Discours

Notes pour un discours de
l’honorable Jim Prentice, C.P., C.R., député,
ministre de l’Environnement
devant le
milieu des affaires de la Ville d’Orillia
Le 27 février 2009

VERSION NON DÉFINITIVE

La ville d’Orillia a des racines profondément ancrées dans l’histoire canadienne et un passé qui remonte à l’époque de la Confédération.

Depuis sa constitution initiale en tant que village il y a 142 ans, votre belle Ville d’Orillia a réussi là où de nombreuses autres villes ont échoué et a maintenu un équilibre délicat entre la poursuite de la modernisation et la conservation de son riche patrimoine culturel et naturel.

Nous nous trouvons maintenant au 21e siècle où tout se développe à une vitesse exponentielle et où les grandes surfaces modernes qui poussent un peu partout peuvent facilement faire disparaître, petit à petit, les attraits qui, pourtant, donnaient aux petites villes leur avantage. Malgré cela, Orillia maintient toujours son charme chaleureux et ses attraits pittoresques uniques.

Chez vous, des lieux publics conçus pour miser sur la splendeur naturelle et sur la tranquillité environnantes parsèment les rives des lacs Simcoe et Couchiching et sont les endroits de prédilection pour quiconque se trouve en ville.

Les rampes à embarcations, les plages sablonneuses, les parcs d’une grande propreté, le réseau de sentiers innovateur et les monuments historiques élaborés, pour ne nommer que quelques attractions, semblent être là pour inspirer les gens à profiter du plein air et pour les amener à apprécier l’environnement à sa juste valeur en tant qu’héritage vivant et continu d’une collectivité en santé et en plein essor.

La Ville d’Orillia a saisi le potentiel offert par son emplacement et a misé sur ses ressources pour parvenir à ce qu’elle est aujourd’hui, soit l’une des villes les plus pittoresques et les plus accueillantes de l’Ontario.

La ville ensoleillée, ou Sunshine City, comme certains l’appellent par ici.

De bien des façons, le Canada a procédé de la même manière pour se tailler une place distincte dans le monde.

Nous vivons dans l’un des plus beaux pays au monde, un havre nordique de ressources naturelles que nous, en tant que Canadiennes et Canadiens, avons la chance de pouvoir apprécier. Ce privilège est toutefois accompagné de la responsabilité de protéger cette richesse unique.

Dans le contexte mondial, notre valeur en tant que partenaire commercial est appréciée en raison de notre abondance de ressources, particulièrement dans le secteur de l’énergie, qu’il s’agisse de notre très grande réserve de pétrole, de nos importants gisements de gaz naturel inexploités ou de notre potentiel de production d’hydroélectricité propre. Cette valeur est particulièrement appréciée par nos voisins américains, qui désirent endiguer leur dépendance grandissante envers le pétrole importé depuis un Moyen-Orient en crise.

Au cours de la visite du président Obama à Ottawa la semaine passée, j’ai eu l’occasion de rencontrer mon homologue américaine, Mme Carol Browner, qui a dirigé la Environmental Protection Agency sous l’administration Clinton et qui est maintenant la plus proche conseillère du président pour les questions portant sur l’environnement, l’énergie et le climat.

Au cours de notre conversation, il est apparu clairement que le Canada et les États-Unis ont de nombreux objectifs semblables en ce qui concerne l’environnement. En tant que ministre de l’Environnement, je suis surtout préoccupé par le défi double consistant à maintenir l’intégrité environnementale tout en améliorant la sécurité énergétique en Amérique du Nord.

Dans le contexte du changement climatique, le Canada et les États-Unis en sont arrivés à un point où il est beaucoup plus logique pour eux d’adopter une approche coordonnée face aux défis énergétiques et environnementaux qu’ils doivent tous deux affronter.

Il va sans dire que nos deux pays devraient conjuguer leurs efforts pour créer un renouveau énergétique et économique en Amérique du Nord en adoptant des mesures qui non seulement permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais qui permettraient également de produire une réserve de combustible et d’énergie plus importante et plus propre.

Comme vous l’avez peut-être vu dans les médias peu après la visite du président, lui et le premier ministre Harper ont institué un dialogue bilatéral de haut niveau sur les énergies propres, en vue de collaborer sur plusieurs enjeux critiques relatifs aux sciences de l’énergie et à la technologie, notamment :

  • l’intensification de la recherche et du développement en matière d’énergie propre;
  • l’élaboration et le déploiement de technologies énergétiques propres;
  • la mise en place d’un réseau de distribution d’électricité plus efficace, axé sur la production propre et renouvelable.

J’espère que nos efforts de collaboration par l’entremise du dialogue sur les énergies propres produiront des résultats significatifs.

Le Canada et les États-Unis sont tous deux très intéressés à promouvoir l’élaboration et le déploiement de technologies énergétiques propres qui permettront, à moyen et à long terme, de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre.

Les secteurs privés des deux pays, en collaboration avec les autorités gouvernementales, joueront un rôle clé dans ce processus de changement technologique.

Les deux gouvernements doivent donc s’assurer que leurs cadres stratégiques et règlementaires soient cohérents et qu’ils soutiennent les mesures de façon appropriée. Ceci est d’une importance cruciale tant pour l’environnement que pour l’économie.

C’est pourquoi nous nous sommes engagés à mettre en application un système de plafonds et d’échanges nord-américain et à travailler en étroite collaboration avec la nouvelle administration américaine pour bâtir une économie à basse teneur en carbone.

La réalisation de cet objectif nécessitera des efforts novateurs et continus, et de nombreuses entreprises canadiennes tracent la voie.

Certaines, avec le soutien du gouvernement, cherchent à mettre au point des biocarburants de nouvelle génération qui pourront être utilisés dans les modèles de voitures et de camions actuels.

D’autres s’attèlent à créer des installations qui permettront de convertir les déchets municipaux, ménagers, commerciaux ou industriels en énergie verte à l’aide de systèmes de conversion de l’énergie utilisant des technologies de pointe.

D’autres encore se sont engagées, en tant que chefs de file dans le secteur du développement non conventionnel du gaz naturel et des sables bitumineux intégrés, à apporter d’importantes améliorations à la durabilité de leurs activités d’exploitation.

Un leadership commercial en matière d’environnement et de changement climatique a la possibilité de faire une importante contribution afin de renforcer les mesures mondiales.

Toutefois, malgré ces contributions, la responsabilité pour le renforcement des mesures mondiales ne repose pas uniquement sur le gouvernement et les entreprises. En fait, un réel progrès n’est possible que si les citoyennes et les citoyens de tous les horizons prennent part à la solution.

Nous ne pouvons plus mettre le fardeau du changement uniquement sur le dos de l’industrie.

Les citoyennes et les citoyens doivent également faire leur part, et nous avons la preuve historique que nous avons ce qu’il faut pour mener à bien cette tâche.

Il y a trente ans, l’ivresse au volant était acceptable. Ce n’est plus le cas. Il y a vingt ans, il était acceptable de se déplacer en voiture sans porter de ceinture de sécurité. Ce n’est plus le cas. Jusqu’à tout récemment, les Canadiennes et les Canadiens pouvaient fumer n’importe où en public. Ce n’est plus le cas.

Les attitudes ont changé. Les comportements ont été modifiés.

Il faut que la même chose se produise avec les enjeux environnementaux.

Les Canadiennes et les Canadiens doivent faire plus que simplement mettre un contenant bleu sur le bord de la route une fois par semaine ou retourner une caisse de bouteilles vides au détaillant de temps en temps. Ils ont la possibilité ainsi que l’obligation de faire plus.

La préservation de l’environnement, sur le plan individuel, consiste en la réhabilitation des maisons. Il s’agit ici d’engager des dépenses à court terme pour effectuer des économies à long terme qui seront bénéfiques non seulement sur le plan financier, mais aussi pour notre environnement précieux. 

La préservation c’est éteindre la lumière lorsque l’on quitte une pièce ou baisser le chauffage lorsqu’on sort de la maison.

La préservation c’est savoir économiser de l’énergie, au niveau individuel et national, en vue de sauvegarder l’environnement que nous léguerons aux générations futures, mais, aussi, en vue de renforcer la réputation du Canada en tant que nouvelle superpuissance énergétique mondiale en plein essor.

Nous sommes le cinquième plus grand producteur d’énergie au monde.

Nous générons plus d’énergie hydroélectrique que tout autre pays au monde.

Nous effectuons des investissements importants dans des sources d’énergie renouvelables, telles que les biocombustibles.

Nous possédons le deuxième plus important gisement de pétrole au monde.

Et nous sommes le plus grand fournisseur d’uranium au monde.

Toutefois, de nos jours, il n’est pas suffisant de se trouver parmi l’élite des producteurs d’énergie. Le vrai défi que nous devons relever, en tant que nation responsable, est de faire partie de l’élite mondiale en tant que superpuissance d'énergie propre.

Ensuite, nous devons montrer au reste du monde que le Canada n’est pas seulement une superpuissance d'énergie propre, mais aussi un utilisateur d'énergie propre.

Nous le devons à ceux qui nous ont précédés, ceux dont les efforts ont permis de jeter les assises sur lesquelles nous cherchons aujourd’hui à trouver des moyens plus efficaces et plus écologiques d’exploiter nos ressources.

Nous le devons aussi aux Canadiens d’aujourd’hui, qui ont commencé à donner suite à leurs préoccupations concernant l’environnement.

Enfin, nous le devons à des collectivités comme celle d’Orillia, qui ont travaillé avec diligence pour intégrer la richesse de leur histoire naturelle dans leur environnement actuel, mais qui occupent également, de par la nature même de leurs ressources, une place privilégiée dans le paysage énergétique canadien.

Les cours d’eau qui ont permis à Orillia de devenir - en 1902 - la première municipalité en Amérique du Nord à avoir sa propre usine de transport d’énergie hydroélectrique sont les mêmes cours d’eau qui contribuent, encore aujourd’hui, à répondre aux besoins de l’Ontario en matière d’énergie, en fournissant une énergie propre, renouvelable et verte au réseau de distribution de la province.

La voie navigable Trent-Severn a une importance historique particulière dans cette région, tant pour le rôle qu’elle a joué dans le développement de l’énergie locale que pour les trésors culturels et naturels que l’on a trouvés sur ses rives au fil des ans.

Autrefois un élément important du réseau de canaux national du Canada, la voie navigable Trent-Severn est devenue, depuis, un catalyseur majeur pour l’industrie du tourisme du centre de l’Ontario et, année après année, une destination par excellence pour la navigation de plaisance. 

La voie navigable Trent-Severn, dont la construction a commencé en 1833 avec un écluse à Bobcaygeon, compte aujourd’hui 44 écluses et 18 installations hydroélectriques vertes le long de ses 386 km. Elle commence toutefois à  montrer des signes de vieillissement.

Des travaux d’entretien s’imposent.

Notre gouvernement a conféré à la voie navigable Trent-Severn le statut de Lieu historique national du Canada. En avril dernier, mon collègue John Baird, ancien ministre de l’Environnement, a annoncé une contribution de 63 millions de dollars pour la remise en état de la voie, à laquelle j’ai aujourd’hui le plaisir d’annoncer une contribution additionnelle de 20 millions de dollars.

Cet investissement servira à répondre aux besoins majeurs les plus pressants, à créer des emplois et à stimuler l’économie locale, tout en assurant la vitalité et la prospérité de cette précieuse voie navigable pour les années à venir.

Ces fonds permettront également à Parcs Canada de faire avancer des projets d’infrastructure visant à rendre les bassins hydrologiques plus sécuritaires, ce qui comprend notamment le renouvellement des barrages et des écluses de la voie qui sont rendus trop vieux.

En fin de compte, cette contribution de 83 millions de dollars permettra d’atteindre le plein potentiel de cette voie historique en tant que bien récréatif de renommée mondiale, source importante d’énergie électrique propre et renouvelable, facilitateur du renouvellement économique et modèle de viabilité environnementale.

Mesdames et messieurs, à première vue, il pourrait sembler y avoir contradiction entre les remarques que j’ai faites durant la première moitié de mon discours, concernant la collaboration entre le Canada et les États-Unis, la sécurité énergétique et la nécessité de déployer des efforts au niveau individuel pour lutter contre le changement climatique, et celles que j’ai faites durant la seconde moitié de mon discours, concernant les fonds alloués à la remise en état de la voie navigable Trent-Severn.

Je peux vous garantir que ces deux éléments sont inextricablement liés.

C’est fort simple : le Canada croit en la protection de l’environnement.

Et, que cela nous plaise ou non, les émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs industriels du Canada et dans notre environnement de tous les jours commencent à avoir une incidence sur l’environnement du Canada dans son ensemble.

Toutefois, en abordant l’un de ces éléments, nous protégeons l’autre.

Notre gouvernement est résolu à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à protéger les trésors nationaux comme la voie navigable Trent-Severn.

Et nous prenons cet engagement pour que tous les Canadiens puissent continuer de jouir de la splendeur des grands espaces du Canada et pour que vous puissiez tous continuer - comme l’a chanté le légendaire Gordon Lightfoot, le résident le plus aimé d’Orillia - « de passer l’été au bord du Lac Couchiching ».


Documents connexes :