Discours
Notes pour un discours de
l'honorable Jim Prentice, C.P., C.R., député,
ministre de l'Environnement
à l'occasion du Salon international Americana
le 17 mars 2009
La version prononcée fait foi.
Bonjour,
Je suis très heureux d’être parmi vous, mesdames et messieurs, à titre de ministre de l’Environnement du Canada, et fier de suivre un groupe aussi distingué de personnes sur le podium aujourd’hui.
Je ne peux imaginer un meilleur endroit pour présenter mon premier discours ministériel au Québec qu’ici, au Salon international Americana, en compagnie de gens pour qui la compréhension de l’environnement n’a d’égal que leur désir de le protéger.
Tout comme vous, le gouvernement du Canada croit que nos terres, nos cieux et nos eaux sont reliés les uns aux autres pour former un riche héritage naturel que nous avons gagné le droit d’apprécier, mais également la responsabilité de protéger.
Cela vaut pour tous les pays, et ici aussi pour toutes les provinces - particulièrement pour une aussi belle et diversifiée que le Québec.
Des versants sans faille de Sainte-Anne et Tremblant, jusqu’aux collines âgées de la péninsule gaspésienne, et s’étendant tout au nord vers les endroits éloignés les plus sauvages le long de la baie d’Hudson, le Québec confère un caractère unique à l’ensemble du paysage canadien.
Il n’est pas surprenant qu’année après année, les touristes viennent au Québec admirer chaque élément de son riche héritage naturel.
En venant ici aujourd’hui, à un salon dont le but est d’offrir des solutions aux défis environnementaux et économiques combinés de notre époque, je ne peux faire autrement que d’établir un lien entre ce thème et celui qui guide la voie à suivre de notre gouvernement en matière d’environnement et d’économie.
Notre objectif, tout comme celui d’Americana, est de traiter des sujets environnementaux et économiques de façon équitable et de leur accorder une attention égale au moment où nous définissons les politiques qui permettront de promouvoir la santé et la prospérité de notre grande nation.
En tant que ministre de l’Environnement depuis peu, je peux affirmer que le Canada a réalisé d’importants progrès en ce sens.
En décembre dernier, alors que je dirigeais la délégation canadienne à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques en Pologne, j’ai exhorté la communauté internationale d’adopter une vision qui place notre planète sur le chemin d’un futur à faible teneur en carbone, mais aussi une vision qui assure la croissance économique continue et le développement durable tout en réduisant simultanément les émissions de gaz à effet de serre de 50 p. 100 d’ici 2050.
C’est également en Pologne que j’ai rencontré pour la première fois le sénateur du Massachusetts, John Kerry, l’un des principaux porte-parole de l’environnement aux États-Unis. J’ai d’ailleurs eu la chance de le rencontrer de nouveau, il y a deux semaines, lorsque j’étais de passage à Washington pour amorcer le travail préparatoire en vue du Dialogue sur l’énergie propre, qui a été créé lors de la visite du président Obama à Ottawa le mois dernier.
Entre ces deux importants développements, notre gouvernement a dévoilé un budget fédéral qui contient plus de deux milliards de dollars en mesures vertes dans le but de stimuler une économie fragile et protéger l’environnement.
Nous travaillons activement et je suis heureux d’annoncer que nous faisons des progrès dans notre façon d’examiner les défis environnementaux devant lesquels nous nous trouvons.
Cela ne devrait pas vous surprendre.
Depuis les premiers jours de l’élection de notre gouvernement en 2006, et au cours des semaines, mois et années qui ont suivi, notre engagement envers l’environnement a été sans pareil.
Et bien que les finances à elles seules soient impressionnantes, les résultats nets de nos investissements individuels le sont aussi, et ils se sont traduits par d’importants gains pour les Canadiens et les Canadiennes.
Notre investissement de 30 millions de dollars dans la Cote air santé, première du genre au monde, offre aux citoyens un mécanisme de prévisions à jour des conditions de la qualité de l’air qui leur permet de mieux s’adapter aux aléas du ciel obscurci par le smog.
Une contribution de cinq millions de dollars pour une station météorologique en Nouvelle-Écosse qui recueille des données météorologiques dans le but d’émettre des avertissements météorologiques pour les zones maritimes et côtières permet aux habitants des Maritimes d’être à l’abri des tempêtes problématiques et des conditions dangereuses.
Un accord de contribution de 2,2 millions de dollars conclu avec 14 comités ZIP du Québec permet de protéger, de préserver, d’améliorer et de restaurer le fleuve Saint-Laurent, pour le plus grand bien de ses écosystèmes et de ceux qui en jouissent.
Une aide de 625 000 dollars versée au Canadian Avalanche Centre permet d’informer les gens sur ce à quoi ils peuvent s’attendre lorsqu’ils vont en montagne et leur enseigne quoi faire en cas d’avalanche.
Ceci ne représente qu’une petite fraction des investissements en cours visant à protéger l’environnement, mais aussi à assurer la santé et la sécurité de la population canadienne.
Certes, nous sommes fiers des progrès que nous avons faits, mais la sagesse nous dicte aussi que nous devons compter sur les contributions provenant de l’extérieur du gouvernement fédéral pour réaliser les objectifs environnementaux, économiques de notre pays, et j’ajouterais également à cela, les objectifs en matière d’énergie propre.
Sur ce dernier point, le Québec a toujours été à l’avant-garde du potentiel d’énergie propre de notre pays. Produisant en grande partie son énergie à partir de sources hydroélectriques, qui émettent 30 fois moins de gaz à effet de serre que les centrales électriques modernes alimentées au gaz naturel et 60 fois moins que les centrales alimentées au charbon, le Québec peut légitimement se définir comme un producteur d’énergie propre de premier plan.
Avec plus d’un million de lacs et des milliers de rivières desquels il est possible de produire de l’énergie, la capacité du Québec à produire une énergie propre peu coûteuse et en abondance lui procure un avantage concurrentiel distinct dans le marché de l’énergie nord-américain.
Cela a pour effet d’exercer de la pression sur les autres secteurs de l’énergie du Québec pour qu’ils produisent de l’énergie de façon plus responsable, et sur l’industrie, proprement dite, pour qu’elle fasse preuve d’ingéniosité créative afin de créer des produits qui ont moins d’impacts sur l’environnement, et à long terme, cela est tout aussi important.
Une entreprise du Québec, CO2 Solution Inc., a conçu une plateforme pour la capture efficace du dioxyde de carbone et commercialise actuellement sa technologie pour les centrales alimentées au charbon, les sables bitumineux et autres industries à forte utilisation de dioxyde de carbone où une solution de capture à faible coût est essentielle au respect de la législation sur les changements climatiques de façon rentable.
Le Québec abrite également une usine de la Zenn Motor Company, qui est sur le point de mettre sur le marché un véhicule électrique à zéro émission qui aura une autonomie de 400 kilomètres et atteindra une vitesse de 125 kilomètres à l’heure.
Dans une perspective purement énergétique, Hydro-Québec a annoncé l’été dernier un investissement de près de deux milliards de dollars dans la mise à niveau de la centrale nucléaire Gentilly-2, qui n’émet aucun gaz à effet de serre et qui produit suffisamment d’énergie pour alimenter 270 000 foyers.
D’autres évolutions sont également examinées, notamment Hydro-Québec qui vise à établir de nouvelles centrales éoliennes sur une période de cinq ans entre 2010 et 2015.
Ces progrès, particulièrement sur le front de l’énergie propre, permettront au Canada de réduire les émissions nationales de gaz à effet de serre de 20 p. 100 d’ici 2020 et de 60 à 70 p. 100 d’ici 2050, comme le prescrivent les plans introduits par notre gouvernement il y a deux ans, le mois prochain.
Ces progrès indiquent en outre au reste de la planète que le Canada peut en fait être beaucoup plus qu’une simple superpuissance énergétique, comme nous sommes en train de le devenir. Nous pouvons aussi être une superpuissance en matière d’énergie propre, et c’est ce que nous voulons.
Déjà, 73 p. 100 de l’électricité du Canada proviennent de sources non émettrices comme l’hydro et le nucléaire. Mais notre gouvernement a entrepris de faire mieux que cela en visant à élever ce chiffre à 90 p. 100 d’ici 2020 et à augmenter nos sources d’énergie propre pour en inclure d’autres à zéro émission de carbone comme le charbon propre et l’énergie éolienne.
Dans le contexte mondial, le fait d’être une superpuissance en matière d’énergie propre ferait du Canada un partenaire commercial encore plus efficace et attrayant. Ceci augure bien pour nos relations avec nos voisins américains qui comptent fortement sur nous à titre de plus important fournisseur de pétrole, de gaz naturel, d’hydroélectricité, d’uranium, et je dirais, de toute forme d’énergie.
L’élection du président Obama a donné lieu à un engagement américain renouvelé en matière d’environnement et a inauguré une nouvelle ère de collaboration entre le Canada et les États-Unis sur les questions d’intérêt continental.
Cela comprend l’élargissement de la recherche et du développement en matière d’énergie propre; l’élaboration et le déploiement de la technologie de l’énergie propre; et la construction d’un réseau plus efficient s’appuyant sur la production d’énergie propre et renouvelable - les trois principaux éléments que nous voulons explorer avec nos homologues américains dans le cadre du Dialogue sur l’énergie propre qui découle des rencontres entre le premier ministre Harper et le président à Ottawa le mois dernier.
Là où il est question de production d’énergie, nos pays sont mis au défi de façon très similaire : le Canada avec les sables bitumineux, les États-Unis avec le charbon. Les émissions de gaz à effet de serre provenant de ces deux sources se combinent, ce qui explique le bilan carbone considérable en Amérique du Nord.
La bonne nouvelle, c’est que nos deux gouvernements ont reconnu l’existence de ces problèmes et ont tous deux exprimé la volonté de faire des progrès.
Parce que nous voyons les choses pratiquement de la même façon et que nous partageons le même espace économique, énergétique et environnemental, la collaboration à l’égard d’une marche à suivre continentale a du sens et représente, en toute franchise, la façon la plus intelligente de réduire notre bilan carbone, particulièrement en ces moments de profonde incertitude économique.
Étant donné l’interdépendance de nos économies, une collaboration avec notre plus important partenaire permettrait de réaliser trois choses :
Premièrement, cela placerait les entreprises canadiennes et américaines sur des bases plus solides en offrant une plus grande certitude en matière d’investissement, et ce, des deux côtés de la frontière.
Deuxièmement, cela accélérerait le développement et le déploiement de la technologie propre tout en renforçant notre économie, y compris dans le secteur de l’énergie.
Et troisièmement, cela améliorerait, au bout du compte, notre capacité à contribuer de façon pertinente aux efforts de protection environnementale à l’échelle mondiale.
Cela est important, en cette année où le monde se réunira à l’occasion du Sommet sur les changements climatiques, qui se tiendra à Copenhague en décembre prochain, afin de définir la voie à suivre après 2012 dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de combattre les changements climatiques.
Le Canada participera à ces importantes discussions sur le climat planétaire en ayant une idée bien précise de la manière dont le monde peut s’attaquer efficacement aux problèmes du réchauffement climatique.
Nous demandons la conclusion d’un nouvel accord international qui établisse un équilibre entre la protection de l’environnement et la prospérité économique, qui vise le long terme, qui stimule la création et la mise en œuvre de technologies propres et qui sera accepté par toutes les grandes économies.
En continuant à parfaire nos plans en vue de la conférence de Copenhague, nous ne nous inspirerons pas seulement de la politique fédérale; nous tiendrons compte des contributions des provinces et des territoires à la position du Canada.
Il va de soi que nos politiques environnementales doivent tenir compte des perspectives des provinces et des territoires.
Et bien qu’il soit toujours difficile de concilier des points de vue divergents, je suis persuadé que nous pouvons faciliter l’harmonisation de la politique fédérale et des politiques provinciales.
Je me suis engagé officiellement auprès de mes homologues provinciaux et territoriaux à ce que notre gouvernement les consulte avant d’aller au Sommet sur les changements climatiques.
Les paramètres de cette consultation n’ont pas encore été entièrement définis, mais mes homologues peuvent certes s’attendre à être écoutés lors des consultations fédérales-provinciales, quelles qu’elles soient, que nous aurons avant d’aller à Copenhague.
Il n’y a pas de doute que leur contribution renforcera la réputation du Canada en tant que participant actif et constructif aux discussions internationales sur les changements climatiques.
Les mesures prises au plan national et celles que nous sommes en train de prendre en collaboration avec les États‑Unis nous donnent à l’évidence une solide crédibilité sur la scène internationale.
Il y a toutefois un domaine où nous devons faire des progrès : nous devons assumer nos responsabilités individuellement dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, émissions qui mettent en danger notre atmosphère.
Nous pouvons faire mieux et voir plus grand que par le passé. Il est temps de considérer les possibilités de la technologie solaire ou les véhicules électriques ou hybrides, par exemple, comme des solutions du présent, pas simplement de l’avenir.
Ne vous méprenez pas, nos actions individuelles sont aussi essentielles au progrès que le sont la réglementation mise en place par le gouvernement, les investissements financiers, la créativité, l’ingénuité technique, la collaboration à l’échelle du continent et le consensus international.
Une fois que tous les éléments seront en place, je crois fermement que nos efforts seront récompensés au centuple, car nous aurons un environnement sain et florissant.
Merci.
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