Discours
Notes d’allocution de
l’honorable Peter Kent, c.p., député,
ministre de l’Environnement,
prononcées devant
les membres de la Chambre de commerce d’Oakville
Oakville (Ontario)
Le 22 février 2012
Il me plaisir d’être ici aujourd’hui, à la Chambre de commerce d’Oakville.
Je suis toujours heureux lorsqu’on m’invite à m’adresser à vous... de façon continue.
Comme certains d’entre vous le savent, j’ai commencé ma carrière à titre de journaliste et, pendant quelques décennies, j’ai écouté l’opinion des gens sur divers sujets.
À titre de ministre de l’Environnement du Canada, je fais à peu près la même chose : j’occupe encore une bonne partie de mon temps à écouter l’opinion des gens et leurs propositions sur ce que je devrais faire... des propositions dont la plupart ne sont physiquement pas réalisables.
Cela étant dit, entre l’invitation à ce dîner-ci et les récents grands titres sur l’impact environnemental de l’exploitation des sables bitumineux, je passe une excellente semaine.
Le débat dans les médias cette semaine sur la comparaison entre les sables bitumineux et le charbon est utile, car il met en lumière le fait que l’utilisation du charbon pour produire de l’électricité nuit à l’environnement. Non seulement est-il l’une des plus importantes sources d’émissions de gaz à effet de serre dans le monde aujourd’hui et à l’avenir, mais il est aussi une source sérieuse de pollution atmosphérique. C’est pourquoi le gouvernement fédéral s’efforce tant de présenter un règlement prévoyant l’élimination graduelle des centrales thermiques traditionnelles alimentées au charbon partout au Canada, à partir de 2015.
Au départ, il est essentiel de comprendre le fondement du mandat de notre ministère. Le principal centre d’intérêt d’Environnement Canada est l’élaboration, la mise en œuvre et l’application de règlements et de normes scientifiques à l’échelle nationale en matière d’environnement.
Le gouvernement du Canada vise à réaliser le plein potentiel de ce pays en tant que superpuissance de l’énergie propre. Cela signifie que nous devons en premier lieu nous assurer que nous disposons du cadre requis pour le devenir.
Des règlements et des normes en matière d’environnement, établis sur des politiques claires et des pratiques transparentes, constituent la seule base d’une telle structure.
Évidemment, lorsqu’il s’agit de l’environnement, les gens veulent toujours aller plus vite, ou du moins c’est ce qu’ils croient. Cependant, notre gouvernement est très conscient de l’importance d’équilibrer la vigilance environnementale et les réalités économiques.
Nous devons nous assurer que nos ressources naturelles sont exploitées de façon à réduire au minimum les répercussions environnementales, tout en optimisant la croissance économique, la compétitivité et la création de bons emplois à long terme pour la population canadienne.
Cela ne concerne pas simplement les Canadiennes et Canadiens qui vivent en Alberta. Ces questions ont une incidence sur notre prospérité commune.
L’Ontario possède aussi de riches réserves d’énergie - d’énergie humaine - et nous devons les déployer... et nous inspirer de l’esprit d’ingéniosité et d’innovation qu’elle a engendré ici.
Évidemment, les solutions qui tiennent adéquatement compte de cet équilibre ont également tendance à prendre plus de temps, en partie parce que l’on doit consulter à fond les intervenants et effectuer des analyses. La procédure établie peut toutefois être rapide et rigoureuse à la fois.
Et, puisque vous insistez... permettez-moi d’élaborer.
Dans l’année qui a suivi ma nomination en tant que ministre de l’Environnement, nous avons évalué et renouvelé notre approche à titre de ministère gouvernemental : nous sommes toujours un organisme de réglementation en matière d’environnement, mais nous comprenons mieux ce que nous devons faire pour améliorer notre efficience - et la vôtre.
À Environnement Canada, nous parlons souvent de notre rôle à titre d’organisme de réglementation de calibre mondial. Eh bien, une importante caractéristique d’un organisme de ce genre est d’optimiser son efficacité de façon efficiente.
Notre engagement à protéger le patrimoine naturel du Canada est résolument ferme et inébranlable, mais nous avons aussi multiplié nos actions en vue d’assurer, comme je l’ai mentionné plus tôt, une bonne synchronisation des programmes environnementaux et économiques.
Qu’est-ce que cela signifie?
D’abord et avant tout, cela signifie que nous avons envisagé tous les moyens en vue d’assurer l’intégrité de bon nombre de nos normes et critères, et nous continuons d’agir en ce sens, et ce, tout en rendant les procédures qui s’y rattachent plus simples et plus transparentes.
Nous reconnaissons en particulier l’importance d’éviter l’adoption de mesures réglementaires disparates, ce qui viendrait imposer un fardeau injustifié tant sur l’industrie que sur les gouvernements.
Cela peut sembler une tâche très difficile dans un pays où les compétences fédérales et provinciales se distinguent sur certains plans - notamment dans le domaine de l’environnement. Malgré tout, à ce jour, nous avons conclu des ententes de principe sur les changements climatiques avec trois provinces dans le cadre desquels nous avons convenu de collaborer et de coordonner nos actions à l’égard de principaux instruments de politique.
Ces ententes représentent des avancées importantes.
Le nouveau système de déclaration à guichet unique facilite en outre la tâche de l’industrie lorsque vient le temps de déclarer et de soumettre des données sur leurs émissions de gaz à effet de serre dans le cadre des programmes d’Environnement Canada et, le cas échéant, de ses partenaires provinciaux.
En période de fortes perturbations économiques, le gouvernement du Canada est déterminé à prendre tous les moyens possibles pour hausser le degré de certitude pour les entreprises... pour établir des échéanciers réalistes... ainsi que pour favoriser des conditions qui stimuleront des investissements responsables et durables et la création d’emplois qui s’y rattache.
En termes concrets, il faut éliminer la duplication et réduire les obscurités. C’est comme si l’on installait de puissantes lumières le long d’un sentier cahoteux pour y circuler de façon plus sécuritaire et plus rapide.
Sur le front national par exemple, Environnement Canada envisage toutes les possibilités en vue de moderniser le système d’évaluation environnementale pour l’examen des projets. Alors que sont commencées les audiences sur le projet de pipeline Northern Gateway, à Kitimat, qui se dérouleront dans diverses collectivités en Colombie-Britannique, le moment est bien choisi de revoir la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale.
Ce même examen, cette même attention sur la réalité ont également cerné l’engagement du Canada en matière d’environnement sur le front international.
Permettez-moi de vous citer un exemple.
La semaine dernière, j’étais à Washington pour signer un accord avec les États-Unis, le Mexique et un consortium de trois autres pays pour prendre des mesures contre les agents de forçage climatique de courte durée... notamment les particules de suie, le méthane et d’autres polluants qui ont des effets importants et nocifs sur le climat, mais qui sont relativement faciles à traiter.
Le groupe a convenu que les grands engagements multilatéraux - comme les sommets annuels sur les changements climatiques organisés par les Nations Unies - avaient leur raison d’être, mais qu’il est parfois plus raisonnable de réunir un petit groupe motivé et de faire avancer les choses.
C’est pourquoi le Canada participe pleinement au Forum des économies majeures, un groupe de quinze pays développés qui se réunit régulièrement pour discuter des changements climatiques et des questions environnementales connexes.
Lorsqu’il était logique de le faire, nous avons obtenu, plutôt rapidement, d’excellents résultats dans le cadre d’un certain nombre d’initiatives bilatérales avec nos voisins américains.
Nous avons aligné nos cibles d’émissions de gaz à effet de serre en 2009; nous avons étroitement collaboré afin de présenter des normes rigoureuses sur les tuyaux d’échappement, dans le secteur des transports; et nous avons lancé le Dialogue sur l’énergie propre pour échanger des renseignements et partager des innovations scientifiques.
Il y a aussi le dossier de l’eau, un dossier qui vous intéresse tous est évidemment... en particulier l’eau du lac Ontario.
Comme vous le savez, nous collaborons harmonieusement avec les États-Unis depuis 1972, dans le cadre de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs. Cette collaboration a été déterminante pour régler le problème des algues, réduire la présence et les niveaux de substances toxiques dans les lacs, procéder à la décontamination et lancer des programmes scientifiques partagés.
À l’heure actuelle, nous travaillons à mettre à jour et à simplifier l’Accord et à renouveler le Fonds de durabilité des Grands Lacs.
Bien que nous ayons décidé d’agir lorsque nous verrons que des avantages environnementaux concrets peuvent être retirés, nous agirons aussi avec prudence pour nous retirer stratégiquement.
À mon retour de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui s’est tenue à Durban en décembre dernier, le premier cadeau de Noël, que je me suis fait à moi-même et au Canada, a été d’exercer notre droit reconnu par la loi de mettre fin au Protocole de Kyoto.
Pour toutes les manchettes et l’indignation vertueuse qu’a suscitées cette décision, j’avoue que celle-ci n’était pas trop difficile à prendre - surtout lorsqu’on en a mesuré les paramètres d’efficacité et d’efficience dont j’ai parlés.
Le fait que le gouvernement du Canada a évité de payer une pénalité de 14 milliards de dollars n’a pas été douloureux. Cet argent peut être mieux dépensé pour d’autres importantes initiatives environnementales.
Notre position nationale est cohérente et claire : nous soutenons l’établissement d’un nouvel accord international unique sur les changements climatiques qui comporte des engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre de la part de tous les grands émetteurs.
De toute évidence, le Protocole de Kyoto ne pouvait, et ne pourrait, pas accomplir cela, puisqu’il couvrait moins de 30 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
En plus, nous avions un solide plan de rechange dans les accords de Cancún que nous avons conclus au cours de la conférence des Nations Unies, qui s’est tenue à la fin de 2010. L’issue à Durban repose sur ce fondement et prouve qu’il existe une façon de progresser qui satisfait aux critères clairement énoncés du Canada.
L’importance que nous accordons à l’aspect pratique ressort aussi dans notre plan national sur les changements climatiques. Eh oui, nous en avons un.
Nous avons adopté une stratégie sectorielle qui nous permettra d’atteindre d’ici 2020 notre cible visant à réduire de 17 % les émissions de gaz à effet de serre sous les niveaux de 2005, une cible commune avec les États-Unis
Pour nous rapprocher de cette cible de façon logique et efficace - comme je l’ai mentionné -, nous nous sommes d’abord penchés sur le secteur des transports, la principale source d’émissions de gaz à effet de serre.
Nous nous sommes ensuite attaqués au secteur de la production d’électricité au charbon, comme je l’ai aussi mentionné.
Mais avant même de fermer la filière charbon, nous avions déjà amorcé les travaux pour élaborer des normes de performance réglementées visant d’autres principaux secteurs industriels émetteurs, en commençant par le pétrole et le gaz.
Nous envisageons les moyens qui nous permettront de réduire les émissions de gaz à effet de serre par la voie d’opérations à forte consommation d’énergie, dont l’extraction des sables bitumineux, la valorisation des sables bitumineux et du pétrole lourd, le raffinage, l’extraction et le traitement du pétrole brut et du gaz naturel selon des méthodes classiques ainsi que le sujet de l’heure ces jours-ci, les pipelines.
Quant aux sables bitumineux, Environnement Canada poursuit son étroite collaboration avec l’Alberta et les producteurs de sables bitumineux
Nous sommes sur le point de lancer un nouveau programme financé par l’industrie qui visera à recueillir et à surveiller les données nécessaires pour donner forme aux normes qui assureront une exploitation de cette ressource de façon durable et respectueuse de l’environnement.
De tout ce que j’ai appris au cours de ma première année à titre de ministre de l’Environnement, c’est que notre environnement naturel, économique et politique évolue constamment et rapidement et que nous devons sans cesse nous adapter et nous ajuster pour garder le rythme.
Une efficience améliorée, un accent plus marqué et des buts mieux ciblés sont tous aussi importants lorsqu’il s’agit de conserver notre patrimoine environnemental et d’assurer la prospérité de notre pays pour le bien des générations à venir.
La clé essentielle à notre succès réside toutefois dans notre volonté et notre capacité de collaborer avec chacun de vous.
En tant que membres de la Chambre de commerce, nous vous considérons comme nos partenaires. Et, à ce titre, je vous remercie de l’occasion que vous m’avez donnée de vous informer de ces faits... et de m’avoir écouté.
Je peux vous affirmer que mes années d’écoute sont loin d’être terminées. Je demeure à votre disposition pour répondre à vos questions.
Merci.
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