Discours

Notes d’allocution de
l’honorable Jim Prentice, C.P., c. r., député,
ministre de l’Environnement
Annonce – Le Canada fait preuve de leadership en matière de changements climatiques et d’environnement
Ottawa (Ontario)
Le 23 juin 2010

L’allocution prononcée fait foi.

Bonjour à tous. Je vous remercie d’être venus.

Plus tard cette semaine, les yeux du monde entier seront tournés vers Muskoka et Toronto alors que le premier ministre Stephen Harper accueillera des dirigeants mondiaux au sommet du G8 et du G20.

Le monde entier surveille le rôle de dirigeant du Canada à l'heure actuelle, et il me fait plaisir d'être ici aujourd’hui pour annoncer deux initiatives canadiennes majeures – l'une est mondiale et l'autre, nationale – en vue de poursuivre la lutte contre les changements climatiques.

J’annonce d’abord l'engagement de notre gouvernement à fournir un financement accéléré à l’échelle internationale conformément à l'engagement mondial au titre de l'Accord de Copenhague pour aider les pays les plus pauvres et les plus vulnérables à s'adapter aux effets des changements climatiques.

Le Canada a convenu de fournir sa juste part, et nous donnons suite à cette promesse. Conformément à son engagement au titre de l’Accord de Copenhague, le Canada investira, au cours du présent exercice fiscal, une somme supplémentaire de 400 millions de dollars destinée aux changements climatiques internationaux. Cette contribution correspond à notre part traditionnelle découlant des engagements pris par les pays développés donateurs dans le cadre d'initiatives d'aide internationale multilatérales, c'est-à-dire environ 4 %. Ce financement aidera les pays en développement à réduire leurs émissions, de même qu'à favoriser l'adaptation et à renforcer les capacités.

Ce sera un grand plaisir de partager avec vous des projets plus précis ultérieurement.

En plus d’agir sur la scène internationale, nous poursuivons également notre engagement à réduire les émissions au pays.

J’ai récemment fait allusion à l’initiative qui suit, et je suis donc heureux de pouvoir annoncer que le gouvernement du Canada va effectivement de l’avant en vue de réduire les émissions dans le secteur de l’électricité, en particulier dans le domaine de la production d’électricité au charbon.

Notre gouvernement travaille en vue d’instaurer un règlement qui permettra d’équilibrer l’environnement, la main d’œuvre et l’investissement.

Travailler à réglementer la production d’électricité au charbon permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’améliorer la qualité de l’air pour la population canadienne, et ce, d’un océan à l’autre.

De plus, l'annonce faite aujourd'hui rapproche un peu plus le Canada de son objectif de devenir une superpuissance de l'énergie propre. Nous travaillons avec l'administration Obama tant pour développer des technologies d'énergie propre que pour adopter une approche continentale à l'égard de nos mesures contre les changements climatiques.

Cela dit, bien que notre ferme intention soit de coordonner, avec les États-Unis, les principales décisions et mesures prises sur le plan environnemental, dans les cas où les situations canadiennes et américaines ne sont pas les mêmes, nous n'hésiterons pas à adopter une orientation stratégique qui reflète nos situations différentes.

La majorité du parc de centrales de production d’électricité alimentées au charbon du Canada est à la fois désuète et pollueuse. Il compte 51 centrales alimentées au charbon réparties en 19 installations. Toutes ces centrales, sauf 18, atteindront la fin de leur durée économique de 45 ans d’ici 2025.

Près de 19 % de l’électricité du Canada est produite au moyen du charbon. De plus, les émissions du charbon comptent pour 13 % du total des émissions de gaz à effet de serre du Canada.

La démarche que nous adoptons crée, pour l’industrie, de convaincantes incitations à investir dans des technologies plus propres, et cette démarche traduit nos échanges avec les principales provinces qui produisent de l’électricité au moyen du charbon thermique, de même qu’avec l’industrie.

Désormais, toutes les nouvelles installations de production alimentées au charbon – de même que celles qui arrivent au terme de leur durée économique – devront respecter une rigoureuse norme de rendement. Cette norme visera l’atteinte du rendement de la production d’électricité alimentée au gaz naturel à haute efficacité, sur le plan des émissions, et mènera à une amélioration des émissions d’environ 60 % par gigawatt-heure d’énergie produite.

Cette politique, combinée avec l’engagement des provinces et des entreprises à cesser les activités des centrales au charbon, permettra des réductions d’émissions d’environ 15 mégatonnes d’ici 2020.

Notre règlement sera très clair. Lorsque chaque installation alimentée au charbon atteindra la fin de sa durée économique, elle devra respecter la norme ou cesser ses activités. Aucun échange. Aucune compensation. Aucun crédit.

Afin de favoriser l’avènement d’une production de remplacement adéquate, la norme proposée entrera en vigueur cinq ans après son annonce. Entre-temps, nous prendrons garde à la construction précipitée de toute centrale au charbon non conforme. Et bien entendu, nous nous adapterons aux circonstances exceptionnelles pour prévenir toute interruption de l’approvisionnement en électricité.

Nous ne perdrons pas de vue les possibilités qu’offriront les technologies plus propres de production alimentée au charbon de l’avenir. Notre pays est un chef de file en matière de capture et de stockage du carbone, et nous comptons le rester. Comme l'a mentionné le premier ministre Harper, fournir cette technologie à des fins commerciales est essentiel à la réduction des émissions de gaz à effet de serre du Canada. Dans ce règlement, les nouvelles centrales au charbon qui adopteront une technologie de capture et de stockage du charbon seront exemptées de la norme jusqu’en 2025.

Cependant, bien que l’impact sur l’environnement de l’ensemble de ces initiatives puisse être considérable, il n’en sera pas ainsi sur notre économie. Cela s’explique en partie par le fait que notre capital national est rendu au point où, de toute façon, de nouvelles installations doivent être construites et qu’une technologie rentable est disponible pour produire de l’électricité avec moins d’émissions.

En bref, une élimination responsable et claire de la production inefficace d'électricité alimentée au charbon du secteur de l’électricité accordera suffisamment de temps à la mise en œuvre de technologies de production plus propres. Cela permettra de créer de nouveaux emplois dans le secteur de l'énergie propre, tout en aidant le Canada à respecter son engagement en matière de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Nous avons une responsabilité en tant que pays de réduire nos émissions de carbone. Les annonces d’aujourd’hui ne sont que deux exemples des moyens que nous prenons pour assumer nos responsabilités à l’égard des changements climatiques.

Nous avons réalisé d’importants progrès dans ce domaine au cours des derniers mois. Nous avons inscrit dans l’Accord de Copenhague une cible qui est alignée sur celle de l’administration Obama et qui nécessitera une réduction de 17 % de nos émissions par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2020.

Compte tenu du caractère profondément intégré de nos économies, une approche harmonisée dans certains secteurs sera grandement avantageuse sur le plan environnemental et économique. Le secteur des transports en est un parfait exemple. Nous travaillons avec l’administration Obama afin d’établir des normes nord‑américaines communes visant à réglementer les émissions produites par les véhicules. Nous avons publié un projet de règlement portant sur les émissions d’échappement des véhicules légers qui s'harmonise à celui des États-Unis et nous avons aussi récemment annoncé que nous en ferions autant pour les véhicules lourds.

Une autre démarche que nous avons entreprise dans le secteur des transports est celle portant sur la concentration de carburant renouvelable dans les carburants les plus communs. Nous allons de l’avant avec une nouvelle réglementation exigeant une concentration de carburant renouvelable dans l'essence et le diesel. Par conséquent, l’essence devra en contenir 5 %, et le diesel et l’huile de chauffage devront en contenir 2 %. 

Nous prouvons que le Canada joue un rôle de chef de file en matière d’environnement et nous demeurons orientés sur l'atteinte de nos objectifs de manière à équilibrer la responsabilité environnementale et la sécurité économique, tant aujourd'hui qu'à l'avenir.

Nous sommes sur la bonne voie pour atteindre nos objectifs. Une chose est claire : le Canada est sérieux au sujet des changements climatiques.

Merci.