Discours
Notes pour un discours de
l'honorable Jim Prentice, C.P., C.R., député,
ministre de l'Environnement,
à l'occasion du Sommet mondial des affaires sur le changement climatique
24 mai 2009
Tel que prononcé
Je suis heureux d’être ici, à titre d’homme politique, pour rencontrer des chefs d’entreprise, sachant pertinemment qu’au cours d’une des précédentes discussions des gens ont exprimé le désir d’interroger des hommes politiques sur ces questions.
Le Canada joue un rôle constructif dans ces négociations. En tant que nation, notre ambition est d’être conscients de nos responsabilités vis‑à‑vis de l’environnement et d’être un partenaire à part entière dans le processus qui va se dérouler à Copenhague et dans le Forum des principales économies; je reviendrai sur ceci dans un moment.
En vérité, j’aborde ces négociations avec une grande confiance. Je pense que nous n’avons pas le droit d’échouer à Copenhague. Je le dis, car je ne pense pas qu’aucun d’entre nous qui participons à ces négociations et les pays que nous représentons peuvent se permettre pour le bien de nos enfants et de nos petits‑enfants d’échouer dans la lutte contre les changements climatiques; c’est pourquoi, cette réunion est capitale. Nous le savons. Nous nous y rendons avec de très lourdes responsabilités sur les épaules. Personnellement, je suis tout à fait confiant à l’égard de ce qui va se produire à Copenhague, et je m’expliquerai dans quelques instants.
Je crois que la question fondamentale aujourd’hui pour des chefs d’entreprise est la suivante : comment instaurer la confiance et préparer le terrain en vue de Copenhague, et, plus particulièrement pour les chefs d’entreprise et les entreprises que vous représentez, quelle est votre responsabilité et quel est votre rôle dans ce processus?
Premièrement, en ce qui concerne les possibilités à l’égard de Copenhague, je vois plusieurs raisons à mon optimisme. Selon moi, l’élaboration des politiques gouvernementales doit être motivée par la confiance et non par la crainte. Je suis conscient que tous les pays qui prennent part au processus se sont exprimés de manière positive sur l’importance des engagements qu’ils ont pris par le passé et sur l’importance de parvenir à Copenhague à un accord solide qui s’applique plus strictement à tous les producteurs de gaz à effet de serre. Cela me rassure.
J’apprécie vraiment ce que le président Obama a fait en créant un forum des principales économies. Je pense que cela a été extrêmement utile. La première réunion s’est tenue il y a environ trois semaines à Washington. La deuxième réunion débute demain à Paris. Je suis d’accord avec mon ami le ministre Xie qu’il faut trouver une solution au processus de Copenhague dans le cadre du processus de Copenhague. À cet égard, le processus de l’ONU est un processus distinct. Je pense que ce que le président Obama a fait, c’est-à-dire créer un forum des principales économies réunissant essentiellement les 17 pays qui émettent 75 p. 100 du CO2 dans le monde, est un processus parallèle très utile, un processus complémentaire, vraiment, qui permettra d’aboutir à une résolution plus complète. Cela s’avère être l’occasion d’un échange franc de points de vue sur de nombreuses questions difficiles qui ont été soulevées jusqu’à présent par le groupe réuni aujourd’hui.
J’aimerais poursuivre en faisant trois commentaires à l’intention des chefs d’entreprise qui représentent ici la position des entreprises. Il s’agit de trois enjeux dont vous pouvez être d’importants défenseurs. Premièrement, j’aimerais parler de l’importance des marchés libres. Deuxièmement, je souhaite faire des commentaires sur l’importance de la technologie. Enfin, troisièmement, je ferai une mise en garde à l’égard du protectionnisme vert, qu’a mentionné Ban Ki-Moon avant moi.
En ce qui concerne les marchés libres, je pense que si nous voulons réussir à Copenhague il faut absolument permettre la mise sur pied d’un marché mondial plus robuste en matière de crédits. Bien que les fonds publics constituent aussi une importante part, il est essentiel que nous nous concentrions sur les outils axés sur le marché qui seront à notre disposition et que nous allions au-delà du régime d’échange européen. Je sais qu’au Canada nous sommes en faveur d’un régime d’échange qui, partant initialement de notre pays, s’intégrerait dans un régime continental et enfin dans un régime mondial. Je pense qu’il est souhaitable que nous arrivions le plus tôt possible à ce type de régime mondial solide.
Le deuxième point, c’est l’importance de la technologie, et je pense que cela a été mentionné souvent ce matin. Le défi que nous devons relever est entièrement technologique. On ne peut trop insister à ce sujet, parce qu’il s’agit fondamentalement d’une transformation du capital national, les investissements dans le secteur technique dans notre société. Cela prendra du temps. Il faudra des investissements considérables, et, pour donner un exemple, aujourd’hui environ 40 p. 100 des émissions mondiales de CO2 dans l’atmosphère – d’origine humaine – viennent des centrales thermiques fonctionnant au charbon. On construit plus de cent centrales thermiques au charbon dans le monde chaque année. Donc d’ici 2030, il y aura plus de 2000 nouvelles centrales au charbon dans le monde. C’est pourquoi les techniques du charbon propre et, en particulier, la capture et le stockage du CO2 sont d’une importance fondamentale si nous allons nous attaquer ne serait-ce qu’à l’augmentation des émissions résultant de la croissance économique future du monde. Il faudra donc un investissement public considérable. Je sais que c’est une priorité dans notre pays. Le Canada, au niveau fédéral et au niveau provincial, investit plus de trois milliards de dollars canadiens de fonds publics. Il va nous falloir accélérer les projets de démonstration commerciaux et collaborer avec tous les pays qui participeront. Et, comme d’autres l’ont dit, nous devrons ensuite déterminer de quelle manière faire profiter les autres de ces techniques, comment les mettre à la disposition des pays en voie de développement pour que ces derniers puissent également faire des progrès dans ce domaine.
Le dernier point que je veux aborder est, selon moi, extrêmement important pour tous les chefs d’entreprise présents dans cette salle. C’est une mise en garde contre le protectionnisme vert, car le protectionnisme, quel qu’il soit, est une mesure dévastatrice pour l’économie internationale. C’est un risque que nous devons prendre très au sérieux. En particulier, si nous mettons sur pied des régimes nationaux s’appliquant à nos pays respectifs, nous devons éviter absolument d’avoir de tels mécanismes. Je sais qu’il y a eu des discussions aux États-Unis concernant les soi-disant rajustements frontaliers. Nous devons veiller à ne pas démanteler la plupart des relations commerciales internationales régies par l’OMC, parce que cela nuirait à la prospérité et, en fin de compte, tout ce que nous essayons de faire nécessite une certaine prospérité pour parvenir au niveau de progrès technique dont nous aurons besoin.
Ce sont donc les trois mises en garde que j’ai. Personnellement, je suis modérément optimiste pour les négociations de Copenhague et je pense qu’il y a une volonté autour de la table. Comme le ministre Xie l’a dit, en définitive, il s’agit surtout de l’art du compromis politique et du fait que nous ne devons pas prendre nos responsabilités à la légère. Je sais, parce que tous ceux à qui j’ai parlé me l’ont dit, qu’il y a une volonté réelle et un désir que cela se passe ainsi lors des prochaines négociations de Copenhague.
Merci.
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