Installation de forage pétrolier Vinland
INSTALLATION DE FORAGE
PÉTROLIER VINLAND

Puits en éruption

PUITS EN ÉRUPTION

Nappe de condensats

NAPPE DE CONDENSATS

L’éruption incontrôlée survenue au puits Uniacke G-72 de Shell, à 16,9 km au nord-est de l’île de Sable, a entièrement mobilisé l’Équipe régionale des interventions d’urgence (ERIU). L’incident a pris naissance le 22 février 1984 et a duré treize jours. On a évalué les premiers flux qui s’échappaient du puits à près de deux millions de mètres cubes de gaz par jour, et le jet de condensats, à plus de 48 mètres cubes par jour. On a également constaté une diminution du débit tout au long de l’éruption.

À la suite de l’évacuation réussie de l’installation de forage, l’Administration du pétrole et du gaz des terres du Canada (APGTC) a agi à titre d’organisme fédéral responsable. Cet organisme a lancé une intervention de premier ordre visant à assurer le suivi des efforts de l’entreprise relativement au contrôle du puits et à l’intervention sur le lieu du déversement. Shell, agissant en tant que commandant sur place (OSC), a assumé la responsabilité du contrôle du puits et des autres activités d’intervention sur les lieux.

Environnement Canada a été avisé de l’éruption incontrôlée à 23 h 45 (heure de l’Atlantique) le 22 février 1984, et à 00 h 50, le 23 février, l’APGTC lui a officiellement demandé de convoquer l’ERIU. Tout au long de l’incident, les membres de l’ERIU se sont réunis quotidiennement pour évaluer les répercussions environnementales de l’éruption incontrôlée ainsi que pour donner de l’information et prodiguer des conseils à l’OSC (Ressources Shell Canada Ltée) et à l’APGTC. Dès les débuts de l’incident, l’ERIU et Shell ont convenu d’échanger librement l’information et les observateurs.

Pendant l’incident, l’ERIU a déclenché un large éventail d’activités, ou y a participé, en plus d’assumer quotidiennement la fonction de conseiller auprès de l’OSC et de l’APGTC.

  • L’ERIU a participé aux vols de reconnaissance effectués quotidiennement par Shell au cours de l’éruption incontrôlée. On a enregistré sur vidéo chacune de ces journées; le matériel produit, en plus d’avoir été utilisé pendant l’intervention, a été monté afin de servir ultérieurement à la formation au chapitre de la planification d’urgence.
  • L’ERIU a affecté un observateur à bord du NGCC Edward Cornwallis. Dès le début de l’éruption, ce navire a été envoyé sur la scène de l’incident par la Garde côtière et s’est révélé un poste d’observation important pour tous les organismes intéressés. Un représentant de l’ERIU a pris des mesures des gaz et prélevé des échantillons d’air et d’eau de surface.
  • L’ERIU a donné de l’information et prodigué des conseils à Transports Canada concernant la désignation des zones d’accès interdit à la navigation commerciale aérienne et maritime, et l’évaluation des exemptions proposées relativement à ces restrictions. Le météorologiste de l’ERIU a fourni des renseignements sur la trajectoire de la nappe de condensats ainsi que des prévisions météorologiques. Il a aussi appliqué des modèles de panaches concernant les émissions de gaz.
  • L’ERIU a affecté un observateur à bord du NM Brandal qui a été envoyé par Shell sur la scène de l’incident dans le cadre du programme de suivi environnemental. Le programme proprement dit a été élaboré par la compagnie Shell avec les conseils et l’appui de l’ERIU. Shell et l’ERIU se sont partagé les échantillons d’eau et de sédiments qui ont été prélevés au cours des deux expéditions du navire.
  • L’ERIU a aussi dépêché dans l’île de Sable un observateur chargé de prélever à des fins d’analyse des échantillons de pétrole et d’oiseaux mazoutés rejetés sur le rivage.
  • L’ERIU a coordonné le prêt de matériel d’échantillonnage à Shell. Ce matériel était composé notamment d’équipement pour l’échantillonnage d’air et la surveillance de la qualité de l’air, ainsi que d’un fluoromètre à écoulement continu servant à mesurer les hydrocarbures dans la colonne d’eau.
  • Shell a fourni à l’ERIU des échantillons et des analyses de condensats provenant des puits Venture et Uniacke. Des sous-échantillons ont alors été mis à la disposition des laboratoires gouvernementaux aux fins d’étalonnage du matériel d’analyse.
  • Un observateur a été placé à bord d’un autre navire, leCape Brier, envoyé par Shell afin de prélever des échantillons de poissons. Ces poissons ont servi à des tests organoleptiques et à des analyses d’hydrocarbures. Des équipes formées par Pêches et Océans Canada (MPO) devaient goûter et sentir les poissons; aucune altération n’a été décelée.
  • L’ERIU a amorcé une initiative visant la conception d’un programme d’études scientifiques à long terme. On a placé du matériel d’échantillonnage à bord d’un navire du MPO, leDawson, en prévision d’une expédition spéciale. Cependant, l’expédition a été annulée après examen, au moment où l’on a repris le contrôle du puits.
  • Le Service de la protection de l’environnement d’Environnement Canada, présidant l’ERIU, a servi de centre de liaison avec les médias pour la diffusion de commentaires sur les répercussions environnementales liées à l’incident.
  • Lorsque survient un incident de pollution grave comportant le rejet de pétrole ou de produits chimiques, il est essentiel d’établir une communication entre tous les organismes, et particulièrement avec l’OSC, pour assurer la réussite de l’intervention. Grâce aux procédures de communication bien établies sur la côte est du Canada, on a pu utiliser avec succès les services de l’ERIU pendant l’éruption incontrôlée survenue au puits Uniacke G-72 de l’installation de forage « Vinland ».