Discours

Notes pour un discours de
l'honorable Jim Prentice, C.P., C.R., député,
ministre de l'Environnement
devant l'Institut des administrateurs de société
le 6 mars 2009

Tel que prononcé

Alors, bonjour mesdames et messieurs et invités spéciaux.

C’est toujours plaisant d’être ici à Calgary, entouré d’amis, et de bénéficier de l’introduction la plus sécuritaire à laquelle on puisse s’attendre raisonnablement après 25 ans de mariage. Je pense que vous êtes tous d’accord que nous connaissons des gens qui sont mariés depuis 25 ans et qui partagent de gracieuses présentations. Karen m’a toujours appuyé et j’aimerais souligner les immenses sacrifices qu’elle a faits pour que nous puissions travailler ensemble en politique. Une partie de sa responsabilité spéciale dans la famille est de s’assurer que nous gardons tous les deux pieds sur terre, moi le premier.

Je veux juste partager une courte anecdote avec vous. Un des avantages d’être à Ottawa, c’est que je suis proche de la bibliothèque du Parlement et que je peux donc fouiller dans des bouquins traitant de l’histoire de ma famille, sujet qui m’a toujours intéressé. Je connais bien le côté écossais de ma famille, mais je n’ai jamais pu trouver de données sur le côté irlandais jusqu’à tout récemment. J’ai trouvé un livre qui m’a permis d’identifier les origines de mon arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père, Michael Prentice. J’ai donc partagé cette découverte avec Karen un matin au petit déjeuner en lui disant qu’il était tombé amoureux d’une femme. Il était Américain et était tombé en amour avec une femme lorsqu’il faisait partie d’un spectacle ambulant venu au Canada en 1842. Karen me regarde et me dit : « Un spectacle ambulant en 1842, ce serait un cirque. » Elle me dit : « Tu es donc le descendant d’un saltimbanque irlandais. » Après une autre gorgée de café, elle ajoute : « Je dois dire que tu n’as pas vraiment fait mieux. »

Comme il est bon d’être de retour chez soi! J’ai eu une semaine très occupée. Nous sommes arrivés à deux heures du matin après un incident d’avion. J’étais à Washington, lundi et mardi de cette semaine, et je me propose de vous relater une partie de la discussion concernant le dialogue sur l’énergie propre qui a été annoncé le mois dernier par le président Obama et par le premier ministre Harper, puis de retour à Ottawa, mercredi, pour déposer un nouveau projet de loi environnemental d’exécution qui aura d’importantes répercussions sur tous ceux qui sont dans cette salle qui exercent des fonctions de directeur. Il contient des responsabilités d’entreprise que je vous recommande.

Hier, j’ai déposé un projet de loi historique désignant comme Cimetière national du Canada le cimetière de Beechwood à Ottawa. Je raviverai peut-être en vous une lueur d’espoir envers notre système parlementaire en vous disant que ce projet de loi devrait être adopté en Chambre ce matin et être approuvé par le Sénat au début de la semaine prochaine pour devenir loi en quelque 72 heures.

Et maintenant, ma semaine se termine en beauté. Je suis en compagnie des plus grands cerveaux du milieu des affaires de Calgary - c’est exactement comme cela que vous êtes décrits dans mes notes – pour parler de la position adoptée par notre gouvernement sur la question qui dominera la majeure partie du reste de mon existence : la confluence des politiques sur l’énergie et sur l’environnement.

Pour commencer, j’ai récemment lu un livre écrit par un anthropologue du nom de Brian Seguin dont j’aimerais vous livrer quelques pensées. Le livre, qui a pour titre « Le grand réchauffement », est très intéressant parce qu’il traite du réchauffement mondial, pas du point de vue de la science des dernières années, mais plutôt du point de vue d’une évaluation historique et archéologique d’une période de l’histoire connue sous le nom de « Grand réchauffement ». Cette période, qui s’étend approximativement de 800 après J.-C. jusqu’à 1300 après J.-C., a connu un réchauffement du climat mondial qui a été vérifié par la science. À vrai dire, l’Europe moderne comme nous la connaissons et les profonds impacts aux plans politique, religieux et culturel qu’elle a eu sur le monde développé est le résultat des énormes surplus agricoles créés au cours de cette période de l’histoire par suite du changement climatique. Ces faits sont très peu contestés.  

Ce à quoi peu de gens ont porté attention, toutefois, et que l’auteur a fait, c’est de recréer une chronique de ce qui se passait ailleurs dans le monde alors que l’Europe florissait grâce à un climat plus doux et aux avantages économiques en découlant, des sociétés auparavant prospères se sont effondrées à cause de sécheresses prolongées. Seguin va plus loin, suggérant même que ce qu’on a appelé la « période médiévale de chaleur » soit renommée « période médiévale de sécheresse », et il souligne les cataclysmes qui nous attendent si notre climat continue de se réchauffer au même rythme que depuis environ 1850.

Maintenant, nous associons à toutes fins pratiques les changements climatiques à des événements comme l’ouragan Katrina qui sont essentiellement des chutes de pluie déplacées et nous percevons les ouragans qui apportent une humidité déplacée en quantités inusitées comme les conséquences dangereuses des changements climatiques. Or, le véritable péril est exactement le contraire. Le véritable péril, c’est la sécheresse.  Si vous consultez une carte et si vous examinez les régions du monde qui sont arides, semi-arides et actuellement exposées à des sécheresses récurrentes, la côte Ouest de l’Amérique du Nord et de l’Amérique du Sud, l’Afrique centrale et l’ouest de l’Australie par exemple. Maintenant, imaginez que ces régions reçoivent peu ou pas d’humidité. Actuellement, les sécheresses extrêmes touchent 3 % de la superficie terrestre, et les sécheresses importantes, 8 % de plus. Certaines modélisations informatiques avancent des pourcentages de l’ordre de 40 % pour l’avenir.

Ajoutez à ce fait que plusieurs des régions en question consomment le peu de ressources en eau à des fins industrielles et agricoles. Comme vous, je suis allé à Palm Springs pour tenter d’améliorer ma technique du golf au printemps. Imaginez que l’aquifère Egalifor, qui alimente huit États du Nebraska jusqu’au Texas, est en train d’être consommé à un rythme de 42 milliards de gallons par année. De nombreux scientifiques et autres parties intéressées commencent à se demander combien de temps cela pourra encore durer.

En Afrique, 70 % de tous les emplois se trouvent dans l’agriculture de subsistance et dépendent par conséquent complètement de la pluie.  Donc à l’avenir, mes amis, la plus précieuse des ressources sera probablement l’eau.  Il n’y a aucun doute que, pour ce qui est de la science des changements climatiques et du réchauffement mondial, le temps est contre nous. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dit que les émissions de carbone doivent culminer dans les prochaines 10 à 20 années pour limiter les augmentations de la température mondiale à 2,0 à 2,5 degrés au-dessus des niveaux préindustriels. Au-delà d’augmentation de température de 2,5 degrés, les changements climatiques extrêmes sont non seulement possibles, mais franchement, d'après toutes les données scientifiques que nous voyons, pour certains citoyens du monde, probables et catastrophiques.

Maintenant, dans ce contexte, quelles responsabilités avons-nous comme Canadiens? Alors que nous ne comptons que pour 2 % des émissions annuelles mondiales de gaz à effet de serre, il faut se rappeler que nous arrivons au 8e rang des plus grandes sources d’émission, et on pourrait dire que notre économie fondée sur les produits primaires est la plus grande consommatrice d’énergie au monde. Par habitant, seulement l’Australie consomme plus d’énergie que nous, et nous faisons partie de ce groupe sélect bien que nous possédions le système d’électricité le moins émetteur de carbone au monde de toutes les démocraties industrialisées à l’exception de la France.

Donc, la voie du Canada est claire. Et cette voie vers l’avenir est de traiter le problème des changements climatiques en réduisant nos émissions de carbone de façon responsable, à l’aide de politiques qui nous engagent à des mesures sur les plans national, continental et international.

Permettez-moi d’aborder en premier lieu les mesures prises au Canada pour combattre les changements climatiques. Nous prévoyons en 2009 et par la suite nous servir de nos politiques nationales sur l’environnement comme instrument favorisant le renouveau économique et le développement du pays durant la période d’incertitude économique que nous traversons actuellement. Maintenant, ici en Alberta, il est entendu, comme Karen l’a mentionné, que les postulats en matière d’énergie environnementale et de politique économique sont tous inter reliés et que nous poussons tous ensemble vers la même destination. Cette destination cherche vraiment à assurer la prospérité durable du Canada qui repose sur nos responsabilités d’intendance environnementale qui, je crois, fait partie de la tradition canadienne et fait partie de notre patrimoine, tout en créant du même coup la richesse, en développant l’industrie et en tirant partie des occasions économiques qui se présentent.  

Il s’agit d’un objectif qui nous trouvera au premier plan des nombreuses industries où nous excellons présentement : le pétrole, le gaz naturel, les pipelines, l’hydroélectricité. C’est aussi un objectif qui témoignera également de l’exploitation méthodique des sables bitumineux du Canada. Il s'agit aussi d'un objectif qui doit trouver le Canada au premier plan du développement de technologies et du capital humain qui transformera notre monde d’une société à fortes émissions de carbone en 2010 en un monde à faibles émissions de carbone en 2050.

En 2050, la prospérité appartiendra à ceux qui auront maîtrisé les technologies de capture et de stockage du carbone et du charbon propre, à ceux qui auront réussi à déployer des solutions de rechange à l'énergie du carbone, comme l'énergie nucléaire, l’énergie éolienne et l’énergie solaire et hydroélectrique, et surtout à ceux qui auront élaboré leurs propres infrastructures dans le but d’exploiter plus de projets dans les nouveaux bassins de gaz naturel dans le Nord et de projets hydroélectriques. Bref, la prospérité appartiendra à ceux qui réussissent non seulement à mieux réunir capital et technologie pour les industries fondées sur le carbone, comme nous avons bien su le faire, mais aussi à ceux qui font de même pour les solutions de rechange faibles en carbone.

Cette économie de transformation exigera de la sagacité et, certes, de la stabilité dans les politiques publiques, parce que sans elles, nous ne pourrons jamais atteindre l’investissement requis pour transformer le capital-actions de notre société dans la mesure requise. Depuis 2009, notre gouvernement suit un plan que nous avons travaillé très fort comme gouvernement à élaborer pour assurer la protection de l’environnement et lutter contre les changements climatiques au Canada. C’est une question d’équilibre et notre plan d’action permet de prévoir que le Canada réduira  ses émissions de gaz à effets de serre de 20 p. cent dès 2020 et de 60 à 70 p. cent en 2050.

En ce qui a trait notamment à notre système d’électricité, comme je l’ai mentionné plus tôt, un des systèmes les plus propres au monde, 73 p. cent du système de production d’électricité du Canada n’émet aucun carbone parce qu’il est d’origine hydroélectrique ou nucléaire. Nous visons un objectif de 90 p. cent dès 2020, alors que nous surpasserons la véritable exception de la France qui possède le système électrique le plus propre au monde. Nous ferons tout cela en nous attaquant aux émissions de carbone à leur source, ce qui touchera nos économies de carburant et normes d’efficacité de carburant pour véhicules moteur qui représentent environ 15 p. cent des émissions de carbone du Canada, en renforçant notre secteur de production d’électricité thermique et en procédant à la transformation ordonnée de notre utilisation du charbon dans certaines parties du Canada vers des solutions consommant moins de carbone, comme le gaz naturel et, éventuellement, vers des sources non émettrices comme le nucléaire, l’hydro et autres sources.

Cela touche également, à vrai dire, la façon dont nous consommons et conservons l’énergie dans nos maisons et nos bureaux. L’énergie que nous émettons de nos maisons et commerces sont en réalité les plus grandes sources d’émissions de gaz à effet de serre et il est sans doute vrai que les meilleures réductions de carbone sont les émissions évitées de sorte que la conservation de l’énergie est également importante. Nous avons mis de l’avant un plan national qui comportera des règlements sur l’industrie pour réduire les émissions des secteurs industriels du Canada, incluant le pétrole et le gaz ainsi que les installations des sables bitumineux.

Soyez assurés, mes amis, que chacune de ces étapes sera entreprise prudemment, en fonction de nos circonstances économiques actuelles et avec respect pour s’assurer que nos partenaires commerciaux, dont les États-Unis, prennent des mesures en suivant un calendrier similaire.

Maintenant, je suppose que tout le monde a lu l’article publié dans le National Geographic de ce mois-ci, mais j’ai la certitude que vous n’avez pas eu à répondre à autant de questions des médias que j’ai eu à le faire. L’article offre un point de vue pour le moins intéressant de la question, mais je tiens à dire ceci : les sables bitumineux sont une partie importante des réserves de l’ensemble de l’Amérique du Nord et ils contribuent à maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande et ils continueront à le faire dans un avenir prévisible. Ils représentent pour notre pays un important atout stratégique et une grande richesse naturelle. Bien que les sables bitumineux représentent moins d’un dixième de un pour cent des émissions de dioxyde de carbone dans le monde, nous devons les exploiter de façon responsable. Il y a des façons de réduire notre bilan carbone et d’améliorer notre méthode d’extraction du pétrole des sables bitumineux.

Dans ce contexte, les nouvelles technologies sont essentielles et je sais qu’il y a des gens dans la salle qui travaillent présentement à ces nouvelles technologies de capture et de stockage du carbone et à d’autres innovations. Le président Obama a parlé précisément de cela au cours de sa visite au Canada il y a quelques semaines et il pesait ses mots. Le nouveau président partage notre vision de l’importance de l’innovation et de la technologie. Les défis du charbon propre et du pétrole propre sont à peu près les mêmes, mesdames et messieurs. La technologie est quelque chose dans laquelle nous croyons aussi. Le Premier ministre l’a dit à maintes reprises et notre récent budget en atteste. Le budget de 2009, engage plus d’un milliard de dollars dans la recherche et les projets pilote de l’énergie propre.

Nous travaillons de concert avec les provinces, notamment la Saskatchewan et l’Alberta, qui ont collectivement mis de côté plus de 2,5 milliards de dollars à pareilles fins. Grâce au juste agencement d’investissement financier approprié, de créativité judicieuse et d’ingéniosité technologique, les possibilités de progrès permettent d’envisager un Canada en tête du monde en matière de capture du carbone et de charbon propre.  À la lumière de ces possibilités, et étant donné la grande importance que nous accordons aux ressources naturelles, il est de toute nécessité que nous examinions en profondeur et déterminions avec sagesse les méthodes les plus efficaces de puiser dans nos réserves sans nuire à l’environnement. Il en va de même pour le pétrole, le gaz naturel et le charbon, qui sont les principales sources d’énergie dans le monde actuel, ainsi que pour les biocarburants, l’hydroélectricité et les autres énergies de remplacement que nous estimons être la voie de l’avenir.

Dans le contexte mondial, nous serions perçus comme étant de meilleurs partenaires commerciaux, surtout dans le secteur de l’énergie, parce que nous continuerons d’être le principal fournisseur de notre partenaire continental en pétrole et gaz naturel, en hydroélectricité, en uranium et en toutes formes d’énergie.

Dans le contexte d’une telle transformation, notre relation avec les États-Unis est essentielle, étant donné que nous partageons le même espace économique, le même marché de l’énergie et le même espace environnemental. Ceci m’amène au deuxième volet de notre démarche pour combattre les changements climatiques et assurer notre avenir en matière d’énergie : une étroite collaboration continentale avec les États-Unis.

Il y a deux semaines, le Président et le Premier ministre se sont entendus au sujet d’un processus que nous avons décrit comme le dialogue sur l’énergie propre. Cela, mesdames et messieurs, est l’évènement le plus important dans la politique continentale sur l’énergie et l’environnement depuis l’Accord de libre-échange nord-américain. Vous avez certainement lu dans les journaux que je me suis rendu plus tôt dans la semaine à Washington pour parler à des membres clés de l’administration de la Maison-Blanche et à des dirigeants du Congrès sur les façons pour le Canada et les États-Unis de collaborer ensemble pour produire de l’énergie propre et tenir la promesse dont le Premier ministre et le Président ont parlé il y a quelques semaines.

Sans aucun doute, nos deux pays doivent travailler ensemble pour réduire les émissions de gaz à effet de serre en Amérique du Nord et gérer la sécurité énergétique et d’autres dossiers sur l’environnement, étant donné qu’ils partagent une même réalité écologique, énergétique et économique. Les réunions tenues à Washington visaient à élaborer le plan du dialogue sur l’énergie propre qui, comme l’ont souligné le président américain et le premier ministre canadien, doit être fondé sur les progrès critiques réalisés dans la recherche sur l’énergie propre, sur la création, en second lieu, d’un réseau nord-américain intelligent de distribution d’électricité capable de tirer partie des plus récentes technologies afin d’intégrer toutes les sources d’énergie renouvelable que nous voulons ajouter au réseau et afin d’améliorer la capacité d’introduire les énormes quantités d’énergie hydroélectrique canadienne. On a aussi parlé de la capture et du stockage du carbone, un domaine dans lequel le Canada et les États-Unis ont été et continueront d’être des chefs de file dans le monde.

Je peux vous dire que nos discussions avec l’administration du Président Obama procèdent avec une détermination mutuelle. Les Américains ont mis sur pied, comme ceux qui les connaissent s’y attendaient, une équipe vraiment remarquable d’hommes et de femmes qui travaillent dans ce domaine. Lorsque le président Obama a visité le Canada, il était accompagné de Carol Browner, sa conseillère en matière de changements climatiques et de sécurité énergétique, et du général James Jones, son conseiller en matière de sécurité nationale. Mme Browner et moi avons discuté longuement durant cette visite, rejoignant ensuite le premier ministre et le président pour le déjeuner.

Cette dernière semaine à Washington, nous avons également commencé à travailler avec le secrétaire à l’Énergie, M. Steven Chu, un remarquable Américain, un physicien qui a reçu un prix Nobel qui est maintenant chargé de ce portefeuille. Nous avons aussi commencé un dialogue intéressant avec Mme Lisa Jackson, la directrice de l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis. Le groupe législatif américain a également une grande importance. À cette fin, j’ai aussi rencontré à deux reprises le sénateur Kerry, un démocrate de longue date, qui préside le Comité des relations étrangères. Nos échanges ont débuté en novembre dernier en Pologne lors de la conférence appelée conférence COP14.

Et c’est vrai, comme on vous l’a peut-être rapporté, que j’ai eu une visite cordiale et intéressante avec M. Waxman, membre du Congrès et président du Comité du Congrès sur l’énergie et le commerce, l’un des plus importants comités législatifs dans le système de gouvernement des États-Unis.

Le président Obama a parlé à plusieurs reprises de la volonté de son pays et de son administration d’utiliser les nouvelles technologies telles que la capture et le stockage de carbone comme composante-clé des efforts américains pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour un pays qui produit une grande partie de son électricité dans des centrales au charbon, situation à l’inverse de la situation au Canada, nos circonstances sont entièrement différentes, les centrales au charbon aux États-Unis émettent de 50 à 70 fois plus de bioxyde de carbone que tous les sables bitumineux du Canada. Il est donc encourageant de savoir qu’un pays comme le nôtre, qui, en raison de sa proximité aux États-Unis, constitue un partenaire naturel avec celui-ci et peut participer à la création de telles technologies et tirer peu de temps après les avantages de la transformation technologique, de l’innovation et de l’exportation de ces technologies sur d’autres marchés.

L’essentiel, pour le Canada et les États-Unis, c’est que les sources d’énergie que produisent nos pays respectifs soient saines pour l’environnement. La politique de notre gouvernement est fondée sur ce principe, ainsi que sur une collaboration plus étroite avec nos homologues américains pour apporter des améliorations continues qui seront bénéfiques pour l’environnement et les habitants de part et d’autre de la frontière canado-américaine. Personnellement, je suis optimiste qu’en poursuivant le dialogue, nous pourrons en arriver à une entente qui nous permettra de faire les investissements nécessaires pour assurer les innovations technologiques qui nous aideront à atteindre nos objectifs.

Ceci sera important pour nous, en tant que Canadiens et Nord-Américains, et dans le cadre des négociations mondiales sur les changements climatiques qui auront lieu cette année. Cette année sera critique sur le plan international pour tourner la page sur le Protocole de Kyoto et cristalliser tous ces efforts lors de la rencontre en décembre de cette année à Copenhague. Malgré les progrès réalisés dans la lutte contre les changements climatiques dans le monde entier, et malgré les bonnes intentions de notre pays et en collaboration avec les États-Unis, le chemin devant nous est long et ne peut être emprunté sans une coopération mondiale plus soutenue. 

Nous avons travaillé fort avec Todd Stern, un expert du gouvernement américain sur les changements climatiques et négociateur international. J’ai eu l’occasion de discuter avec lui, immédiatement avant son voyage en Chine avec Mme Clinton, et lui et moi nous sommes rencontrés la semaine dernière à Washington pour discuter de nos futures orientations. Donc, à Copenhague, le monde tournera la page sur Kyoto et parviendra, nous l’espérons, à un nouveau protocole international pour réduire les émissions de bioxyde de carbone et pour mieux protéger la terre contre ces causes nocives.

Nous nous sommes engagés à assurer que le Canada participe de manière active et constructive aux efforts de collaboration internationale. Nous avons été très clairs sur ce point tout au long de cette démarche et nous nous proposons d’être un chef de file et un partenaire responsable de l’élaboration du plan directeur en la matière.

Comme bien d’autres, nous croyons que pour freiner le réchauffement de la planète, il faut une nouvelle entente internationale qui trouve un juste équilibre entre l’environnement et l’économie, qui cherche des solutions à long terme axées sur les technologies et qui obtient l’engagement de toutes les grandes économies du monde. J’aimerais insister sur ce dernier point parce que notre politique énonce clairement un désir d’inclure tous les émetteurs majeurs du monde. Si le but d’un protocole international est de réduire les émissions de carbone, ce protocole doit logiquement s’appliquer aux parties qui émettent du carbone et nous avons été très clairs sur ce point. 

Notre gouvernement est déterminé à faire sa part aux plans national, continental et international pour relever les défis de sécurité de l’énergie et de l’environnement et il est clair que nous aurons un allié américain engagé à nos côtés dans notre démarche. Vous pourriez demander comment tout cela est relié à vos obligations comme administrateurs de sociétés et comme gérants de capitaux. Je crois que vous pouvez supposer à juste titre que durant les prochaines années nous seront témoins de deux choses :

En premier lieu, l’élaboration de politiques canadiennes et américaines viables sur l’environnement et la sécurité énergétique qui vont offrir des certitudes grandissantes pour les investissements. J’ai parfois défini la nature essentielle de nos discussions avec les Américains comme une quête pour une approche nord-américaine en matière d’environnement, d’énergie et de certitude de l’investissement et je crois que c’est de quoi il s’agit.

En second lieu, j’ai confiance que nous pouvons arriver à des solutions nord-américaines viables qui définissent des cibles communes de réduction du carbone, créent des mécanismes similaires pour attribuer des quotas d’émission, reconnaissent les crédits et les offrent en échange sur une base nord-américaine et ultimement à l’échelle internationale.

Pour atteindre ces objectifs, nous aurons besoin de nous assurer que nos politiques provinciales sont soigneusement harmonisées avec nos politiques nationales et qu’elles sont toutes deux bien structurées pour assurer leur cohérence avec l’approche adoptée par l’économie avec laquelle nous sommes inextricablement liés au sud. Nous partageons le plus grand système de marché libre de l’énergie au monde, et il est difficile d’imaginer des politiques discordantes de réglementation du carbone qui aient du succès.

Tout cela, je vous assure mes amis, offrira des chances énormes à ceux qui voudront profiter de l’occasion et faire ce que j’ai décrit au début de ce discours — prendre la tête de la transformation de nos industries du monde de 2010 vers celui de 2050. J’ai la certitude que les personnes dans cette salle ont la capacité et le leadership nécessaire pour le faire. Merci beaucoup.


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