Évaluation préalable pour le Défi concernant le

diacétate de 2,2’-[[3-chloro-4-[(2,6-dichloro-4-nitrophényl)azo]phényl]imino]bis-
(Disperse Brown 1)

Numéro de registre du Chemical Abstracts Service
23355-64-8


Environnement Canada
Santé Canada

Août 2009

Synopsis

Conformément à l’article 74 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [LCPE (1999)], les ministres de l’Environnement et de la Santé ont effectué une évaluation préalable du 2,2’-[[3-chloro-4-[(2,6-dichloro-4-nitrophényl)azo]phényl]imino]biséthanol (Disperse Brown 1), dont le numéro de registre du Chemical Abstracts Service est le 23355-64-8. Une priorité élevée a été accordée à l’évaluation préalable de cette substance inscrite au Défi, parce qu’elle répondait aux critères environnementaux de la catégorisation écologique relatifs à la persistance, au potentiel de bioaccumulation et à la toxicité intrinsèque pour les organismes non humains et parce que l’on croit qu’elle est commercialisée au Canada.

L’évaluation des risques que présente le Disperse Brown 1 pour la santé humaine n’a pas été jugée hautement prioritaire à la lumière des résultats fournis par les outils simples de détermination du risque d’exposition et du risque pour la santé élaborés par Santé Canada aux fins de la catégorisation des substances figurant sur la Liste intérieure. Par conséquent, la présente évaluation est axée sur les renseignements utiles à l’évaluation des risques pour l’environnement.

Le Disperse Brown 1 est un composé organique qui a déjà été utilisé au Canada et dans d’autres pays comme colorant, surtout dans l’industrie textile. Il n’est pas produit naturellement dans l’environnement. Aucune fabrication, importation ou utilisation en de cette substance n’a été rapportée en 2006. Toutefois, on a utilisé un seuil de 100 kg dans l’ensemble de la présente évaluation préalable pour déterminer la masse maximale possible de cette substance utilisée au Canada.

Selon les modes d’utilisation signalés pour d’autres colorants azo dispersés utilisés dans l'industrie textile et certaines hypothèses, la plus grande partie de cette substance devrait être rejetée dans des sites d’élimination des déchets solides, mais on estime qu’une proportion significative devrait être rejetée dans les eaux usées (14,8 %).On croit que le Disperse Brown 1 n’est ni soluble dans l’eau, ni volatil, mais qu’il devrait se déplacer vers les particules à cause de son caractère hydrophobe. Ainsi, après son rejet dans l’eau, cette substance devrait se répartir principalement dans les sédiments et, dans une moindre mesure, dans les sols agricoles amendés avec des boues d’égout. Le Disperse Brown 1 ne devrait pas se retrouver en quantités significatives dans d’autres milieux, et il est peu probable qu’il fasse l’objet de transport atmosphérique à grande distance.

Compte tenu de ses propriétés physiques et chimiques, on croit que le Disperse Brown 1 est persistant dans l’environnement (dans l’eau, les sédiments et le sol). Toutefois, selon de nouvelles données expérimentales sur le potentiel de bioaccumulation d’un composé analogue à structure semblable, on croit que ce colorant présente un faible potentiel d’accumulation dans les tissus lipidiques des organismes. Il satisfait donc aux critères de persistance, mais non aux critères de bioaccumulation, établis dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation. De plus, les données expérimentales sur la toxicité d'un composé analogue permettent de croire que de faibles concentrations de cette substance n’ont pas d’effets nocifs chez les organismes aquatiques.

Aux fins de la présente évaluation préalable, on a retenu deux scénarios d’exposition prudents selon lesquels le Disperse Brown 1 a été rejeté dans le milieu aquatique par une installation industrielle qui en utilise et aussi en raison de l’utilisation de produits de consommation qui en contiennent. Les concentrations environnementales estimées pour l’eau étaient inférieures à la concentration sans effet estimée pour les organismes aquatiques sensibles.

Cette substance s’inscrira dans la prochaine mise à jour de l’inventaire de la Liste intérieure. De plus, des activités de recherche et de surveillance viendront, le cas échéant, appuyer la vérification des hypothèses formulées au cours de l’évaluation préalable.

D’après les renseignements disponibles, le Disperse Brown 1 ne remplit aucun des critères de l’article 64 de la LCPE (1999).

Introduction

La Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [LCPE (1999)] (Canada, 1999) exige que les ministres de l’Environnement et de la Santé procèdent à une évaluation préalable des substances qui répondent aux critères de catégorisation énoncés dans la Loi, afin de déterminer si elles présentent ou sont susceptibles de présenter un risque pour l’environnement ou la santé humaine. Selon les résultats de cette évaluation, les ministres peuvent proposer de ne rien faire à l’égard de la substance, de l’inscrire sur la Liste des substances d’intérêt prioritaire en vue d’une évaluation plus détaillée ou de recommander son inscription sur la Liste des substances toxiques de l’annexe 1 de la Loi et, s’il y a lieu, sa quasi-élimination.

En se fondant sur l’information obtenue dans le cadre de la catégorisation, les ministres ont jugé qu’une attention hautement prioritaire devait être accordée à un certain nombre de substances, à savoir :

  • celles qui répondent à tous les critères environnementaux de la catégorisation, notamment la persistance (P), le potentiel de bioaccumulation (B) et la toxicité intrinsèque pour les organismes aquatiques (Ti), et que l’on croit être commercialisées au Canada;
  • celles qui répondent aux critères de la catégorisation pour le plus fort risque d’exposition (PFRE) ou qui présentent un risque d’exposition intermédiaire (REI) et qui ont été jugées particulièrement dangereuses pour la santé humaine, compte tenu des classifications qui ont été établies par d’autres organismes nationaux ou internationaux concernant leur cancérogénicité, leur génotoxicité ou leur toxicité pour le développement ou la reproduction.

Le 9 décembre 2006, les ministres ont donc publié un avis d’intention dans la Partie I de la Gazette du Canada (Canada, 2006a), dans lequel ils priaient l’industrie et les autres parties intéressées de fournir, selon un calendrier déterminé, des renseignements précis qui pourraient servir à étayer l’évaluation des risques, ainsi qu’à élaborer et à évaluer les meilleures pratiques de gestion des risques et de bonne gestion des produits pour ces substances d’importance prioritaire.

On a décidé d’accorder une attention hautement prioritaire à l’évaluation des risques pour l’environnement de Disperse Brown 1, car cette substance a été jugée persistante, bioaccumulable et intrinsèquement toxique pour les organismes aquatiques et il semble qu’elle est commercialisée au Canada. Le volet du Défi portant sur cette substance a été publié dans la Gazette du Canada le 16 février 2008 (Canada, 2008). En même temps a été publié le profil de cette substance, qui présentait l’information technique (obtenue avant décembre 2005) sur laquelle a reposé sa catégorisation. Des renseignements relatifs la bioaccumulation et la toxicité (analogues) de la substance ont été communiqués en réponse au Défi.

Même si l’évaluation des risques que présente le Disperse Brown 1 pour l’environnement est jugée hautement prioritaire, cette substance ne répond pas aux critères de la catégorisation pour le PFRE ou le REI ni aux critères définissant un grave risque pour la santé humaine, compte tenu du classement attribué par d’autres organismes nationaux ou internationaux quant à sa cancérogénicité, à sa génotoxicité ou à sa toxicité sur le plan du développement ou de la reproduction. La présente évaluation est donc axée principalement sur les renseignements présentant de l’intérêt pour l’évaluation des risques touchant l’environnement.

Les évaluations préalables effectuées aux termes de la LCPE (1999) mettent l’accent sur les renseignements jugés essentiels pour déterminer si une substance répond aux critères de toxicité des substances chimiques au sens de l’article 64 de la Loi :

  • « […] est toxique toute substance qui pénètre ou peut pénétrer dans l’environnement en une quantité ou concentration ou dans des conditions de nature à :
    • a) avoir, immédiatement ou à long terme, un effet nocif sur l’environnement ou sur la diversité biologique;
    • b) mettre en danger l’environnement essentiel pour la vie;
    • c) constituer un danger au Canada pour la vie ou la santé humaines. »

Les évaluations préalables visent à examiner des renseignements scientifiques et à tirer des conclusions fondées sur la méthode du poids de la preuve et le principe de prudence.

La présente évaluation préalable prend en considération tous les nouveaux renseignements sur les propriétés chimiques, les dangers, les utilisations et l’exposition fournis dans le cadre du Défi. Les données pertinentes pour l’évaluation préalable de cette substance ont été trouvées dans des publications originales, des examens des documents, des rapports de recherche de parties intéressées et d’autres documents consultés lors de recherches documentaires menées récemment, jusqu’en octobre 2008. Les principales études ont fait l’objet d’une évaluation rigoureuse et en général, seuls les résultats des études de qualité élevée ont été utilisés dans la formulation des conclusions, même si les résultats des autres études et modélisations peuvent avoir été pris en compte dans l’établissement du poids de la preuve. Lorsqu’ils étaient disponibles et pertinents, les renseignements présentés dans l’évaluation des dangers provenant d’autres instances ont également été utilisés. La présente ébauche d’évaluation préalable ne constitue pas un examen exhaustif ou critique de toutes les données disponibles. Elle fait plutôt état des études et des éléments d’information les plus importants pour appuyer la conclusion.

La présente évaluation préalable a été préparée par le personnel du Programme des substances existantes de Santé Canada et d’Environnement Canada et elle intègre les résultats d’autres programmes exécutés par ces ministères. Cette évaluation préalable a fait l’objet d’une étude consignée par des pairs.

Bien que des commentaires externes aient été pris en considération, Santé Canada et Environnement Canada assument la responsabilité du contenu final et des résultats de l’évaluation préalable. De plus, une version provisoire de la présente évaluation préalable a fait l’objet d’une consultation publique de 60 jours. Les principales données et considérations sur lesquelles repose la présente évaluation sont résumées ci-après.

Identité de la substance

Aux fins du présent document, la substance 2,2’-[[3-Chloro-4-[(2,6-dichloro-4-nitrophényl)azo]phényl] imino]biséthanol- sera appelée Disperse Brown 1. Le tableau 1 contient des renseignements sur l’identité de la substance.

Tableau 1. Identité de la substance

Numéro de registre du Chemical Abstracts Service (n° CAS) 23355-64-8
Nom dans la LIS Diacétate de 2,2’-[[3-chloro-4-[(2,6-dichloro-4-nitrophényl)azo]phényl]imino]bis-
Noms dans les inventaires1 Diacétate de 2,2’-[[3-chloro-4-[(2,6-dichloro-4-nitrophényl)azo]phényl]imino]bis- (TSCA, LIS, PICCS, ASIA-PAC) 2,2’-[[3-chloro-4-[(2,6-dichloro-4-nitrophényl)azo]phényl]imino]biséthanol (LIS, EINECS) Disperse Brown 1 (ENCS) Diacétate de 2,2’-[[3-chloro-4-[(2,6-dichloro-4-nitrophényl)azo]phényl]imino]bis- (AICS) C.I. disperse brown 001 (ECL) C.I. DISPERSE BROWN 1 (PICCS)
Autres noms C.I. 11152; C.I. Disperse Orange 46; Dianix Red Brown S Disperse Brown 3R; Disperse Orange 46 Diacétate de 2,2’-[[3-chloro-4-[(2,6-dichloro-4-nitrophényl)azo]phényl]imino]di-;Foron Brown S 3R; Kayalon Polyester Brown GR-SE Serilene Red Brown R-FS; Serilene Red Brown R-FS 150 Sodyecron Orange S-SLS; Terasil Brown 3R Tulasteron Fast Brown 3R-D
Groupe chimique produits chimiques organiques définis
Sous-groupe chimique colorant azoïque; azophényles
Formule chimique C19H17Cl2N5O4
Structure chimique Structure chimique 23355-64-8
SMILES2 N(=O)(=O)c(cc(c(N=Nc(c(cc(N(CCO)CCO)c1)Cl)c1)c2Cl)Cl)c2
Masse moléculaire 433,68 g/mol
1 NCI 2006 : AICS (inventaire des substances chimiques de l’Australie); ASIA-PAC (listes de substances de l’Asie-Pacifique); ECL (liste des produits chimiques existants de la Corée); EINECS (Inventaire européen des substances chimiques commerciales existantes), PICCS (inventaire des produits et substances chimiques des Philippines); TSCA (inventaire des substances chimiques visées par la Toxic Substance Control Act), ENCS (inventaire des substances chimiques existantes et nouvelles du Japon)
2 Simplified Molecular Line Input Entry System

Propriétés physiques et chimiques

Peu de données expérimentales sur le Disperse Brown 1 sont disponibles. Lors de l’atelier sur les modèles de relations quantitatives structure-activité (RQSA), parrainé par Environnement Canada en 1999 (Environnement Canada, 2000), des experts en modélisation ont reconnu qu’il est « difficile de modéliser » de nombreuses classes structurelles de colorants et de pigments avec le modèle RQSA. Les propriétés physiques et chimiques de nombreuses classes structurelles de teintures et de pigments (y compris les colorants acides et dispersés) se prêtent mal à la prévision modélisée, car on considère qu’elles « ne font pas partie du domaine d’applicabilité » (p. ex. domaines de la structure ou des paramètres des propriétés).

Par conséquent, lorsqu’il s’agit de teintures et de pigments, on vérifie au cas par cas les modèles RQSA pour déterminer leur domaine d’applicabilité pour déterminer le potentiel d’utilité du modèle. En général, on considère que l’utilisation des modèles RQSA ne convient pas à la prévision des propriétés physiques et chimiques du Disperse Brown 1 et par conséquent, plusieurs analogues ont été identifiés et des données déduites à partir d’analogues ont été utilisées pour la détermination des propriétés physiques et chimiques approximatives indiquées au tableau 2. Ces propriétés ont été utilisées par la suite pour d’autres modélisations et éléments d’information au cours de cette évaluation.

Un analogue est une substance chimique dont la structure est similaire à la substance qui fait l’objet d’une évaluation, et qui devrait donc présenter des similitudes dans ses propriétés physiques et chimiques, son comportement dans l’environnement et sa toxicité. Lorsqu’elles existent les données expérimentales pour un certain paramètre d’une substance analogue peuvent être utilisées directement ou avec un ajustement comme estimation de cette valeur de paramètre pour la substance faisant l’objet d’une évaluation.

Pour trouver des analogues acceptables, un examen des données relatives à plusieurs colorants azoïques dispersés a été amené (Anliker et al., 1981; Anliker et Moser, 1987; Baughman et Perenich; 1988, ETAD, 1995; Brown, 1992; Yen et al., 1989, Sijm et al., 1999). Ces composés ont une structure similaire à celle du Disperse Brown 1 et partagent d’autres caractéristiques importantes qui en font des analogues convenables. Elles comprennent des propriétés touchant leur devenir dans l’environnement comme une masse moléculaire élevée (généralement >300 g/mol), des diamètres transversaux similaires (1,37 à 2,05 nm), des structures particulaires solides, une décomposition à une température supérieure à 74 °C (jusqu’à 240 °C), et une dispersibilité dans l’eau (c.-à-d. qu’elles ne sont pas vraiment solubles). La présence d’un groupement éthanolamine sur le colorant azoïque vise à augmenter la dispersibilité dans l’eau (Bomberger et Boughton, 1984). De plus, ils sont peu solubles dans le n-octanol, leur pression de vapeur est négligeable et ils sont stables dans des conditions environnementales normales, ainsi qu’ils ont été conçus.

Le tableau 2 présente les valeurs expérimentales et modélisées des propriétés physiques et chimiques du Disperse Brown 1 qui se rapportent à son devenir dans l’environnement. Aucune valeur expérimentale n’a été trouvée pour le Disperse Brown 1.

Tableau 2. Propriétés physiques et chimiques de Disperse Brown 1 et des analogues chimiques pertinents

Propriété Type1 Valeur Température (ºC) Références
Point de fusion2 (ºC) substance analogue : Disperse Blue 79 157   PhysProp, 2006
données déduites à partir d’analogues des colorants azoïques dispersés 117 à 175 74 à 236   Anliker et Moser, 1987; Baughman et Perenich, 1988
substance analogue : Disperse Blue 79:1 132 à 153   Sijm et al., 1999; Yen et al., 1989
Point d’ébullition3 (°C) s.o.
Masse volumique (kg/m3) n.d.
Pression de vapeur (Pa) substance analogue : Disperse Blue 79 4,53 x 10-7   Clariant, 1996
données déduites à partir d’analogues des colorants azoïques dispersés 5,33 x (10-12 à 10-5) (4x10-14 à 4 × 10- mm Hg) 25 Baughman et Perenich, 1988
Constante de la loi de Henry (Pa m3/mol) données déduites à partir d’analogues4 10-8 à 10-1 (10-13 à 10- 6 atm·m3/mol)   Baughman et Perenich, 1988
Log Koe (coefficient de partage octanol-eau) [sans dimension] substance analogue : Disperse Blue 79 4,1, 4,4   Clariant, 1996; Brown, 1992
substance analogue : Disperse Blue 79:1 4,44, 4,8   Sijm et al., 1999; Yen et al., 1989
données déduites à partir d’analogues des colorants azoïques dispersés 1,79 à 5,1   Baughman et Perenich, 1988
données déduites à partir d’analogues des colorants azoïques dispersés >2 - 5,1   Anliker et al., 1981; Anliker et Moser 1987
  Disperse Orange 30 analogue 4,2   Brown, 1992
Log Kco (coefficient de partage carbone organique) [sans dimension] données déduites à partir d’analogues ou calculées5 3,4 à 4,2   Baughman et Perenich, 1988
Solubilité dans l’eau (mg/L) substance analogue : Disperse Blue 79 0,0054, 0,02, 0,000938 15 - 25 Clariant, 1996; Brown, 1992; Baughman et Perenich, 1988
données déduites à partir d’analogues des colorants azoïques dispersés <0,01   Anliker et Moser, 1987
1,2 × 10-5 à 35,5
(4 × 10-11 à 1,8 × 10-4 mol/L)
Baughman et Perenich, 1988
très peu soluble dans l’eau ETAD, 1995
substance analogue : Disperse Blue 79:1 0,0052 25 Baughman et Perenich, 1988
substance analogue : Disperse Orange 30 0,07   Brown, 1992
Solubilité dans le n-octanol (mg/L) données déduites à partir d’analogues des colorants azoïques dispersés 81 - 2430 20 Anliker et Moser, 1987
pKa (constante de dissociation) [sans dimension] modélisé 14,2 sous forme d’acide 0,45 sous forme de base   ACD/pKaDB, 2005
1 Ces valeurs extrapolées qu’on a utilisées pour le Disperse Brown 1 sont basées sur des renseignements concernant les colorants dispersés qui ont été fournis à Environnement Canada en vertu du Règlement sur les renseignements concernant les substances nouvelles (ETAD, 1995) et sur des renseignements concernant d’autres colorants dispersés analogues tirés d’ouvrages spécialisés.
2 On utilise l’expression « point de fusion », mais il serait plus exact de parler de point de décomposition; en effet, il est du domaine connu qu’à des températures élevées (supérieures à 200 °C) les colorants dispersés ne fondent pas, mais se carbonisent.
3 En général, la notion de point d’ébullition ne s’applique pas aux colorants dispersés. Dans le cas des colorants en poudre, on observe, à température élevée, une carbonisation ou une décomposition de la substance plutôt qu’une ébullition. Pour ce qui est des liquides et des pâtes colorantes, on observe l’ébullition du solvant seulement, alors que le composant solide qui ne s’est pas évaporé se décompose ou se carbonise (ETAD, 1995).
4 Les valeurs de solubilité de plusieurs colorants dispersés à 25 ºC et à 80 ºC ont été utilisées par Baughman et Perenich (1988) pour calculer les constantes de la loi de Henry de ces colorants. Nous donnons une plage de valeurs pour signifier que la constante de la loi de Henry prévue, en ce qui concerne le Disperse Brown 1, se situe dans cette gamme.
5 Les valeurs du log Koc sont fondées sur les calculs que Baughman et Perenich (1988) ont réalisés en utilisant une gamme de valeurs de solubilité mesurées pour des colorants commerciaux, à un point de fusion supposé de 200 ºC.

Les colorants azoïques dispersés analogues du Disperse Brown 1 sont présentés dans le tableau 3 ci-après. Certaines des propriétés physiques et chimiques (voir le tableau 2), les données empiriques sur la bioaccumulation (voir le tableau 6) ainsi que les données empiriques sur la toxicité (voir le tableau 7) de ces analogues ont été utilisées pour établir le poids de la preuve et pour appuyer les propositions de décision présentées dans cette ébauche d’évaluation préalable. Plus précisément, les données ont été obtenues pour les analogues structuraux suivants : le Disperse Orange 30, le Disperse Blue 79, le Disperse Blue 79:1, le Disperse Orange 25, le Disperse Red 17 et le Disperse Yellow 3 (tableau 3a).

Tableau 3a. Analogues structuraux du Disperse Brown 1

  N° CAS Nom commun Nom dans la LIS1 Structure chimique de l’analogue Données empiriques disponibles
i. 5261-31-4 Disperse Orange 30 Acétate de 2-[N-(2-cyanoéthyl)-4-[2,6-dichloro-4-nitrophényl)azo]anilino]éthyle Structure chimique 5261-31-4 Bioaccumulation, log koe, solubilité dans l’eau
ii. 12239-34-8 Disperse Blue 79 Diacétate de 2,2’-[[5-acétamide-4-[(2-bromo-4,6-dinitrophényl)azo]-2-éthoxyphényl]imino]diéthyle Structure chimique 12239-34-8 Point de fusion, pression de vapeur, log koe, solubilité dans l’eau, toxicité de cette substance pour les organismes aquatiques
iii. 3618-72-2 Disperse Blue 79:1 Diacétate de 2,2’-{[5-acétamido-4-(2-bromo-4,6-dinitrophénylazo)-2-méthoxyphényl]imino} diéthyle Structure chimique 3618-72-2 Point de fusion, log Koe, solubilité dans l’eau, toxicité de cette substance pour les organismes aquatiques
iv. 31482-56-1 Disperse Orange 25 Propanenitrile, 3-(Ethyl(4-((4-nitrophenyl)azo)phenyl)amino)- Structure chimique 31482-56-1 Toxicité aquatique
v. 3179-89-3 Disperse Red 17 2,2’-((3-methyl-4-(2-(4-nitrophenyl)diazenyl) phenyl)imino)biséthanol Structure chimique 3179-89-3 Toxicité aquatique
vi. 2832-40-8 Disperse Yellow 3 4-(2-Hydroxy-5-methylphenylazo)acetanilide Structure chimique 2832-40-8 Toxicité pour les organismes aquatiques

Il convient de noter qu’il existe plusieurs incertitudes associées à l’utilisation de données physiques et chimiques, toxicologiques et sur la bioaccumulation disponibles pour les substances indiquées au tableau 3a. Toutes ces substances appartiennent à la même classe chimique (colorants azoïques dispersés comportant une liaison azoïque) et sont utilisées pour des fins industrielles similaires. Toutefois, il existe des différences entre ces substances associées à leurs groupes fonctionnels uniques (voir tableau 3b ci-dessous) et, pour certaines, leur taille moléculaire (particulièrement pour le Disperse Orange 25 et le Disperse Red 17). Il en découle que ces analogues ont des valeurs empiriques de solubilité dans l’eau qui varient de plus de quatre ordres de grandeur, soit dans une plage allant de 10-5 à 0,07 mg/L. En raison de cette variabilité, il faut user de prudence lorsqu’on applique des valeurs d’analogues au Disperse Brown 1. Il serait clairement préférable d’utiliser les données empiriques qui sont disponibles dans l’étude Brown (1992) pour la solubilité dans l’eau, et le log Koe propre au Disperse Brown 1, qui n’existe pas actuellement. Toutefois, les données déduites à partir d’analogues présentées peuvent être prises en compte dans l’établissement du poids de la preuve pour cette substance.

Tableau 3b. Comparaison des analogues structuraux et du Disperse Brown 1

  N° CAS Nom commun Masse moléculaire (g/mol) % de similarité structurale1 Diamètre transversal minimum et maximum (nm)
i. 5261-31-4 (Disperse Orange 30) 450,28 77,84 1,75-1,98
ii. 3179-89-3 (Disperse Red 17) 344,36 73,12 1,41-1,86
iii. 12239-34-8 (Disperse Blue 79) 639,42 67,6 1,69-2,045
iv. 3618-72-2 Disperse Blue 79:1 625,39 66,18 1,42-2,03
v. 31482-56-1 Disperse Orange 25 323,35 s.o. 1,37-1,95
vi. 2832-40-8 Disperse Yellow3 269,31 s.o. 1,59-1,70
1 De ChemID Plus 2008 – un dictionnaire sur les produits chimiques et une base de données sur les structures en ligne entretenu par la National Library of Medicine; s.o. indique qu’aucune donnée n’est disponible dans la base de données.
2 CPOP (2008)

Sources

Le Disperse Brown 1 n’est pas produit naturellement dans l’environnement.

Des enquêtes menées auprès de l’industrie en 2005 et 2006 par le truchement d’avis publiés dans la Gazette du Canada conformément à l’article 71 de la LCPE (1999), ont permis de recueillir des renseignements récents (Canada, 2006b et 2008). Comme le précisaient ces avis, les enquêtes visaient à recueillir des données sur la fabrication et l’importation de la substance au Canada. En 2006, on demandait également de fournir des données sur les quantités de Disperse Brown 1 utilisées.

En 2006, aucune entreprise n’a déclaré avoir importé ou fabriqué de Disperse Brown 1 dans des quantités supérieures au seuil de déclaration fixé à 100 kg/an au Canada. Aucune entreprise n’a déclaré avoir utilisé plus de 1 000 kg de cette substance au total (seule, dans un mélange, dans un produit ou dans un article fabriqué), à n’importe quelle concentration en 2006. Bien qu’elle ne réponde pas aux exigences obligatoires de déclaration, une entreprise a manifesté son intérêt pour cette substance à l’aide du formulaire Déclaration des parties intéressées relatif à l’article 71 de 2006 (Canada, 2008).

En 2005, aucune entreprise n’a déclaré avoir fabriqué ou importé de Disperse Brown 1 dans des quantités supérieures au seuil de déclaration fixé à 100 kg/an. Toutefois, deux entreprises ont exprimé un intérêt pour cette substance (Canada, 2006b).

Au cours de l’élaboration de la Liste intérieure des substances (LIS), la quantité déclarée comme ayant été fabriquée, importée ou commercialisée au Canada au cours de l’année civile 1986 est de 22 100 kg (Environnement Canada, 1988). Il y avait cinq déclarants.

Le Disperse Brown 1 est une substance chimique produite en faible quantité dans l’Union européenne (UE). Sa production au sein de l’Union européenne a été estimée entre 10 et 1 000 tonnes par an, environ (ESIS, 2006). Le volume de production du Disperse Brown 1:1 aux États-Unis se situait entre 10 000 et 500 000 livres par année en 1986, 1990, 1994, 1998 et 2002 (US EPA, 2005). Selon la base de données des pays nordiques sur les substances dans les préparations (SPIN), Disperse Brown 1 a également été utilisé en Suède de 1999 à 2004 (SPIN, 2008).

Aucun renseignement sur la fabrication, l’importation ou l’utilisation de cette substance n’a été déclaré en 2006. On a cependant utilisé le seuil de déclaration de l’article 71, établi à 100 kg tout au long de la présente évaluation préalable afin de cerner la masse maximale possible de cette substance utilisée au Canada, qui autrement, ne ferait pas l’objet d’une déclaration obligatoire.

Utilisations

On n’a pas encore obtenu de données récentes sur l’utilisation de cette substance au Canada. Les codes d’utilisation suivants de la LIS ont été indiqués pour la substance dans le cadre de l’inscription sur la LIS (1984 à 1986) : « Colorant – pigment / teinture / encre » et « Textile, fabrication primaire » (Environnement Canada, 1988).

Des recherches dans les publications scientifiques et techniques ont permis d’obtenir l’information additionnelle présentée ci-dessous sur des utilisations possibles du Disperse Brown 1. Selon Chudgar et Oakes (2003), Disperse Brown 1 est le seul brun dispersé d’importance commerciale. Le Disperse Brown 1 est utilisé dans l’industrie du textile, a une bonne solidité de la couleur et de bonnes propriétés de dispersion et peut être utilisé dans l’opération de teinture du polyester et des tissus mélanges en polyester (CII, 2002). Toutefois, l’utilisation de cette substance dans l’industrie du textile est interdite par les entreprises qui désirent se conformer à Oeko-Tex Standard 100, une norme en matière de sécurité qui indique quels sont les produits textiles inoffensifs pour la santé, car le Disperse Brown 1 est un allergène soupçonné (Oeko-Tex, 2008). En Europe, le Disperse Brown 1 était utilisé auparavant dans les colorants pour cheveux; toutefois cette utilisation a été bannie le 29 août 2007, car il n’y avait pas de preuves suffisantes que l’utilisation de Disperse Brown 1 dans les cosmétiques ne présente pas de danger pour la santé humaine (Union européenne, 2007; Commission européenne, 2006). Le Disperse Brown 1 est également utilisé dans un produit pour teindre les verres à lunettes (BPI, 2008).

Rejets dans l’environnement

Outil de débit massique

Pour estimer les rejets potentiels d’une substance dans l’environnement à différentes étapes de son cycle de vie, un outil de mesure du débit massique a été créé (Environnement Canada, 2008a). Les données empiriques sur les rejets de substances particulières dans l’environnement sont rarement disponibles. On estime donc pour chaque type d’utilisation connue de la substance, la proportion et la quantité des rejets dans les différents milieux naturels, ainsi que la proportion de la substance qui est transformée chimiquement ou envoyée dans des lieux d’élimination des déchets. À moins de disposer de données spécifiques sur le taux ou le potentiel de rejet de cette substance provenant des sites d’enfouissement et des incinérateurs, les calculs réalisés à l’aide de l’outil de débit massique ne permettent pas de représenter quantitativement les rejets de la substance dans l’environnement à partir de ces sources.

Les hypothèses et les paramètres d’entrée employés pour effectuer ces estimations sont fondés sur les renseignements obtenus de diverses sources, notamment les réponses à des enquêtes menées conformément à la réglementation, les données de Statistique Canada, les sites Web des fabricants et les bases de données techniques. Ce qui est particulièrement pertinent, ce sont les facteurs d’émission, généralement exprimés en fraction d’une substance rejetée dans l’environnement, notamment durant sa fabrication, sa transformation et son utilisation associées aux procédés industriels. Les sources de ces renseignements comprennent des documents sur des scénarios d’émission, souvent produits sous les auspices de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), et les hypothèses par défaut utilisées par différents organismes internationaux de réglementation des produits chimiques. On a remarqué que le degré d’incertitude quant à la masse de la substance et à la quantité rejetée dans l’environnement augmente généralement vers la fin du cycle de vie.

Toutefois, dans ce document, pour estimer la fraction de Disperse Brown 1 rejetée dans l’environnement, on a utilisé les résultats de l’outil de débit massique obtenus pour d’autres colorants azoïques dispersés.

Selon les données de Statistique Canada et une analyse réalisée par Industrie Canada (2008), il est proposé que les colorants azoïques dispersés puissent être importée dans des articles manufacturés. Un rapport de textiles fabriqués au Canada et importés de 30/70 a été utilisé pour estimer la quantité de teinture importée dans les textiles (Environnement Canada, 2008b). Cette quantité importée a été incluse dans les calculs de l’outil de débit massique ainsi que dans les scénarios d’exposition plus détaillés.

Tableau 4. Estimation des rejets et des pertes de colorants azoïques dispersés dans les milieux naturels, de sa transformation chimique et des quantités transférées aux lieux d’élimination des déchets au moyen de l’outil de débit massique

Devenir Proportion massique (%)1 Principale étape du cycle de vie2
Rejets dans les milieux récepteurs :
  dans le sol 0,0 s.o.3
dans l’air 0,0 s.o.
dans les égouts4 14,8 Formulation, utilisation par les consommateurs
Transformation chimique 0,0 s.o.
Transfert vers les lieux d’élimination des déchets (p. ex. enfouissement, incinérateurs) 85,2 Formulation, élimination des déchets
1 Pour estimer les rejets des colorants azoïques dispersés dans l’environnement et la répartition de cette substance, comme le montre ce tableau sommaire, on a utilisé des renseignements tirés des documents de l’OCDE sur les scénarios d’émission (OCDE, 2004; OCDE, 2007). Les valeurs relatives aux rejets dans les milieux naturels ne tiennent pas compte des mesures d’atténuation qui peuvent être en place à certains endroits (comme leur élimination partielle dans les usines de traitement des eaux usées). Certaines hypothèses découlant de ces estimations sont résumées dans Environnement Canada, 2008b.
2 Étapes applicables : production; formulation; utilisation industrielle; utilisation par les consommateurs; durée de vie utile de l’article ou du produit; élimination des déchets.
3 Sans objet
4 Eaux usées avant toute forme de traitement

Les résultats indiquent que le Disperse Brown 1 pourrait être largement décelé dans les sites de gestion de déchets (85,2 %), en raison de l’élimination des articles manufacturés qui en contiennent. Les calculs réalisés à l’aide de l’outil de débit massique ne permettent pas de représenter quantitativement les rejets de la substance dans l’environnement à partir des lieux d’élimination des déchets (comme les sites d’enfouissement et les incinérateurs) à moins de disposer de données précises sur le taux ou le potentiel de rejet de cette substance. Or, aucune information de ce genre n’a été relevée sur le Disperse Brown 1. Une faible fraction des déchets solides est incinérée, ce qui devrait donner lieu à une transformation du Disperse Brown 1. D’après les renseignements contenus dans les documents sur les scénarios de l’OCDE concernant la transformation et les utilisations associées à ce type de substance, on estime que 14,8 % du Disperse Brown 1 peut être rejeté dans les égouts.

D’après ce qui précède, l’eau (égouts) est le milieu qui reçoit la plus grande partie du Disperse Brown 1 émis pendant la transformation et l’utilisation des produits. On prévoit que la majeure partie de cette substance fixée dans les produits sera envoyée aux sites d’enfouissement aux fins d’élimination.

Devenir dans l’environnement

Selon les résultats obtenus à l’aide de l’outil de débit massique (tableau 4), la substance Disperse Brown 1 susceptible d’être rejetée dans les effluents d’eaux usées pendant sa transformation industrielle et son utilisation. La valeur moyenne de log Koe (4,2) et la valeur élevée de log Koe déduites (analogues de 3,4 à 4,2) [voir le tableau 2] indiquent que cette substance pourrait avoir une affinité pour les solides. Toutefois, le log Kco est une valeur calculée (voir la note 3 du tableau 2), et le potentiel d’adsorption des structures particulaires solides des colorants n’est généralement pas bien compris; par conséquent, le degré d’adsorption du Disperse Brown 1 est incertain.

Le Disperse Brown 1 devrait se trouver principalement dans les sédiments ou le sol, et ne devrait pas être transporté sur de grandes distances dans l’atmosphère.

Le Disperse Brown 1 ne se biodégrade pas rapidement (voir le tableau 5 ci-après). Au Canada, il pourrait être épandu non intentionnellement sur des sols agricoles et des terres de pâturage comme composant des boues activées couramment utilisées pour fertiliser les sols. De plus, la substance pourrait être libérée des textiles teints qui se retrouvent dans les sites d’enfouissement.

En solution, le Disperse Brown 1 peut se comporter comme un acide ou comme une base. Étant donné que le pKa est de 14,2 pour l’acide et de 0,45 pour la base (voir le tableau 2), le Disperse Brown 1 lorsqu’il est dissous, ne devrait pas s’ioniser dans l’eau à des pH pertinents du point de vue de l’environnement. Étant donné que des colorants dispersés analogues de cette substance ont montré une solubilité limitée dans l’eau (voir le tableau 2), le Disperse Brown 1 ne devrait être que peu soluble et se comporter comme une dispersion colloïdale (Yen et al., 1991). Compte tenu de sa faible solubilité lorsqu’elle est rejetée dans l’eau, cette substance devrait se déposer sur les matériaux de fond où elle devrait se comporter comme une particule plutôt que comme un produit chimique organique soluble. Yen et al., (1989) ont conclu que les colorants dispersés ont tendance à s’accumuler considérablement dans les sédiments et le biote, sauf s’ils se dégradent à des taux comparables à celui de l’absorption. Selon Razo-Flores et al. (1997), les colorants azoïques finissent par se retrouver dans des sédiments anaérobies, dans des aquifères et dans l’eau souterraine en raison de leur nature récalcitrante dans le milieu anaérobie. Selon Yen et al. (1991) certains colorants d’azobenzène analogues se transformaient en sédiments dans des conditions anaérobiques par hydrolyse et réduction, et ils ont conclu que la plupart des colorants azoïques ne sont probablement pas persistants dans des systèmes de sédiments anaérobiques. Dans des sédiments enfouis, le Disperse Brown 1 peut subir une dégradation anaérobie, comme il est décrit dans la section suivante sur la persistance.

La vitesse de volatilisation à partir de l’eau est proportionnelle à la constante de la loi de Henry (Baughman et Perenich, 1988). La constante de la loi de Henry de faible à négligeable (10-8 à 10-1 (10-8 à 10-1 Pa·m3/mol, données déduites à partir d’analogues du tableau 2) et la pression de vapeur de faible à négligeable (5,33 × (10-12 à 10-5) Pa, données déduites à partir d’analogues au tableau 2) indiquent que le Disperse Brown 1 est essentiellement non volatil. Par conséquent, il est peu probable que la volatilisation joue un rôle important comme voie de transport dans la perte de cette substance à partir des surfaces de sol humides et sèches ainsi qu’à partir des milieux aquatiques. Baughman et Perenich, (1988), indiquent également que la volatilisation ne joue pas un rôle important comme voie de transport dans la perte de colorant dispersé à partir des systèmes aquatiques. Ces données sont compatibles avec l’état physique (particules solides) du Disperse Brown 1, état qui rend la substance peu sujette à la volatilisation.

Persistance et potentiel de bioaccumulation

Persistance

Aucune donnée expérimentale sur la dégradation biologique du Disperse Brown 1 n’a été trouvée. D’après l’Ecological and Toxicological Association of Dyes and Organic Pigments Manufacturers (ETAD, 1995), les teintures, à part quelques exceptions, sont considérées comme essentiellement non biodégradables dans des conditions aérobies. Des évaluations répétées de la biodégradabilité immédiate et intrinsèque à l’aide d’essais acceptés (voir les Lignes directrices de l’OCDE pour les essais de produits chimiques) ont confirmé cette hypothèse fondée sur d’autres substances chimiques (Pagga et Brown, 1986; ETAD, 1992). Étant donné la structure chimique du Disperse Brown 1 rien ne permet de penser que sa biodégradation serait différente de la biodégradation des teintures décrites (ETAD, 1995). Comme il est indiqué ci-dessous, les données modélisées présentées dans le tableau 5 appuient l’hypothèse selon laquelle le Disperse Brown 1 n’est pas dégradable.

Il a été démontré que certains colorants azoïques dispersés connaissent une biodégradation anaérobie relativement rapide dans les sédiments qui se trouvent en profondeur dans le sol, où les conditions anoxiques persistent (Yen et al., 1991; Baughman et Weber, 1994; Weber et Adams, 1995). Ces colorants dispersés entrent la plupart du temps dans le système aquatique sous la forme de dispersion de fines particules en suspension, se déposant finalement sur les couches aérobies des sédiments de surface où ils resteront jusqu’à ce que l’enfouissement dans les sédiments crée un milieu réducteur. Le taux d’accumulation de sédiments et l’ampleur de la bioturbation varient d’un site à l’autre. De ce fait, il est très difficile de déterminer le temps passé par les colorants dans les couches de sédiments aérobies. Cependant, il est probable que dans plusieurs cas ce temps soit supérieur à 365 jours. Une fois dans un milieu anaérobie ou réducteur, les colorants azoïques peuvent se dégrader rapidement en constituants amines aromatiques de substitution, comme l’ont démontré Yen et al., (1991) qui ont mesuré les valeurs de demi-vie de réduction dans les sédiments compactés à température ambiante de 2,9 heures à 2,0 jours pour les colorants d’azobenzène (n° CAS 68133-69-7). Toutefois, dans un milieu anoxique profond, le produit de la biodégradation ne devrait pas présenter un potentiel d’exposition élevé pour la majorité des organismes aquatiques, ni de préoccupation pour l’environnement.

Faute de données expérimentales sur la biodégradation du Disperse Brown 1, une méthode du poids de la preuve reposant sur des RQSA (Environnement Canada, 2007) a été utilisée avec les modèles de dégradation indiqués dans le tableau 5 ci-dessous. Même si le Disperse Brown 1 devrait être rejeté dans les eaux usées, son temps de séjour dans la colonne d’eau peut être bref avant qu’il ne se dépose finalement dans le lit de sédiments en raison de sa faible solubilité et de sa dispersion colloïdale. Toutefois, compte tenu de l’absence de données sur cette question, la persistance a été examinée principalement au moyen des modèles de prédiction RQSA pour la biodégradation dans l’eau. L’analyse suivante concerne principalement la partie de cette substance actuellement dissoute dans l’environnement, tout en tenant compte du fait qu’il est probable qu’une grande partie de cette substance soit dispersée sous la forme de particules solides. Le Disperse Brown 1 ne contient pas de groupements fonctionnels susceptibles de subir une hydrolyse dans un milieu anaérobie, car les colorants sont conçus pour être stables dans les milieux aqueux).

Tableau 5. Données modélisées sur la biodégradation du Disperse Brown 1

Modèle Base du modèle Milieu Valeur Interprétation Demi-vie extrapolée (jours) Référence et/ou source d’extrapolation
BIOWIN1* v4.1 (2000) probabilité linéaire eau (aérobie) -0,441 Ne se biodégrade pas rapidement s.o.  
BIOWIN2* v4.1 (2000) probabilité non linéaire eau (aérobie) 0,00 Ne se biodégrade pas rapidement s.o.  
BIOWIN3* v4.1 (2000) enquête d’expert (biodégradation ultime) eau (aérobie) 1,21 Récalcitrant 180 US EPA, 2002
BIOWIN4* v4.1 (2000) enquête d’expert (biodégradation primaire) eau (aérobie) 2,53 Semaines-mois 37,5 US EPA, 2002
BIOWIN5* v4.1 (2000) probabilité linéaire MITI eau (aérobie) -0,317 Ne se biodégrade pas rapidement s.o.  
BIOWIN6* v4.1 (2000) probabilité non linéaire MITI eau (aérobie) 0,00 Ne se biodégrade pas rapidement s.o.  
Conclusion générale BIOWIN1 BIOWIN 3 + BIOWIN 5 eau (aérobie) Aucune Ne se biodégrade pas immédiatement s.o.  
CATABOL v. 5.100 % DBO (OCDE 301C) eau (aérobie) 0 Persistant (< 20 %) > 182 Aronson et al., 2006
* BIOWIN 1-6 ont été élaborés à partir du modèle de prévision BIOWIN (2000). BIOWIN évalue la biodégradabilité aérobie des produits chimiques organiques en utilisant six modèles différents.
1 Basée sur les résultats de BIOWIN 3 et BIOWIN 5.

Les résultats du tableau 5 montrent que la majorité des modèles de probabilité (BIOWIN 1, 2, 5, 6) indiquent que cette substance ne se biodégrade pas rapidement. En fait, toutes les probabilités sont inférieures à 0,3, seuil suggéré par Aronson et al. (2006); qui définit la substance comme ayant une demi-vie supérieure à 60 jours (selon les modèles de probabilité MITI). Le résultat de la demi-vie du modèle d’enquête primaire (BIOWIN 4) des semaines-mois pourrait signifier environ 37,5 jours (US EPA, 2002; Aronson et al. 2006). Toutefois, la nature du produit de dégradation est inconnue. Le résultat du modèle d’enquête ultime (BIOWIN 3) sur les composés récalcitrants pourrait signifier environ 180 jours selon l’US EPA, 2002; Aronson et al., 2006. La conclusion d’ensemble de BIOWIN (2000) est que cette substance n’est pas immédiatement biodégradable.

Le modèle CATABOL (c2004-2008) a prévu un taux de biodégradation de 0 % d’après l’essai de biodégradation immédiate de l’OCDE 301 (% DBO), ce qui laisserait entendre que la substance est probablement persistante (Aronson et Howard, 1999) et que sa demi‑vie dans l’eau est supérieure à 182 jours.

Une fois que les résultats des modèles de probabilité, la conclusion générale de BIOWIN et la dégradation ultime sont pris en compte, l’ensemble des modèles indique que la demi-vie dans l’eau est de plus de 182 jours. Cette interprétation est cohérente avec la nature d’un composant chimique utilisé comme colorant dispersé (c.-à-d. conçu pour être relativement insoluble et durable). D’après un ratio d’extrapolation de 1:1:4 pour une demi-vie de biodégradation dans l’eau, le sol et les sédiments (Boethling, 1995), la demi‑vie de biodégradation dans le sol devrait être supérieure à 182 jours et la demi-vie dans les sédiments aérobiques, supérieure à 365 jours.

D’après les résultats des modèles de prévision (principalement pour la dégradation ultime) et l’avis des experts (ETAD, 1995), le Disperse Brown 1 répond aux critères de persistance dans l’eau, le sol (demi-vie dans le sol et l’eau ≥ 182 jours) et les sédiments (demi-vie dans les sédiments ≥ 365 jours), comme établi dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (Canada, 2000).

Potentiel de bioaccumulation

Il n’y a pas de données expérimentales de bioaccumulation disponibles en ce qui concerne le Disperse Brown 1. Étant donné que les colorants azoïques sortent du champ d’application des modèles de bioaccumulation disponibles, les prévisions basées sur ces modèles ne sont pas considérées comme assez fiables pour ce lot de substances. De ce fait, nous n’avons pas tenu compte de ces modèles pour l’évaluation de bioaccumulation du Disperse Brown 1 pour la présente évaluation.

En l’absence de données expérimentales et modélisées pour le Disperse Brown 1 lui‑même, des facteurs de bioconcentration (FBC) et de bioaccumulation (FBA) pour analogues structuraux ont été utilisés pour évaluer le potentiel de bioaccumulation du Disperse Brown 1. À cette fin, une étude de bioconcentration soumise pour un analogue structural relativement apparenté, le Disperse Orange 30, indique qu’il est peu probable que cette substance s’accumule dans les tissus des poissons (Shen et Hu, 2008). Cette étude a été menée en conformité avec les Lignes directrices de l’OCDE pour les essais de produits chimiques, n° 305B-1996, « Bioconcentration: Semi-Static Fish Test ». L’effet de bioconcentration du Disperse Orange 30 chez le poisson-zèbre (Brachydanio rerio) a été déterminé par un essai de 28 jours en régime semi-statique, avec renouvellement du milieu d’essai tous les deux jours. Afin de vérifier le potentiel de bioconcentration de la substance d’essai, un essai en phase d’exposition à une concentration nominale de 20 mg/L (concentration moyenne mesurée entre 0,028 et 0,28 mg/L approximativement) a été mené en tenant compte du résultat obtenu lors de l’essai de toxicité aiguë pour le poisson. Des échantillons ont été prélevés quotidiennement des milieux et des organismes d’essai, à partir du 26e jour jusqu’à la dernière journée de la période d’exposition de 28 jours. On a préparé les échantillons en extrayant le composant lipidique des poissons à l’étude. La concentration mesurée de la substance d’essai, la teneur en lipides et le facteur de bioconcentration (FBC) figurent au tableau 6.

Tableau 6. Concentration mesurée du Disperse Orange 30, teneur en lipides dans les poissons et calcul du FBC

Traitements (20 mg/L) Jour de l’échantillonnage
26e jour 27e jour 28e jour
Concentration mesurée de la substance d’essai dans les solutions extraites (mg/L) <0,028 <0,028 <0,028
Quantité de la substance d’essai dans les lipides des poissons (mg) <1,68 <1,68 <1,68
Poids total des poissons (g) 2,07 2,13 2,53
Concentration de la substance d’essai dans les poissons CP (mg/kg) <0,81 <0,79 <0,66
Concentration mesurée de la substance d’essai dans l’eau CE (mg/L) 0,028 ~ 0,28 0,028 ~ 0,28 0,028 ~ 0,28
Teneur en lipide des poissons (%) 0,81 0,57 1,25
FBC <100 <100 <100
FBC moyen <100

L’étude de Shen et Hu (2008) a été revue et jugée acceptable (voir l’annexe 1). La non‑détection dans les extraits de poisson (< 0,028 mg/L) indiquerait une solubilité limitée dans les lipides ou un potentiel limité de répartition dans les tissus des poissons des systèmes aqueux. Toutefois, dans toute étude, certaines incertitudes demeurent concernant les valeurs limites parce qu’on ne connaît pas la valeur absolue. Par contre, étant donné la structure et le comportement probable des colorants dispersés dans les systèmes aqueux, le faible résultat obtenu pour le FBC n’est pas inattendu. La plupart des colorants dispersés, ainsi que leur nom le laisse entendre, se présentent sous la forme de fines particules dispersibles avec des fractions réellement solubles limitées. Leur solubilité peut, toutefois, être augmentée en ajoutant à la molécule des groupements fonctionnels polarisés. Or, même si le Disperse Brown 1 comprend certains groupements fonctionnels solubilisants (groupes hydroxy), on ne prévoit pas qu’il se solubilise à des pH pertinents du point de vue de l’environnement (tableau 2). Par conséquent, étant donné un point de fusion d’environ 127 °C (valeur pour le Disperse Orange 30) et un log Koe de 4,45 (médiane des données des analogues dans le tableau 2), la solubilité aqueuse prévue (WSKOWIN, 2000) corrigée pour le point de fusion et le log Koe est de 0,26 mg/L. Cette valeur est dans le seuil de détection dans l’eau de l’étude de bioaccumulation et est conforme à certaines valeurs de solubilité expérimentales obtenues pour les analogues du Disperse Blue 79 et du Disperse Blue 79:1 (tableau 2). En supposant que la concentration de la solution dans l’essai était égale à la valeur de solubilité de l’eau de 0,26 mg/L et en utilisant une concentration dans les poissons inférieure à 0,81 mg/kg comme une estimation de la pire éventualité, le FBC pourrait être calculé comme inférieur à 100.

Bien que l’étude mentionnée plus haut constitue la preuve principale du faible potentiel de bioaccumulation du Disperse Brown 1, d’autres recherches corroborent cette conclusion. Anliker et al.. Anliker et al. (1981) présentent des valeurs expérimentales sur la bioaccumulation dans les poissons pour 18 colorants monoazoïques dispersés, valeurs obtenues suivant les méthodes prescrites par le ministère du Commerce international et de l’Industrie du Japon (MITI). Le log des facteurs de bioaccumulation (FBC) variait entre 0,00 et 1,76 et est exprimé en fonction du poids humide total des poissons (Anliker et al., 1981). 1981). Vu l’absence de déclaration de numéros de registre de substances chimiques et de structures chimiques, l’utilité de cette étude était limitée en ce qui a trait aux données déduites à partir d’analogues du Disperse Brown 1. Des études de suivi, qui faisaient état des structures chimiques des colorants dispersés à l’essai, ont toutefois confirmé le faible potentiel de bioaccumulation de dix colorants azoïques du groupe nitro et ont indiqué un log des facteurs de bioaccumulation variant entre 0,3 et 1,76 (Anliker et Moser, 1987; Anliker et al., 1988). Des études du MITI viennent également appuyer le faible potentiel de bioaccumulation des colorants azoïques dispersés. Les facteurs de bioconcentration déclarés de trois colorants azoïques dispersés (nos CAS 40690-89-9, 61968-52-3 et 71767-67-4) testés à une concentration de 0,01 mg/L variaient de moins de 0,3 à 47 (MITI, 1992). Une étude sur l’accumulation d’une durée de huit semaines réalisée par Brown (1987) montre également qu’aucun des douze colorants dispersés ayant été testés ne s’accumulait chez la carpe.

La seule source de données qui indique que le Disperse Brown 1 pourrait avoir un potentiel élevé de bioaccumulation est une valeur médiane élevée déduite à partir d’analogues du log Koe de 4,45 (tableau 2). En dépit des valeurs du log Koe pour les analogues structurels, il n’y a aucune preuve de bioaccumulation de ces colorants (Anliker et al., 1981; Anliker et Moser, 1987, Anliker et al., 1988; MITI, 1992). Selon les auteurs qui ont mesuré des valeurs élevées du log Koe et de faibles facteurs de bioaccumulation concomitants pour les colorants azoïques dispersés, les facteurs d’accumulation faibles pourraient s’expliquer, dans certains cas, par leur faible liposolubilité absolue (Brown, 1987) ou leur masse moléculaire relativement élevée (généralement entre 450 et 550 g/mol), ce qui pourrait rendre difficile le transport de ces substances à travers les membres des poissons (Anliker et al., 1981; Anliker et Moser, 1987). Il se peut aussi que le manque de biodisponibilité et le comportement de répartition limité imposés par les conditions d’essai sur le FBC restreignent l’accumulation dans les tissus lipidiques des poissons.

Selon l’ETAD (1995), les caractéristiques moléculaires indiquant une absence de bioaccumulation sont une masse moléculaire supérieure à 450 g/mol et un diamètre transversal supérieur à 1,05 nm. D’après une étude récente menée par Dimitrov et al, (2002), Dimitrovet al., (2005) et le BBM, (2008), la probabilité qu’une molécule traverse des membranes cellulaires à la suite d’une diffusion passive diminue de façon importante lorsque le diamètre transversal maximal (Dmax) augmente. La probabilité qu’une diffusion passive se produise diminue de façon notable lorsque le diamètre transversal est supérieur à environ 1,5 nm et de façon encore plus significative dans le cas des molécules ayant un diamètre transversal supérieur à 1,7 nm. Sakuratani et al. (2008) ont également étudié l’effet du diamètre transversal sur la diffusion passive à l’aide d’un ensemble d’essai comptant environ 1 200 substances chimiques nouvelles et existantes et ont aussi observé que les substances dont le potentiel de bioconcentration n’était pas très élevé avaient souvent un Dmax > 2,0 nm ainsi qu’un diamètre effectif (Deff) > 1,1 nm.

Le Disperse Brown 1 a une masse moléculaire de 433,68 g/mol (voir tableau 1) et sa structure moléculaire est relativement simple; ces deux caractéristiques indiquent un potentiel de bioaccumulation. En outre, un rapport d’Environnement Canada (2007) indique qu’il n’y a pas de rapports nets qui permettraient de fixer une valeur de taille moléculaire de démarcation pour évaluer le potentiel de bioaccumulation. Toutefois, le rapport ne conteste pas la notion selon laquelle une réduction du taux d’absorption pourrait être associée à une augmentation du diamètre transversal, comme cela a été démontré par Dimitrov et al., (2002, 2005). Le diamètre maximal du Disperse Brown 1 et de ses conformères varie de 1,73 à 1,8 nm (BBM, 2008), ce qui indiquerait que, en ce qui concerne ce colorant, il y a une possibilité de réduction importante du taux d’absorption dans l’eau et de la biodisponibilité in vivo.

Les résultats de la modélisation de la bioaccumulation n’ont pas été utilisés dans cette évaluation du Disperse Brown 1. On considère en effet qu’il est difficile de modéliser de nombreuses classes de pigments et de colorants non solubles de masse moléculaire plus élevée, notamment les colorants azoïques dispersés; par conséquent, les résultats sont en général peu fiables. Des propriétés prévues ou empiriques des colorants dispersés liées à la bioaccumulation (p. ex. log Koe) ne sont pas nécessairement pertinentes et peuvent être associées à un degré élevé d’erreur, ce qui limiterait l’utilité des valeurs calculées des facteurs de bioconcentration et de bioaccumulation. De plus, les colorants azoïques dispersés sortent du champ d’application des modèles de bioaccumulation disponibles.

Compte tenu de l’absence d’accumulation observée dans les études sur la bioconcentration pour le Disperse Orange 30 ainsi que d’autres colorants azoïques dispersés apparentés, et du grand diamètre transversal moléculaire du Disperse Brown 1, qui restreint vraisemblablement son comportement de répartition, le Disperse Brown 1 devrait présenter un faible potentiel de bioaccumulation. Par conséquent, si l’on tient compte de la preuve du facteur de bioconcentration des analogues ainsi que des considérations sur la biodisponibilité et la structure, le Disperse Brown 1 ne répond pas au critère de bioaccumulation (FBC, FBA > 5000) énoncé dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (Canada, 2000).

Potentiel d’effets nocifs sur l’environnement

Évaluation des effets sur l’environnement

A – Dans le milieu aquatique

Aucune donnée empirique sur l’écotoxicité n’a été trouvée pour le Disperse Brown 1.

Environnement Canada a reçu des données écotoxicologiques sur une substance présentant une structure similaire à celle du Disperse Brown 1 en vertu du Règlement sur les renseignements concernant les substances nouvelles (Environnement Canada, 1995). La masse moléculaire de cette substance est de 471, 46, semblable à celle du Disperse Brown 1. Les résultats de l’essai de toxicité en régime statique de 96 h sur la truite arc‑en-ciel (Oncorhynchus mykiss) ont montré que la CL50 de cette espèce est de 505 mg/L (tableau 7). Cet essai a été mené en conformité avec les Lignes directrices de l’OCDE n° 203. Les fiches techniques santé-sécurité (FTSS) sur la substance déclarée contiennent également de l’information relative aux effets toxiques bactériens. Les résultats de cet essai indiquent une CE50 > 1 000 mg/L pour l’inhibition de respiration de boues activées. D’après les données disponibles sur l’écotoxicité, les effets toxiques de la substance déclarée devraient être peu préoccupants pour les organismes aquatiques. La fiabilité de cet essai a été évaluée à l’aide d’un sommaire de rigueur d’études et a été jugée satisfaisante (annexe 1).

Dans le cadre d’une autre étude sommaire présentée à Environnement Canada pour le compte de l’ETAD (Brown, 1992), onze colorants dispersés ont été testés sur les organismes suivants : poisson-zèbre, Daphnia magna, algues et bactéries. Quatre de ces colorants sont des colorants azoïques analogues du Disperse Brown 1 (Brown, 1992). Il s’agit du Disperse Blue 79, du Disperse Orange 25, du Disperse Orange 30 et du Disperse Red 17 (tableau 7). On a noté dans cette étude que certains colorants dispersés (composés non azoïques) présentaient des degrés de toxicité inférieurs à 1 mg/L pour les algues. Brown (1992) a toutefois souligné que l’inhibition de la croissance des algues était attribuable en grande partie à l’adsorption de la lumière par les colorants plutôt qu’à l’activité biologique de ceux-ci. Il convient de signaler que l’on n’a pas fourni le protocole expérimental détaillé de l’étude portant sur les colorants testés, ce qui restreint grandement l’évaluation de ces études (Brown, 1992). Toutefois, on a jugé que ces données pouvaient être utilisées et elles sont incluses dans la présente évaluation préalable pour le poids de la preuve disponible, car elles fournissent des données empiriques additionnelles pour établir la fourchette des valeurs d’écotoxicité de ces structures. Deux analogues testés ont montré une toxicité moyenne pour le D. magna (48 h CE50 = 4,5 à 5,8 mg/L) et les quatre analogues ont montré une toxicité faible à modérée pour le poisson-zèbre (96 h CL50 = 103 à 710 mg/L). On a également signalé une toxicité modérée pour la croissance des algues (CE50 de croissance = 6,7 à 54 mg/L) et aucune toxicité n’a été détectée pour les bactéries (CI50 > 100 mg/L). Enfin, un analogue, le Disperse Blue 79:1, avait une concentration sans effet observé (CSEO) chronique de 122 jours chez la truite arc-en-ciel de > 0,0048 mg/L (tableau 7). Cette étude a été évaluée et jugée très fiable (annexe 1). Toutefois, comme cette valeur est un résultat non borné fondé sur une hypothèse, elle n’a pas été utilisée pour calculer la concentration estimée sans effet (CESE). En outre, les valeurs de ces analogues indiquent que le Disperse Brown 1 n’est pas très dangereux pour les organismes aquatiques
(c.-à-d. CL50 aiguë >1 mg/L).

Tableau 7. Données empiriques sur la toxicité pour les organismes aquatiques des analogues du Disperse Brown 1

Nom commun Organisme d’essai Paramètre Valeur (mg/L) Références
Disperse Orange 30 Poisson-zèbre CL501 710 Brown, 1992
Daphnia magna CE502 5,8
Scenedesmus subspicatus CE502 6,7
Bactérie CI503 >100
Disperse Blue 79 Poisson-zèbre CL501 340 Brown, 1992
Daphnia magna CE502 4,5
Scenedesmus subspicatus CE502 9,5
Bactérie CI503 >100
Disperse Red 17 Poisson-zèbre CI503 103 Brown, 1992
Daphnia magna CL501 98
Scenedesmus subspicatus CE502 7
Bactérie CE502 >100
Disperse Orange 25 Poisson-zèbre CI503 268 Brown, 1992
Daphnia magna CL501 110
Scenedesmus subspicatus CE502 54
Bactérie CE502 >100
Colorant azoïque dispersé analogue Truite arc-en-ciel CL501 505 Environnement Canada, 1995
Disperse Blue 79:1 Truite arc-en-ciel CSEO4 (122 jours) 0,0048 Cohle et Mihalik, 1991
Disperse Yellow 3 Tête-de-boule CL501 >180 Little et Lamb, 1973
1 CL50 − La valeur létale médiane d’une substance est la concentration que l’on estime létale pour 50 % des organismes d’essai.
2 CE50 – La concentration médiane d’une substance qui est jugée causer une inhibition chez 50 % des organismes d’essai.
3 CI50 – La concentration médiane d’une substance qu’on estime inhibitrice de la croissance pour 50 % des organismes d’essai.
4 CSEO – Concentration à laquelle aucun effet n’a été observé.

En général, à cause de leur faible solubilité (< 1 mg/L), on s’attend à ce que les colorants dispersés aient peu d’effets écologiques aigus (Hunger, 2003). Les résultats des études empiriques sur la toxicité portant sur plusieurs analogues du Disperse Brown 1 concordent avec ces prévisions, indiquant des valeurs CL50 comprises entre 5 et 710 mg/L, la Daphnia étant l’organisme testé le plus sensible (CE50/CL50 allant de 4,5 à 100 mg/L). L’interprétation des résultats de ces tests est difficile du fait que ces valeurs avec effet (c.-à-d., CE50 et CL50) sont susceptibles d’être largement supérieures à la solubilité des substances testées et du Disperse Brown 1, mais les données disponibles déduites à partir d’analogues montrent effectivement que le Disperse Brown 1 est sans doute peu toxique.

Une gamme de prévisions de la toxicité pour les organismes aquatiques a également été obtenue à l’aide des modèles RQSA examinés pour le Disperse Brown 1 et ses analogues. Toutefois, comme c’était le cas pour la bioaccumulation, ces prévisions n’ont pas été jugées fiables à cause de la nature particulière des colorants dispersés, comme les propriétés structurales et/ou physicochimiques qui sont hors du domaine d’applicabilité des modèles.

Les données empiriques sur l’écotoxicité des analogues du Disperse Brown 1 indiquent que la substance ne constituerait pas un danger majeur pour les organismes aquatiques.

B – Dans d’autres milieux naturels

Étant donné que le Disperse Brown 1:1 peut pénétrer dans le sol potentiellement à partir des boues activées communément utilisées pour amender les sols ou à partir de l’élimination de produits qui se dégradent et rejettent le Disperse Brown 1:1, il est souhaitable d’obtenir les données de toxicité vis-à-vis des organismes dans le sol. Bien qu’aucune étude convenable liées aux effets sur l’environnement n’a été trouvée pour ce composé dans le sol, si l’on tient compte des données sur la toxicité pour les organismes aquatiques et l’absence de potentiel de bioaccumulation et sa faible biodisponibilité, le potentiel de toxicité pour les organismes vivant dans le sol est probablement faible. Pour les mêmes raisons, il est probable que le potentiel de toxicité soit également faible pour les espèces qui vivent dans les sédiments. Cette hypothèse ne peut être corroborée en raison de l’absence de données globales sur la toxicité pour les organismes vivant dans les sédiments, en ce qui concerne le Disperse Brown 1 ou ses analogues convenables.

Évaluation de l’exposition de l’environnement

Aucune donnée sur les concentrations de cette substance dans l’eau au Canada n’a été relevée. On a donc évalué les concentrations dans l’environnement sur la base des renseignements disponibles, y compris les estimations relatives aux quantités commercialisées de la substance, aux taux de rejets estimés et aux caractéristiques des cours d’eau récepteurs.

L’outil de débit massique a prévu des rejets vers les eaux (égouts) provenant de l’utilisation de produits de formulation et de l’utilisation par les consommateurs de produits contenant cette substance. Pour examiner la question des rejets issus des activités industrielles, l’outil d’exposition générique industriel – milieu aquatique (Industrial Generic Exposure Tool – Aquatic, ou IGETA) d’Environnement Canada a servi à estimer la concentration (la pire éventualité) de la substance dans un cours d’eau générique qui reçoit des effluents industriels (Environnement Canada, 2008c). Le scénario générique visait à fournir des estimations fondées sur des hypothèses prudentes quant à la quantité de la substance traitée et rejetée, au nombre de jours de traitement, au taux d’élimination de l’usine de traitement des eaux usées et à la superficie du cours d’eau récepteur. Le scénario modélisé tient compte des données sur la charge obtenues de sources telles que des enquêtes industrielles, ainsi que des connaissances sur la distribution des rejets industriels au pays, et calcule la concentration environnementale estimée (CEE). L’équation et les entrées utilisées pour calculer la concentration environnementale estimée dans les eaux réceptrices sont décrites dans le rapport d’Environnement Canada (2008d). La masse du Disperse Brown 1 dans le modèle IGETA était de 100 kg, seuil de déclaration établi en vertu de l’article 71. À titre d’estimation prudente, le rejet vers le réseau des eaux (égouts) a été prudemment estimé à 16 % de la quantité utilisée (usage industriel exclusivement) à l’aide de l’outil de débit massique, compte tenu de l’expérience préalable d’Environnement Canada dans l’évaluation d’autres colorants azoïques dispersés. Des hypothèses prudentes ont été émises sur le plan d’eau récepteur : on suppose que la substance chimique est rejetée dans un cours d’eau au débit très faible sans élimination d’usines de traitement des eaux usées. La valeur prudente de la CEE concernant les eaux a été calculée à 0,0018 mg/L (Environnement Canada, 2008d).

Pour évaluer les rejets issus d’une utilisation par les consommateurs vers le réseau d’égouts, on a utilisé l’outil Mega Flush d’Environnement Canada. Mega Flush a permis d’évaluer les concentrations possibles de la substance dans différents cours d’eau récepteurs d’effluents issus des usines de traitement des eaux usées dans lesquelles ont été rejetés par les consommateurs des produits contenant cette substance (Environnement Canada, 2008e). Ce modèle est conçu de manière à fournir des estimations sur la base d’hypothèses prudentes en ce qui concerne la quantité de produit chimique utilisé et rejeté par les consommateurs. Par défaut, les taux d’élimination primaire et secondaire de l’usine de traitement des eaux usées sont supposés être de 0 % – fraction rejetée pendant une utilisation de 100 %; l’utilisation de la substance par les consommateurs est de plus de 365 jours par an et le débit retenu pour le rejet vers les cours d’eau récepteurs sur tous les sites est au 10e centile de la valeur. Ces estimations sont réalisées pour 1 000 sites de rejet environ dans tout le Canada, prenant donc en compte les usines de traitement des eaux usées les plus importantes du pays. On estime que ces valeurs de paramètres donnent un scénario très prudent.

L’équation et les données utilisées dans Mega Flush pour calculer la concentration environnementale estimée (CEE) du Disperse Brown 1 dans le cours d’eau récepteur sont décrites dans le rapport d’Environnement Canada (2008f). Les estimations de rejets vers les eaux (égouts) provenant de l’utilisation de produits de formulation et d’utilisations par les consommateurs de produits contenant cette substance étaient fondées sur l’expérience préalable vis-à-vis de colorants azoïques dispersés. La quantité utilisée par les consommateurs a été évaluée de manière prudente en se basant sur les valeurs du seuil de déclaration de l’enquête prévue à l’article 71 (100 kg) et en appliquant un rapport de 30/70 entre les produits textiles fabriqués au Canada et ceux d’importation. On prend l’hypothèse d’une perte de 10 % de teinture pour la quantité totale de substance utilisée par les consommateurs (Øllgaard et al., 1998). On a donc estimé que 28,1 kg de Disperse Brown 1 étaient rejetés dans l’eau du fait de pertes se retrouvant dans les égouts, au cours du lavage d’articles manufacturés contenant cette teinture mais fabriqués dans un autre pays ainsi que d’articles fabriqués au Canada et qui contiennent cette teinture. Les taux primaire et secondaire de retrait dans les usines d’épuration des eaux usées, établis à 0 %, ont été utilisés. Ces hypothèses donnent un scénario très prudent. Sur la base de ce scénario, les estimations de l’outil Mega Flush donnent des valeurs de concentration environnementale estimée dans les cours d’eau récepteurs variant de 0,000035 à 0,0000043 mg/L.

Caractérisation du risque pour l’environnement

Une concentration estimée sans effet (CESE) a été déterminée à partir de la concentration sublétale nominale la plus faible (CE50) chez D. magna pour un produit analogue au Disperse Brown 1. La valeur de CE50 pour le Disperse Blue 79 (N° CAS 12239-34-8), un produit analogue au Disperse Brown 1, était de 4,5 mg/L (Tableau 7). On a ensuite appliqué un facteur de 100 pour tenir compte de l’extrapolation de la toxicité aiguë (à court terme) à la toxicité chronique (à long terme) et de l’extrapolation des résultats en laboratoire pour une espèce à d’autres espèces potentiellement sensibles sur le terrain. La concentration estimée sans effet (CESE) ainsi obtenue est de 0,045 mg/L.

Quand on le compare à la CEE prudente calculée plus haut à l’aide de l’IGETA, le quotient de risque applicable aux rejets industriels (CEE/CESE) est de 0,0018/0,045 = 0,04. Il semble donc que les concentrations de Disperse Brown 1 dans les eaux de surface au Canada ne soient pas susceptibles d’avoir des effets nocifs sur les populations des organismes aquatiques. Étant donné que l’IGETA fournit une estimation prudente de l’exposition, ces résultats montrent que l’exposition locale attribuable à une source ponctuelle de rejets industriels en milieu aquatique présente un faible potentiel des risques pour l’environnement.

Concernant l’exposition attribuable aux rejets à l’égout issus d’utilisations par les consommateurs (scénario prudent), il est estimé d’après les résultats de Mega Flush que la CEE ne dépassera pas la CESE quel que soit le site (c.-à-d. que tous les quotients de risque sont < 1). Cela montre que les rejets des consommateurs vers le réseau d’égouts du Disperse Brown 1 ne devraient pas être nocifs pour les organismes aquatiques.

Compte tenu des renseignements disponibles, on s’attend à ce que le Disperse Brown 1 soit persistant dans l’eau, le sol et les sédiments, mais il devrait avoir un faible potentiel de bioaccumulation. L’absence de déclaration de fabrication du Disperse Brown 1 et les quantités importées au Canada apparemment très faibles, tout autant que les données sur ses propriétés physico-chimiques et ses utilisations, indiquent un faible potentiel concernant les rejets dans l’environnement au Canada. S’il est rejeté dans l’environnement, on s’attend à ce que le Disperse Brown 1 soit principalement déversé dans les eaux de surface où il devrait finir par se déposer dans les sédiments. On s’attend également à ce que cette substance présente un potentiel faible à modéré de toxicité intrinsèque pour les organismes aquatiques. Les quotients de risque associés à l’exposition aquatique montrent que la concentration de Disperse Brown 1 ne dépasse probablement pas celle où se manifestent des effets, même lorsque des hypothèses et des scénarios prudents sont évoqués. Par conséquent, il est peu probable que le Disperse Brown 1 nuise aux populations d’organismes aquatiques au Canada.

Incertitudes dans l’évaluation des risques pour l’environnement

Un facteur d’incertitude lié au Disperse Brown 1 est l’utilisation de données déduites à partir d’analogues pour les propriétés physiques et chimiques, et de données déduites à partir d’analogues sur la toxicité. Bien que les substances chimiques identifiées (Disperse Blue 79, Disperse Blue 79:1, Disperse Orange 30, Disperse Orange 25, Disperse Red 17 et Disperse Yellow 3) partagent de nombreuses similarités avec le Disperse Brown 1, dont celles d’être des colorants azoïques ayant une masse moléculaire élevée, d’avoir des diamètres transversaux similaires, des structures particulaires solides qui se décomposent à une température supérieure à 74 °C (jusqu’à 240 °C) et d’être dispersibles dans l’eau (c.-à-d. qu’elles ne sont pas vraiment solubles), elles montrent certaines différences dans les groupes fonctionnels. Ces différences dans la structure chimique ajoutent à l’incertitude, car les propriétés et la toxicité du Disperse Brown 1 peuvent être quelque peu différentes. Toutefois, on a établi que les similarités étaient suffisantes pour inclure les données déduites à partir d’analogues pour l’établissement du poids de la preuve dans l’évaluation du Disperse Brown 1.

L’évaluation de la persistance est limitée par le manque de données sur la biodégradation, ce qui a nécessité la production de prévisions modélisées. Bien que toutes les prévisions modélisées comportent un certain degré d’erreur, les résultats du modèle de biodégradation aérobie ont confirmé la persistance attendue du Disperse Brown 1, compte tenu de ses utilisations et de ses caractéristiques structurelles. De plus, l’évaluation de la persistance est limitée par les incertitudes quant à la vitesse de dégradation et à la mesure dans laquelle cette dégradation se produit dans des sédiments anaérobies ainsi qu’à la détermination de la biodisponibilité des produits de dégradation (p. ex. amines). Il est néanmoins évident que la dégradation anaérobique de la partie biodisponible des colorants azoïques dans les sédiments en amines constitutifs est beaucoup plus rapide (demi-vies de l’ordre de jours) que la biodégradation aérobique. Même si les produits de dégradation ne devraient pas être biologiquement disponibles parce qu’ils ne se forment que dans les sédiments anoxiques relativement profonds et qu’ils peuvent se lier de façon irréversible aux sédiments par addition nucléophile et par couplage avec les radicaux oxydatifs (Colon et al., 2002; Weber et al., 2001), cette question est une source d’incertitude dans l’évaluation du Disperse Brown 1.

L’absence d’études sur la bioaccumulation pour cette substance est également une source d’incertitude. Toutefois, compte tenu de l’absence d’accumulation observée dans les études sur la bioconcentration pour le Disperse Orange 30 ainsi que d’autres colorants azoïques dispersés apparentés, et de la grande taille de la molécule du Disperse Brown 1, ce qui restreint vraisemblablement son comportement de répartition, le Disperse Brown 1 devrait présenter un faible potentiel de bioaccumulation.

Il existe également des incertitudes liées au manque de données sur les concentrations de Disperse Brown 1 dans l’environnement canadien. Néanmoins, comme il n’y a pas eu de déclaration de fabrication et d’importation de cette substance chimique au Canada, on peut penser que les rejets dans l’environnement du pays sont faibles.

Les concentrations expérimentales, associées à la toxicité intrinsèque pour les organismes aquatiques, peuvent constituer une source additionnelle d’incertitude lorsqu’elles dépassent la solubilité du produit chimique dans l’eau (expérimentale ou prédite). Malgré ce fait, les données dont on dispose indiquent que le Disperse Brown 1 n’est pas très dangereux pour les organismes aquatiques.

La fraction de la substance qui est rejetée pendant son utilisation constitue une autre source d’incertitude. Or, la formulation d’hypothèses prudentes à l’aide d’estimations modélisées plus précises permet de tenir compte de ces incertitudes.

Pour ce qui est de l’écotoxicité, le comportement de répartition prévu de ce produit chimique montre que les données disponibles sur les effets ne permettent pas d’évaluer comme il se doit l’importance du sol et des sédiments comme milieu d’exposition. En fait, les seules données qui ont été trouvées sur les effets portent principalement sur l’exposition des organismes pélagiques.

Conclusion

D’après les renseignements présentés dans la présente ébauche d’évaluation préalable, le Disperse Brown 1 ne pénètre pas dans l’environnement en une quantité ou concentration ou dans des conditions de nature à avoir, immédiatement ou à long terme, un effet nocif sur l’environnement ou sur la diversité biologique, ni à mettre en danger l’environnement essentiel pour la vie.

Par conséquent, il est proposé de considérer que le Disperse Brown 1 ne correspond pas à la définition de « substance toxique » énoncée dans l’article 64 de la LCPE (1999). De plus, cette substance répond aux critères de la persistance, mais ne répond pas aux critères de potentiel de bioaccumulation énoncés dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (Canada, 2000).

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Environnement Canada. 2008f. Mega Flush report: CAS RN 23355-64-8, 2008-08-20. Rapport inédit. Gatineau (Qc) : Environnement Canada, Division des substances existantes.

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Union européenne 2007. Annexe II, liste des substances qui ne doivent pas entrer dans la composition des produits cosmétiques, de la directive du Conseil de l’Union européenne du 27 juillet 1976 concernant le rapprochement des législations des États membres relatives aux produits cosmétiques, (76/768/CEE) (JO L 262 du 27.9.1976, p. 169).

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Annexe I – Sommaires de rigueur d’études pour les études clés

Formulaire pour sommaires de rigueur d’études : organismes aquatiques B
Élément Pondération Oui/Non Précisions
1 Référence : Shen, Genxiang and Hu, Shuangqing. 2008. Bioconcentration Test of C.I. Disperse Orange 30 in Fish. Préparé par Environmental Testing Laboratory, Shanghai Academy of Environmental Sciences, Shanghai (Chine) pour Dystar au nom de l’Ecological and Toxicological Association of the Dyes and Organic Pigments Manufacturers (ETAD) Bâle (Suisse). Rapport No S-070-2007. Présenté à Environnement Canada en avril 2008. N° de déclaration dans le cadre du défi 8351.
2 Identité de la substance : n° CAS s.o. O 5261-31-4
3 Identité de la substance : nom(s) chimique(s) s.o. O Acétate de 2-[N-(2-cyanoéthyl)-4-[2,6-dichloro-4-nitrophényl)azo]anilino]éthyle
4 Composition chimique de la substance 2 N  
5 Pureté chimique 1 N  
6 Indication de la persistance/stabilité de la substance en milieu aqueux? 1 N  
7 Si le matériel d’essai est radiomarqué, est-ce que la ou les positions précises du ou des atomes marqués ainsi que le pourcentage de radioactivité associé avec les impuretés ont été rapportés? 2 s.o.  
Méthode
8 Références 1 O  Lignes directrices de l’OCDE pour les essais de produits chimiques N° 305B-1996
9 Méthode normalisée (OCDE, UE, nationale, ou autre)? 3 O OCDE
10 Justification de la méthode ou du protocole non normalisé utilisé, le cas échéant 2    
11 BPL (bonnes pratiques de laboratoire) 3 N  
Organisme d’essai
12 Identité de l’organisme : nom s.o. O Poisson-zèbre (Brachydanio rerio)
13 Indication du nom latin ou des deux noms (latin et commun)? 1 O Les deux
14 Âge ou stade biologique de l’organisme d’essai 1 N  
15 Longueur et/ou poids 1 O  Longueur moyenne du corps 3,91 +/-0,18 cm et poids moyen du corps 0,32 +/-0,06 g
16 Sexe 1 N  
17 Nombre d’organismes par répétition 1 O 7
18 Charge en organismes 1 O 20 mg/L
19 Type de nourriture et périodes d’alimentation au cours de la période d’acclimatation 1 O  Nourri avec du poisson du commerce jusqu’à la veille du début de l’essai
Conception et conditions des essais
20 Type d’expérience (en laboratoire ou sur le terrain) s.o. O Laboratoire
21 Voies d’exposition (nourriture, eau, les deux) s.o. O Eau
22 Durée de l’exposition s.o. O 28 jours
23 Nombre de répétitions (y compris les témoins) 1 O  
24 Concentrations 1 O 20 mg/L
25 Type/composition de la nourriture et périodes d’alimentation (pendant l’essai) 1 O  Les poissons étaient nourris deux heures avant le renouvellement de l’eau
26 Si le rapport FBC/FBA a été utilisé comme dérivé de la concentration du produit chimique dans l’organisme et dans l’eau, est-ce que la durée de l’expérimentation était égale ou plus longue que le temps requis pour que la concentration du produit chimique atteigne un état stable? 3 O 28 jours
27 Si le rapport FBC/FBA a été déterminé comme correspondant au rapport de la concentration du produit chimique dans l’organisme sur sa concentration dans l’eau, est-ce que les concentrations mesurées dans l’organisme et dans l’eau étaient mentionnées? 3 O  
28 Les concentrations dans les eaux d’essai ont-elles été mesurées périodiquement? 1 O  Trois jours distincts
29 Les conditions du milieu d’exposition pertinentes pour la substance sont-elles indiquées? (p. ex. : pour la toxicité des métaux – pH, COD/COT, dureté de l’eau, température) 3 O  Oui, tous les deux jours
30 Photopériode et intensité de l’éclairage 1 O  12:12
31 Préparation de solutions mères et de solutions d’essai 1 O  
32 Intervalles des contrôles analytiques 1 O  Tous les deux jours pour l’oxygène dissous, le pH et la température
33 Méthodes statistiques utilisées 1 O  
34 Un agent émulsionnant ou stabilisant a-t-il été employé si la substance était peu soluble ou instable? s.o. N  
Renseignements d’intérêt pour la qualité des données
35 L’organisme d’essai convient-il à l’environnement au Canada? 3 O  
36 Les conditions d’essai (pH, température, OD, etc.) sont-elles typiques pour l’organisme d’essai? 1 O  
37 Le type et la conception du système (statique, semi-statique, dynamique; ouvert ou fermé; etc.) correspondent-ils aux propriétés de la substance et à la nature ou aux habitudes de l’organisme? 2 O  Semi-statique
38 Le pH de l’eau d’essai était-il dans la plage des valeurs typiques de l’environnement au Canada (6 à 9)? 1 O  7,22-7,84
39 La température de l’eau d’essai était-elle dans la plage des valeurs typiques de l’environnement au Canada (5 à 27 °C)? 1 O  22-23
40 Est-ce que le contenu en lipides (ou FBA/FBC normalisé par rapport aux lipides) a été rapporté? 2 O  
41 Est-ce que les concentrations mesurées d’un produit chimique dans les eaux d’essai étaient plus basses que la solubilité du produit? 3 N  
42 Si une substance radiomarquée a été utilisée, est-ce que le FBC a été déterminé d’après le composé d’origine (et non d’après les résidus radiomarqués)? 3 s.o.  
Résultats
43 Les paramètres déterminés (FBA, FBC) et leurs valeurs s.o. s.o. FBC < 100
44 FBA ou FBC déterminé comme : 1) le rapport de la concentration en produit chimique produit dans l’organisme, ou 2) le rapport entre les constantes d’incorporation de produit chimique et du taux d’élimination s.o. s.o. 1
45 Le FBA/FBC a-t-il été déterminé d’après un 1) échantillon de tissu ou 2) l’organisme entier? s.o. s.o. 2
46 Le FBA/FBC utilisé était-elle la valeur 1) moyenne ou 2) maximale? s.o. s.o. 1
     
47 Note : ... % 75,0
48 Code de fiabilité d’EC : 2
49 Catégorie de fiabilité (élevée, satisfaisante, faible) : Confiance satisfaisante
50 Commentaires La présente procédure est réalisée en conditions semi-statiques (renouvellement des solutions d’essai tous les deux jours). Par conséquent, une substance d’essai très peu soluble dans l’eau, comme le Disperse Brown 1, peut aussi être caractérisée selon son potentiel de bioconcentration sans l’ajout de solvants ou d’autres substances auxiliaires qui pourraient modifier les résultats.

 

Formulaire pour sommaires de rigueur d’études : toxicité intrinsèque pour les organismes aquatiques
Élément Pondération Oui/Non Précisions
1 Référence : Environnement Canada, 1995. Présentation des tests de toxicité aiguë sur les poissons, aux termes du Règlement sur les renseignements concernant les substances nouvelles à la Direction des substances nouvelles, Environnement Canada, dans le cadre du Programme de renseignements concernant les substances nouvelles.
2 Identité de la substance : n° CAS s.o. N  
3 Identité de la substance : nom(s) chimique(s) s.o. O  
4 Composition chimique de la substance 2 N  
5 Pureté chimique 1 N  
6 Indication de la persistance/stabilité de la substance en milieu aqueux? 1 N  
Méthode
7 Références 1 O OCDE 203
8 Méthode normalisée (OCDE, UE, nationale, ou autre)? 3 O  
9 Justification de la méthode ou du protocole non normalisé utilisé, le cas échéant 2   sans objet
10 BPL (bonnes pratiques de laboratoire) 3 O  
Organisme d’essai
11 Identité de l’organisme : nom s.o. O Truite arc-en-ciel
12 Indication du nom latin ou des deux noms (latin et commun)? 1 O  
13 Âge ou stade biologique de l’organisme d’essai 1 O Longueur moyenne 51 mm et poids moyen 1,54 g
14 Longueur et/ou poids 1 O voir ci-dessus
15 Sexe 1   sans objet
16 Nombre d’organismes par répétition 1 O 10
17 Charge en organismes 1 O  
18 Type de nourriture et périodes d’alimentation au cours de la période d’acclimatation 1 O  
Conception et conditions des essais
19 Type d’essai (toxicité aiguë ou chronique) s.o. O Aiguë
20 Type d’expérience (en laboratoire ou sur le terrain) s.o. O Laboratoire
21 Voies d’exposition (nourriture, eau, les deux) s.o. O Eau
22 Durée de l’exposition s.o. O 96 h
23 Témoins négatifs ou positifs (préciser) 1 O 3
24 Nombre de répétitions (y compris les témoins) 1 O 2
25 Des concentrations nominales sont-elles indiquées? 1 O 320 à 3 200 mg/L
26 Des concentrations mesurées sont-elles indiquées? 3 N  
27 Type de nourriture et périodes d’alimentation durant les essais à long terme 1   sans objet
28 Les concentrations ont-elles été mesurées périodiquement (spécialement dans les essais de toxicité chronique)? 1 N  
29 Les conditions du milieu d’exposition pertinentes pour la substance sont-elles indiquées? (p. ex. : pour la toxicité des métaux – pH, COD/COT, dureté de l’eau, température) 3 O  
30 Photopériode et intensité de l’éclairage 1 O  
31 Préparation de solutions mères et de solutions d’essai 1 O  
32 Un agent émulsionnant ou stabilisant a-t-il été employé si la substance était peu soluble ou instable? 1 N  
33 Si un agent émulsionnant ou stabilisant a été employé, sa concentration est-elle indiquée? 1    
34 Si un agent émulsionnant ou stabilisant a été employé, des données sont-elles fournies sur son écotoxicité? 1    
35 Intervalles des contrôles analytiques 1 O  
36 Méthodes statistiques utilisées 1 O  
Renseignements d’intérêt pour la qualité des données
37 Le paramètre déterminé est-il directement attribuable à la toxicité de la substance, non à l’état de santé des organismes (p. ex., lorsque la mortalité des témoins est >10 %) ou à des facteurs physiques (p. ex., « effet d’ombrage »)? s.o. O  
38 L’organisme d’essai convient-il à l’environnement au Canada? 3 O  
39 Les conditions d’essai (pH, température, OD, etc.) sont-elles typiques pour l’organisme d’essai? 1 O  
40 Le type et la conception du système (statique, semi-statique, dynamique; ouvert ou fermé; etc.) correspondent-ils aux propriétés de la substance et à la nature ou aux habitudes de l’organisme? 2 O  
41 Le pH de l’eau d’essai était-il dans la plage des valeurs typiques de l’environnement au Canada (6 à 9)? 1 O  
42 La température de l’eau d’essai était-elle dans la plage des valeurs typiques de l’environnement au Canada (5 à 27 °C)? 1 O  
43 La valeur de la toxicité était-elle inférieure à celle de la solubilité de la substance dans l’eau? 3   Solubilité dans l’eau inconnue
Résultats
44 Valeurs de la toxicité (fournir paramètres et valeurs) s.o. s.o. 96 h CL50 = 505 mg/L
45 Autres paramètres indiqués – p. ex., FBC/FBA, CMEO/CSEO (préciser)? s.o. N  
46 Autres effets nocifs indiqués (p. ex., carcinogénicité, mutagénicité)? s.o. N  
47 Note : ... % 77,5
48 Code de fiabilité d’EC : 2
49 Catégorie de fiabilité (élevée, satisfaisante, faible) : Confiance satisfaisante
50 Commentaires  

 

Formulaire pour sommaires de rigueur d’études : toxicité intrinsèque pour les organismes aquatiques
Élément Pondération Oui/Non Précisions
1 Référence: Cohle, P., Mihalik, R. 1991. Early life stage toxicity of C.I. Disperse Blue 79:1 purified presscake to Rainbow Trout in a flow through system. Rapport final. ABC laboratories Inc. Columbia MO.
2 Identité de la substance : n° CAS s.o.    
3 Identité de la substance : nom(s) chimique(s) s.o.   Disperse Blue 79:1
4 Composition chimique de la substance 2   s.o.
5 Pureté chimique 1 O 96,61 %
6 Indication de la persistance/stabilité de la substance en milieu aqueux? 1 N  
Méthode
7 Références 1 O  
8 Méthode normalisée (OCDE, UE, nationale, ou autre)? 3 O  
9 Justification de la méthode ou du protocole non normalisé utilisé, le cas échéant 2   s.o.
10 BPL (bonnes pratiques de laboratoire) 3 O  
Organisme d’essai
11 Identité de l’organisme : nom s.o.   Truite arc-en-ciel
12 Indication du nom latin ou des deux noms (latin et commun)? 1 O  
13 Âge ou stade biologique de l’organisme d’essai 1 O  
14 Longueur et/ou poids 1 O  
15 Sexe 1   s.o.
16 Nombre d’organismes par répétition 1 O 20
17 Charge en organismes 1 O 0,36 à 4,8 μg/L
18 Type de nourriture et périodes d’alimentation au cours de la période d’acclimatation 1 O  
Conception et conditions des essais
19 Type d’essai (toxicité aiguë ou chronique) s.o. O Chronique
20 Type d’expérience (en laboratoire ou sur le terrain) s.o. O Laboratoire
21 Voies d’exposition (nourriture, eau, les deux) s.o. O eau
22 Durée de l’exposition s.o. O 122 jours
23 Témoins négatifs ou positifs (préciser) 1 O Témoin et porteur non indiqués
24 Nombre de répétitions (y compris les témoins) 1 O 2
25 Des concentrations nominales sont-elles indiquées? 1 O 5
26 Des concentrations mesurées sont-elles indiquées? 3 O  
27 Type de nourriture et périodes d’alimentation durant les essais à long terme 1 O  
28 Les concentrations ont-elles été mesurées périodiquement (spécialement dans les essais de toxicité chronique)? 1 O  
29 Les conditions du milieu d’exposition pertinentes pour la substance sont-elles indiquées? (p. ex. : pour la toxicité des métaux – pH, COD/COT, dureté de l’eau, température) 3 O  
30 Photopériode et intensité de l’éclairage 1 O  
31 Préparation de solutions mères et de solutions d’essai 1 O  
32 Un agent émulsionnant ou stabilisant a-t-il été employé si la substance était peu soluble ou instable? 1 O  
33 Si un agent émulsionnant ou stabilisant a été employé, sa concentration est-elle indiquée? 1 O  
34 Si un agent émulsionnant ou stabilisant a été employé, des données sont-elles fournies sur son écotoxicité? 1 O aucune valeur de toxicité utilisée comme contrôle
35 Intervalles des contrôles analytiques 1 O  
36 Méthodes statistiques utilisées 1 O  
Renseignements d’intérêt pour la qualité des données
37 Le paramètre déterminé est-il directement attribuable à la toxicité de la substance, non à l’état de santé des organismes (p. ex., lorsque la mortalité des témoins est >10 %) ou à des facteurs physiques (p. ex., « effet d’ombrage »)? s.o. O  
38 L’organisme d’essai convient-il à l’environnement au Canada? 3 O  
39 Les conditions d’essai (pH, température, OD, etc.) sont-elles typiques pour l’organisme d’essai? 1 O  
40 Le type et la conception du système (statique, semi-statique, dynamique; ouvert ou fermé; etc.) correspondent-ils aux propriétés de la substance et à la nature ou aux habitudes de l’organisme? 2 O Dynamique
41 Le pH de l’eau d’essai était-il dans la plage des valeurs typiques de l’environnement au Canada (6 à 9)? 1 O  
42 La température de l’eau d’essai était-elle dans la plage des valeurs typiques de l’environnement au Canada (5 à 27 °C)? 1 O  
43 La valeur de la toxicité était-elle inférieure à celle de la solubilité de la substance dans l’eau? 3   s.o.
Résultats
44 Valeurs de la toxicité (fournir paramètres et valeurs) s.o. s.o. CSEO > 5 μg/L
45 Autres paramètres indiqués – p. ex., FBC/FBA, CMEO/CSEO (préciser)? s.o.    
46 Autres effets nocifs indiqués (p. ex., carcinogénicité, mutagénicité)? s.o.    
47 Note : ... % 97,6
48 Code de fiabilité d’EC : 1
49 Catégorie de fiabilité (élevée, satisfaisante, faible) : Confiance élevée
50 Commentaires  
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