Discours
Notes d’allocution pour
l’honorable Jim Prentice, C.P., C.R., député,
ministre de l’Environnement,
prononcées à l’occasion de la
conférence des conseils et du personnel
de Conservation de la nature Canada (CNC)
Niagara-on-the-Lake (Ontario)
Le 25 février 2010
Merci Laurie! Merci pour cette gentille présentation.
Mesdames et messieurs, il y a trois choses que vous devez vraiment savoir sur moi avant que je commence. Tout d’abord, je suis fier de dire que je viens du sud de l’Alberta, mais, en fait, je suis né dans une petite ville du nord de l’Ontario, qui s’appelle South Porcupine, tout comme John. Le Canada est également le genre de pays où vous pouvez être fier d’être né dans un endroit qui s’appelle South Porcupine. Tout le monde ici présent comprend et sait qu’il n’existe pas de lieu qui s’appelle North Porcupine. C’est le genre de pays que nous sommes.
La deuxième chose est que, même si je suis un politicien qui peut faire un discours aussi long que n’importe quel autre politicien, je suis aussi sensible au fait qu’il y a une partie de hockey importante ce soir.
Finalement, la troisième chose que vous devez savoir est que je viens d’une des familles de joueurs de hockey les plus vieilles au Canada. Mon père a joué pour les Maple Leafs de Toronto, et mon oncle aussi, même s’il n’y a pas joué très longtemps. Il a toujours dit qu’il y était pour le café. Il était le plus jeune joueur de l’histoire des Maple Leafs de Toronto. Il avait 17 ans. Il a marché sur l’orteil de Babe Pratt dans le vestiaire alors qu’il portait ses patins. Babe Pratt est allé à l’hôpital. Mon père a toujours dit qu’il était parti dans les ligues mineures.
Que pensez-vous de la partie de hockey d’hier soir? Plusieurs d’entre vous l’ont attendue si longtemps. Je crois que la partie de ce soir sera aussi intéressante.
Avant de poursuivre, je tiens à remercier Conservation de la nature Canada (CNC) et vous tous de l’incroyable travail que vous accomplissez afin de rendre notre passage sur Terre plus agréable et de préserver notre diversité pour les générations à venir.
Bien entendu, de telles initiatives prennent naissance grâce à la force de toutes les personnes présentes dans la pièce et à leur engagement. Je tiens à ajouter mes plus sincères félicitations à toutes celles et à tous ceux qui seront récompensés plus tard ce soir pour la qualité de leur service. Félicitations! Votre travail et vos actions ont vraiment laissé un héritage durable pour notre pays et ont permis d’améliorer notre qualité de vie à nous tous Canadiennes et Canadiens –il s’agit là d’un accomplissement dont chacun de vous peut être très, très fier. Vous méritez une main d’applaudissements!
J’ai eu le loisir de me mêler à vous et je dois dire que, comme je l’ai mentionné à John, j’ai été surpris de constater à quel point le personnel de votre organisation est jeune et dynamique. Pour quelqu’un comme moi, qui avance en âge, c’est intéressant de voir cela, et je vous en félicite.
On a mentionné Whaleback. J’aimerais juste dire que, au cœur de toute réalisation sur le plan de la conservation, au cœur de chaque parc, de chaque chaîne de montagnes, de chaque zone humide, de chaque vallée fluviale au pays qui ont été préservées, il se trouve toujours une personne qui, au départ, grâce à son geste et à sa passion, a permis de toucher d’autres personnes et qui a suscité une importante réalisation en matière de conservation. Tout cela se fait donc grâce à des personnes, à des gens, à la prise en main de leur destin et à l’accomplissement de leur travail.
Vous savez, il est plutôt ironique de constater que ce qui a été créé par la nature doit être préservé par les actions de l’Homme. Au fond, la conservation, c’est l’affaire de gens comme vous et moi, des gens de tous les milieux et de tous les coins de pays qui s’engagent à préserver les précieuses parcelles de ce pays que nous aimons.
Je lisais dernièrement à propos de J. B. Harkin, l’un des plus grands conservationnistes de notre histoire et le premier commissaire de la Division des parcs du Dominion. M. Harkin est aujourd’hui en grande partie – et, en réalité, injustement – oublié, mais il était en fait le père du réseau des parcs nationaux du Canada.
Et nous connaissons l’importance des gens dédiés à une cause, comme vous. Nous savons que la conservation n’est pas l’affaire d’une seule personne, d’un seul ministère, d’un seul ministre ou d’une seule génération. Et comme M. Harkin l’avait écrit, la bataille pour la création de nos parcs nationaux est peut-être terminée depuis longtemps, mais la bataille pour les garder intacts ne prendra jamais fin.
Et aujourd’hui, la bataille se poursuit, grâce à des initiatives comme le Programme de conservation des zones naturelles – un programme que la CNC a contribué à mettre en œuvre.
De Brooms Brook, à Terre-Neuve, jusqu’à Darkwoods, en Colombie-Britannique, de Wilson Island, en Ontario, jusqu’à la zone protégée des oies blanches du Québec, du projet de la plaine côtière de l’Atlantique, près de Yarmouth, jusqu’à Wascana Creek, en Saskatchewan, ensemble, nous avons désigné plus de 120 000 hectares et, par le fait même, protéger des habitats et des espèces en péril.
Cela représente, mes amis, plus de 60 p. 100 de notre cible visée pour l’ensemble du programme, et vous l’avez réalisé en moins de trois années. Je vous félicite pour cette incroyable réalisation canadienne!
Or, au cours des prochaines années, ce programme devrait s’attaquer à plus de 200 000 hectares de terres écosensibles à l’échelle de la partie sud du Canada – un accomplissement majeur et un incontournable rappel que la conservation est tout aussi importante ici, dans le sud du pays, qu’elle l’est dans le nord.
Bien sûr, cette année est l’Année internationale de la biodiversité, une occasion de souligner la richesse de notre héritage – et notre devoir de le préserver à titre de Canadiennes et de Canadiens. Le Canada est un dirigeant mondial en matière de biodiversité; en effet, le Canada a été le tout premier pays industrialisé à ratifier la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique.
Aujourd’hui, cet engagement se poursuit, tant au pays qu’ailleurs dans le monde. Dans notre hémisphère seulement, nous travaillons de concert avec nos partenaires des États-Unis et du Mexique afin de protéger près de 3 millions d’hectares de terres humides et de hautes terres pour la sauvagine nord-américaine.
Et c’est grâce à notre mise en application de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction que le Canada s’efforce, avec d’autres pays ainsi qu’avec des partenaires tels Interpol, de lutter contre les menaces qui pèsent sur les espèces à l’échelle mondiale, des menaces qui sont attribuables au commerce illégal. Les résultats? Les contrevenants ne peuvent plus se soustraire à la justice en passant tout simplement de l’autre côté de la frontière, tout particulièrement, mesdames et messieurs, la frontière canadienne.
Au pays, notre gouvernement s’emploie à sauvegarder notre magnifique héritage naturel en protégeant nos plages, nos lacs, nos zones naturelles et nos habitats fauniques. C’est pourquoi, en plus des 225 millions de dollars consentis au Programme de conservation des zones naturelles, nous avons réalisé des investissements majeurs dans des zones protégées des Territoires-du-Nord-Ouest et du Nunavut, dans la forêt pluviale Great Bear, dans le parc Stanley à Vancouver et dans le parc Point Pleasant à Halifax.
Comme c’est le cas pour la CNC, la protection des zones naturelles, y compris sur les terres privées, est pour nous prioritaire, et, dans le cadre de telles initiatives, le Programme de dons écologiques a fait une réelle différence, en refaçonnant véritablement la géographie du Canada et en créant pour les individus des occasions de laisser aux futures générations un patrimoine unique et durable.
L’année dernière, le Programme de dons écologiques a atteint une étape très importante – 500 millions de dollars – un testament incroyable de la passion et de l’engagement des Canadiennes et des Canadiens à préserver notre environnement naturel grâce à des mesures privées.
Cela me passionne. Cela me passionne quand je voyage à l’étranger, car je peux dire que, en matière de conservation et de protection de l’environnement, nous, les Canadiennes et les Canadiens, n’avons rien à nous reprocher. Tout bien considéré, par l’intermédiaire de divers programmes, nous, les Canadiennes et les Canadiens, avons protégé plus de 100 millions d’hectares de terres – dans ce pays, mes amis, près de 10 p. 100 de la masse terrestre du Canada. C’est plus de 4 fois la superficie de la Grande‑Bretagne. C’est la totalité de la masse terrestre de la France et de l’Allemagne réunies.
Notre engagement, à titre de Canadiennes et de Canadiens, envers la conservation ne s’arrête pas à notre littoral. Nous avons en outre protégé trois millions d’hectares d’océan. Le Canada a la plus grande superficie de rivages au monde. Ici, ici! Le Canada a la plus grande superficie de rivages au monde – trois océans en plus des Grands Lacs –, et notre riche patrimoine marin et maritime constitue une ressource vitale. Je constate donc avec grande fierté la venue d’une entente qui permet d’établir une aire marine nationale de conservation de un million d’hectares au Lac Supérieur. Cela en fera, mesdames et messieurs, la plus grande aire d’eau douce protégée au monde.
L’année dernière a été particulièrement fertile en réalisations pour la conservation au pays. Il y a environ un mois, nous avons signé un protocole d’entente avec la Nouvelle-Écosse en vue de protéger l’île de Sable – qui abrite une grande variété d’espèces sauvages, notamment des chevaux sauvages, des oiseaux migrateurs et la plus grande concentration mondiale de phoques gris reproducteurs.
Nous avons également accepté de créer, en collaboration avec le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, une nouvelle réserve de parc national dans les monts Mealy. Encore une fois mes amis, je parle de ce que nous avons réalisé à titre de Canadiennes et de Canadiens. Même si cela a attiré un peu l’attention des médias, il est intéressant de noter que la superficie du parc dans les monts Mealy que nous avons désigné correspond à celle des parcs de Yellowstone et de Yosemite réunis. C’est deux fois la superficie de l’Île-du-Prince-Édouard. Ces zones protégeront plus de 13 000 kilomètres carrés de paysages canadiens.
L’année dernière, en fait au cours des 18 derniers mois, nous avons aussi financé l’élargissement de la Transcanadienne dans le parc national de Banff. Une des caractéristiques particulières du projet était la construction de passages fauniques novateurs qui ont fait de Parcs Canada un véritable chef de file mondial en matière de mesures de protection de l’environnement dans le domaine des autoroutes. Je crois que plusieurs d’entre vous ont constaté les conséquences de ce projet.
Bien sûr, l’année dernière a aussi été le théâtre de ce que certains ont appelé « la plus grande réalisation d’une génération en matière de conservation » : l’agrandissement de la réserve de parc national Nahanni. Mes amis, nous n’avons pas doublé ni triplé la superficie du parc Nahanni. Nous ne l’avons pas quadruplée. Le parc n’est pas cinq fois plus grand qu’avant. Le parc Nahanni est maintenant six fois plus grand qu’à l’origine. Les nouvelles frontières couvrent désormais une superficie équivalente à l’île de Vancouver, et on protège ainsi un paysage canadien époustouflant qui, à jamais, s’inscrit dans la mémoire et pénètre le cœur des Canadiennes et des Canadiens.
En novembre, dans le cadre de ma participation à la 9e édition du World Wilderness Congress (le congrès mondial des milieux sauvages) tenu au Mexique, j’ai parlé de nos actions entreprises afin de préserver le parc Nahanni et je dois dire que j’ai été très touché par la réaction de mes homologues internationaux qui ont exprimé leur appui et leur admiration pour la détermination du Canada. Selon eux, il s’agit de la plus importante initiative de conservation réalisée à l’échelle mondiale au cours des dernières années.
Enfin, j’aimerais marquer une pause ici pour souligner la présence de Alan Latourelle, directeur général de Parcs Canada. Mes amis, Alan est un fonctionnaire extraordinaire qui personnifie tout ce qui est de bon dans la fonction publique au pays. Toutes les Canadiennes et tous les Canadiens doivent être fiers du travail qu’il a accompli, ainsi que du travail que le personnel exemplaire de Parcs Canada a accompli pour rendre tout cela possible.
Certains pourraient qualifier les réalisations de l’année dernière de bon dossier. Je dis franchement qu’il s’agit là d’un bon début. Cette année, nos actions se poursuivent, notamment avec la récente entente conclue avec la Nation haïda portant sur la gestion partagée de la Réserve d’aire marine nationale de conservation Gwaii Haanas – une initiative dans laquelle la CNC a joué un rôle prédominant.
Ce sont vos actions en vue de préserver les droits d’exploration pétrolière et gazière extracôtière dans la région de Gwaii Haanas il y a de cela plus de 10 ans qui ont jeté les bases de cet accomplissement de taille. Lorsque j’ai fait cette annonce à Vancouver, j’ai mis l’accent sur le travail remarquable que votre organisation avait effectué. Nous sommes également en voie d’établir trois nouvelles réserves nationales de faune au Nunavut qui protégeront quelque 450 000 hectares de plus.
Depuis que je suis ministre de l’Environnement, j’ai consacré la majeure partie de mon temps et de mon attention aux changements climatiques et à me préparer à jouer un rôle constructif dans le cadre des discussions qui viennent de prendre fin à Copenhague. Je reviens justement de Washington où j’ai discuté plus amplement avec des représentants des États-Unis de la manière de faire de l’accord de principe qu’est l’Accord de Copenhague un traité international ayant force obligatoire. Le point central des initiatives entreprises a été la vive appréciation du rôle essentiel qu’occupe la conservation.
En réalité, lorsque nous préservons ou que nous restaurons les écosystèmes, nous créons des zones tampons naturelles qui protègent notre planète contre les effets des changements climatiques tels que les sécheresses et les inondations. Nous fournissons à la flore et à la faune un havre de paix qui permet à la nature de s’adapter aux conditions en constante évolution. Les régions sauvages servent de poumons à notre planète, en séquestrant le carbone et en expirant l’oxygène.
Et je suis convaincu que jamais nous ne réussirons à relever les défis liés aux changements climatiques si nous ne mesurons pas l’importance de la conservation. C’est aussi vital et aussi important que cela.
La promesse que je vous fais ce soir, c’est que le gouvernement demeure engagé, déterminé et résolu pour tout ce qui concerne la conservation. Nous partageons votre vision et nous appuyons vos objectifs.
Nous protégerons les réserves nationales de faune. En fait, nous sommes déjà en train de réaliser une nouvelle étude de faisabilité et des consultations concernant des parcs nationaux et des réserves nationales de faune.
Nous effectuerons le suivi de la santé de nos parcs nationaux – et mettrons en place un programme de surveillance écologique de calibre mondial afin de mesurer nos progrès.
Nous procéderons à des investissements afin de restaurer des milieux sauvages qui ont subi des dégradations, de conserver des habitats qui sont sains et de relier des aires qui sont fragmentées.
Nous favoriserons le rétablissement de populations d’espèces sauvages et travaillerons à améliorer les cours d’eau. Il y a cinq ans, nous avons été à même de constater les pouvoirs de la restauration lorsque, après une absence de 120 ans, le bison des plaines a été finalement réintroduit dans le parc national des Prairies, en Saskatchewan.
Et, de concert avec des organisations telles que la vôtre, nous nous efforcerons de faire le lien entre les gens et le milieu sauvage, de leur rappeler cette partie de leur ADN qui est intimement liée à la nature.
Quelqu’un a mentionné, en fait, Laura a mentionné que la nature me passionne. Selon moi, la nature est un élément essentiel de ce que nous sommes; elle est fondamentale au fait que nous sommes Canadiens et Canadiennes. Je me rappelle d’avoir déjà lu quelque part que nous gardons tous souvenir du premier voyage de camping que nous avons fait avec nos parents. Effectivement, je m’en souviens. Je suis certain que vous vous souvenez aussi de votre premier voyage de camping si vous y réfléchissez. J’ai mis cette thèse à l’épreuve avec mes filles. Même si leurs souvenirs sont plus colorés que les miens, il est vrai que, à titre de Canadiennes et de Canadiens, nous nous souvenons de nos expériences en plein air. Nous célébrons la nature. La nature est inhérente à notre identité.
Au cœur de tout cela se trouvent des organisations comme la vôtre, parce que, derrière chaque programme et chaque initiative, derrière chaque protocole d’entente et chaque négociation se cache une réalité très simple : l’immense beauté d’une chaîne de montagnes, la splendeur de nos oiseaux migrateurs, l’intense solitude d’un paysage vierge qui font toutes partie de ce qui fait que nous sommes… nous. Tout cela forme notre humanité partagée. Cela forme le tout qui nous caractérise, le Canada et la population canadienne.
Et tout cela fait partie de notre héritage commun, en tant que Canadiennes et Canadiens. C’est là un héritage remarquable. Par le simple fait d’être Canadienne et Canadien – que vous veniez d’une grande ville ou d’un petit village, que vous soyez riche ou pauvre –, vous héritez des biens les plus grandioses au monde.
Nous héritons de spectaculaires chutes – pensons aux chutes Niagara ou aux chutes Virginia – nous héritons aussi de majestueuses montagnes, d’une multitude d’espèces sauvages. Et qu’est-ce qui nous est demandé en retour? Qu’est-ce qui nous est demandé en retour? De les protéger afin que nos enfants puissent en profiter eux aussi.
Je lisais dernièrement la biographie de Theodore Roosevelt, rédigée par Douglas Brinkley que je vous recommande; cette biographique s’intitule « Wilderness Warrior: Theodore Roosevelt and the Crusade for America ». Roosevelt, comme vous le savez, a été le principal architecte du système des parcs nationaux des États-Unis. Il a réservé, en moins de 9 ans, 10 p. 100 de la masse terrestre des États-Unis à des fins de conservation, alors qu’il était président.
Parlant des futures générations, à qui il s’adressait d’ailleurs, Roosevelt confiait qu’elles voudraient avoir ce que la nature a jadis offert si abondamment et que l’Homme a détruit si négligemment et qu’elles reprocheraient aux générations précédentes non pas tout ce que celles-ci avaient utilisé, mais plutôt tout ce que celles-ci avaient gaspillé.
Roosevelt comprenait nos responsabilités envers les futures générations. Il savait que nous serions responsables non seulement de la façon dont nous avons utilisé notre temps sur Terre, mais également de la façon dont nous avons utilisé ses richesses lors de notre passage. Il savait aussi que notre façon d’agir et notre façon de nous comporter auraient des répercussions sur l’héritage de nos enfants, mais aussi sur leur façon d’agir.
J’ai bien aimé la réponse de Laurie Thompson lorsqu’on lui a demandé pourquoi la mission de la CNC lui tenait tant à cœur. Elle a répondu que, en tant que mère et ancienne psychothérapeute, elle connaissait les répercussions que nos paroles et nos gestes avaient sur l’idée que nos enfants se faisaient du monde et sur la façon de le traiter.
Laurie a confié qu’elle et son époux, Andy, voulaient laisser à leurs enfants un héritage riche de belles forêts à explorer, de lacs clairs dans lesquels se baigner et de paysages à perte de vue à admirer.
En tant que ministre de l’Environnement, je comprends tous les arguments en faveur de la conservation, intellectuellement. Mais en tant que père et Canadien, je les ressens au plus profond de mon âme. L’été dernier, j’ai eu le privilège d’emmener ma fille faire une randonnée en canot dans la partie sud de la rivière Nahanni. Nous avons traversé en pagayant des canyons d’une beauté à couper le souffle, descendu des rapides et campé sur des bancs de gravier remarquables à la vue de majestueuses montagnes. C’est un paysage que chaque Canadienne et Canadien devraient avoir l’occasion de contempler.
Je me suis rendu compte que nous avons eu la chance de profiter de cette expérience, de nous imprégner de ces lieux magnifiquement sauvages uniquement parce que les générations de Canadiennes et de Canadiens qui nous ont précédés avaient prévu un avenir dans lequel ils seraient préservés. Et parce que ces générations sont passées de la parole aux actes, elles nous ont laissé une multitude de possibilités – un paysage rempli de possibilités.
Maintenant, il n’en tient qu’à nous, à notre génération. C’est à nous de jouer. Au fur et à mesure que notre population croît, que notre économie se développe et que nous exploitons notre paysage, les choix que nous faisons deviennent plus urgents. Plus importants.
C’est pourquoi nous vivons un moment charnière. Notre génération pourrait bien être la dernière à avoir la chance de faire des choix cruciaux. De prendre les bonnes décisions. C’est pourquoi la CNC est si importante. C’est pourquoi ce que vous faites est si vital. Et c’est pourquoi notre gouvernement travaille si fort, avec vous, pour laisser à nos enfants et à leurs petits-enfants un paysage rempli de possibilités.
Au terme de sa longue et fructueuse carrière, James Harkin, le père du réseau de parcs nationaux du Canada dont j’ai parlé plus tôt, a écrit à propos des parcs nationaux, et j’y inclus aujourd’hui, Mesdames et Messieurs, les terres protégées en général, qu’ils sont conservés pour tous les gens, les malades, qu’ils puissent se rétablir, les gens en santé, qu’ils puissent être fortifiés et inspirés par les rayons du soleil, par l’air pur, par la beauté et par toutes les autres caractéristiques curatives, ennoblissantes et inspirantes de la nature. Ces parcs existent pour pouvoir combler les besoins de chaque citoyen canadien en ce qui a trait à la nature et à sa beauté, et pour que chacun puisse absorber la grâce et le calme des forêts, reconnaître la profondeur de son âme dans la vivacité des fleurs sauvages et la solennité des sommets des montagnes, se nourrir de la force, de la joie et du dynamisme des animaux sauvages, faire preuve d’optimisme intelligent, d’idées brillantes, d’idéaux nobles, devenir plus fort, plus heureux et en meilleure santé.
Je crois que c’est un hommage adéquat envers ce qu’a accompli Harkin et le personnel des parcs nationaux, et aussi envers le travail que vous avez entrepris. Je suis fier d’être ici, ce soir, avec vous.
Merci beaucoup!
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