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Discours

Notes d'allocution
de l'Honorable Peter Kent,
Ministre de l'Environnement,
portant sur les jalons de la lutte contre
les changements climatiques prononcées devant
l'Economic Club of Canada
Toronto (Ontario)
le 28 janvier 2011

Le texte prononcé fait foi

Bonjour tout le monde.

Je suis très heureux d’être ici aujourd’hui et d’avoir la chance de m’adresser à vous.

Depuis ma nomination en tant que ministre de l’Environnement il y a trois semaines, j’ai remarqué que mes amis et mes connaissances agissent avec prudence à mon égard.

Ils ne savent pas vraiment s’ils doivent m’offrir leurs félicitations... ou leurs sympathies.

Pour être bien honnête, moi-même, au tout début, je ne savais pas vraiment quelle attitude adopter.

C’est le premier événement majeur au cours duquel je prononce un discours en tant que ministre de l’Environnement et je tiens à préciser à quel point c’est un honneur pour moi d’exercer mes fonctions pour la population canadienne.

Lorsque le premier ministre m’a appelé pour me proposer cette nomination, sans hésiter, j’ai immédiatement accepté ce poste.

Mais je me suis interrogé sur ce qui m’attendait.

J’avais néanmoins déjà une certitude. Dans les dossiers environnementaux, les avis, les critiques et les conseils sont toujours nombreux.

Bref, toute forme d’appui est proposée... mais qu’en est-il de l’aide réelle?

J’ai toutefois pu constater, à ma plus grande joie, qu’Environnement Canada est fort d’une remarquable équipe de scientifiques et d’ingénieurs, d’experts en politiques, d’économistes et d’avocats. Ils sont tous extrêmement compétents, actifs et passionnés par leur mandat d’intendant du patrimoine naturel exceptionnel du Canada.

Séparés par de longues distances partout au pays, d’Arctic Bay à l’île de Sable, jusqu’à la côte ouest de l’île de Vancouver, ils partagent le même engagement en matière d’élaboration, de mise en oeuvre et d’application de normes environnementales de calibre mondial au Canada.

Après plusieurs dizaines d’années dans le secteur de la radiotélévision, je suis devant vous aujourd’hui pour vous communiquer la plus importante nouvelle qu’il m’a été donné d’annoncer dans toute ma carrière :

Le Canada dispose d’un plan crédible pour faire face à ses défis environnementaux.

Et nous avons accompli énormément de progrès dans sa mise en oeuvre.

En passant, à peine depuis quelques semaines dans mon nouveau rôle, il est plutôt dommage d’entendre toujours le même refrain selon lequel le gouvernement actuel ne dispose d’aucun plan en matière d’environnement.

Cela dit, nous avons effectivement un plan, et, en plus, nous faisons partie des quelques pays à avoir un plan de ce genre.

Bon nombre de personnes oublient d’ailleurs qu’Environnement Canada possède déjà les mécanismes législatifs dont il a besoin pour appliquer son plan. Il ne dépend d’aucune nouvelle loi.

Ce plan nous permettra de faire en sorte que nos politiques nationales en matière d’environnement et d’énergie maintiennent un bon équilibre entre le développement durable et le renouvellement économique.

Mais avant d’aller plus loin, permettez-moi de vous parler un peu de l’économie. Après tout, notre hôte aujourd’hui est l’Economic Club of Canada

Partout au pays, notre plan d’action économique continue de profiter à l’ensemble de la population canadienne. D’un océan à l’autre, nous pouvons constater les résultats des nouvelles infrastructures construites dans nos villes et nos collectivités. Et n’oublions pas le Fonds pour l’infrastructure verte, qui est doté de 5 milliards dollars.

Mais il est important de garder à l’esprit que la reprise économique au Canada demeure fragile!

C’est pourquoi le gouvernement continue de mettre l’accent sur la croissance de l’économie et de la création d’emplois.

En fait, c’est la raison pour laquelle nous avons récemment reporté la date limite de plusieurs importants programmes d’infrastructures.

Les travailleurs canadiens qui travaillent aujourd’hui sont environ 400 000 de plus qu’en juillet 2009, l’économie est de nouveau en croissance, et le Canada est à la tête des pays du G-7 pour se sortir de la récession mondiale.

Notre réseau bancaire est solide, les investissements au Canada sont à la hausse, et le Fonds monétaire international ainsi que l’Organisation de coopération et de développement économiques s’attendent tous deux à ce que le Canada présente la croissance économique moyenne la plus importante du G-7 au cours des deux prochaines années.

Mais il reste encore à faire – c’est pourquoi, de novembre à janvier, et même au début de février, mes collègues du gouvernement Harper ont parcouru le pays afin de rencontrer les dirigeants d’entreprises et les entrepreneurs au Canada.

À la suite de ses réunions, nous présenterons la prochaine étape du Plan d’action économique pour le Canada.

Et je peux vous assurer que je continuerai à mettre l’accent sur la protection de la sécurité financière des travailleurs canadiens et de leur famille. Je vais continuer de travailler à consolider la reprise économique en m’assurant que nos politiques économiques traduisent les valeurs et les principes que nous partageons avec les familles partout au pays, notamment ici à Toronto et dans la région du Grand Toronto.

Revenons maintenant à l’environnement, le lien entre l’économie et l’environnement est clair. Je vous assure cependant d’un point en particulier : le gouvernement actuel considère avec sérieux l’intendance de l’environnement du Canada tout autant que l’assurance d’une prospérité économique soutenue.

Notre plan actuel vise à faire en sorte que nos politiques nationales en matière d’environnement et d’énergie assurent un bon équilibre entre la reprise économique et le développement durable.

Nous comprenons pleinement les défis inhérents à notre engagement et nous réalisons notre plan en vue d’atteindre nos cibles de réduction des gaz à effet de serre tout en évoluant en tant que superpuissance de l’énergie.

Mettons de côté les beaux discours, les récriminations et, autant que possible, les politiques, et faisons l’examen des faits.

Le premier, le gouvernement actuel, en partenariat avec les provinces, les territoires et d’autres intervenants, a déjà pris des mesures qui permettront de réduire les émissions de gaz à effet de serre du Canada de 65 mégatonnes d’ici 2020, une valeur représentant environ le quart de nos projections de réduction pour atteindre notre cible de 607 mégatonnes.

Bien sûr, il reste beaucoup de chemin à parcourir, mais nous disposons de programmes de base solides.

Depuis 2006, nous avons :

  • mis sur pied de nouvelles normes relatives aux émissions des véhicules à passagers et nous mettons en place des normes similaires pour les camions lourds, une des plus grandes sources d’émissions de gaz à effet de serre du pays;
  • rendu publiques des normes qui mettront progressivement fin à l’utilisation du charbon polluant dans la production de l’électricité, un autre grand émetteur;
  • pris des mesures pour assurer une teneur de 5 % en biocarburants dans l’essence, et nous annoncerons bientôt des mesures concernant le diesel. Les réductions des émissions de gaz à effet de serre découlant de cette initiative correspondent au retrait d’un million de véhicules de la circulation;
  • amélioré et renforcé de façon continue les normes d’efficacité énergétique des bâtiments et des matériaux de construction applicables en vertu de la Loi sur l’efficacité énergétique;
  • collaboré avec les provinces pour mettre à jour le Code national de l’énergie pour les bâtiments;
  • signé, de concert avec les principaux émetteurs, l’Accord de Copenhague sur les changements climatiques, lequel engage les pays qui, ensemble, sont responsables de plus de 85 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre;
  • augmenté de 30 % la superficie terrestre réservée aux parcs nationaux;
  • présenté de nouvelles lois environnementales strictes, lesquelles ont récemment été adoptées;
  • élaboré une stratégie nationale de gestion de la qualité de l’air, laquelle a été approuvée par toutes les provinces en octobre dernier;
  • élaboré un plan de gestion des substances chimiques, ce qui fait du Canada le premier pays à avoir pris des mesures à l’égard du bisphénol A et le premier au monde à soumettre des substances chimiques déjà utilisées à un examen systématique;
  • élaboré des normes nationales concernant les eaux usées municipales qui permettront progressivement de mettre un terme au déversement des eaux d’égout brutes dans nos lacs, nos rivières et nos océans;
  • signé un accord des Nations Unies en faveur d’une coopération pour la préservation de toutes les espèces en péril;
  • créé un groupe consultatif de scientifiques indépendants chargé d’étudier la santé de la rivière Athabasca et de ses affluents, et de formuler des recommandations concernant l’amélioration de l’intendance.

Les changements climatiques sont l’un des problèmes environnementaux les plus graves auxquels le monde est confronté à l’heure actuelle.

Sous la direction de notre gouvernement, le Canada, même s’il est responsable d’à peine 2 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, est déterminé à remplir sa part pour la planète.

C’est pourquoi notre gouvernement a pris des engagements clairs dans le but de devenir un chef de file mondial en matière de production d’électricité propre et de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 17 % d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 2005.

Nous avons inscrit dans l’Accord de Copenhague la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre que nous comptons atteindre d’ici 2020, et ne laissez personne vous dire que n’est pas une cible ambitieuse.

Le Canada connaît une croissance démographique.

Sa croissance économique prend également de l’ampleur en partie parce que nous produisons de l’énergie et la vendons à l’étranger.

Ce sont deux facteurs qui contribuent de façon considérable aux émissions de gaz à effet de serre.  

C’est pourquoi je tiens à préciser clairement que je ne pointe pas l’industrie du doigt : nous devons tous assumer nos responsabilités dans la lutte contre les changements climatiques.

Notre gouvernement dispose également d’un plan exhaustif en vue d’atteindre des réductions d’émissions réelles à court, à moyen et à long termes, et ce, tout en maintenant la compétitivité économique du Canada et sa capacité à créer des emplois pour les Canadiennes et les Canadiens.

Il n’y a rien de magique ni de prestigieux à ce sujet : l’atteinte de nos objectifs dépend d’une approche sectorielle systématique en matière de réglementation des émissions de gaz à effet de serre et, le cas échéant, d’un alignement sur la réglementation des États-Unis.

Les Canadiennes et les Canadiens tendent à se montrer réticents lorsque les termes « harmonisation » ou « alignement » et « États-Unis » sont utilisés dans la même phrase.

Mais quel que soit notre réserve, lorsqu’il s’agit de faire des avancées majeures dans le domaine de l’environnement – plus particulièrement dans le contexte des changements climatiques –, il n’y aucune autre solution concrète.

De plus, les initiatives stratégiques que nous partageons avec les États-Unis sont loin d’être les seuls exemples de notre collaboration avec d’autres pays en vue d’atteindre un objectif commun.

À l’échelle mondiale, nous jouons un rôle actif et constructif dans le contexte du cadre de travail de l’accord des Nations Unies sur les changements climatiques et nous veillons à ce qu’il devienne légalement exécutoire.

Il est également important de souligner que nous avons annoncé, en juin dernier, un investissement de 400 millions de dollars sous forme de financement nouveau et supplémentaire en faveur de la lutte contre les changements climatiques pour l’année 2010 uniquement, et ce, dans le cadre de notre engagement au titre de l’Accord de Copenhague.

Il s’agit de la plus importante contribution, à ce jour, que le Canada à verser pour soutenir les initiatives internationales de lutte contre les changements climatiques.

Cette contribution vise à aider les pays les moins avancés et les petits États insulaires à faire face aux défis que posent les changements climatiques.

À l’échelle nationale, notre plan est l’aboutissement d’une consultation avec les provinces et d’autres intervenants.

Le gouvernement fédéral se doit d’exercer un rôle prédominant pour apporter des certitudes à l’industrie et, au besoin, rester en phase avec les États-Unis.

Je me suis déjà entretenu avec mes homologues provinciaux pour leur assurer que nous continuerons à collaborer étroitement afin de tirer profit des mesures qu’ils ont mises en place en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Il s’agit de l’approche la plus judicieuse, étant donné que l’élaboration d’un système de plafonnement et d’échange continental est peu probable dans un avenir proche.

Tout indique que les États-Unis iront de l’avant avec les exigences en matière de gaz à effet de serre édictées par l’Environmental Protection Agency des États‑Unis.

Par conséquent, en raison de la forte intégration de l’économie nord‑américaine, nous nous alignerons, s’il y a lieu, sur leur stratégie.

Cette démarche est cohérente avec celle que nous avons adoptée jusqu’à présent.

Au cours des dernières années, notre gouvernement a appliqué la réglementation environnementale parce qu’elle reflète la perception selon laquelle les initiatives reposant sur le principe du « pollueur-payeur » permettent d’obtenir les meilleurs résultats globaux pour la société.

Tout en protégeant l’environnement et la santé humaine, des mesures réglementaires claires et ciblées apportent également à l’industrie la certitude nécessaire lui permettant de maintenir la croissance économique et la création d’emplois.

Comme j’en ai parlé plus tôt, il s’agit de trouver le bon équilibre.

Notre gouvernement a appliqué son approche réglementaire sectorielle en commençant par deux des plus grandes sources d’émissions de gaz à effet de serre : l’électricité et les transports.

Pour le premier, nous avons établi notre propre plan et, pour le second, nous avons travaillé en étroite collaboration avec nos partenaires des États-Unis.

Le secteur de l’électricité est un parfait exemple des domaines dans lesquels il est impossible d’aligner notre politique sur les changements climatiques.

Notre secteur de l’électricité est l’un des réseaux les plus respectueux de l’environnement sur la planète. Le Canada compte 51 centrales alimentées au charbon alors que les États-Unis en comptent 650.

C’est la raison pour laquelle notre nouveau règlement sur la production d’électricité à partir du charbon est propre au Canada, et, sa mise en oeuvre étant prévue pour 2015, nous serons l’un des premiers pays à éliminer graduellement les émissions provenant du charbon polluant.

Ce projet de règlement envoie un message clair à l’industrie alors qu’un grand nombre des centrales plus anciennes sont sur le point d’être remplacées.

D’ailleurs, en présentant notre plan de façon anticipée, nous pouvons influencer dès maintenant les décisions en matière d’investissement et ainsi éviter la construction de nouvelles installations plus polluantes.

La situation du secteur de l’électricité étant différente du secteur des transports, nous avons travaillé en étroite collaboration avec les États-Unis dès le départ pour définir le plan adéquat.

Ensemble, nous avons établi des normes rigoureuses concernant les émissions de gaz à effet de serre provenant des véhicules à passagers et des camions légers des années modèles 2011 à 2016.

Nous allons d’ailleurs poursuivre notre collaboration avec les États-Unis pour élaborer des normes encore plus strictes pour les années modèles 2017 et les années subséquentes.

Notre gouvernement a également annoncé son intention d’élaborer un règlement visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre des nouveaux véhicules lourds et sa volonté de l’aligner sur celui qui est élaboré aux États‑Unis.

Ce règlement s’appliquera aux véhicules lourds de l’année modèle 2014 et des années subséquentes.

Notre plan comprend également des mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques provenant des modes de transport ferroviaire, maritime et aérien.

Le Canada collabore avec les États-Unis et ses partenaires internationaux par l’intermédiaire de l’Organisation maritime internationale et de l’Organisation de l’aviation civile internationale afin d’élaborer et de mettre en oeuvre de nouvelles normes d’émissions pour ces modes de transport.

Des résultats importants vont être enregistrés dans les secteurs des transports et de l’électricité, ce qui rapprochera notre gouvernement de la cible qu’il s’est fixée d’ici 2020.

Cela dit, il reste beaucoup de travail.

C’est pourquoi nous comptons poursuivre l’élaboration de normes de rendement pour les autres principaux secteurs de l’économie.

Dans l’avenir, notre gouvernement continuera la mise en oeuvre de son plan en définissant des normes de rendement destinées aux autres principaux émetteurs en vue d’atteindre progressivement la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre que s’est fixée Canada.

Il est certain que la réglementation environnementale jouera un rôle crucial dans le respect de l’engagement que nous avons pris – et que nous tiendrons – en matière d’exploitation responsable et durable de nos ressources naturelles.

Il est également certain que les consultations et la collaboration atteindront un niveau très important dans le cadre de l’élaboration et de la mise en oeuvre du plan pertinent visant notre empreinte écologique.

Nous avons déjà instauré certaines mesures qui vont dans la bonne direction.

En décembre, le ministre Baird a accepté les recommandations d’un groupe consultatif de scientifiques indépendants qui s’est penché sur la surveillance de l’eau dans la région environnante des sables bitumineux.

Comme promis, nous y répondrons en soumettant notre plan dans un délai de 90 jours.

La qualité de l’air et la protection des espèces animales et végétales sont les prochains domaines que nous traiterons.

En conclusion, je suis extrêmement optimiste quand je pense aux prochaines étapes.

Il reste beaucoup de travail à faire, oui, mais nous disposons de plusieurs atouts majeurs pour connaître un succès : une direction politique fortement déterminée à améliorer l’environnement, un plan de réglementation sectorielle stratégique qui est axé sur le résultat et un ferme engagement de réussir.

En tant que nouveau ministre de l’Environnement, je suis le premier à dire que j’ai beaucoup à apprendre sur les enjeux et défis associés à ce portefeuille.

Je suis également le premier à dire que j’ai la certitude que nous nous appuierons sur ce que nous avons déjà accompli.

Les enjeux sont de taille, et la recherche sur les façons de réussir à équilibrer nos responsabilités environnementales avec notre impératif économique doit être concertée. À ce sujet, je compte collaborer avec les provinces et les territoires, des chefs de file de l’industrie, des groupes environnementaux et la population canadienne. Nous avons toutes et tous un important rôle à jouer.

Comme je l’ai souvent dit au cours de ma carrière : Nous vous reviendrons avec plus de précisions; restez à l’écoute.

Merci beaucoup.