Discours
Discours de
l’honorable Peter Kent, C.P., député,
ministre de l'Environnement,
prononcé à l’occasion de la Méthane Expo tenue par l’Initiative mondiale sur le méthane
Vancouver (Colombie-Britannique)
Le 13 mars 2013
Bonjour et bienvenue à la première édition en Amérique du Nord de la Méthane Expo tenue par l'Initiative mondiale sur le méthane.
Au nom de nos partenaires de la Environmental Protection Agency des États‑Unis, je tiens à vous remercier de votre présence.
Nous sommes réunis pour une raison fort simple : le méthane, c'est important, notamment dans notre lutte contre le réchauffement climatique, pour la qualité de l'air, le cycle de l'eau et le rendement des récoltes. Et même pour notre santé.
Le méthane peut rester dans l'atmosphère jusqu'à 15 ans. Et il est 21 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. En raison de sa courte durée de vie et de sa puissance par rapport au dioxyde de carbone, la réduction des émissions de méthane jouera un rôle crucial dans le réchauffement atmosphérique. Toutefois, sa concentration a plus que doublé au cours des deux derniers siècles – principalement à cause des activités humaines.
Voilà pourquoi la Méthane Expo est si vitale. Et c’est aussi pourquoi 42 pays y sont représentés. L'Initiative mondiale sur le méthane exemplifie parfaitement de quelle façon la coopération internationale peut améliorer la diffusion des technologies, nouvelles et existantes, pour lutter contre les changements climatiques et assurer la sécurité énergétique.
Sous l'égide des États-Unis, plus de 40 pays et 500 membres du réseau ont choisi de promouvoir la récupération rentable du méthane et son utilisation comme source d'énergie propre.
Et le Canada agit aussi en ce sens. Depuis son adhésion à l'Initiative en 2005, le Canada a investi plus de 8 millions de dollars à l'échelle internationale pour soutenir des projets appuyant les objectifs de réduction et d'élimination des émissions de méthane que s’est fixés l’Initiative.
Nos investissements sont axés sur l'élaboration de stratégies efficaces visant à repérer et à quantifier systématiquement des occasions rentables afin de réduire les émissions de méthane et d'autres gaz à effet de serre et d'améliorer l'efficacité énergétique.
Comme vous le savez, le méthane figure parmi les six gaz à effet de serre réglementés par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Pour sa part, le Canada s'attaque déjà aux deux plus importantes sources d'émissions de gaz à effet de serre : le transport et l'électricité. Et grâce aux efforts déployés jusqu'à ce jour, nous devrions générer la moitié des réductions afin d'atteindre les cibles de Copenhague en matière de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, soit 17 % sous les niveaux de 2005, et ce, d'ici 2020.
Notre gouvernement continue de travailler avec les provinces et des intervenants pour rédiger un règlement visant le secteur du pétrole et du gaz. Ce règlement sera annoncé dès qu’il sera prêt.
Le Canada comprend la nécessité d'agir à propos du méthane. Nous l'avons donc défini comme une substance toxique en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement. Et nous jouerons un rôle de chef de file dans ce domaine, tant au pays qu'à l'étranger.
Cela dit, une utilisation plus efficace du méthane peut aussi contribuer énormément au développement durable. Le méthane offre des débouchés incroyables en tant que source d'énergie rentable et propre.
Le gouvernement du Canada, tout comme l'Initiative mondiale sur le méthane, croit en un avenir axé sur la technologie. Par conséquent, nous avons décidé, entre autres, de stimuler l'innovation et de renforcer notre position de chef de file mondial en matière de technologies propres.
Les provinces, les territoires, les municipalités ainsi que le secteur privé jouent un rôle de premier plan dans la fédération canadienne en vue de l'atteinte des réductions des émissions de méthane. Le gouvernement du Canada travaille donc à adopter des mesures partout au pays. Nous offrons même des mesures incitatives aux autres ordres de gouvernement et aux intervenants pour la mise en œuvre des réductions et la création de technologies dans tout le pays.
Par exemple, le gouvernement du Canada appuie l'organisation Technologies du développement durable Canada, un acteur clé dans la construction d'infrastructures technologiques pour le développement durable au pays.
Depuis dix ans, le fonds de technologies de cette organisation a soutenu plus de 230 projets, d'une valeur avoisinant 600 millions de dollars. À cette somme s'ajoutent les 1,4 milliard de dollars en financement provenant d'autres partenaires.
Tout récemment, le gouvernement du Canada a annoncé l'investissement de près de 62 millions de dollars pour financer la réalisation de nouveaux projets de technologies propres dans les secteurs de l'agriculture, du transport, de l'exploitation minière et de l'énergie.
L'un de ces projets, mené par Diacarbon, une entreprise britanno-colombienne d'ici, utilise la bioraffinerie thermique pour transformer la biomasse en charbon vert, l'équivalent mécanique et physique du charbon. Voilà un exemple probant de l'essence même de l'Initiative mondiale sur le méthane. Ce procédé permet d'éviter l'émission de méthane provenant de la décomposition. On se sert donc d'un déchet pour produire une énergie renouvelable.
Dans le cadre du Plan d'action économique, nous apportons également une aide financière à la production et à la transmission d'énergies renouvelables par l’intermédiaire du Fonds pour l'infrastructure verte.
À Montréal, ce fonds permet la construction de deux systèmes de traitement des déchets organiques par digestion anaérobie et de centres de compostage, ainsi que la réalisation d'un projet pilote pour le prétraitement de ces déchets.
De façon plus générale, le Canada s'est engagé à soutenir les investissements du secteur privé pour aider les pays en voie de développement à atteindre leurs objectifs climatiques. Notamment, plus de 600 millions de dollars iront à des banques multilatérales pour mobiliser le financement et les innovations du secteur privé dans le cadre de projets respectueux du climat.
Nous encourageons promoteurs et investisseurs à s'associer à ces banques, qui participent à cette Expo, notamment jeudi au cours de la séance du groupe d'experts en finances, pour étudier la possibilité de voir leurs projets mis en œuvre. Nous espérons que le soutien du Canada jouera un rôle prépondérant dans l'atteinte des réductions des émissions de méthane et d'autres gaz à effet de serre au cours des prochaines années.
Les percées scientifiques incitent également à l'action. Et j'affirme fièrement que mon ministère emploie certains des plus grands scientifiques de leur champ de spécialité. En effet, le Canada devient un chef de file dans la gestion des composés organiques. Nous diffuserons donc un document technique sur le traitement des matières organiques dans les déchets solides municipaux dans le cadre de l'Expo.
Nous ciblons également le captage des gaz d'enfouissement et leur réutilisation.
Et grâce à nos 64 projets de conversion des gaz d'enfouissement en énergie partout au Canada, nous captons environ 30 % de ces émissions.
Bien sûr, nous cherchons à augmenter ce taux. Notre récent inventaire des émissions canadiennes de gaz d'enfouissement nous guidera à cet égard.
Évidemment, aucun pays ne peut agir seul lorsqu'il s'agit du méthane. Voilà pourquoi le Canada est si présent sur la scène internationale, notamment dans l'Initiative mondiale sur le méthane. Et c’est aussi pour cette raison que nous appuyons financièrement les initiatives des pays en développement qui visent à gérer leurs propres émissions.
Ces investissements permettront de gérer les émissions provenant de sites d'enfouissement chinois, mexicains et colombiens, tout en réduisant les émissions fugitives de méthane provenant de leurs secteurs du pétrole et du gaz.
De plus, notre programme de financement accéléré pour les changements climatiques permettra au Canada d'agir sur deux fronts : d'une part, aider les pays à élaborer des mesures d'atténuation du méthane adaptées aux secteurs de la gestion des déchets, et du pétrole et du gaz et, d'autre part, travailler à leurs côtés pour élaborer les plans de mise en œuvre et de financement pour réaliser ces réductions.
Au-delà de l'Initiative mondiale sur le méthane, le Canada collabore également avec la communauté internationale pour réduire les polluants de courte durée de vie ayant un effet sur le climat, notamment le méthane, les hydrofluorocarbures et le carbone noir. On estime que ces polluants, dont la durée de vie dans l'atmosphère est plus courte que celle des gaz à longue durée de vie comme le CO2, contribueront à environ la moitié du réchauffement climatique provenant des émissions d’origine humaine au cours des deux prochaines décennies.
Les polluants sont d'autant plus préoccupants pour les pays de l'Arctique, comme le Canada, car ils causeraient l'accélération du réchauffement dans le Grand Nord, notamment en raison de l'effet des dépôts de carbone noir sur la neige et la glace.
Dans le cadre du Conseil de l'Arctique et à titre de membre fondateur et de partenaire principal de la Coalition pour le climat et l'air pur, nous tentons de lutter contre ces polluants. Le Canada a été le premier à financer les travaux de la Coalition. Nous croyons qu'elle permettra l'atteinte efficace des objectifs climatiques à court terme et l'amélioration de la santé de millions de personnes dans le monde.
L’apport du Canada permet aux pays en développement de mettre en œuvre des initiatives axées, par exemple, sur la fabrication de briques à partir des déchets municipaux solides et la promotion de solutions de rechange aux hydrofluorocarbures.
Le Canada collabore également avec ses partenaires de la Coalition pour le climat et l'air pur afin que les activités de celle-ci accroissent et renforcent les réussites d'initiatives telles que l'Initiative mondiale sur le méthane.
Ainsi, sur de nombreux fronts – et dans de nombreux pays – le Canada s'engage activement à relever les défis et à saisir les occasions qu'offre le méthane.
Nous connaissons l'importance de ce gaz. Et les défis sont immenses. Mais le fait de les surmonter entraînera des avantages encore plus grands. Le gouvernement du Canada soutient fièrement les expos comme l'Initiative mondiale sur le méthane qui encouragent l'élaboration et la mise en œuvre de politiques et de technologies qui feront une différence dans notre pays et nos collectivités. Pour laisser aux générations futures un environnement plus propre, plus sain et plus durable.
Je vous souhaite, à toutes et à tous, une excellente Expo.
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