Importance de l'eau dans la vie des peuples autochtones

L'eau constitue l'essence même de la vie pour les peuples autochtones. À l'origine des temps, le Créateur leur a demandé de respecter l'eau, l'air et la terre en les gardant purs. La culture, les croyances et les valeurs autochtones témoignent de ces directives initiales.

Les Indiens de la côte du Nord-Ouest ont établi leurs villages le long de cours d'eau et de rivages importants. Leurs totems sont des expressions vivantes de leur respect de la terre, de l'eau et du ciel ainsi que de leur dépendance envers eux.

Les peuples autochtones considèrent comme des lieux sacrés de nombreux endroits situés à proximité de l'eau. Sur une éminence située dans le nord du Manitoba se trouve un bassin dont les eaux alimentent, à l'est, la rivière Hayes et, à l'ouest, le fleuve Nelson. On l'appelle « Echimamish », ce qui veut dire littéralement « la-rivière-qui-coule-dans-les-deux-directions ». En tribut d'admiration pour ce renversement de courant presque mystique qui facilitait tant le portage entre les deux cours d'eau, les peuples autochtones déposaient là des offrandes chaque fois qu'ils traversaient la ligne de partage des eaux.

Des liens très particuliers unissent les Inuits du Nord canadien à l'eau et à la glace. Leur subsistance dépend d'elles en grande partie, puisque, bien souvent, le phoque et le poisson demeurent les aliments de base de leur régime traditionnel. Dans la longue nuit de l'hiver polaire, ils bâtissaient les villages directement sur la glace ou à proximité, de manière à avoir accès à cette source de nourriture. Au printemps et en été, ils allaient pêcher le touladi dans les lacs et les cours d'eau intérieurs. Beaucoup d'Inuits ont mis fin à leur vie nomade et se sont établis dans des villages permanents. Les dangers de la vie dans les régions boréales n'ont toutefois pas disparu, non plus que la nécessité de comprendre le rôle de l'eau et de le respecter. Savoir comment trouver sa nourriture dans l'eau et comment se déplacer à sa surface peut faire la différence entre la vie et la mort. De nombreuses familles inuites enseignent à leurs enfants comment vivre, selon leurs traditions, des ressources naturelles de la terre et de l'eau grâce à la chasse et à la pêche.

La santé mentale et physique des populations autochtones est indissociable de l'eau et des voies navigables. La qualité de l'eau de beaucoup de nos réseaux hydrographiques est aujourd'hui dégradée à cause de l'accroissement de l'activité humaine. Pour bien des Autochtones, cette dégradation de la terre signifie la détérioration de leur santé et de leur mode de vie, sans qu'ils bénéficient pour autant de réels avantages compensatoires.

Le grand chef B.G. Cheechoo de la Nation Nishnawbe-Aski explique ainsi les rapports qui unissent son peuple à l'eau :

Notre histoire est liée à ces eaux. Notre dépendance séculaire à l'égard de la pêche, du piégeage et de la chasse et le désirque nous avons de conserver notre mode de vie dépendent de ces eaux. Notre avenir est intimement lié au sort qu'elles connaîtront [...] Les dangers qui les menacent mettent directement notre survie en péril. (Traduction)4

Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC) fait équipe avec ses partenaires autochtones pour célébrer, faire connaître et préserver les arts, la culture et le patrimoine autochtones.  Pour de plus amples renseignements, visiter le site web d'AINC.