur les matières particulaires.

Vu son utilisation dans les traitements et les produits contenant des colorants à base d'eau, l'Acid Violet 48 ne sera pas rejeté dans l'air et ne devrait pas se répartir dans ce milieu en raison de la très faible valeur de la constante de la loi de Henry. De plus, l'air n'est pas considéré comme étant un milieu de transport pour les colorants (y compris les colorants acides) en raison de la volatilité faible ou négligeable que présentent ces substances (ETAD, 1995).

Persistance et potentiel de bioaccumulation

Persistance

D'après l'Ecological and Toxicological Association of Dyes and Organic Pigments Manufacturers (ETAD, 1995), les teintures, à part quelques exceptions, sont considérées comme essentiellement non biodégradables dans des conditions aérobies. Des évaluations répétées de la biodégradabilité immédiate et intrinsèque à l'aide d'essais acceptés (consulter le site Web des Lignes directrices de l'OCDE pour les essais de produits chimiques) ont confirmé cette hypothèse (Pagga et Brown, 1986; ETAD, 1992). Étant donné la structure chimique de l'Acid Violet 48, rien ne permet de penser que sa biodégradation serait différente de la biodégradation des teintures décrite généralement (ETAD, 1995).

La biodégradation intrinsèque de l’Acid Violet 48 a été évaluée au cours d’un essai de Zhan-Wellens (Safepharm Laboratories, 1991) mettant en jeu une population mixte de microorganismes présents dans des boues activées. Les résultats obtenus montrent un taux de dégradation de 18 % en 28 jours; on ne peut donc considérer que l’Acid Violet 48 est intrinsèquement biodégradable. En outre, le faible pourcentage de dégradation de cette substance (< 20 %) indique que sa demi-vie de dégradation ultime devrait être de plus de 180 jours (Aronson et al., 2006) et que la dégradation primaire devrait également être lente.

Outre les données empiriques disponibles sur la biodégradation de l’Acid Violet 48, des modèles de biodégradation RQSA (tableau 5) ont été appliqués.

Comme on s'attend à ce que cette substance soit rejetée dans les eaux usées, la persistance de la substance a surtout été examinée à l'aide de modèles de prédiction RQSA sur la biodégradation aérobie dans l'eau. Ces modèles de dégradation étant fondés sur la structure des substances, leurs résultats sont jugés fiables, car les ensembles d'apprentissage des modèles utilisés comportent des substances chimiques ayant une structure semblable à celle de l'Acid Violet 48. L'Acid Violet 48 ne contient pas de groupements fonctionnels susceptibles d'être hydrolysés (les colorants sont conçus pour être stables dans des conditions aqueuses).

Tableau 5. Données modélisées sur la dégradation de l'Acid Violet 48

Modèle Modèle et base du modèle Résultat Interprétation Demi-vie extrapolée (jours) Référence et/ou source d’extrapolation
Biodégradation (aérobie) BIOWIN, 2000 Sous-modèle 1 : probabilité linéaire -0,569 Ne se biodégrade pas rapidement non disponible1  
Biodégradation (aérobie) BIOWIN, 2000 Sous-modèle 2 : probabilité non linéaire 0 Ne se biodégrade pas rapidement n.d.  
Biodégradation (aérobie) BIOWIN, 2000 Sous-modèle 3 : enquête d’expert (biodégradation ultime) 0,869 Récalcitrant 180 US EPA, 2002
720 Aronson et al., 2006
Biodégradation (aérobie) BIOWIN, 2000 Sous-modèle 4 : enquête d’expert (biodégradation primaire) 2,15 Mois 60 US EPA, 2002; Aronson et al., 2006
Biodégradation (aérobie) BIOWIN, 2000 Sous-modèle 5 : MITI,probabilité linéaire -0,89 Ne se biodégrade pas rapidement > 60 Aronson et al., 2006
Biodégradation (aérobie) BIOWIN, 2000 Sous-modèle 6 : MITI, probabilité non linéaire 0 Ne se biodégrade pas rapidement > 60 Aronson et al., 2006
Biodégradation (anaérobie) BIOWIN, 2000 Sous-modèle 7 : probabilité linéaire -4,09 Ne se biodégrade pas rapidement n.d.  
Biodégradation BIOWIN, 2000 Conclusion générale Aucun Ne se biodégrade pas immédiatement n.d.  
Biodégradation (aérobie) TOPKAT, 2004 Probabilité (MITI 1) Hors du domaine acceptable n.d. n.d. n.d.
Biodégradation (aérobie) CATABOL c2004-2008 % DBO2 (OCDE 301C) 0,6 Persistant (< 20%) > 182 Calculé à partir de la DBO2 en supposant une cinétique de premier ordre

1 Non disponible
2 Demande biochimique en oxygène (DBO)

Selon les résultats qui figurent au tableau 5, tous les modèles de probabilité (BIOWIN 1, 2, 5, 6 et 7) indiquent que cette substance ne se biodégrade pas rapidement . Tous les résultats de probabilité sont en fait inférieurs à 0,3, qui est le seuil suggéré par Aronson et al. (2006) en dessous duquel les substances devraient avoir une demi-vie supérieure à 60 jours (selon les modèles de probabilité MITI), et inférieurs à 0,5, ce qui correspond au seuil suggéré par les concepteurs du modèle en dessous duquel la biodégradation n'est pas considérée comme étant rapide. Le résultat de la demi-vie du modèle d’enquête primaire (BIOWIN 4) des « mois » pourrait signifier environ 60 jours (US EPA, 2002; Aronson et al., 2006). Toutefois, l'identité des produits de dégradation potentiels est inconnue. Le résultat du modèle d’enquête ultime (BIOWIN 3) concernant les composés récalcitrants pourrait signifier environ 180 jours selon la US EPA (2002) et 720 jours selon Aronson et al. (2006). De plus, la substance ne devrait pas se dégrader rapidement dans des conditions anaérobies favorables, comme l'indique le modèle BIOWIN 7. La conclusion générale tirée de l’application du modèle BIOWIN est que cette substance n’est pas immédiatement biodégradable.

Un autre modèle de dégradation ultime (CATABOL) prévoit un taux de biodégradation de 0,6 % seulement pour l'Acid Violet 48 d'après le test de l'OCDE 301 de 28 jours sur la biodégradabilité immédiate (% DBO). Selon Aronson et Howard (1999), la substance serait probablement persistante et aurait une demi-vie dans l'eau supérieure à 182 jours (en supposant une cinétique du premier ordre). Étant donné que la substance était hors du domaine d'applicabilité du modèle TOPKAT, celui-ci n'a produit aucun résultat acceptable.

Après considération des résultats des modèles BIOWIN et CATABOL, le poids de la preuve indique que la demie-vie dans l'eau de la dégradation ultime de l'Acid Violet 48 est supérieure à 182 jours, ce qui correspond à ce à quoi on pourrait s'attendre pour un produit chimique ayant une telle structure. Bien qu'une dégradation primaire soit possible, la demi-vie estimée est relativement longue (mois) et la nature des produits de dégradation est inconnue.

D’après un ratio d'extrapolation de 1:1:4 pour de la demi-vie dans l'eau, le sol et les sédiments (Boethling et al., 1995), la demi-vie dans le sol de la dégradation ultime est aussi supérieure à 182 jours et la demi-vie dans les sédiments est supérieure à 365 jours

D'après les résultats des modèles de prévision, l'Acid Violet 48 répond aux critères de persistance pour l'eau et le sol (demi-vie dans le sol et l'eau ≥ 182 jours), et dans les sédiments (demi-vie dans les sédiments ≥ 365 jours) énoncés dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (Canada, 2000).

Potentiel de bioaccumulation

Il n’existe pas de données empiriques sur la bioaccumulation de l’Acid Violet 48. De plus, on n’a pas pu utiliser les modèles prédictifs RQSA pour estimer une valeur fiable du log Koe pour cette substance, car ces modèles sont fondés sur la structure et ne tiennent pas compte du comportement de répartition de la substance.

Les colorants anioniques, comme l’Acid Violet 48, ont tendance à être très solubles dans l’eau (ETAD, 1995), ce qui est attribuable à la présence d’un groupe acide sulfonique; en effet, les groupes sulfoniques additionnels augmentent la solubilité des molécules. L’Acid Violet 48 possède deux groupes acide sulfonique (voir le tableau 1 pour la structure moléculaire).

En fait, l'Acid Violet 48 est très soluble dans l'eau (60 000 à 90 000 mg/L), comme il est indiqué au tableau 2. Des études réalisées par l’Ecological and Toxicological Association of Dyes and Organic Pigment Manufacturers (ETAD) [Anliker et al., 1981; Anliker et Moser, 1987] révèlent que les colorants ioniques (hydrophiles), comme l’Acid Violet 48, ont généralement un faible log Koe (< 3) et sont très solubles dans l’eau (ETAD, 1995). Par conséquent, l'Acid Violet 48 est susceptible d'avoir un faible potentiel de bioaccumulation ou de bioconcentration dans le biote aquatique.

Selon l'ETAD (1995), les caractéristiques moléculaires indiquant une absence de bioaccumulation sont une masse moléculaire supérieure à 450 g/mol et un diamètre transversal supérieur à 1,05 nm. D'après une étude menée par Dimitrov et al. (2002), Dimitrov et al. (2005) et le BBM (2008), la probabilité qu'une molécule traverse des membranes cellulaires à la suite d'une diffusion passive diminue de façon importante lorsque le diamètre transversal maximal (Dmax) augmente. La probabilité qu'une diffusion passive se produise diminue de façon notable lorsque le diamètre transversal est supérieur à environ 1,5 nm et de façon encore plus significative dans le cas des molécules ayant un diamètre transversal supérieur à 1,7 nm. Sakuratani et al. (2008) ont également étudié l'effet du diamètre transversal sur la diffusion passive à l'aide d'un ensemble d'essai comptant environ 1 200 substances chimiques nouvelles et existantes. Ils ont aussi observé que les substances dont le potentiel de bioconcentration n'était pas très élevé avaient souvent un Dmax supérieur à 2,0 nm ainsi qu'un diamètre effectif (Deff) supérieur à 1,1 nm.

La masse moléculaire de l'Acid Violet 48 est de 764,82 g/mol (voir le tableau 1); cette caractéristique indique que cette substance n'a pas de capacité de bioaccumulation lorsqu'on utilise uniquement la masse moléculaire comme paramètre. Un rapport d'Environnement Canada (2007b) indique qu'il n'y a pas de rapports nets qui permettraient de fixer une valeur de taille moléculaire de démarcation pour l'évaluation du potentiel de bioaccumulation. Ce rapport ne met toutefois pas en cause la notion selon laquelle la réduction du taux d'absorption pourrait être associée à l'augmentation du diamètre transversal, comme cela a été démontré par Dimitrov et al. (2002, 2005). Le diamètre maximal de l'Acid Violet 48 et de ses conformères varie entre 0,54 et 2,04 nm (BBM, 2008), ce qui indiquerait que, en ce qui concerne ce colorant, il y a une possibilité de réduction du taux d'absorption et de biodisponibilité in vivo.

Selon la méthode du poids de la preuve, l'Acid Violet 48 ne répond pas au critère de la bioaccumulation (FBC, FBA ≥ 5 000) tel qu'il est défini dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (Canada, 2000).

Potentiel d’effets nocifs sur l’environnement

Évaluation des effets sur l’environnement

Les données empiriques appropriées sur l’écotoxicité de l’Acid Violet 48 sont limitées. Par conséquent, des données sur un analogue chimique ont aussi été prises en compte. Deux analogues structuraux de l’Acid Violet 48 sont présentés dans le tableau 3. D’après les données expérimentales disponibles et les propriétés des groupes fonctionnels pertinents, l’Acid Violet 48 ne devrait pas avoir d’effets nocifs chez les organismes aquatiques à des concentrations faibles (p. ex. , CL50 aiguë < 1,0 mg/L) [voir le tableau 6].

A – Dans le milieu aquatique

Les prévisions de la toxicité aquatique de l’Acid Violet 48 obtenues à l’aide des modèles prédictifs RQSA n’ont pas été jugées fiables et n’ont donc pas été prises en considération. Ces modèles sont incapables d’estimer avec précision le log Koe de cette substance.

On possède peu de données adéquates sur la toxicité de l’Acid Violet 48. On a donc également utilisé des données de deux colorants analogues de type anthracènedione, les nos CAS 4474-24-2 et 125351-99-7, dans l’étude de la toxicité aquatique de cette substance.

Tableau 6. Données empiriques sur la toxicité aquatique

(No CAS) Organisme d’essai Type d’essai Paramètre Valeur (mg/L) Références
4474-24-2 truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) toxicité aiguë CL501 75 Environnement Canada, 2007c
125351-99-7 guppy (Poecilia reticulate) toxicité aiguë CL50 14,3 Häner, 1996
72243-90-4 truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) toxicité aiguë (48 h) CL50 ~ 33 MSDS, 2003
truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) toxicité aiguë (96 h) CL50 > 10 et < 100 Environnement Canada, 2008a
bactéries (espèce non précisée) inhibition de la respiration, OCDE no 209 inhibition chez 50 % > 100 Van Dijk, 1988

1CL50 – Concentration jugée létale pour 50 % des organismes d’essai.

Deux études sur la toxicité de l’Acid Violet 48 chez la truite arc-en-ciel, qui font état d’une CL50  aiguë supérieure à 10 mg/L, ont été obtenues (tableau 6). Il convient toutefois de préciser que leurs détails expérimentaux et méthodologiques n’ont pas été communiqués. Ces études sont donc jugées très limitées et ne sont pas présentées comme étant la seule preuve de la toxicité de l’Acid Violet 48 en milieu aquatique. Cependant, comme les résultats obtenus semblent corroborer les données existantes sur les colorants ioniques tels que l’Acid Violet 48, ils ont été jugés acceptables aux fins de la présente évaluation.

Selon les données recueillies sur les nouveaux colorants par Environnement Canada et l'Office of Pollution Prevention and Toxics de l'Environmental Protection Agency des États-Unis, le potentiel de toxicité d'une substance est en général déterminé par le nombre de groupes acide sulfonique. Les colorants comportant un ou deux groupes acide sulfonique présentent une toxicité aiguë variant de moyenne à élevée (< 1–10 mg/L), tandis que ceux en comportant plus de deux présentent une toxicité aiguë faible (> 100 mg/L) ou chronique (> 10 mg/L) pour la plupart du biote aquatique (Environnement Canada, 2003). Comme l'Acid Violet 48 comporte deux groupes acide sulfonique, les données sur les analogues, ainsi que sur les colorants renfermant deux groupes acide sulfonique, permettent d'avoir une bonne idée des effets prévus de cette substance sur les organismes aquatiques.

Des études portant sur des colorants acides analogues de type anthracènedione (nos CAS 4474-24-2 et 125351-99-7, tableau 6) font état d'une CL50 > 10 mg/L chez deux espèces de poisson, O. mykiss et P. reticulate. Ces deux colorants comportent deux groupes acide sulfonique et peuvent donc induire une toxicité aiguë variant de modérée à élevée (Environnement Canada, 2003). Toutefois, les résultats expérimentaux obtenus pour ces analogues indiqueraient que l'Acid Violet 48 ne présenterait qu'une toxicité moyenne pour les organismes aquatiques.

Selon les données empiriques sur l'écotoxicité de l'Acid Violet 48 et de ses analogues chimiques, cette substance ne devrait pas avoir d'effets nocifs sur les organismes aquatiques à des concentrations faibles (p. ex. CL50 aiguë > 1 mg/L).

B – Dans les autres milieux

Aucune étude des effets de l’Acid Violet 48 sur des organismes non aquatiques autres que des humains n’a été trouvée. Les concentrations avec effet dans le sol et les sédiments n’ont donc pas été estimées. Toutefois, de l'Acid Violet 48 pourrait être entraîné dans le sol par suite de l'élimination des déchets et dans les sédiments après avoir été rejeté dans l'eau. Il aurait donc été préférable d'avoir obtenu des données sur sa toxicité pour les organismes vivant dans le sol et les sédiments.

Évaluation de l’exposition de l’environnement

On ne possède aucune donnée sur les concentrations d’Acid Violet 48 dans l’environnement (air, eau, sol et sédiments) au Canada. C'est pourquoi les concentrations de cette substance dans l’environnement sont estimées à l'aide de modèles.

Environnement Canada a réalisé des comparaisons quantitatives de l'exposition à l'Acid Violet 48 et de ses effets écologiques comme indication de son potentiel d'effets nocifs sur l'environnement. Aux fins de ces comparaisons, Environnement Canada a estimé que 76 % environ de l'Acid Violet 48 était importé dans des produits de nettoyage, 12 % était formulé dans de tels produits au Canada et 12 % était utilisé comme colorant acide dans l'industrie textile. Ces estimations reposent sur l'information recueillie par suite de la publication de l'avis aux termes de l'article 71 de la LCPE 1999 pour l'année civile 2006 (Canada, 2007b). En 2006, deux entreprises ont importé au total entre 100 et 1 000 kg/an d'Acid Violet 48 en vue de son utilisation dans des produits de nettoyage et comme colorant textile (Environnement Canada, 2008a).

Comme l'Acid Violet 48 est utilisé dans les installations industrielles et peut être déversé dans l'eau, l’outil générique d’estimation de l’exposition attribuable à des rejets industriels en milieu aquatique (IGETA) d’Environnement Canada a servi à estimer une concentration prudente de la substance dans un cours d’eau générique qui reçoit des effluents industriels (Environnement Canada, 2008b).

Le scénario générique visait à fournir des estimations fondées sur des hypothèses prudentes quant à la quantité de la substance traitée et rejetée, au nombre de jours de traitement, au taux d’élimination de la station d’épuration des eaux usées (SEEU) et à la superficie du cours d’eau récepteur. L’outil modélise un scénario de rejets industriels fondé sur des données provenant de différentes sources, comme les enquêtes menées auprès de l’industrie et la répartition des rejets industriels au pays, et calcule une concentration environnementale estimée (CEE).

La concentration environnementale estimée (CEE) de l'Acid Violet 48 a été calculée d'après une quantité d'utilisation de 1 000 kg/an pour une seule installation (selon les valeurs supérieures de la fourchette des quantités déclarées entre 100 et 1 000 kg/an [Environnement Canada, 2008a]). On a supposé que 5 % de cette quantité a été rejetée dans les eaux pendant la manipulation et le traitement, et que 0 % a été éliminé dans une usine de traitement des eaux usées et que cette usine déversait dans une petite rivière générique. L’équation et les paramètres utilisés pour calculer la CEE dans les cours d’eau récepteurs sont décrits dans Environnement Canada (2008c).

La CEE de l'eau résultant des rejets industriels est de 0,0056 mg/L (Environnement Canada, 2008c).

Mega Flush, outil d'Environnement Canada qui sert à estimer les rejets à l'égout issus d'utilisations par les consommateurs, a également été utilisé pour estimer la concentration possible de la substance dans différents cours d'eau récepteurs d'effluents issus des usines de traitement des eaux usées du Canada dans lesquelles ont été rejetés par les consommateurs des produits contenant cette substance (Environnement Canada, 2008d). L’outil a été conçu pour fournir des estimations fondées sur des hypothèses prudentes de la quantité de la substance chimique utilisée et rejetée par les consommateurs. Par défaut, on suppose des pertes de 100 % associées à l'utilisation, l'utilisation de la substance par les consommateurs étant de plus de 365 jours par année et le débit retenu pour le rejet vers les cours d'eau récepteurs sur tous les sites a été choisi de façon prudente au 10e centile de la valeur. Des taux d'élimination de 42 % (traitement primaire) et de 66 % (traitement secondaire) ont été utilisés (données du modèle SimpleTreat) [SimpleTreat, 1997]. Les estimations de la CEE visent quelque 1 000 points de rejet au Canada, lesquels représentent toutes les usines de traitement des eaux usées de grande taille au pays.

L’équation et les paramètres d’entrée utilisés pour calculer la CEE d’Acid Violet 48 dans les cours d’eau récepteurs sont décrits dans Environnement Canada (2008e). Dans le scénario qui a été retenu, on a présumé une quantité d'utilisation de 1 000 kg/an selon les valeurs supérieures de la fourchette des quantités déclarées entre 100 et 1 000 kg/an (Environnement Canada, 2008a).

Sur la base de ce scénario, l’outil a calculé que la CEE dans les cours d’eau récepteurs variait de 5,3 x 10-4 à 7,2 x 10-4 mg/L (Environnement Canada, 2008e).

Caractérisation des risques pour l’environnement

La démarche suivie dans cette évaluation écologique préalable a consisté à examiner les renseignements scientifiques disponibles et à tirer des conclusions suivant la méthode du poids de la preuve et le principe de prudence de la LCPE (1999). Une attention particulière a été accordée au potentiel d'exposition, de persistance, de bioaccumulation environnementales et à la possibilité que la substance soit toxique.

À la lumière des données expérimentales et modélisées sur la biodégradation, l'Acid Violet 48 a été jugé persistant. D'après l'examen des données empiriques disponibles sur d'autres teintures semblables et les propriétés physiques et chimiques de la substance (en particulier son existence sous forme d'anion dans l'eau), l'Acid Violet 48 ne présente aucun potentiel de bioaccumulation importante dans les organismes aquatiques. En outre, des données empiriques et déduites à partir d'analogues sur la toxicité aquatique aiguë récemment obtenues indiquent que cette substance ne présente qu'un risque modéré pour les organismes aquatiques.

Des quotients de risque ont été calculés tels des rapports entre les concentrations environnementales estimées (CEE) et les concentrations environnementales estimées sans effet (CESE). Pour obtenir la CESE, on a divisé la CL50 de 33 mg/L pour la truite arc-en-ciel exposée à de l'Acid Violet 48 (voir le tableau 2) par le facteur d'évaluation de 100 afin de tenir compte de la variabilité interspécifique et intraspécifique ainsi que de l'extrapolation de la concentration avec effet aigu estimée en laboratoire à la concentration avec aucun effet chronique observée sur le terrain.

Le quotient de risque (QR) prudent obtenu en divisant la CEE des rejets industriels de 0,0056 mg/L par cette CESE est largement inférieur à 1, ce qui indique que les rejets industriels d'Acid Violet 48 présente peu de risque pour les organismes aquatiques.

De même, les CEE pour l’exposition résultant d'un scénario de Mega Flush modérément prudent de rejets à l'égout par les consommateurs étaient largement inférieures à la CESE pour tous les sites examinés (tous les quotients de risque sont < 1). Cela montre que les rejets des consommateurs dans le réseau d'égouts d'Acid Violet 48 présentent aussi peu de risque pour les organismes aquatiques.

Compte tenu de ces résultats et du fait que cette substance chimique est importée en quantités relativement faibles, on a conclu que l'Acid Violet 48 n'est pas susceptible de présenter un danger pour l'environnement au Canada.

Incertitudes dans l’évaluation des risques pour l’environnement

L’évaluation des propriétés physiques et chimiques, de la persistance, du potentiel de bioaccumulation et de la toxicité aquatique de l’Acid Violet 48 d’après l’information contenue dans le présent document est considérée comme étant assez robuste. Toutefois, vu l’absence d’études empiriques portant précisément sur cette substance, il a fallu utiliser des modèles prédictifs, des analogues et des données se rapportant à ces derniers pour évaluer ses propriétés.

L’absence de données probantes tirées d’études empiriques constitue une source d’incertitudes pour l’évaluation de la bioaccumulation et de certaines propriétés physiques et chimiques.

Le manque de données (p. ex., données de surveillance) sur les concentrations d’Acid Violet 48 dans l’environnement au Canada est également une source d’incertitudes. Par conséquent, certaines hypothèses prudentes ont été émises lors de l'utilisation de modèles pour estimer les concentrations à proximité des sources ponctuelles.

Bien qu'il soit possible que la masse totale de la substance commercialisée ait été sous-estimée (en raison de sa présence non déclarée dans les produits de consommation importés au Canada et rejetés dans les égouts), tout rejet lié à de telles utilisations se répandrait à grande échelle et les concentrations résultantes provoquées pendant l'exposition devraient donc être inférieures à celles qui sont issues des rejets industriels; on s'attend donc à ce qu'elles posent très peu de risque.

Par ailleurs, le profil de rejets prévu de la substance et son potentiel de persistance dans le sol et les sédiments ne permettent pas d'évaluer l'importance de l'exposition dans ces milieux. En fait, les seules données qu’on a trouvées sur les effets portent principalement sur l’exposition des organismes pélagiques. Dans l’évaluation de l’exposition, la CEE de l’Acid Violet 48 ne tient compte que de sa concentration dans l’eau; par conséquent, l’exposition par le sol, les matières en suspension et les sédiments n’est pas prise en considération. Toutefois, comme l'Acid Violet 48 est importé en quantités relativement faibles au Canada et que sa toxicité est relativement faible pour les organismes aquatiques, il devrait présenter peu de risque pour les organismes vivant dans le sol ou les sédiments au Canada.

Conclusion

D'après les renseignements présentés dans la présente évaluation préalable, l'Acid Violet 48 ne pénètre pas dans l'environnement en une quantité ou concentration ou dans des conditions de nature à avoir, immédiatement ou à long terme, un effet nocif sur l'environnement ou sur la diversité biologique, ni à mettre en danger l'environnement essentiel pour la vie.

Il est donc conclu que l'Acid Violet 48 ne correspond pas à la définition de « substance toxique » énoncée dans l'article 64 de la LCPE (1999). De plus, cette substance ne répond pas aux critères du potentiel de bioaccumulation énoncés dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (Canada, 2000), mais elle remplit les critères de la persistance fixés par ce règlement.

Références

Anliker, R., Clarke, E.A., Moser, P. 1981. Use of the partition coefficient as an indictor of bioaccumulation tendency of dyestuffs in fish. Chemosphere 10(3):263-274.

Anliker, R., Moser, P. 1987. The limits of bioaccumulation of organic pigments in fish: their relation to the partition coefficient and the solubility in water and octanol. Ecotoxicol. Environ. Saf. 13(1):43-52.

[BBM] Baseline Bioaccumulation Model. 2008. Gatineau (Qc) : Environnement Canada, Division des substances existantes. [modèle élaboré d'après Dimitrov et al., 2005].

[ARLA] Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire. 2007. Note réglementaire REG2007-04 : Liste des produits de formulation de l’ARLA [Internet]. Ottawa (Ont.) : Santé Canada, Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire. No du CAS 72243-90-4; [consultée en avril 2008]. Accès : http://www.pmra-arla.gc.ca/francais/pdf/reg/reg2007-04-f.pdf

[BIOWIN] Biodegradation Probability Program for Windows [modèle d’estimation]. 2000. Version 4.02. Washington (DC) : U.S. Environmental Protection Agency, Office of Pollution Prevention and Toxics; Syracuse (NY) : Syracuse Research Corporation. Accès : www.epa.gov/oppt/exposure/pubs/episuite.htm

Boethling, R.S., Howard, P.H., Beauman, J.A., Larosche, M.E. 1995. Factors for intermedia extrapolations in biodegradability assessment. Chemosphere 30(4):741-752.

Canada. 1999. Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999). L.C. 1999, chap. 33. Gazette du Canada, Partie III, vol. 22, no 3. Accès : http://canadagazette.gc.ca/partIII/1999/g3-02203.pdf

Canada. 2000. Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) : Règlement sur la persistance et la bioaccumulation. C.P. 2000-348, 23 mars 2000, DORS/2000-107, Gazette du Canada, Partie II, vol. 134, no 7, p. 607-612. Accès : http://canadagazette.gc.ca/partII/2000/20000329/pdf/g2-13407.pdf

Canada. Ministère de l’Environnement, ministère de la Santé. 2006. Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) : Avis d’intention d’élaborer et de mettre en uvre des mesures d’évaluation et de gestion des risques que certaines substances présentent pour la santé des Canadiens et leur environnement. Gazette du Canada, Partie I, vol. 140, no 49, p. 4109-4117. Accès : http://gazetteducanada.gc.ca/partI/2006/20061209/pdf/g1-14049.pdf

Canada. Ministère de l’Environnement, ministère de la Santé. 2007a. Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) : Avis de troisième divulgation d’information technique concernant les substances identifiées dans le Défi. Gazette du Canada, Partie I, vol.141, no 33, p.2375-2379. Accès : http://gazetteducanada.gc.ca/partI/2007/20070818/pdf/g1-14133.pdf

Canada. Ministère de l’Environnement. 2007b. Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) : Avis concernant les substances du groupe 3 du Défi. Gazette du Canada, Partie I, vol. 141, no 33, p. 2379-2394. Accès : http://gazetteducanada.gc.ca/partI/2007/20070818/pdf/g1-14133.pdf

[CDC] Centres for Disease Control and Prevention (États-Unis). 2007. National Occupational Survey conducted from 1981 to 1983 [Internet]. CAS RN 72243-90-4. Atlanta (GA) : CDC, National Institute for Occupational Safety and Health. [consulté en avril 2008]. Accès : www.cdc.gov/noes/noes1/x9739sic.html

[CII] Colour Index International [base de données sur Internet]. 2002- . 4th Ed. Bradford (Royaume-Uni) : Society of Dyers and Colourists; Research Triangle Park (NC) : American Association of Textile Chemists and Colorists. [consultée en avril 2008]. Accès : http://www.colour-index.org/

Clariant. 2007. Product Data Sheet: Dyes for Detergents [Internet]. Muttenz (Suisse) : Clariant. Sanolin Violet FBL, Acid Violet 48. [consultée le 14 février 2008].
Accès : http://www.clariant.com/C1256A2A001CDFF0/wvbysalesrange/AD94D9A2F88285EDC1256B1B00366A74

Dimitrov, S., Dimitrova, N., Walker, J., Veith, G., Mekenyan, O. 2002. Predicting bioconcentration potential of highly hydrophobic chemicals. Effect of molecular size. Pure and Appl Chem. 74(10):1823-1830.

Dimitrov, S., Dimitrova, N., Parkerton, T., Comber, M., Bonnell, M., Mekenyan, O. 2005. Base-line model for identifying the bioaccumulation potential of chemicals. SAR QSAR Environ Res. 16(6):531–554.

Environnement Canada. 2000. Division de l’évaluation des substances chimiques. Environmental categorization for persistence, bioaccumulation and inherent toxicity of substances on the Domestic Substances List using QSARs. Rapport final. Environnement Canada. Juillet.

Environnement Canada. 2003. Document d’orientation sur la catégorisation des substances organiques et inorganiques inscrites sur la Liste intérieure des substances du Canada : Définition des substances qui sont persistantes, bioaccumulables et qui présentent une toxicité intrinsèque pour les organismes non humains. [CD-ROM], 124 p. Gatineau (Qc) : Environnement Canada, Division des substances existantes. Offert sur demande.

Environnement Canada. 2007a. Assumptions, limitations and uncertainties of the mass flow tool for Acid Violet 48, CAS RN 72243-90-4. Document de travail interne. Disponible auprès de : Division des substances existantes, Environnement Canada, Ottawa, KIA 0H3.

Environnement Canada. 2007b. Review of the limitations and uncertainties associated with use for molecular size information when assessing bioaccumulation potential. Rapport final inédit. Gatineau (Qc) : Environnement Canada, Division des substances existantes. Disponible sur demande.

Environnement Canada. 2007c. Données sur les substances du lot 2 recueillies en vertu de l’article 71 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) : Avis concernant certaines substances du groupe 2 du Défi. Rédigé par : Environnement Canada, Santé Canada, Programme des substances existantes.

Environnement Canada. 2008a. Données sur les substances du lot 3 recueillies en vertu de l’article 71 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) : Avis concernant les substances du groupe 3 du Défi. Rédigé par : Environnement Canada, Santé Canada, Programme des substances existantes.

Environnement Canada. 2008b. Guidance for conducting ecological assessments under CEPA 1999: science resource technical series, technical guidance module: the Industrial Generic Exposure Tool – Aquatic (IGETA). Document de travail. Gatineau (Qc) : Environnement Canada, Division des substances existantes.

Environnement Canada. 2008c. IGETA report: CAS 72243-90-4, 2008-07-16. Rapport inédit. Gatineau (Qc) : Environnement Canada, Division des substances existantes.

Environnement Canada. 2008d. Guidance for conducting ecological assessments under CEPA, 1999: science resource technical series, technical guidance module: Mega Flush consumer release scenario. Document de travail préliminaire. Gatineau (Qc) : Environnement Canada, Division des substances existantes..

Environnement Canada. 2008e. Mega Flush report: CAS RN 722-43-90-4, 2008-05-22. Rapport inédit. Gatineau (Qc) : Environnement Canada, Division des substances existantes..

[ESIS] European Substances Information System [base de données sur Internet]. 2008. Version 5.10. Bureau européen des produits chimiques (ECB). [consultée en avril 2008]. Accès : http://ecb.jrc.it/esis

[ETAD] Ecological and Toxicological Association of Dyes and Organic Pigments Manufacturers. 1992. ETAD project E3020-data summary (disperse dyes). Sommaire des résultats inédit. Présenté à Environnement Canada, Division des substances existantes, par l'ETAD en mai 2008.

[ETAD] Ecological and Toxicological Association of Dyes and Organic Pigments Canadian Affiliates, Dayan, J., Trebitz, H., consultants. 1995. Health and environmental information on dyes used in Canada. Rapport inédit présenté à la Division des substances nouvelles, Environnement Canada. Première de couverture : An overview to assist in the implementation of the New Substances Notification Regulations under the Canadian Environmental Protection Act.

Häner, A. (BMG Engineering Ltd.). 1996. Sandolan Gruen MF-BL: 96-hour toxicity study to Poecilia reticulata (Guppy). Muttenz (Suisse) : Clariant International Ltd. Report No.: 512-96.17 p. Étude interne demandée par la Division des substances existantes, Environnement Canada.

[HENRYWIN] Henry’s Law Constant Program for Microsoft Windows [modèle d'estimation]. 2000. Version 3.10. Washington (DC) : U.S. Environmental Protection Agency, Office of Pollution Prevention and Toxics; Syracuse (NY) : Syracuse Research Corporation. [consulté en janvier 2008]. Accès : www.epa.gov/oppt/exposure/pubs/episuite.htm

[MSDS] Material Safety Data Sheet [Internet]. 2003. St-Laurent (Qc) : Clariant (Canada) Inc. Sanolin Violet FBL, CAS RN 72243-90-4. [consulté le 18 janvier 2007]. Accès : http://www.msdsonline.com. [accès restreint].

[NCI] National Chemical Inventories [base de données sur CD-ROM]. 2007. Issue 2. Columbus (OH) : American Chemical Society. [consultée en mars 2008]. Accès : http://www.cas.org/products/cd/nci/index.html

[OCDE] Organisation de coopération et de développement économiques. 2004. Draft emission scenario on textile manufacturing wool mills [Internet]. ENV/JM/EEA(2004)8/1/REV, JT00175156 [consulté en février 2008]. Préparé par la Division des substances nouvelles, Environnement Canada. Accès : http://www.cd.org/dataoecd/2/47/34003719.pdf

[OCDE] Organisation de coopération et de développement économiques. 2006a. Emission scenario document on adhesive formulation. Revised draft. ENV/JM/EEA(2006)2, JT03213460. Préparé par : U.S. Environmental Protection Agency.

[OCDE] Organisation de coopération et de développement économiques. 2006b. Emission scenario document on coating industry (paints, lacquers, varnishes). Draft document. ENV/JM/EEA(2006)12, JT03213540. Préparé par : UK Environment Agency.

PubChem [base de données sur Internet]. 1988- . Bethesda (MD) : U.S. National Library of Medicine, National Center for Biotechnology Information. [consultée le 29 avril 2008]. Accès : http://pubchem.ncbi.nlm.nih.gov

Safepharm Laboratories. 1991. Assessment of inherent biodegradability, Zahn-Wellens test [CAS RN 72243-90-4]. Derby (Royaume-Uni) : Safepharm Laboratories. Report No. S0052/E328. 3 p. Rapport inédit présenté par Clariant à la Division des substances existantes, Environnement Canada, en avril 2008.

Sakuratani, Y., Noguchi, Y., Kobayashi, K., Yamada, J., Nishihara, T. 2008. Molecular size as a limiting characterisitic for bioaccumulation in fish. J Environ Biol. 29(1):89-92.

SimpleTreat 3.0, logiciel créé par l'Institut national de santé publique et d'environnement des Pays-Bas (RIVM) pour des prévisions sur l'élimination des usines de traitement des eaux usées, lancé en 1997. Disponible auprès de : Jaap Struijs, The National Institute for Public Health and the Environment (RIVM), Laboratory for Ecological Risk Assessment, C.P. 1, 3720 BA Bilthoven, Pays-Bas, courriel : j.struijs@rivm.nl.

[SPIN] Substances in Products in Nordic Countries [base de données sur Internet]. 2007. Financée par le Chemical Group du Conseil des ministres des pays nordiques. [consultée en avril 2008]. Accès : http://195.215.251.229/Dotnetnuke/Home/tabid/58/Default.aspx

[TOPKAT] Toxicity Prediction Program [Internet]. 2004. Version 6.2. San Diego (CA) : Accelrys Software Inc. Accès : http://www.accelrys.com/products/topkat/index.html

[US EPA] U.S. Environmental Protection Agency. 2004. Complete list of other (inert) ingredients permitted in pesticide products: Inert ingredients ordered by CAS number [Internet]. Washington (DC) : US EPA. CAS RN 72243-90-4; [consultée le 29 février 2008]. Accès : http://www.epa.gov/opprd001/inerts/completelist_inerts.pdf

[US EPA] U.S. Environmental Protection Agency. 2007. Inventory update reporting, past IUR data: Non-confidential production volume information submitted by companies under the 1986, 1990, 1994, 1998, and 2002 Inventory Update Reporting Regulation, CAS RN 72243904 [Internet]. Washington (DC) : US EPA; [consulté le 28 février 2007]. Accès : http://www.epa.gov/oppt/iur/tools/data/2002-vol.htm

Van Dijk A. 1988. Assessment of the acute toxicity of Sandolan Walkviolett N-FBL 180% on aerobic waste-water bacteria. Suisse : RCC Umweltchemie. Study Project No. 216696. 12 p. Étude inédite présentée par Clariant à la Division des substances existantes, Environnement Canada, en avril 2008.