Discours

Discours de l’honorable Peter Kent, C.P., député, ministre de l’Environnement,

prononcé au cours de sa tournée européenne

 Bruxelles, Belgique

Le 15 mai 2013

Je vous remercie de vous joindre à moi ce matin. Je me nomme Peter Kent et je suis ministre de l’Environnement du Canada. Je suis venu rencontrer des collègues en Europe cette semaine pour discuter de stratégies et de défis et faire progresser des objectifs communs en matière d’environnement. Je profite également de l’occasion pour communiquer l’histoire du Canada en vue d’exposer ce à quoi nous sommes confrontés, les moyens que nous prenons à cet égard et les progrès que nous avons réalisés dans la protection de notre environnement.

Chaque pays se distingue par un paysage géographique, économique et social qui lui est propre et qui a une incidence sur ses défis environnementaux et leurs solutions. Il s’agit d’un facteur particulièrement important à prendre en considération dans le contexte des changements climatiques. Il n’y a aucune solution universelle pour réduire les émissions – ce qui fonctionne dans un pays n’est peut-être pas la meilleure approche dans un autre pays. Les progrès mutuels dépendent de collaborations efficaces qui tiennent compte des défis individuels et de leurs solutions.

En tant que deuxième plus grand pays au monde, le Canada a la chance d’avoir un vaste et magnifique environnement naturel. Même si sa taille à elle seule présente des défis pour notre pays, nous visons une amélioration continue, en travaillant en collaboration et en faisant progresser nos connaissances et nos technologies.

Le Canada est un pays arctique. Près de 40 % de notre masse terrestre et de notre eau douce se situent dans le nord, ce qui signifie que nous sommes particulièrement vulnérables aux répercussions du réchauffement de la planète. Et nous comprenons de première main les menaces associées aux changements climatiques.

C’est pourquoi nous insistons autant sur la réduction des émissions – à l’intérieur de nos propres frontières, avec nos voisins continentaux et à l’échelle mondiale. C’est aussi pourquoi nous sommes tant résolus à atteindre la cible ambitieuse que nous nous sommes fixée au titre de l’Accord de Copenhague, soit de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 17 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2020.

Les mesures contre les émissions nationales

À titre de fédération, nous collaborons avec nos provinces, nos territoires et d’autres administrations, en adoptant une approche sectorielle et en ciblant les secteurs ayant la plus forte incidence sur l’environnement.

Compte tenu de la taille de notre pays, il n’est pas étonnant que le transport représente environ le quart de nos émissions.

Au Canada, nous abordons donc les défis que représente ce secteur même. Nous collaborons étroitement avec les États-Unis, nos voisins immédiats, afin d’aligner les normes pour les véhicules nord-américains lorsqu’il est logique de le faire.

Un exemple concret des mesures qui ont été prises est notre harmonisation du règlement visant les automobiles à passagers et les camions légers des années modèles 2011 à 2016, ainsi que le projet de règlement harmonisé visant les années modèles 2017 à 2025.

Selon les estimations, les véhicules qui seront construits en 2025 consommeront 50 % moins de carburant et produiront 50 % moins d’émissions par comparaison aux modèles de 2008.

Nous nous sommes aussi penchés sur les émissions qui proviennent de la production d’électricité au charbon. Le Canada est en effet le premier pays au monde à bannir la construction de centrales au charbon traditionnelles.

Puisqu’aujourd’hui les trois quarts de notre approvisionnement en électricité n’émettent aucun gaz à effet de serre, le Canada est maintenant doté d’un des réseaux d’électricité figurant parmi les plus propres au monde.

Et alors même que nous prévoyons des hausses à la fois dans la production d’électricité et la croissance économique, les émissions du secteur de l’électricité devraient diminuer d’un tiers d’ici 2020 comparativement aux niveaux de 2005.

Cela montre que la croissance économique et l’intendance environnementale peuvent aller de pair et qu’elles ne s’excluent pas mutuellement. Il est possible de parvenir à une croissance économique au moyen d’un développement et d’une gestion responsables. Et cela fonctionne.

La réduction des émissions dans l’industrie des sables bitumineux

Le Canada cherche aussi à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur pétrolier et gazier. Étant donné que notre pays possède les troisièmes plus importantes réserves pétrolières dans le monde, il est essentiel que nous développions cette ressource de façon responsable. Et c’est exactement ce que nous faisons.

De concert avec d’autres ordres de gouvernement et l’industrie, nous travaillons à l’élaboration d’un règlement fédéral visant le secteur pétrolier et gazier.

Entre-temps, l’industrie travaille de façon proactive à réduire l’intensité des émissions dans l’industrie des sables bitumineux.

L’industrie des sables bitumineux génère des émissions, mais, selon les faits, elle en génère aujourd’hui 26 % moins par baril qu’il y a 20 ans.

L’an dernier, le Canada et l’Alberta ont lancé un plan de surveillance conjoint afin d’avoir le portrait le plus crédible qui soit sur le plan scientifique en ce qui concerne l’eau, l’air, le sol et la biodiversité dans la région. Et nous mettons ces précieux renseignements à la disposition de tous, et non pas seulement à la disposition des intervenants et de l’industrie, et ce, de façon transparente, au moyen d’un nouveau portail Web conjoint sur les données, que nous avons lancé le mois dernier.

Nos règlements plus stricts, dans divers secteurs, ont aussi donné lieu à des améliorations continues de la qualité de l’air au Canada. Au cours des deux dernières décennies, nous avons constaté une diminution de 90 % des émissions de polluants comme le mercure et le cadmium.

Pour intensifier nos efforts en matière de protection de l’air, nous mettons aussi en place un système national de gestion de la qualité de l’air, et ce système nous permettra d’adopter une approche globale pour améliorer la qualité de l’air, non seulement pour les générations d’aujourd’hui, mais aussi pour les générations à venir.

Depuis 2006, le gouvernement du Canada a investi plus de 10 milliards de dollars canadiens en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre, d’améliorer l’efficacité énergétique et de développer une infrastructure écologique.

En outre, le Canada complète ses mesures en soutenant activement les efforts déployés par les entreprises pour formuler des solutions novatrices et durables et promouvoir une économie écologique. Ces mesures sont entreprises par l’intermédiaire de Technologies du développement durable du Canada.

Dans le cadre des investissements dont j’ai parlé plus tôt, Technologies du développement durable du Canada a soutenu près de 230 projets d’une valeur de près de 600 millions de dollars canadiens. À ce financement s’est ajoutée une somme supplémentaire de 1,4 milliard de dollars en contributions de la part d’autres partenaires.

Nos investissements comprennent aussi la récente contribution de 61,8 millions de dollars de Technologies du développement durable du Canada, et cette contribution, qui provient du budget de 2013, est destinée aux nouveaux projets de technologie propre dans les domaines de l’agriculture, des transports, de l’exploitation minière et de l’énergie.

Le financement de Technologies du développement durable du Canada a contribué à faire avancer d’importantes solutions comme le moteur au gaz naturel pour les camions, l’intégrité améliorée des pipelines et les combustibles liquides renouvelables créés à partir du bois et de la biomasse non alimentaire. 

Nous avons également réalisé d’autres investissements dans le cadre de l’Initiative écoÉNERGIE sur l’innovation. À titre d’exemple, nous avons annoncé, le 3 mai dernier, une somme additionnelle de 82 millions de dollars canadiens pour soutenir 55 nouveaux projets novateurs visant à créer de nouvelles technologies et des emplois ainsi qu’à réduire les effets de notre consommation énergétique.

De plus, les sources d’énergie renouvelable du Canada – comme l’énergie solaire, éolienne, hydraulique, géothermique et de la biomasse – fournissent maintenant 17 % de l’approvisionnement énergétique primaire total du Canada.

La protection des espèces sauvages, l’eau et la terre

Le Canada fait aussi des progrès dans la protection de son environnement naturel. Depuis 2006, le gouvernement du Canada a pris des mesures qui viendront ajouter près de 150 000 kilomètres carrés au réseau d’aires protégées du Canada. Cela permettra de protéger l’habitat des espèces sauvages du Canada dans un territoire qui fait presque la taille de la Belgique, du Danemark, des Pays-Bas et de la Suisse mis ensemble.

En 2010, les dernières étapes ont été franchies afin d’établir notre première aire protégée en vertu de la Loi sur les aires marines nationales de conservation du Canada

Ce site témoigne d’un partenariat novateur qui a permis de lier la réserve de parc national Gwaii Haanas et le site du patrimoine haïda. Ces deux régions forment la première région au monde qui est protégée du sommet des montagnes aux grands fonds marins.

Nous travaillons aussi avec nos partenaires à l’élaboration d’un plan de conservation national qui permettra à la fois de conserver ces précieux espaces naturels et d’en favoriser la sensibilisation.

En ce qui concerne les produits chimiques, le Plan de gestion des produits chimiques du Canada fait de notre pays un chef de file mondial en matière de gestion sécuritaire des substances et produits chimiques. Dans le cadre de ce plan, nous évaluons les produits chimiques utilisés au Canada et nous prenons des mesures contre ceux jugés nocifs. À titre d’exemple, le Canada a été le premier pays au monde à prendre des mesures pour interdire l’importation, la vente et la publicité des biberons qui contiennent du bisphénol-A.

Et nous élargissons ce succès en investissant plus de 506 millions de dollars canadiens sur cinq ans dans la prochaine phase de notre plan de gestion des produits chimiques.

Dans tous ces domaines, la science joue un grand rôle. Le Canada est d’ailleurs un chef de file mondial dans la science de l’ozone atmosphérique depuis plus de 50 ans. Il y a 25 ans, c’est notre contribution scientifique qui a jeté les bases de l’élaboration du Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone.

Le Canada continue de jouer un rôle clé dans le succès du Protocole de Montréal, comme le prouve le leadership dont nous faisons preuve en promouvant la réduction graduelle des hydrurofluorurocarbones aux termes du Protocole de Montréal. Et nous sommes honorés d’héberger à Montréal le Secrétariat du Fonds multilatéral pour la mise en oeuvre du Protocole de Montréal.  

Nous sommes aussi fiers d’héberger également à Montréal le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique. L’excellent travail et les vastes efforts de collaboration qui ont été faits pour atteindre les résultats liés au Plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique donnent certainement matière à se réjouir. De plus, pour témoigner de notre engagement envers la Convention sur la diversité biologique, le Canada a récemment versé un financement pour soutenir sa mise en œuvre.

Les travaux multilatéraux du Canada

Non seulement nous réduisons nos propres émissions nationales, mais nous respectons aussi nos engagements internationaux en vue d’aider les pays en développement à prendre eux-mêmes des mesures utiles.

En avril, j’ai confirmé que le Canada a pleinement respecté son engagement à fournir sa juste part au financement accéléré au titre de l’Accord de Copenhague.

Notre investissement de 1,2 milliard de dollars canadiens sous forme de financement nouveau ou supplémentaire représente, dans l’histoire du Canada, le plus important ensemble de soutien aux mesures d’atténuation et d’adaptation dans les pays en développement.

De façon plus générale, le Canada mobilise le pouvoir du secteur privé pour aider les pays en développement à atteindre leurs objectifs axés sur le climat. Nous avons versé plus de 600 millions de dollars canadiens à des banques multilatérales dans le but précis de mobiliser le financement du secteur privé dans des projets respectueux du climat. Nous finançons également des programmes visant à promouvoir une agriculture durable et à protéger les forêts dans les pays en développement.

Dans le cadre de cet important soutien, j’ai récemment annoncé que le Canada en fait encore plus pour contribuer à la réduction des émissions des polluants de courte durée de vie comme le carbone noir, le méthane et l’ozone.

Encore une fois, je ne saurais trop insister sur le fait que le Canada, en tant que pays arctique, comprend les répercussions globales des polluants de courte durée de vie et l’importance de bien gérer ces polluants.

Le Canada est un fier membre fondateur, un partenaire en chef et le plus important contributeur de la Coalition pour le climat et l’air pur, qui a été établie afin de réduire les polluants de courte durée de vie ayant un effet sur le climat.

Nous avons versé 13 millions de dollars canadiens pour soutenir la Coalition pour le climat et l’air pur. Cette somme s’ajoute aux 7 millions de dollars canadiens que nous avons engagés pour des projets bilatéraux qui soutiennent les mesures d’atténuation à long terme des polluants de courte durée de vie ayant un effet sur le climat dans les pays en développement.

Le Canada s’est entièrement engagé à apporter sa juste contribution pour atteindre les objectifs internationaux en matière de changements climatiques. Nous savons que les enjeux liés aux changements climatiques évoluent rapidement et que les économies émergentes représentent une part de plus en plus grande des émissions mondiales. Un tel équilibre continuera de se déplacer, et il faut y voir. Nous devons apprendre les uns des autres et partager nos expériences.

La Plateforme de Durban pour une action renforcée a reconnu ce contexte en évolution. Elle rassemble tous les pays sous le même chapiteau – pour la première fois.

De même, nous sommes heureux que l’accord sur les changements climatiques pour l’après-2020 que nous négocions dans le cadre de la Plateforme de Durban s’applique à toutes les parties, surtout les plus grands émetteurs. Cela a été l’un des plus importants messages que j’ai transmis cette semaine dans mes discussions avec mes collègues, ici même en Europe. Nous faisons tous partie de la solution.

La participation du Canada à d’autres questions et forums environnementaux multilatéraux est aussi très impressionnante. La semaine dernière seulement, nous avons activement participé à la première réunion conjointe de trois importantes Conférences des Parties abordant la question cruciale des produits chimiques et des déchets. Et notre détermination à obtenir des résultats a été très manifeste au cours de cette réunion de deux semaines.

Notre travail dans l’Organisation météorologique mondiale est lui aussi inégalé. Et nous sommes reconnaissants de la confiance que la communauté internationale a accordée au Canada en élisant un président canadien à la tête de cette organisation importante.

De plus, en raison de nos importants liens avec l’Arctique, les scientifiques, les chercheurs et les décideurs du Canada ont largement contribué aux travaux du Conseil de l’Arctique et continueront de le faire. Encore une fois, le Canada est honoré de présider le Conseil de l’Arctique au cours des deux prochaines années.

Le Canada progresse dans divers dossiers – en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, en conservant notre environnement naturel, en veillant à la qualité de notre air et de notre eau et en protégeant les Canadiennes et les Canadiens contre les substances nocives. 

Pourtant, ces réussites ne sont pas venues facilement. En tant que pays ayant un intérêt considérable dans son économie fondée sur les ressources naturelles, nous avons dû faire des choix difficiles.

Et bien que nous reconnaissions à quel point les défis environnementaux d’aujourd’hui peuvent être intimidants, je me dis encouragé par ce que j’ai entendu cette semaine en Europe et aujourd’hui à Bruxelles. En communiquant nos expériences et notre expertise, nous pouvons travailler à des solutions mondiales.

Chaque pays peut, et doit, progresser pour relever ses défis environnementaux.

C’est cependant en conjuguant nos efforts, en tant que communauté internationale, que nous pourrons réellement avancer. Et le Canada est certainement enthousiaste à l’idée de poursuivre ses collaborations avec ses partenaires internationaux, comme vous tous ici présents, pour faire avancer nos objectifs communs.

Encore une fois, je vous remercie et je vous cède maintenant la parole si vous avez des questions.