Discours
Notes d’allocution de
l’honorable Peter Kent, C.P., député,
ministre de l’Environnement,
prononcées à l’occasion du Congrès national pour la conservation des poissons et de la faune
Ottawa (Ontario)
Le 31 mai 2012
Introduction
Bon après-midi!
Tandis que j’écoutais mon estimé collègue tout à l’heure, je me disais que c’est la première fois que nous prononçons un discours l’un après l’autre à la même conférence.
Je pense que cela en dit long sur l’appréciation de notre gouvernement à l’égard du rôle des pêcheurs et des chasseurs dans la conservation des poissons et de la faune du Canada et, spécifiquement, à l’égard de ce que vous avez accompli ici cette semaine.
Il faut beaucoup d’initiative et de leadership pour faire oeuvre de pionnier comme vous l’avez fait à l’occasion du présent congrès, et je souhaite féliciter personnellement les organisateurs.
Votre programme était très ambitieux, et vous avez écouté les propos d’un vaste éventail d’agents de protection de la nature, de biologistes et d’écologistes, du Canada et des États-Unis, sur divers sujets stimulants.
Je suis convaincu que chacun d’entre vous quittera ce congrès en ayant des idées à profusion sur la façon de vous y prendre pour faire progresser les objectifs de conservation des poissons et de la faune.
En ce qui me concerne, je tiens à vous parler aujourd’hui du plan de conservation national proposé par le gouvernement du Canada et de l’importance de pouvoir compter sur la collaboration des pêcheurs et des chasseurs pour nous aider à atteindre nos objectifs.
L’importance de cette collaboration a été renforcée par le premier ministre hier lorsqu’il a annoncé la création d’un nouveau comité consultatif sur la chasse et la pêche à la ligne. Ce comité consultatif contribuera à veiller à ce que les futures pratiques de conservation s’appuient sur des propositions provenant des Canadiennes et des Canadiens qui pratiquent depuis longtemps la conservation
Mais d’abord, laissez-moi vous parler de ma propre perspective sur les défis et les possibilités à venir.
Excellent bilan des réalisations
Au cours des deux dernières décennies, le Canada, les États-Unis et le Mexique ont réussi, ensemble, à conserver plus de 10 millions d’hectares de terres humides par l’intermédiaire du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine.
Il est vrai que d’énormes défis se présentent à nous sur le plan de la conservation. Mais, à cet égard, je crois effectivement que nous faisons une différence et je suis fier de l’excellent bilan des réalisations de notre gouvernement par l’intermédiaire de diverses initiatives.
Depuis 2011, le Programme d’intendance de l’habitat a financé près de 2 000 projets, et assure ainsi la protection de plus de 160 000 hectares d’habitats.
En collaboration avec l’Ontario, notre gouvernement a aussi créé l’aire protégée d’eau douce la plus vaste du monde -- une superficie de 10 000 kilomètres carrés située dans la partie nord du lac Supérieur.
Par la voie du Programme de conservation des zones naturelles, notre gouvernement a aidé des partenaires, par exemple Canards Illimités Canada et Conservation de la nature Canada, à assurer la protection de près de 1 700 kilomètres carrés de terres écosensibles.
Dans le cadre du Plan d’action économique du Canada, nous avons réaffirmé notre engagement en matière de conservation dans le cadre du Budget de 2012. À cette fin, nous nous sommes engagés à consacrer 50 millions sur deux ans à la Loi sur les espèces en péril ainsi qu’une somme additionnelle de 143 millions de dollars à la création du tout premier parc urbain national du Canada dans la vallée de la Rouge, ici en Ontario.
Toutes ces initiatives de conservation obéissent à trois principes directeurs :
- Focaliser sur les priorités visant à atteindre les meilleurs résultats;
- Miser sur la puissance des partenariats pour le plus grand bien de tous en travaillant avec les autres compétences, les Premières Nations, les organisations non gouvernementales (ONG) et les chefs de file de l’industrie;
- Adopter une approche axée d’abord sur l’« intendance » qui reconnaît et fait progresser le rôle fondamental que jouent les bénévoles à l’échelle communautaire.
Ces mêmes principes directeurs seront au coeur du plan de conservation national proposé.
Cela m’amène maintenant à vous en dire plus sur ce que nous voulons accomplir par la voie du Plan de conservation national et comment vous pouvez nous aider.
Plan de conservation national
Aucune compétence unique n’a les réponses ou la responsabilité exclusive en matière de conservation. C’est pourquoi, lorsque notre gouvernement a proposé un plan de conservation national dans le discours du Trône 2011, nous nous sommes engagés à travailler avec un vaste éventail d’intervenants et de partenaires -- depuis les provinces et les territoires jusqu’à l’industrie, en passant par les organisations non gouvernementales (ONG), les groupes autochtones et, bien entendu, la communauté de chasse et de pêche.
Notre objectif n’est rien de moins qu’une vision cohérente et partagée qui fait progresser les initiatives de conservation à la grandeur du pays. Bien que notre engagement vis-à-vis du plan en soit à ses débuts, la réponse obtenue jusqu’à maintenant est très positive et productive.
Depuis que la table ronde ministérielle a donné sa rétroaction initiale en janvier, nous avons établi trois thèmes possibles pour le plan de conservation national :
- Conserver les paysages et les aires marines et aquatiques du Canada, notamment par l’intermédiaire d’approches de travail novatrices à l’égard des paysages;
- Établir un lien entre les Canadiennes et les Canadiens et la nature ainsi qu’entre les habitats et les écosystèmes;
- Restaurer les écosystèmes dégradés et rétablir les espèces en péril.
Permettez-moi d’en dire un peu plus sur la rétroaction que nous avons reçue et de vous expliquer comment notre plan est en train de prendre forme.
Nos gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux collaborent cette année pour sonder les Canadiennes et les Canadiens à propos de leur participation à des activités naturelles, par exemple la pêche, la chasse, l’observation d’oiseaux et bien d’autres. Ce sondage leur permettra de recueillir de l’information précieuse sur le lien de la population canadienne avec la nature et les importantes contributions que ces activités apportent à notre économie.
Les résultats seront très utiles pour soutenir les initiatives de gestion des ressources mises en place au pays ainsi que les actions réalisées pour analyser les valeurs des services des écosystèmes.
Les terres humides du bassin du lac Simcoe, par exemple, assurent la régulation et la filtration de l’eau, le contrôle des inondations et le traitement des déchets, en plus d’offrir des possibilités de loisirs et un habitat faunique. Ces services valent une somme remarquable de 435 millions de dollars par année. Du côté des forêts, les divers services qu’elles procurent, par exemple les loisirs, la filtration de l’eau, le stockage du carbone et un habitat pour les pollinisateurs, valent une somme additionnelle de 319 millions de dollars .
Et tandis que nous sommes sur le sujet, savez-vous que le Canada compte plus de 1 000 espèces d’insectes pollinisateurs? Chaque année, ils fertilisent pour plus d’un milliard de dollars de pommes, de poires et d’autres cultures, ce qui n’est pas rien...
Bien entendu, je m’en voudrais d’oublier de mentionner la pêche récréative, qui, selon la Fédération des pêcheurs et chasseurs de l'Ontario, génère plus de 2,4 milliards de dollars par année ici, en Ontario. Dans l’économie canadienne en 2010, les pêcheurs ont contribué 8,3 milliards de dollars au chapitre des économies locales, une hausse de 10 % par rapport à 2005
À la table ronde, des gens m’ont dit que les paysages exploités - des terres qui appuient l’activité économique continue - occupent une place importante dans les initiatives de conservation du Canada et qu’ils génèrent des avantages économiques et environnementaux. En reconnaissant ces paysages exploités et en améliorant leur intendance, nous pouvons améliorer leur santé générale sans nécessairement cesser leur production.
Le programme d'intendance communautaire des cours d'eau Fédération des pêcheurs et chasseurs de l’Ontario est un remarquable exemple. Les propriétaires fonciers et d’autres partenaires travaillent de concert à des projets de restauration visant à améliorer l’habitat d’eau froide présent sur des propriétés publiques et privées.
Des intervenants nous ont aussi rappelé que, comme nous explorons de nouvelles mesures novatrices, nous devons miser sur ce qui fonctionne déjà bien -- des initiatives comme le Programme du timbre sur la conservation des habitats fauniques du Canada et le Plan de gestion nord-américain de la sauvagine, qui célèbre cette année 25 ans de succès en matière de conservation. Je vous assure que nous voulons miser sur ces initiatives et d’autres meilleures pratiques.
Au bout du compte, notre plan de conservation national devrait générer des avantages triplement gagnants sur le plan environnemental, économique et social. Ainsi, nous pourrons bâtir des populations d’espèces sauvages et des écosystèmes sains et résilients et nous permettrons aussi aux Canadiennes et aux Canadiens de jouir de nos espaces, ressources et services naturels pour les générations à venir.
C’est un défi de taille, et les partenariats seront essentiels à notre succès, notamment la communauté de chasse et de pêche. Notre centre d’intérêt placé sur l’intendance démontre que nous avons une vision élargie de la conservation, une vision qui englobe l’utilisation et la gestion durables des poissons et de diverses espèces. Je crois donc que, au fur et à mesure que nous élaborerons et mettrons en oeuvre notre plan, les gens présents dans cette salle pourront nous aider à tracer la voie.
Les chasseurs et les pêcheurs font partie des plus fervents et dévoués protecteurs de la nature. Ils savent que leurs activités dépendent d’écosystèmes sains et durables, et cela les stimule à conserver les lieux de chasse et de pêche ainsi que les espèces elles-mêmes. J’irais même jusqu’à dire que la pêche et la chasse vont de pair avec la conservation des eaux de pêches et des terrains de chasse.
Pour toutes ces raisons, le plan de conservation national cherchera à tirer profit de la passion et de l’expertise à la fois des chasseurs et des pêcheurs.
Prochaines étapes
Je conclus en vous mettant au fait des réalisations accomplies à ce jour.
Le Comité permanent de l’environnement et du développement durable vient de commencer à étudier le plan de conservation national proposé. De ce que je peux comprendre, bon nombre de témoins font écho à ce que nous avons entendu à la table ronde ministérielle. Cela est de bon augure pour nous tous, car il semble que nous soyons sur la même longueur d’onde.
Le gouvernement apprécie vraiment la rétroaction précieuse et éclairée de tous les témoins, et nous attendons avec impatience les conseils et les recommandations du Comité. Il ne fait aucun doute que ceux-ci nous aideront à raffiner nos stratégies de participation et à définir les éventuels objectifs et priorités de mise en oeuvre.
Conclusion
Je vous laisse maintenant sur cette réflexion.
Vous venez de terminer une intense semaine d’exploration sur l’avenir des ressources halieutiques et fauniques en Amérique du Nord.
Après avoir repris votre souffle, j’espère que vous contribuerez à l’élaboration de notre plan de conservation national.
Pour que ce plan porte ses fruits, nous avons besoin de l’acceptation de chacun d’entre vous.
Les chasseurs et les pêcheurs sont des partenaires clés -- non seulement en raison des milliards de dollars que leurs activités génèrent dans l’économie canadienne, mais aussi en raison de leur engagement envers la conservation. Bien entendu, les deux se renforcent mutuellement.
Votre engagement profond envers la nature est souvent mécompris, mais je veux que vous sachiez que j’en suis conscient et que je compte sur votre enthousiasme, votre sagesse et votre expérience pour nous aider à aller de l’avant. Au cours des prochains moins, nous comptons travailler en étroite collaboration avec les chasseurs et les pêcheurs qui possèdent un savoir unique à l’égard de la conservation de notre patrimoine naturel. Ils sont bien placés pour apporter au gouvernement un éclairage utile aux questions telles que les espèces en voie de disparition, la protection des terres humides et la conservation de la nature.
Félicitations encore une fois d’avoir fait preuve de leadership en organisant ce congrès. Je suis convaincu que vos connaissances s’ajoutent aux nôtres et qu’elles profiteront à tous ceux et celles qui se soucient de conserver les poissons et la faune du Canada.
Merci.
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