Discours
Notes d’allocution pour
L’honorable Jim Prentice, C.P., C.R., Député
ministre de l’Environnement
Forum nord-américain
Conseil canadien des chefs d’entreprise
Ottawa (ONTARIO)
Le 6 OCTOBRE 2009
L’allocution définitive fait foi
Merci de votre aimable présentation et de me donner l’occasion de m’adresser au Forum nord-américain. En particulier, je veux féliciter le Conseil canadien des chefs d’entreprise de nous avoir réunis ici et, plus particulièrement, je tiens à rendre hommage à Tom D’Aquino pour son rôle dirigeant au sein du Conseil au fil des années.
La dernière fois que j’ai parlé au Conseil canadien des chefs d’entreprise est le 20 janvier. Il s’agit d’une date clé dans le calendrier politique américain qui souligne, cette année, l’importance historique de la prestation de serment du président Obama.
Ce jour-là, j’ai dit que nous allions établir des liens avec la nouvelle administration et que allions adopter une approche coordonnée en matière d’énergie et d’environnement. Je suis donc ici pour vous dire que, depuis, nous avons fait un bon bout de chemin en ce sens.
Même avant cet échange plus tôt cette année, le Conseil canadien des chefs d’entreprise a été une voix importante au cours des discussions concernant la politique environnementale émergente du Canada. En 2007, il a présenté un énoncé de politique éclairé intitulé « Clean Growth; Building a Canadian Superpower » (énergie propre; création d’une superpuissance canadienne).
Le document demandait un plan national cohérent en matière de développement durable et incitait le Canada à défendre le processus international. Il demandait également des signaux des prix du marché, des investissements dans la nouvelle technologie ainsi qu’une politique visant à équilibrer le besoin de maintenir des entreprises saines et rentables et à encourager des investissements dans la nouvelle technologie. Mais surtout, ce document préconisait une approche continentale à l’égard d’une stratégie sur les changements climatiques que nous réclamons avec insistance.
Nos réalisations sont impressionnantes lorsqu’il est question de la coopération en matière de problèmes environnementaux, tels que les pluies acides. C’est pourquoi nous prévoyons nous appuyer sur cette coopération pour aller de l’avant.
La réalité économique est notre considération principale pour concevoir notre stratégie sur les changements climatiques et l’environnement. Nous comprenons que le Canada doit se positionner à mesure que le monde progresse vers un cadre à faibles émissions de carbone. Si nous n’agissons pas de façon proactive, nous aurons à payer un prix affreusement élevé.
En même temps, nous nous apercevons également que l’économie nord‑américaine est intégrée à un point tel qu’il est absolument inconcevable de procéder sans harmoniser ni aligner un éventail de principes, de politiques, ainsi que de règlements et de normes.
Nos entreprises exploitent dans des marchés mondiaux et font face à la concurrence de partout dans le monde. De telles forces sont encore plus marquées dans le contexte canado-américain : l’Amérique est notre plus gros marché unique, il s’agit de notre partenaire commercial le plus important, et nos processus de production sont intégrés à tous les échelons de l’économie et traversent la frontière.
Nous ne pouvons pas avoir des politiques environnementales divergentes qui imposent des frictions réglementaires non nécessaires ou qui laissent place à une incertitude lorsqu’il s’agit de prendre des décisions sur là où il faut investir et créer des emplois.
L’approvisionnement en énergie et son utilisation représentent le lien clé entre nos politiques environnementales et économiques. L’énergie constitue le moteur clé de nos économies, dont dépendent notre prospérité et notre croissance. En outre, étant donné le caractère intégré de nos économies, d’importants transferts énergétiques ont lieu entre le Canada et les États-Unis.
Ainsi, comme il s’agit de phénomènes aussi complexes que les changements climatiques, il est essentiel de disposer de sources d’énergie plus propres. C’est pourquoi nos politiques environnementales, ainsi que la façon dont elles influent sur l’approvisionnement en énergie et son utilisation, jouent un rôle essentiel dans la détermination des perspectives économiques de nos deux pays, et ce, tout particulièrement en période de relance économique.
Le président Obama a rendu sa première visite officielle au Canada en février dernier. Il s’est assis avec le premier ministre Harper pour établir un plan faisant en sorte que nos deux pays bâtissent ensemble une économie à faibles émissions de carbone. Le président et le premier ministre ont alors créé un dialogue sur l’énergie propre entre le Canada et les États-Unis.
Le mois dernier, nous nous sommes rendus à Washington où le secrétaire chargé du dossier de l’énergie, Steven Chu, et moi avons présenté à nos dirigeants un rapport sur nos progrès conjoints. Nous poursuivons le dialogue par la voie de réunions et de tables rondes auxquelles participent des dirigeants d’entreprises, des universitaires et d’autres experts des deux côtés de la frontière.
Pendant les mois qui ont suivi, chaque pays est passé à l’action à l’égard des problèmes environnementaux et énergétiques à l’intérieur de ses propres frontières, mais nous avons aussi progressé ensemble dans certains domaines clés. Il s’agit là des premiers exemples de l’approche harmonisée qui nous permettra de tracer notre orientation future en matière de changements climatiques.
Nous avons aligné nos objectifs concernant la réduction des gaz à effet de serre. Le Canada s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20 p. 100 d’ici 2020 et de 60 à 70 p. 100 d’ici 2050 par rapport aux niveaux enregistrés en 2006.
De l’autre côté de la frontière, l’objectif défini par la nouvelle loi des États-Unis sur l’énergie propre et la sécurité (American Clean Energy and Security Act), adoptée par la Chambre des représentants, est de réduire, d’ici 2020, de 17 p. 100 des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux enregistrés en 2005.
Ce projet de loi exigera également que 15 p. 100 de l’électricité produite par les services publics proviennent de ressources renouvelables et que ceux-ci réalisent 5 p. 100 d’économies d’énergie par année grâce à la mise en place de mesures écoénergétiques. Ici, au Canada, nous espérons produire 90 p. 100 de notre électricité à partir de ressources propres d’ici 2020 grâce à l’abondance de sources d’énergie hydroélectrique dont nous disposons.
Bien que nous n’en soyons qu’au début, nous savons que nous ne nous arrêterons pas là.
Ensemble, nous concevons et déployons des technologies d’énergie propre comme le captage et le stockage du carbone. Nous nous rapprochons ainsi de l’harmonisation de la politique, des règles et des règlements.
De plus, nous examinons conjointement des façons de mettre en place un réseau de distribution d’électricité amélioré, axé sur une production d’énergie propre et renouvelable, en remplaçant l’infrastructure vieillissante par une infrastructure intégrant les technologies d’énergie propre.
Nous approfondissons également la recherche et le développement dans le domaine de l’énergie propre.
Pour ce qui est des autres domaines dans lesquels nous avons été actifs, nous avons veillé à intégrer suffisamment de flexibilité afin de pouvoir nous adapter à l’évolution de loi aux États-Unis et de demeurer compatibles dans les secteurs économiques clés tels que l’industrie automobile. Il s’agit d’un exemple parfait de l’intégration économique entre le Canada et les États-Unis : environ 80 p. 100 des nouveaux véhicules construits au Canada sont exportés aux États‑Unis, ce qui signifie que la normalisation est absolument nécessaire.
Durant que les normes américaines ont évolué, plutôt que d’adopter seul un nouveau règlement, nous sommes demeurés flexibles. En fait, nous avons utilisé le régime de réglementation existant en vertu de la Loi canadienne de protection de l’environnement (1999) pour introduire, en avril, des mesures plus strictes.
Nous avons récemment dirigé notre attention sur le secteur aérien et nous annoncerons bientôt des objectifs d’efficacité continentaux ambitieux, qui devraient, selon nous, être repris à l’échelle mondiale en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Par ailleurs, notre gouvernement s’est engagé à travailler avec le gouvernement provincial et avec nos partenaires en vue d’élaborer et de mettre en place un système de plafonnement et d’échange des droits d’émission de gaz à effet de serre à l’échelle de l’Amérique du Nord.
Nous mettrons en place notre propre marché de plafonnement et d’échange de crédits – qui sera conçu pour des secteurs industriels canadiens précis –, mais de manière à être facilement intégré dans un marché nord-américain de permis d’émissions de carbone.
Par conséquent, nous introduirons progressivement des mesures au fil du temps en nous alignant sur le développement du système proposé aux États-Unis.
Bien que les relations économiques et commerciales avec les États‑Unis soient de toute évidence les plus importantes que le Canada ait avec un autre pays, nous sommes également actifs à une plus large échelle en Amérique du Nord : nous poursuivons notre travail à la fois avec les États-Unis et avec notre autre partenaire, le Mexique.
Lors d’une rencontre qui s’est déroulée au mois d’août à Guadalajara, les dirigeants nord-américains se sont engagés à travailler ensemble selon le Protocole de Montréal afin de réduire graduellement l’utilisation des hydrofluorocarbures, de coopérer pour la gestion durable de nos forêts, terres humides, terres cultivées et autres puits de carbone, de suivre un cadre permettant d’harmoniser les normes relatives à l’efficacité énergétique et, enfin, de travailler à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur du pétrole et du gaz.
Des initiatives continentales de ce genre en matière de changements climatiques sont essentielles. Cependant, nous devons aussi prendre en considérant d’autres intervenants. Nous avons été actifs également sur ce front.
Ma toute première action en qualité de ministre de l’Environnement a été de participer à un événement organisé par la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie, à laquelle ont assisté de nombreux dirigeants de groupes environnementalistes. Depuis que j’ai pris en charge ce portefeuille il y a un an, je les ai personnellement rencontrés une douzaine de fois et j’ai essayé de laisser la porte ouverte et de maintenir le dialogue par l’intermédiaire du Ministère et d’autres canaux.
Dans d’autres domaines, des fonctionnaires de mon ministère ont visité les quatre coins du pays pour rencontrer des chefs d’entreprise et des associations industrielles. Nous voulons être aussi précis que possible concernant les conséquences qu’auront les règles contre les changements climatiques sur leur résultat net et, en dernier lieu, sur leur volonté d’investir et de créer des emplois au Canada.
J’ai personnellement rencontré tous les ministres provinciaux et territoriaux en vue d’arriver à un consensus à l’égard d’une position nationale en matière de changements climatiques et d’établir le fondement de notre structure politique sur un terrain commun.
Quels sont les résultats de cette consultation? Eh bien! La boucle est bouclée.
Le message très clair que nous avons reçu a confirmé la conviction que j’avais depuis longtemps : nous devons effectivement harmoniser notre politique avec celle des autres pays du continent américain, en particulier avec les États-Unis.
Notre bonne volonté mutuelle et les similitudes entre nos profils énergétique et économique ont évidemment leurs limites. Cela signifie que le Canada doit continuer à avancer sans perdre de vue l’objectif d’une collaboration à l’échelle du continent.
En mars, nous avons annoncé une loi visant à augmenter les sanctions infligées aux pollueurs. Cette loi a reçu la sanction royale pendant l’été.
En avril, j’en ai déjà parlé, nous avons annoncé le nouveau règlement concernant les émissions d’échappement, qui sera maintenant harmonisé avec celui des États-Unis. Et, comme je l’ai mentionné plus tôt, les normes relatives aux carburants d’aviation suivront.
En juin, nous avons défini des lignes directrices pour un système de crédits compensatoires qui établira les crédits échangeables dans la proposition de système canadien de plafonnement et d’échange de crédits.
En terminant, je souligne que cette année marque le centenaire d’une relation spéciale établie entre le Canada et les États-Unis : celui du Traité des eaux limitrophes.
Ce traité était visionnaire pour son époque : un des résultats durables de la réalisation d’une génération précédente était qu’il fallait travailler en étroite collaboration en tant qu’intendants de l’environnement en Amérique du Nord.
Pendant cent ans, nous avons fait preuve d’une admirable capacité à travailler ensemble afin de protéger et d’améliorer les eaux que nous partageons. Il est maintenant temps d’élever notre capacité de compréhension mutuelle et de coopération à un autre niveau. Le moment est venu de l’étendre au problème des changements climatiques, de la sécurité énergétique et de la certitude des investissements.
Merci.
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