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Pluie acide

Dans cette section :


Introduction

La « pluie acide » est de l'eau de pluie contaminée par les substances chimiques que les industries et les automobiles libèrent dans l'atmosphère. Le degré d'acidité de cette eau est supérieur à celui de l'eau de pluie naturelle, et on l'établit d'après l'échelle des pH. Par exemple, le pH du vinaigre, qualifié d'acide, est de 3, tandis que celui du jus de citron, un autre acide, est de 2. En règle générale, on qualifie d'acide l'eau de pluie dont le pH est inférieur à 5,3. 

L'échelle du pH

Les émissions d'oxydes de soufre et d'azote de diverses sources pénètrent quotidiennement dans l'atmosphère à l'état de substances capables de produire des acides. Pendant leur séjour dans l'atmosphère, ces composés se combinent à l'eau qui s'y trouve pour former des acides dont les principaux ainsi constitués sont l'acide sulfurique et l'acide nitrique. Ces acides tombent sous forme de dépôt humide (pluie acide) lorsqu'ils sont mélangés à la pluie. En l'absence de pluie, les particules retombent lentement sur le sol sous forme de dépôt sec. Regroupés, les dépôts secs et humides provenant de substances acides sont connus comme les précipitations acides.


Le transport à grande distance des polluants atmosphériques

Tous les jours, les activités humaines, qu'elles soient industrielles, agricoles ou résidentielles, ont pour résultat le rejet dans l'atmosphère de grandes quantités de produits chimiques naturels et synthétiques. Une fois rejetées, ces substances sont dispersées dans le monde entier grâce à des courants d'air qui ne s'arrêtent pas aux frontières provinciales ou internationales. Ce phénomène est connu sous le nom de pollution atmosphérique transfrontalière à longue distance.

Avec le temps, ces émissions ont pour effet d'exposer les êtres humains, la faune et les ressources à diverses quantités et à différents mélanges de polluants atmosphériques. Les dommages qui s'ensuivent sont difficiles à évaluer puisqu'ils se produisent sur différentes périodes de temps et dans de vastes régions dont le degré de vulnérabilité diffère. On ne comprend pas bien encore le caractère réversible de ce phénomène.

Certains produits chimiques présents dans l'atmosphère deviennent inoffensifs sous l'action du rayonnement solaire, mais d'autres sont extrêmement persistants; ils survivent et circulent autour de la Terre pendant des mois et même des années. Lorsqu'ils se déposent sous forme sèche ou humide, ils pén trent dans nos réseaux hydrographiques.

Les pluies acides, l'un des phénomènes de la pollution atmosphérique transfrontalière à longue distance, dont on a le plus parlé, sont dues aux émissions des centrales au charbon, des fonderies de non-ferreux, des raffineries de pétrole, des usines sidérurgiques, des fabriques de pâtes et papiers ainsi que des véhicules automobiles. Le dioxyde de soufre et les oxydes d'azote qui se dégagent sont transformés en acides sulfurique et nitrique dans l'atmosphère. Ces acides retombent sur la terre et forment des dépôts humides de sulfates ou de nitrates (sous forme de pluie, de neige et de brouillard).

Les pluies acides et le milieu aquatique

Au Canada, les principales sources d'émission de dioxyde de soufre sont les fonderies de non-ferreux, suivies des centrales au charbon. Les véhicules automobiles et, dans une moindre mesure, les centrales au charbon sont les sources les plus importantes d'émission d'oxydes d'azote. On estime qu'environ la moitié des dépôts humides de sulfates dans l'est du Canada proviennent des États-Unis et qu'environ 10 % des dépôts dans le nord-est des États-Unis ont leur origine au Canada.

Les dommages causés par les pluies acides se produisent dans des milieux qui ne peuvent pas tolérer l'acidification. De nombreuses espèces de poissons, d'insectes, de plantes aquatiques et de bactéries se reproduisent difficilement. Il arrive même que plusieurs meurent. La diminution de population pour l'un ou l'autre de ces types d'organismes aquatiques a un effet sur la chaîne alimentaire. La réduction des populations d'insectes, de petites plantes aquatiques et de petits animaux est particulièrement grave, car toute la chaîne alimentaire est touchée.


Comment les dépôts acides modifient la qualité de l'eau

Les effets aussi complexes que variables des dépôts acides sur la qualité de l'eau ont fait l'objet d'une documentation abondante. Les composés acides qui polluent l'atmosphère peuvent avoir des incidences directes sur la qualité de l'eau quand ils se déposent à sa surface, par exemple, ou avoir des incidences indirectes lorsqu'ils passent par un ou plusieurs éléments de l'écosystème terrestre avant de parvenir au système aquatique. L'interaction des dépôts acides avec l'écosystème terrestre, à savoir la végétation, les sols et le substrat rocheux, modifie la composition chimique des eaux drainées par le bassin, et l'état des lacs en aval peut finir par en subir le contrecoup.

Le degré d'altération chimique attribuable aux dépôts acides dépend en grande partie de la composition et de la répartition des sols ainsi que de la nature du substrat rocheux dans le bassin hydrographique, de même que de l'ampleur et de la durée des précipitations. Les bassins dont le sol ou le substrat rocheux renferment beaucoup de carbonates, par exemple de la chaux et de la calcite, seront moins touchés par les dépôts acides, car la dissolution des carbonates neutralisera l'acide. Toutefois, les milliers de lacs qui parsèment le Bouclier canadien, vestige de l'ère précambrienne, reposent sur une vaste étendue rocheuse relativement pauvre en matériaux calcaires et qui, par conséquent, neutralise mal les dépôts acides. Les lacs et les cours d'eau de cette région présentent donc habituellement des signes d'acidification (diminution du pH, hausse de la concentration des sulfates et de certains métaux comme l'aluminium et le manganèse).

La carte ci-dessous indique le potentiel des sols et de la roche en place à réduire l'acidité des dépositions atmosphériques. Les zones de couleur rouge, soit presque la moitié du territoire, sont plus sensibles aux effets de ces pluies.

Le potentiel des sols et de la roche en place à réduire l’acidité des dépositions atmosphériques au Canada