Discours
Notes d’allocution de
l’honorable Peter Kent, C.P., député,
ministre de l’Environnement,
prononcées au Canadian Club
Toronto (Ontario)
Le 9 octobre 2012
Bonjour, je suis très heureux d’être parmi vous aujourd’hui.
Avant mon entrée en politique, j’ai assisté à de nombreux dîners au Canadian Club, au cours desquels j’ai écouté des personnes illustres se prononcer sur une variété de sujets. Aujourd’hui, je suis celui qui prend la parole et c’est pour moi un grand privilège. Je vais donc faire de mon mieux pour être à la hauteur d’un illustre orateur.
Depuis que je suis responsable du portefeuille de l’Environnement en janvier 2011, j’ai énormément réfléchi sur différents enjeux environnementaux... un fait que ma très patiente famille s’empresserait de confirmer.
Le gouvernement Harper possède un impressionnant bilan de réalisations.
Ma mission aujourd’hui vise à vous raconter l’histoire d’Environnement Canada d’une façon qui vous inspirera, qui vous aidera à comprendre l’importance qu’a prise votre pays en tant que chef de file mondial dans bien des domaines de l’environnement, et qui vous incitera à en être fiers. C’est d’ailleurs ce que je vais m’efforcer de faire ici.
Par l’intermédiaire de ses experts scientifiques et en recourant aux meilleures recherches disponibles, Environnement Canada assure à la population canadienne des politiques et règlements efficaces. Nos activités scientifiques procurent à tous des prévisions météorologiques en temps opportun. De plus, ces activités renforcent notre capacité à surveiller les changements environnementaux. Nous accordons une grande importance à l’application de la loi afin de donner un sens à nos actions. Grâce à tout cela, on fait de nous un organisme de réglementation de calibre mondial.
Nous exerçons un solide leadership dans la protection des espèces en voie de disparition et de la riche biodiversité de notre pays; dans la conservation des terres par la création d’un nombre record de parcs et l’établissement de partenariats avec des organisations, dont Conservation de la nature Canada; dans la planification rigoureuse de la gestion des produits chimiques... ainsi que dans la prise de mesures qui visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre, grâce auxquelles nous sommes à mi-chemin de la cible que nous visons d’ici 2020.
Mais ce n’est pas tout.
Nous sommes également actifs sur la scène internationale, en honorant les engagements que nous avons pris avec les Nations Unies au titre de l’Accord de Copenhague, en finançant des programmes afin de faire valoir l’agriculture durable et de protéger les forêts dans les pays en développement, en participant à des sommets mondiaux sur le développement durable, notamment le Rio+20, et en travaillant, d’une part, avec nos homologues continentaux des États-Unis et du Mexique afin de mettre en œuvre un programme environnemental partagé et, d’autre part, avec nos collègues américains afin d’assurer la protection des Grands Lacs.
Nous pouvons être fiers de ce que nous avons accompli. D’autant plus que nous avons persévéré dans nos actions alors que les budgets des secteurs privé et public étaient très maigres et que l’efficience devait être optimale. De plus, nous avons accompli tout cela selon une approche qui complète et respecte notre programme économique.
Notre gouvernement comprend qu’une économie ressemble beaucoup aux écosystèmes que nous nous efforçons si vaillamment de protéger : les changements survenus dans une partie de la chaîne alimentaire doivent être minutieusement gérés pour éviter que surgissent de nouveaux problèmes ailleurs.
Par exemple, les entreprises canadiennes, celles qui créent des emplois au Canada, font concurrence aux entreprises étrangères qui, elles, ne sont pas soumises aux mêmes normes environnementales et, par conséquent, n’ont pas les mêmes coûts fixes.
Nous pouvons aussi être fiers du degré auquel la collaboration, la consultation et les partenariats définissent le cadre de notre approche en matière d’environnement. Il est vrai que cela prend parfois plus de temps et que cela peut être plus complexe, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais avouons-le, des organismes de réglementation de calibre mondial comme le Canada ne peuvent tout simplement pas faire les choses autrement.
Notre succès au chapitre de l’eau démontre que nous savons comment prêcher par l’exemple.
Au cours de l’été, nous nous sommes enfin attaqués à l’une des plus grandes sources isolées de pollution de l’eau en instaurant des normes nationales visant le traitement des eaux usées. Nos normes s’alignent sur celles des États-Unis et de l’Union européenne et font en sorte que les eaux usées non traitées ou insuffisamment traitées ne soient pas déversées dans les cours d’eau de notre pays.
Lorsque nous avons défini le cadre de la nouvelle réglementation, nous nous sommes assurés de manière absolue d’avoir entendu les opinions d’un éventail d’intervenants, de collectivités et de partenaires. Ainsi, même si les choses ne se sont pas déroulées aussi facilement ni rapidement que nous l’aurions souhaité, le résultat final est extrêmement convaincant.
Ce progrès en matière d’eaux usées, ainsi que l’alignement sur les normes internationales, contribuera à la mise en œuvre de l’accord nouvellement modifié relatif à la qualité de l’eau des Grands Lacs, que le Canada et les États-Unis ont améliorée le mois dernier.
Tout le monde ici présent sait combien les Grands Lacs sont une source d’eau potable importante... une ressource pour l’agriculture... une voie pour le transport... et un habitat pour quelque 150 espèces de poissons et 3 500 espèces végétales et animales.
Évidemment, les choses ont beaucoup changé depuis que nos deux pays ont signé pour la première fois l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs, il y a 40 ans. Mais ce qui n’a pas changé depuis 1972, c’est notre engagement partagé à protéger la plus vaste réserve d’eau douce de surface du monde et la santé des collectivités avoisinantes.
Les clauses révisées comprennent des dispositions visant à aborder diverses questions, notamment les espèces envahissantes aquatiques, la dégradation de l’habitat et les effets des changements climatiques. Elles renforcent les actions continues exercées pour enrayer les algues nuisibles, les produits chimiques toxiques et les rejets des navires naviguant sur les lacs.
Nous avons agi rapidement pour donner suite à notre engagement renouvelé.
Le gouvernement lance aujourd’hui l’initiative sur les nutriments dans les Grands Lacs. Au cours des quatre prochaines années, nous investirons 16 millions de dollars pour aborder le problème d’algues toxiques et nuisibles récurrentes dû aux déversements de phosphore.
Les effets des algues sont plus importants dans le lac Érié, qui sera le principal élément ciblé par le programme. Mais le plan est de mettre en place une base de connaissances et une stratégie que nous pouvons appliquer aussi aux autres Grands Lacs.
L’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs constitue aussi une assise pour l’élaboration d’un accord renouvelé entre le Canada et l’Ontario à l’égard de l’écosystème du bassin des Grands Lacs. Ce nouvel accord fédéral-provincial nous permettra de synchroniser nos actions afin de respecter les engagements pris dans le cadre de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs.
Encore une fois, un partenariat axé sur la collaboration sera la clé du succès.
Cela a d’ailleurs été à l’honneur à peine le mois dernier, lorsque nous nous sommes joints à Conservation de la nature Canada et à ses homologues américains ainsi qu’à des partenaires privés et publics afin de protéger la vallée de la rivière Flathead, en Colombie-Britannique. Il s’agit là d’un des milieux sauvages les plus emblématiques de l’Amérique du Nord. Non seulement notre investissement conjoint de plus de 10 millions bénéficiera à la population canadienne, mais il aura aussi des répercussions internationales. Il nous permettra d’assurer un approvisionnement en eau potable saine à plus de 100 000 Américains.
Mais ce n’est pas tout.
Dernièrement, lorsque j’ai parlé avec des gens qui connaissent bien le lac Simcoe et qui y ont déjà passé du temps, ceux-ci étaient heureux de souligner qu’ils y pêchent à nouveau du brochet et de l’achigan à petite bouche, et aussi que le lac n’est plus submergé d’algues.
Nous faisons d’ailleurs des progrès au chapitre de l’assainissement d’autres lacs.
En août, le premier ministre Harper a lancé la prochaine phase de l’Initiative du bassin du lac Winnipeg. Au cours des cinq prochaines années, c’est dix-huit millions de plus qui seront dépensés pour améliorer les résultats que nous avons déjà atteints en augmentant la qualité de l’eau, notamment par des investissements accrus dans des projets d’intendance.
Et pour ce qui est du Plan d’action Saint-Laurent, renouvelé l’année dernière, nous viserons une surveillance exhaustive dans une optique de conservation de la biodiversité, de l’amélioration de la qualité de l’eau et de l’utilisation durable de ce magnifique fleuve.
Le Plan de gestion des produits chimiques d’Environnement Canada joue lui aussi un rôle crucial dans la préservation de la qualité de l’eau.
Il comporte des mécanismes de contrôle qui limitent l’utilisation de produits chimiques toxiques, par exemple le bisphénol A, et qui les empêchent de se retrouver dans l’eau douce. En restreignant et en réglementant davantage l’utilisation des phosphates dans les produits d’entretien ménager, les détergents et les savons à lessive, nous nous attaquons au problème de prolifération d’algues dont ils sont la cause.
Bien entendu, la surveillance de la qualité de l’eau se trouve au coeur des travaux continus que nous réalisons afin d’assurer l’intégrité environnementale des sables bitumineux du Canada.
Les sables bitumineux sont un important moteur de notre économie nationale, mais ils doivent faire l’objet d’une exploitation responsable.
Nous devons donc nous assurer d’avoir la meilleure information scientifique disponible sur les effets cumulatifs des projets d’exploitation des sables bitumineux.
Nous sommes par ailleurs déterminés à travailler en partenariat avec l’Alberta et un vaste éventail d’intervenants, notamment les groupes environnementaux, les chercheurs, les collectivités, les peuples autochtones et les sociétés, pour être certains que nos solutions sont exhaustives, rigoureuses et durables.
En février, nous avons annoncé le Plan de mise en œuvre du Canada et de l’Alberta pour la surveillance visant la région des sables bitumineux. Environnement Canada travaille étroitement avec ses homologues provinciaux afin de mettre progressivement en place une surveillance améliorée, au cours des prochaines années. Ce nouveau système de surveillance sera scientifiquement rigoureux, exhaustif, intégré et transparent.
En juillet dernier, je suis allé à Fort McMurray pour visiter quelques-unes des plus récentes installations de surveillance avec la ministre de l’Environnement de l’Alberta, Diana McQueen. Et je dois dire que nous avons tous deux été impressionnés de constater tout ce qui a été fait. Mais il reste encore beaucoup de travail à faire.
Nous sommes en train d’intégrer et de coordonner les diverses activités de surveillance. Nous serons transparents en ce qui a trait aux données afin de dresser le portrait des enjeux le plus crédible qui soit sur le plan scientifique en ce qui concerne l’eau, l’air, le sol et la biodiversité dans la région.
Voilà le seul moyen de comprendre en temps opportun les effets cumulatifs de l’exploitation des sables bitumineux. Nous nous affairons à déployer la capacité et l’expertise scientifiques de calibre mondial d’Environnement Canada et à travailler en étroite collaboration avec l’Alberta.
Nous pouvons également compter sur le soutien de l’industrie. Les producteurs de sables bitumineux se sont engagés à aider à financer le système de surveillance améliorée mis de l’avant par l’intermédiaire de cette initiative conjointe fédérale-provinciale.
Les dernières statistiques révèlent que les actions entreprises par le Canada relatives aux émissions de gaz à effet de serre portent leurs fruits.
Au cours des cinq dernières années, nous avons fait d’importants progrès en dissociant les émissions de gaz à effet de serre et la croissance économique.
Et dans une perspective d’avenir, les actions que nous avons entreprises jusqu’à maintenant nous ont conduits à mi-chemin de notre cible de réduction des émissions que nous visons d’ici 2020.
Tout cela est le résultat d’un travail d’équipe : les gouvernements fédéral et provinciaux ont mis en place des mesures et, surtout, les consommateurs et les entreprises ont réagi à ses mesures et ont su se sont montrés à la hauteur.
Le mois dernier, nous avons déposé le règlement définitif en vue de ramener les émissions de gaz à effet de serre provenant de la production d’électricité au charbon au même niveau que la production d’électricité au gaz naturel. Ce nouveau règlement est le point culminant d’un processus très long et inclusif - nous avons reçu cinq mille réponses à notre version initiale et nous avons pris le temps nécessaire pour étudier cette rétroaction.
Le résultat final - dont nous sommes très satisfaits - découle du fait que chaque province et chaque service public ont un profil très différent.
Le nouveau règlement visant l’électricité au charbon est une étape importante vers la réduction des émissions de gaz à effet de serre au Canada, et Environnement Canada, grâce à son plan, est sur la bonne voie d’atteindre les mêmes résultats dans le secteur du pétrole et du gaz.
En juillet 2012, le gouvernement du Canada a publié un projet de règlement qui instaurerait des normes en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique dans le secteur marin. Ce projet de règlement est fondé sur les nouvelles normes visant les tuyaux d’échappement que nous avons déjà introduites pour les voitures et les camions lourds.
Le Canada a fait équipe avec les États-Unis relativement aux normes sur les émissions des véhicules et, en février, nous avons défini le cadre de notre programme commun sur la qualité de l’air en nous joignant à une nouvelle coalition multilatérale, la Coalition pour le climat et l’air pur visant à réduire les polluants de courte durée de vie ayant un effet sur le climat.
Étant donné l’accent que j’ai placé sur la collaboration et la finalité commune - et le fait que nous sommes presque rendus à la mi-octobre - je m’en voudrais de ne pas prendre le temps de vous mettre au fait de notre engagement environnemental à l’échelle internationale, plus spécifiquement la Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui se tiendra à Doha, au Qatar, en décembre.
Le Canada demeure plus engagé que jamais à travailler au sein du cadre des Nations Unies afin de s’attaquer aux changements climatiques mondiaux.
Notre travail assidu visant à réduire nos émissions de gaz à effet de serre au pays a été motivé par la cible que le Canada compte d’atteindre d’ici 2020 conformément à l’Accord de Copenhague.
L’année dernière à Durban, le Canada a démontré son engagement proactif en jouant un rôle influent dans la conception d’une nouvelle plateforme relative aux changements climatiques qui nous permet d’entrevoir de plus près l’engagement de tous les grands émetteurs à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
D’ailleurs, nous nous préparons déjà à la 18e Conférence des Parties, qui aura lieu à Doha. Nous attendons avec impatience l’occasion de tirer profit du succès obtenu à Durban, où un processus a entraîné l’engagement de tous les grands émetteurs envers un nouvel accord international. C’était un objectif canadien de longue haleine.
De plus, le Canada continue de travailler étroitement avec des joueurs clés par l’intermédiaire du G8, du G20, du Forum des économies majeures et d’autres organisations afin de mettre en place des initiatives pratiques pour se pencher sur les gaz à effet de serre et les changements climatiques.
En février, tout particulièrement, le Canada a joué un grand rôle de chef de file en étant le cofondateur d’un nouveau partenariat multilatéral, la Coalition pour le climat et l’air pur. Ce nouveau partenariat axé sur l’action vise à lutter contre les polluants climatiques de courte durée de vie - un défi important, car cela favorisera la réduction des émissions de gaz à effet de serre. C’est également un moyen permettant d’aborder certains effets de ces polluants sur la santé et l’agriculture ainsi que d’autres effets environnementaux.
Enfin, j’espère avoir réussi ma mission en vous racontant de façon simple l’histoire du Canada et de ses belles réussites environnementales.
Loin de nous les promesses vides et les discussions vagues sur l’environnement. Nous sommes plutôt du genre à prendre des mesures d’action concrètes et pragmatiques. Et nous adoptons une approche pratique et efficace qui tient compte des réalités environnementales et économiques auxquelles nous sommes confrontés. Cette approche nous permettra d’assurer des actions équilibrées et vraiment durables, et ce, au nom des Canadiennes et des Canadiens. C’est ainsi que nous continuerons à produire des résultats.
Qu’il s’agisse de la qualité de l’eau... des réductions d’émissions de gaz à effet de serre... ou de la surveillance de calibre mondial visant la région des sables bitumineux..., nous avons fait des progrès de manière constante, systématique et scientifique.
Et ces progrès, nous devons tous en être fiers. En tout cas, moi j’en suis vraiment fier.
Merci!
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