
Le mercredi 4 février 1970, sous une pluie torrentielle accompagnée de vents du sud-est atteignant 60 nœuds, le pétrolier libérien Arrow s’échoue sur le rocher du Cerbère, dans la baie Chédabouctou, en Nouvelle-Écosse. Le navire était affrété par la Compagnie pétrolière impériale Ltée et se dirigeait vers l’usine de la société Nova Scotia Pulp Limited avec une cargaison de 108 000 barils de mazout C.
À l’impact, la moitié avant du navire est fortement endommagée, et sa cargaison commence à s’échapper des réservoirs rompus. Pendant les 14 heures qui suivent, la majeure partie des hydrocarbures est poussée vers les côtes, au nord du rocher du Cerbère, sous l’effet des vents et des courants dominants. Au fur et à mesure que la tempête perd de son intensité et que les vents changent de direction, les nappes d’hydrocarbures, qui couvrent plusieurs milles, se dirigent vers la côte sud de la baie de Chédabouctou, et une certaine partie de la cargaison est peut-être même sortie de la baie. Le 8 février, l’Arrow se rompt en deux à la hauteur du réservoir no 5, dont le contenu se déverse dans l’eau. Deux jours plus tard, le vent passe du nord-ouest au sud-est, de sorte que le pétrole est poussé vers la côte nord de la baie. Le 12 février, la partie arrière du navire coule par 90 piedsde fond, entraînant avec elle au moins le tiers de la cargaison. Les réservoirs de cette partie du bâtiment sont demeurés essentiellement intacts, et il s’en est échappé très peu de pétrole après que celle-ci se soit stabilisée au fond.
Des coups de vent de l’est, puis du sud-ouest, entraînent une plus grande quantité de pétrole dans la baie Inhabitants, dans les secteurs de l’île Janvrin et de l’isle Madame. Les jours suivants, la nappe se dirige vers la haute mer.
Le 12 février, huit jours après l’accident, l’Arrow a perdu environ la moitié de sa cargaison, et la situation est devenue catastrophique. À ce stade, les côtes de la baie Chédabouctou, d’une longueur totale de 375 milles terrestres, sont contaminées à divers degrés sur 190 milles.

Le pétrole continue de s’échapper de la partie avant de l’épave, et il pourrait s’ensuivre un déversement majeur si celle-ci se brise avant que son contenu puisse être récupéré. Dans la baie et en mer, les nappes menacent les pêches, les usines de conditionnement du poisson, les côtes non encore touchées, l’avifaune et l’écosystème marin.
La température de l’air oscille entre -10 et 0 °C et il pourrait survenir de fréquents épisodes de coups de vent, de neige, de pluie verglaçante et de pluie. La température de l’eau est proche du point de congélation et il se forme de la glace dans les baies et les passages abrités. Dès le début, on considère le comportement du mazout C dans ce milieu froid comme la principale difficulté à surmonter pour les opérations de dépollution et l’objet central des recherches scientifiques.
[Extrait du rapport du Groupe spécial de l’opération Hydrocarbures (nettoyage du mazout répandu par l’Arrow dans la baie Chédabouctou) présenté au ministre des Transports, vol. II]
- Date de modification :