Utilisation sur place

Dans cette section :


Introduction

Contrairement aux utilisations par prélèvement, les utilisations sur place ne peuvent être mesurées quantitativement car l'eau n'est pas retirée de son milieu naturel. Ces utilisations sur place sont plutôt décrites en termes de certaines caractéristiques de l'eau ou des bienfaits que l'écosystème et nous-mêmes en retirons.

Les débits et les niveaux sont des facteurs très importants pour les utilisations sur place. Lorsque ces conditions sont modifiées par un barrage, par exemple, des conflits peuvent en résulter. Parmi ceux-ci, le plus courant est celui qui peut opposer un projet d'aménagement hydroélectrique aux autres types d'utilisation reliés à la vie aquatique, à la faune, à l'approvisionnement en eau et au transport par eau. L'emmagasinage de la crue printanière (important écoulement causé par une fonte des neiges rapide) neutralise la variabilité naturelle des débits dont dépendent plusieurs processus biologiques, notamment les écosystèmes hautement productifs des deltas, des estuaires et des terres humides. Afin d'utiliser l'eau de façon optimale, il faut évaluer avec le plus grand soin tous les besoins et en tenir compte.


Production d'énergie hydroélectrique

Cette utilisation de l'eau représente aujourd'hui la source principale de l'énergie électrique au Canada. On a investit des milliards de dollars dans l'exploitation de cette forme d'énergie, qui gardera sa position prédominante dans les années à venir, compte tenu des vastes sites hydroélectriques encore inexploités du Québec, de Terre-Neuve, du Manitoba, de la Colombie-Britannique et des territoires. Toutefois, les effets sur l'environnement et sur les humains, qui doivent être évités ou atténués, rendent de plus en plus difficiles et coûteuses la planification et la réalisation d'aussi vastes aménagements.

L'eau : une puissante source d'énergie

L'énergie hydroélectrique est produite par la force de l'eau qui tombe. La capacité de produire cette énergie dépend à la fois du débit disponible et de la hauteur d'où l'eau tombe. L'eau accumulée derrière un barrage élevé possède de l'énergie potentielle qui se transforme en énergie cinétique lorsque cette eau descend dans le canal à écoulement rapide et frappe les aubes d'une turbine en mouvement. La rotation de la turbine fait tourner des électro-aimants qui produisent un courant dans des enroulements fixes. Enfin, le courant est acheminé à un transformateur qui élève la tension en vue du transport de cette énergie sur de longues distances par des lignes électriques. Au Canada, les centrales hydroélectriques peuvent répondre à 62 % de la demande en énergie électrique.

Production d'énergie hydroélectrique


Transport par eau

Les voies d'eau intérieures au Canada ont joué un rôle historique important dans la mise sur le marché des matières premières et biens canadiens. Certaines utilisations traditionnelles, comme le flottage annuel du bois sont maintenant disparues. Le transport par eau reste cependant le moyen le plus économique d'acheminer les matières premières en vrac, qui constituent nos principales exportations : le blé, la pulpe, le bois et les minéraux. Les principales voies navigables pour le transport sont le fleuve Saint-Laurent, qui permet le passage d'océaniques provenant de l'océan Atlantique jusqu'au coeur de l'Amérique du Nord (presque à proximité des champs de blé des Prairies), le fleuve Mackenzie, lien essentiel au transport nordique, ainsi que le cours inférieur du fleuve Fraser, sur la côte du Pacifique. Des centaines de millions de tonnes de marchandises transitent chaque année sur ces voies. Pour cette utilisation, il est très important que les niveaux des fleuves et des lacs soient fiables et prévisibles.


Pêche en eau douce

Grâce à ses centaines de milliers de lacs, fleuves et rivières d'eau douce, le Canada peut offrir aux amateurs une pêche sportive parmi les plus spectaculaires au monde. En 1995, plus de 4,2 millions de Canadiens et de pêcheurs à la ligne en visite au pays ont tiré avantage de ce fait et dépensé pour ce faire plus de 7,4 milliards de dollars. En 1997, l'industrie de la pêche a contribué 71 millions de dollars au PIB et employé 3 500 personnes. De plus, les cours d'eau côtiers offrent des zones de frai pour le saumon et d'autres populations de poissons qui alimentent les principales pêcheries en eau salée.


Faune

De nombreuses espèces animales sauvages vivent dans l'eau, sur l'eau ou prés de l'eau et doivent avoir accès à l'eau tout au long de leur vie. Pour d'autres espèces qui n'utilisent pas l'eau comme habitat principal, celle-ci demeure néanmoins essentielle à leur bien-être.

L'observation, la photographie et l'étude des animaux sauvages sont toutes des formes populaires d'activités récréatives pour les Canadiens. Selon un sondage effectué en 1996, environ 19 % des Canadiens âgés d'au moins 15 ans ont participé à ces activités en précisant qu'il s'agissait de la raison principale ou secondaire de leur déplacement relié à la nature et dépensé ainsi 1,3 milliard de dollars. Au cours de la même année, la chasse a attiré plus d'un Canadien sur vingt et justifié environ 800 millions de dollars en dépenses reliées à la faune. Les Canadiens ont aussi dépensé 320 millions de dollars en 1996 dans le cadres d'activités relisés à la faune près de leur domicile. La majorité des Canadiens croient qu'il est important de maintenir l'abondance des populations d'animaux sauvages et de protéger les espéces en déclin ou en péril.


Loisirs de plein air : importance de l'eau pour le tourisme et les loisirs au Canada

L'eau contribue à la qualité de nos vies. Les activités comme la baignade, les activités de plage, la navigation de plaisance, le canotage et la pêche nous permettent de découvrir la beauté de nos lacs et cours d'eau. Plus du tiers de la population adulte au Canada (soit 8,5 millions de personnes) prend part à ces activités en effectuant 89 millions de voyages ou d'excursions par année. La présence d'eau rehausse également des activités comme le camping, la promenade et la photographie de la nature. Une part importante des 12 milliards de dollars que le tourisme et les loisirs liés à la nature contribuent au PIB du Canada est le fruit d'activités tributaires d'une eau saine et abondante. Ainsi, près de 2 milliards de dollars proviennent exclusivement de la pêche sportive.

Nombre de personnes ayant participé à des activités liées à l'eau* au Canada en 1996 et nombre de journées et de déplacements consacrés à ces activités (Les activités liées à l'eau comprennent la baignade et les activités de plage, le canotage, le kayak et la voile, le motonautisme et la pêche sportive)
ParticipationNombre total de journéesNombre total de déplacements
TotalPopulation âgée de 15 ans et plus (%) TotalExcursions d'une journéeVoyages de plus d'une journée
8 532 00036.3 %134 520 00089 423 00059 239 00030 184 000

Nombre et pourcentage de Canadiens ayant pris part à des activités liées à l'eau en 1996
Région

Baignade /

activités

de plage

Canotage /

kayak /

voile

MotonautismePêche
Nombre

Pop.

(%)*

Nombre

Pop.

(%)*

Nombre

Pop.

(%)*

Nombre

Pop.

(%)*

Canada5 582 00023,72 342 0009,92 183 0009,3418 40017,7
T.N-O109 00024,140 0009,033 0007,4138 00030,6
ÎPE29 00027,05 6005,24 6004,313 00012,5
NE203 00027,575 00010,236 0004,8110 00014,9
NB139 00023,061 00010,233 0005,5103 00017,0
QC970 00016,4509 0008,6386 0006,51 037 00017,6
ON2 332 00026,11 021 00011,4905 00010,11 536 00017,2
MB277 00032,287 00010,1124 00014,4170 00019,8
SK218 00028,871 0009,3127 00016,7171 00022,6
AB485 00022,7183 0008,6203 0009,5361 00016,9
CB818 00026,6286 0009,3330 00010,7537 00017,5
YK3 30016,72 00010,32 00010,46 40032,2

* de 15 ans et plus

Source : Enquête sur l'importance de la nature pour les Canadiens en 1996, totalisations spéciales.


Évacuation des déchets

Pendant longtemps, il a été commode d'utiliser les lacs, les cours d'eau et les océans comme milieux récepteurs des déchets humains et industriels. L'eau peut, il est vrai, diluer et « digérer » jusqu'à un certain point les déchets de la société, mais la capacité d'absorption d'une masse d'eau, même la plus grande, demeure limitée. Les facteurs qui déterminent dans quelle mesure les procédés in situ peuvent recevoir un agent polluant sont les suivants : la nature du polluant, sa quantité par rapport au volume d'eau, son temps de séjour dans l'eau ainsi que la température et le débit de l'eau. Un grand nombre de nos voies navigables sont maintenant surchargées de déchets. L'ajout de réglements et l'augmentation de la surveillance constitueraient de bons moyens pour résoudre ce problème.