Discours
Notes d’allocution prononcées par
l’honorable Peter Kent, c.p., député,
ministre de l’Environnement,
devant le Comité sénatorial permanent de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles
Le mardi 4 octobre 2011
La version prononcée fait foi
Je suis toujours ravi de toute occasion qui me permet de parler d’Environnement Canada, de Parcs Canada, et de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale et des nombreuses actions que nous réalisons sur plusieurs fronts.
C’est un honneur particulier d’être ici, devant des membres du Sénat, et d’avoir l'occasion de faire le point sur les progrès que nous avons réalisés. Je connais déjà très bien plusieurs d’entre vous de nos vies antérieures respectives… et c’est la raison pour laquelle je me suis assuré de verrouiller les portes derrière moi lorsque je suis entré. Il est inutile de fuir.
Depuis notre dernière rencontre en mars, il y a eu certains changements politiques et économiques importants au Canada. Sur le plan politique, nous avons un gouvernement conservateur majoritaire. Sur le plan économique, les pressions mondiales – tout récemment les crises de l’endettement de l’Europe et des ÉtatsUnis – ont ajouté une nouvelle mesure de volatilité et d’incertitude à notre économie nationale. Je suis heureux que des hommes comme le premier ministre Stephen Harper et le ministre des Finances Jim Flaherty soient à la tête de notre pays pour favoriser l’orientation durant cette période d’incertitude.
Ce qui n'a pas changé, cependant, c'est l'engagement du gouvernement à traiter une vaste gamme de dossiers environnementaux de façon proactive tant sur le plan national qu’international.
Sur le plan international, nous participons activement à un certain nombre de forums afin de régler des questions importantes pour la population canadienne, que ce soit la conservation de la biodiversité, la protection du milieu arctique, la réduction des émissions de mercure ou la protection des espèces en voie de disparition.
Nous accordons une importance capitale à plusieurs négociations en préparation à la prochaine conférence annuelle des Nations Unies sur les changements climatiques, qui aura lieu cette année en Afrique du Sud. Honnêtement, selon la teneur des discussions à ce jour, nos attentes quant au résultat de la 17e Conférence des Parties sont relativement limitées. Il semblerait que, parmi les pays à avoir adopté les accords de Cancún en décembre dernier, nombreux sont ceux qui éprouvent maintenant des remords et qui hésiteraient à s’engager dans un processus voulant que leurs mesures d’atténuation soient soumises à un examen international.
Pour notre part, le Canada demeure résolu à atteindre la cible qu’il s’est fixée dans le cadre de l’Accord de Copenhague, qui est maintenant inscrite dans les accords de Cancún. Afin de réduire les émissions canadiennes de gaz à effet de serre d’ici 2020 de 17 % sous les niveaux de 2005, nous sommes toujours convaincus qu’il est nécessaire d’établir un nouveau régime multilatéral qui engage tous les principaux émetteurs.
Comme toujours, l’obtention d’un consensus entre 192 parties sur un texte définitif est une folle aventure jusqu’à la dernière étape. Mais cela peut, et doit, être fait.
Nous continuons de travailler par l’intermédiaire d'autres événements internationaux également pour lutter contre les changements climatiques… notamment le Forum des économies majeures (qui vient de se dérouler à Washington) et la Commission nord-américaine de coopération environnementale (que le Canada a accueillie en juin à Montréal). Les deux rassemblements ont fait avancer nos initiatives de collaboration avec nos partenaires internationaux aux chapitres de la lutte contre les changements climatiques et de l’amélioration de notre environnement.
En ce qui concerne les changements climatiques, notre objectif est toujours d'établir un nouveau régime international qui engage tous les principaux émetteurs et de prendre des mesures concrètes qui limiteront le réchauffement de la planète. À cette fin, j’ai récemment participé à une réunion au Mexique afin de discuter des agents de forçage climatique à courte durée de vie. Il est essentiel que nous luttions contre les agents de forçage si nous souhaitons atteindre l’objectif de deux degrés établi dans l'Accord de Cancún.
Dans le cadre de notre engagement à lutter contre les changements climatiques et de la promotion d'un meilleur environnement pour l’ensemble de la population canadienne, nous avons réalisé des travaux considérables.
Au moyen d'une approche sectorielle qui a d’abord visé l'industrie des transports et les émissions d’échappement, nous avons réalisé 25 % du parcours.
Cela comprend le projet de règlement déposé l’été dernier afin d'éliminer progressivement l’utilisation du charbon polluant dans la production de l’électricité au Canada.
Deux points doivent être soulignés au sujet de ce processus.
Premièrement, Environnement Canada est déterminée à bien concrétiser ce règlement environnemental. Cela signifie que nous prenons le temps de consulter de façon approfondie les provinces, les territoires, les entreprises, les collectivités – un large éventail d'intervenants. Cela demande du temps, de la confiance et une volonté de vraiment écouter – il ne suffit pas de passer à l’action.
Deuxièmement, nous voulons agir le plus possible avec transparence et prudence au fur et à mesure que nous progressons. Surtout à un moment où il y a une telle incertitude économique et volatilité du marché, nous comprenons que les entreprises n’ont pas besoin d’autres surprises. Nous comprenons qu’il y a un environnement économique qui est aussi vulnérable que notre environnement naturel. Et, si nous voulons encourager l’investissement et la création d’emplois, nous devons être clairs et cohérents sur le plan des règlements et des normes.
C’est pour aussi cette raison, lorsque cela convient, que nous poursuivons de façon énergique un programme réglementaire qui s’aligne sur celui de nos partenaires américains. Nous comprenons que, compte tenu du niveau d’intégration de l’économie nord-américaine, nous devons concerter nos actions afin de protéger efficacement notre environnement commun, ainsi que notre économie.
J’ai maintenant beaucoup parlé de notre stratégie de réduction des gaz à effet de serre. Et, même s’il s’agit d’un élément essentiel, ce n’est qu’un élément d’un plan encore plus vaste.
Une eau saine et un air pur sont des priorités absolues sur les plans environnemental et social.
Nous avons établi un cadre de travail en vue d’améliorer la surveillance de la qualité de l’eau, de l’air et de la biodiversité dans la région qui entoure l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta. Pour ce faire, nous avons consulté les plus éminents scientifiques au monde dans les domaines connexes. Ce processus d’examen par les pairs était inestimable et il est encore en cours, tout comme le sont aussi nos travaux avec l’Alberta, les collectivités locales et les sociétés qui exploitent les sables bitumineux.
Nous avons aussi poursuivi nos actions dans le cadre du Plan d’action pour l’assainissement de l’eau. Au début de septembre, j’ai annoncé une 7e ronde de financement aux fins de l’assainissement du lac Simcoe en Ontario. Au cours des quatre dernières années, Environnement Canada a dépensé plus de 17 millions de dollars afin d’assainir le lac Winnipeg et a investi dans 169 projets de partenariat dans le cadre de l’initiative d’assainissement des Grands Lacs. La quatrième phase du Plan Saint-Laurent est maintenant terminée, et nous serons bientôt prêts à annoncer la conclusion d’un cinquième accord entre le Canada et le Québec concernant le fleuve Saint-Laurent.
D’ici la fin de l’année, au terme d’une vaste consultation avec les provinces et les municipalités, nous prévoyons présenter un projet de règlement qui établirait les premières normes nationales concernant les eaux usées au Canada.
De plus, nous travaillons de façon intensive avec les provinces, les territoires, l’industrie et les groupes environnementaux afin d’élaborer un système de gestion amélioré de la qualité de l’air partout au pays.
Nous avons aussi consolidé nos mécanismes de réglementation et d’application des règles.
L’Agence canadienne d’évaluation environnementale participe encore activement à l’appui de l’économie canadienne et de la durabilité de l’environnement, et ce, en réalisant des évaluations environnementales de qualité supérieure en temps opportun. En vue de soutenir ces travaux, nous avons annoncé en juin l’établissement d’un règlement visant à simplifier les évaluations environnementales menées par l’Agence.
Notre plan de gestion des produits chimiques amélioré adopte une approche proactive qui porte sur l’élaboration d’une gestion de calibre mondiale des substances chimiques, l’évaluation des risques liés aux substances les plus dangereuses et la protection contre les dommages qu'elles peuvent causer. L’organisation Environmental Defence a même qualifié notre plan de gestion des produits chimiques comme étant un programme important et précieux, et lui a accordé une note A+ pour le caractère opportun et l’efficacité de la gestion des risques associés aux produits chimiques qui sont utilisés actuellement par l’industrie canadienne.
Il y a aussi un des joyaux du Canada : Parcs Canada, qui fête ses 100 ans.
Cette année, Parcs Canada a reçu une prestigieuse reconnaissance de la part de l’organisation World Wildlife Fund-International : le prix Don à la Terre. Ce prix, qui récompense notre leadership dans la protection et le rétablissement de nos terres, de nos eaux et de notre nature ainsi que les liens entre celles-ci et les gens, appartient à l’ensemble de la population canadienne, à l’équipe entière de Parcs Canada et à tous ses partenaires.
En acceptant le prix Don à la Terre, Parcs Canada a renouvelé son engagement envers la protection de la Terre et à inspirer plus de gens à en faire autant.
La splendeur de nos parcs nationaux – et je n’utilise pas le terme « splendeur » à la légère – fait partie intégrante de l’identité canadienne. Chacun de ces parcs est tout à fait unique. Chacun reflète la conservation de notre patrimoine naturel remarquable. Chacun est une source de fierté.
En période d’incertitude économique comme celle-ci, il n’a jamais été aussi important d’avoir une source d’espoir et d’inspiration pour l’avenir. Et c’est dans nos parcs nationaux, que Parcs Canada offre au Canada les meilleures sources d’espoir et d’inspiration.
Tous les jours, dans les aires patrimoniales protégées du Canada, nous inspirons l’idée d’un Canada où les gens ont une connexion avec la terre, avec ses histoires et entre eux et où ils seront plus susceptibles que jamais d’assurer un avenir fort et sain au Canada.
Au cours des cinq dernières années, notre gouvernement a accéléré le rythme auquel nous protégeons la diversité naturelle du Canada, et ce, en accroissant les aires naturelles protégées de Parcs Canada de tout près de 50 %. Cette croissance s’est réalisée par des mesures importantes et concrètes qui permettront l’ajout de 130 000 kilomètres carrés d’aires protégées du Canada.
En regardant un portrait de nos réalisations au chapitre de la conversation, nous pouvons d’abord arrêter notre regard sur le Nord canadien, où nous avons multiplié par six la superficie initiale de la réserve de parc national du Canada Nahanni et où nous nous sommes engagés à protéger le Serengeti de l’Arctique, le détroit de Lancaster.
Nous pouvons ensuite porter notre regard sur l’Ouest canadien, où nous démontrons une fois de plus un leadership mondial par l’établissement de la réserve d’aire marine nationale de conservation et le site du patrimoine haïda Gwaii Haanas. Nous avons étendu l’aire protégée de la cime des montagnes jusqu’au fond de l’océan, et au-delà du plateau continental.
Puis nous pouvons nous tourner vers les Prairies, où les putois d’Amérique et les bisons dans le parc national du Canada des Prairies vivent sur des terres en voie de rétablissement.
Et nous pouvons enfin porter notre regard sur les Grands Lacs, où nous sommes une fois de plus un chef de file mondial en matière de protection des écosystèmes marins. Il y a peine cinq ans, nous avons créé l’aire protégée d’eau douce la plus vaste au monde dans le lac Supérieur.
Les pays sont maintenant plus nombreux à reconnaître que les aires protégées seront un outil essentiel à l’adaptation aux changements climatiques. En établissant plus de parcs et en rétablissant la santé des parcs existants, nous renforcerons la résilience de l’environnement du Canada en protégeant les sources d’eau et en assurant des lieux sûrs à la faune et à la flore à l’avenir.
Le gouvernement actuel a agrandi les parcs actuels et en a créé des nouveaux au point que le Canada protège maintenant près de 100 millions d’hectares – environ 10 % de la totalité de notre masse terrestre. Cela représente une augmentation de 30 % au cours des quatre dernières années seulement.
Pour que l’esprit de conservation habite les générations futures qui seront de plus en plus urbaines, nous avons lancé un programme qui enseigne à la nouvelle génération de Canadiennes et de Canadiens les bonnes pratiques de camping. Nous avons conservé notre patrimoine national au moyen de la restauration de nos phares pittoresques, notamment le phare Fisgard, sur l’île de Vancouver, et le phare de la pointe Clark, en Ontario.
Notre parc à Jasper est devenu la plus grande réserve de ciel étoilé au monde – au grand plaisir des astronomes du monde entier.
Je pourrais discuter abondamment de notre nouveau plan qui vise à protéger des espèces vulnérables comme le caribou… ou de nos nouvelles mesures d’application rigoureuses qui visent à punir ceux qui ne respectent pas nos règles, mais je ne voudrais pas abuser de votre temps.
J’espère vous avoir donné un bon aperçu de notre orientation et de nos mesures. J’espère aussi avoir permis une meilleure compréhension de la stratégie que nous adoptons sur la scène nationale et internationale afin de nous assurer que le Canada conserve et protège son précieux patrimoine environnemental, et ce, pour le bien des futures générations canadiennes.
Il s’agit d’une intendance, d’une responsabilité, qui est le plus près de la confiance sacrée. Il s’agit d’une œuvre en constante évolution – tant à l'échelle nationale qu'internationale.
Il ne fait aucun doute que cela est un défi. Et il ne fait aucun doute que nous allons surmonter chaque défi.
Vraiment, je vous remercie de m’avoir donné cette occasion, et je répondrai à vos questions avec plaisir.
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