Discours

Discours de

l’honorable Peter Kent, C.P., député,

ministre de l’Environnement

prononcé devant la Chambre de commerce
de Guelph

Guelph, Ontario

Le 25 janvier 2013

Bonjour. Je suis ravi d’être ici aujourd’hui pour prendre la parole devant vous.

À titre de ministre de l’Environnement du Canada, je reconnais et j’apprécie pleinement la valeur de notre vaste et magnifique environnement au Canada, et notre gouvernement est fermement résolu à assurer aux Canadiennes et aux Canadiens un accès à long terme à une eau douce, à un air pur et à un environnement sain.

Le Canada est le deuxième plus grand pays au monde. Il renferme la troisième plus grande réserve annuelle d’eau douce renouvelable, 25 % des terres humides du monde et 10 % des forêts; et il abrite plus de 70 000 espèces animales et végétales. Notre richesse environnementale est prodigieuse et inégalée. 

Le gouvernement du Canada est très conscient de la valeur et de l’importance de notre environnement. Nous reconnaissons que la conservation et la protection de l’environnement sont absolument essentielles à la santé, au bien-être et à la prospérité économique de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens.

À Environnement Canada, notre travail consiste à protéger l’héritage naturel du Canada à long terme. Il reste encore beaucoup à faire, mais, grâce à des faits scientifiques avérés, à un solide leadership et à des partenariats productifs, nous obtenons des résultats efficients et efficaces.

Des faits scientifiques avérés soutiennent, par exemple, notre capacité à gérer de façon responsable les problèmes environnementaux de plus en plus complexes et changeants, tels que les changements climatiques, les menaces à la qualité de l’air, de l’eau et de la biodiversité ainsi que l’exposition aux substances nuisibles à notre environnement. Au moment même où je vous parle, des experts scientifiques s’activent à surveiller les caractéristiques physiques, chimiques et biologiques de nombreux sites au Canada.

Des recherches du plus haut calibre possible nous assurent que nos politiques sont fermement fondées ou établies sur des données les plus fiables qui soient. Voilà l’une des nombreuses raisons pour lesquelles les règlements que nous adoptons sont reconnus mondialement. Dans la même veine, les Canadiennes et les Canadiens bénéficient au quotidien de prévisions météorologiques fondées sur des analyses et des avis scientifiques fiables. Je suis persuadé que vous êtes nombreux à avoir écouté un de nos bulletins météorologiques ce matin avant de prendre votre voiture pour venir ici.   

L’élaboration et la mise en œuvre des règlements dépendent aussi d’un solide leadership ainsi que d’une collaboration soutenue. Des partenariats efficaces permettent de faire progresser la protection de nos espèces en voie de disparition et de la riche biodiversité de notre pays; et ils accroissent considérablement la conservation des terres… tout comme ils ont contribué à la création d’un nombre record de nouveaux parcs. Ils jouent aussi un grand rôle en vue d’assurer la protection des Grands Lacs.

En tant que Torontois, les Grands Lacs occupent une place importante dans ma vie et celle de ma famille. Vous êtes des résidents de l’Ontario et je sais que, tout comme moi, vous vous intéressez beaucoup aux Grands Lacs. Ces derniers forment la plus vaste réserve d’eau douce de la planète et représentent environ 18 % des eaux douces de surface de la planète. Ils abritent plus de 3 500 espèces animales et végétales, et ils apportent des milliards de dollars annuellement à l’économie du Canada.

Nous partageons un profond engagement à protéger ces lacs et la santé des collectivités environnantes. L’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs, signé par le Canada et les États-Unis il y a plus de quarante ans, en 1972, souligne cet engagement.

Les temps ont changé, mais notre persévérance est inébranlable. L’automne dernier, nous avons collaboré avec les États-Unis afin de renforcer l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs. Nous avons renouvelé et renforcé les efforts en cours pour traiter les algues nuisibles, les produits chimiques toxiques et les déversements des navires qui naviguent sur les lacs. Nous avons aussi ajouté de nouvelles dispositions pour traiter des dossiers tels que les espèces aquatiques envahissantes, la dégradation de l’habitat et les effets des changements climatiques.

Aujourd’hui, cet accord sert de fondement à l’élaboration d’un nouvel accord Canada–Ontario concernant la qualité de l’eau et la santé de l’écosystème des Grands Lacs.

Nous mettons déjà en œuvre l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs. Nous avons récemment annoncé une contribution de 46,3 millions de dollars de la part du gouvernement du Canada à l’assainissement du récif Randle dans le port de Hamilton, le site le plus vaste et le plus contaminé du côté canadien des Grands Lacs.

Dans le cadre de l’Initiative sur les nutriments dans les Grands Lacs, nous investissons aussi 16 millions de dollars sur quatre ans pour lutter contre la récurrence des algues toxiques et nuisibles causée par les déversements excessifs de phosphore dans les Grands Lacs. Cette initiative vise principalement le lac Érié où les effets des algues sont les plus importants, mais elle vise également à élaborer une base de connaissances et une stratégie pouvant être aussi utilisées pour d’autres lacs. La croissance des algues est aussi ralentie par le règlement que nous avons adopté sur l’utilisation des phosphates dans les produits de nettoyage ménagers, les détergents et les savons de ménage.

Notre participation aux travaux de planification des bassins hydrographiques appuie aussi l’Initiative sur les nutriments dans les Grands Lacs. Un bon exemple de cette participation est notre collaboration aux travaux de restauration du bassin hydrographique de la rivière Grand. Nous avons apporté une contribution (de 36 000 dollars) et nous collaborons avec un certain nombre de partenaires pour réduire les effets considérables que le phosphore provenant de ce bassin a sur le lac Érié.  

Je sais qu’un grand nombre d’entre vous sont au fait de la valeur du lac Simcoe et du sud-est de la baie Georgienne, les deux étant d’importantes ressources naturelles, des sources essentielles d’eau potable et des moteurs économiques régionaux. 

Je le suis aussi. Nous avons donc commencé l’année du bon pied en annonçant un investissement de 29 millions de dollars dans l’assainissement du lac Simcoe et du sud‑est de la baie Georgienne. Ce fonds contribuera à rétablir la santé écologique de ces eaux et à améliorer la qualité de l’eau pour le bien des résidents et des espèces sauvages de cette région.

Cet important investissement s’inscrit dans la continuité du succès du fonds de 30 millions de dollars pour l’assainissement du lac Simcoe qui a couvert la période de 2007 à 2012. Il fait aussi partie du Plan d’action pour l’assainissement de l’eau du gouvernement, qui comprend des projets d’assainissement des sédiments contaminés dans les secteurs préoccupants des Grands Lacs, ainsi que des mesures de lutte contre la pollution pour le lac Winnipeg, comme notre engagement à consacrer 18 millions de dollars à la deuxième phase de l’Initiative du bassin du lac Winnipeg.  

Les mesures prises pour assainir et protéger les Grands Lacs sont soutenues par le Plan de gestion des produits chimiques du gouvernement du Canada, un plan internationalement reconnu dont le rôle est essentiel à la protection de la qualité de l’eau. Dans le cadre de ce plan, des mesures de contrôle limitent l’utilisation de produits chimiques toxiques, comme l’éther diphénylique polybromé, un produit ignifuge. Ces mesures interdisent leur utilisation et préviennent leur déversement dans les plans d’eau douce. Nous menons aussi des activités de surveillance afin de connaître le niveau d’exposition humaine et environnementale aux produits chimiques prioritaires dans un certain nombre de sites du bassin des Grands Lacs.

Nous collaborons aussi avec un certain nombre de partenaires, dont la Commission mixte internationale, afin de résoudre le problème des niveaux d’eau extrêmes dans les Grands Lacs. Les niveaux d’eau sont bas depuis plus de dix ans. Cette situation est particulièrement préoccupante lorsque les niveaux d’eau sont extrêmement bas dans la baie Georgienne, car les répercussions économiques pourraient être assez graves. C’est pourquoi nous avons adopté une approche équilibrée qui permettra de faire la différence.  

De plus, nous avons progressé dans la remise en état d’autres cours d’eau. Beaucoup d’entre vous connaissent le formidable travail accompli par Conservation de la nature Canada pour nous aider à protéger plus de 338 000 hectares de terres, où 126 espèces en péril y trouvent un habitat. La protection de l’habitat de l’île Manitoulin et des plaines du lac Rice n’en est qu’un des récents exemples. Conservation de la nature Canada, ainsi que sa contrepartie américaine et des partenaires publics et privés, s’est aussi joint à nous pour investir collectivement plus de 10 millions de dollars pour sauvegarder la vallée de la rivière Flathead, en Colombie-Britannique, un des plus emblématiques espaces naturels en Amérique du Nord. 

De même, nous incitons les Canadiennes et les Canadiens de toutes les couches de la société à participer à des initiatives de conservation par l’intermédiaire de programmes tels que le Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril et le Programme des dons écologiques. Le Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril fait partie de la stratégie nationale du Canada pour la protection des espèces. Dans le cadre de ce programme, plus de 2 000 projets ont été financés en vue de protéger plus de 160 000 hectares de terres entre 2001 et 2002. De plus, dans le cadre du Programme des dons écologiques, nous avons obtenu au moins 959 dons de terres privées valant plus de 594 millions de dollars et couvrant une superficie d’environ 1 440 kilomètres carrés. 

Dans le cadre du Plan d’action Saint-Laurent, renouvelé l’année dernière, nous effectuons une surveillance minutieuse dans le but de conserver la biodiversité, d’améliorer la qualité de l’eau et d’assurer l’utilisation renouvelable de ce grand fleuve.

La surveillance de la qualité de l’eau est aussi au cœur des travaux que nous avons entrepris pour assurer l’intégrité environnementale des sables bitumineux canadiens. Grâce au Plan de mise en œuvre conjoint Canada–Alberta pour la surveillance visant les sables bitumineux, annoncé en février dernier, nous pourrons obtenir le portrait le plus crédible qui soit sur le plan scientifique en ce qui concerne l’eau, l’air, le sol et la biodiversité dans la région.

J’ai consacré beaucoup de temps à parler des Grands Lacs et de la valeur de l’eau. Ce sont des questions qui nous sont chères, mais, comme toutes les questions environnementales, elles ne peuvent pas être considérées isolément. Les questions environnementales sont intrinsèquement liées. Les changements climatiques, par exemple, constituent une question clé qui a une incidence sur la quantité et la qualité de l’eau dans les Grands Lacs. Ils mettent en lumière notre engagement à prendre des mesures significatives pour protéger l’avenir de notre environnement, de notre population et de notre économie.

Dans le cadre de notre plan national, nous élaborons et mettons en oeuvre une approche réglementaire sectorielle visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous sommes déterminés à respecter les engagements que le Canada a pris à Copenhague en vue de réduire de 17 % ses émissions d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 2005. Au cours de l’année dernière, nous avons présenté un projet de règlement sur les émissions de gaz à effet de serre des véhicules lourds routiers des années modèles 2014 à 2018, et nous avons proposé des normes pour le secteur maritime qui contribueront à réduire les émissions de gaz à effet de serre et les polluants atmosphériques.

De plus, nous avons déposé un règlement visant les nouveaux véhicules à passagers et les camions légers des années modèles 2017 et subséquentes. Grâce à ce règlement, les véhicules sortant de la chaîne de montage en 2025 produiront près de 50 % moins d’émissions de gaz à effet de serre et consommeront jusqu’à 50 % moins de carburant que les modèles produits en 2008. Cette amélioration du rendement du carburant devrait faire économiser aux Canadiennes et aux Canadiens jusqu’à 900 dollars de carburant par année par voiture, et ce, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de 162 mégatonnes.

Ces initiatives viennent s’ajouter au règlement sur les gaz à effet de serre déjà adopté pour les véhicules à passagers et les camions légers des années modèles 2011 à 2016. Nous avons aussi adopté un règlement visant la production d’électricité au charbon, ce qui fait du Canada le premier pays à interdire la construction de nouvelles centrales alimentées au charbon utilisant des techniques traditionnelles. De plus, cette approche fonctionne.

Le Canada est maintenant à mi-chemin d’atteindre la cible qu’il s’est fixée à Copenhague. En continuant sur cette lancée, nous cherchons à obtenir des réductions supplémentaires dans le secteur pétrolier et gazier.  

Sur la scène internationale, nous respectons les engagements que nous avons pris envers les Nations Unies, dans le cadre de l’Accord de Copenhague, une cible qui continue stimuler des efforts visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre au pays. Nous finançons des programmes qui visent à valoriser l’agriculture durable et à protéger des forêts dans les pays en développement. De même, nous participons aux sommets mondiaux sur le développement durable, comme celui de Rio+20, et nous collaborons avec nos homologues continentaux aux États-Unis et au Mexique afin de concrétiser un programme environnemental commun. Nous nous sommes aussi concertés avec les États-Unis pour les normes d’émissions visant les véhicules légers et les véhicules lourds.

Le Canada est également un membre fondateur de la Coalition pour le climat et l’air pur, une nouvelle initiative multilatérale visant à réduire les polluants de courte durée de vie ayant un effet sur le climat, des polluants qui ont un important effet immédiat sur le réchauffement de la planète. Depuis son lancement, la Coalition prend décidément de l’ampleur alors que le nombre de ses membres est passé de six à vingt pays. Nous avons aussi joué un rôle influent à Durban dans l’élaboration d’une plateforme sur les changements climatiques qui nous rapproche de la visée selon laquelle tous les grands émetteurs s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.  

Avec un regard sur l’année 2012, le Canada a certainement connu de nombreuses réussites. Nous concevons un cadre qui permettra de progresser et de protéger notre environnement pour les générations à venir. Nous continuerons à collaborer avec les Canadiennes et les Canadiens, dont un grand nombre d’entre vous. Nous ferons appel à des experts scientifiques et nous nous appuierons sur des données scientifiques fiables pour poursuivre notre approche équilibrée et durable en matière d’environnement. Les générations futures seront les grands bénéficiaires des efforts communs que nous déployons aujourd’hui.

Je vous remercie.