Discours

Notes d’allocution de
l’honorable Peter Kent, c.p., député,
ministre de l’Environnement,
prononcées à l’occasion de l’annonce
concernant l’adaptation du pays aux changements climatiques
Toronto (Ontario)
Le 8 novembre 2011

La version prononcée fait foi

Je suis particulièrement heureux d’être ici aujourd’hui. C’est lors d’un dîner du Toronto Economic Club que j’ai prononcé mon premier discours à titre de ministre de l’Environnement, en janvier dernier. C’était aussi la première fois, à ce titre, que je présentais la stratégie sectorielle du gouvernement en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de lutte contre les changements climatiques.

C’est un plan national qui comporte également un important volet international. Et aujourd’hui, je suis ici pour vous mettre au fait du stade où nous en sommes et des étapes à venir.

En cette époque où la relance économique, les emplois et la prospérité sont les centres d’intérêt au pays et à l’étranger, il est plus important que jamais de s’assurer de demeurer engagé à améliorer l’environnement.

Richard Florida, un expert en innovation affilié à la Rotman School of Management, fait référence à cette époque de notre histoire économique comme étant une « grande remise à zéro ». Voilà un terme que j’aime bien parce qu’il reflète les possibilités d’amélioration et de renouvellement positives qui sont trop souvent éclipsées par les nouvelles négatives ayant dominé nos vies ces derniers mois.

Une des possibilités associées à cette remise à zéro est de mieux intégrer nos objectifs environnementaux dans la structure économique et l’infrastructure du Canada. Il s’agit là d’un moyen de nous assurer que nous maximisons notre compétitivité dans un domaine mondial en pleine effervescence.

Mettre en œuvre notre plan environnemental et notre cadre de réglementation de façon claire est un gage de la certitude qui encourage les entreprises à dépenser de l’argent pour moderniser leurs installations et créer des emplois pour les Canadiennes et les Canadiens.

Cela signifie que, même si nous sommes actuellement dans une période caractérisée par des restrictions budgétaires réelles – un aspect que notre gouvernement prend vraiment au sérieux –, le moment est propice pour faire des investissements qui positionneront l’économie canadienne pour l’avenir.

Il ne fait aucun doute que nos entreprises nationales peuvent être plus productives et plus efficientes que jamais tout en continuant à se conformer aux cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre et aux autres normes environnementales que nous avons mises en place.

Toutefois, il est aussi important que la réalité des changements climatiques soit bien comprise et proactivement abordée.

C’est pourquoi j’annonce aujourd’hui que le gouvernement du Canada dépensera 148,8 millions de dollars au cours des cinq prochaines années pour aider notre pays à s’adapter aux changements climatiques.  

Ce financement, qui servira à élargir 10 programmes de 9 ministères, nous permettra d’apporter une réponse scientifique crédible aux effets qu’entraînent, et entraîneront, les changements climatiques sur notre économie, notre santé, notre sécurité et, en particulier, nos collectivités autochtones et nos collectivités du Nord.

Soyons clairs cependant, seul un accord international qui engage tous les grands émetteurs aura le meilleur résultat en matière de lutte contre les changements climatiques.

Ce financement tire profit des 85,9 millions que nous avons dépensés au cours des quatre dernières années – et vient les renforcer. Il servira à aider les provinces, les territoires, les municipalités et autres entités à renforcer leurs connaissances fondées sur la science et à concevoir des stratégies pratiques visant à faciliter l’adaptation du pays aux changements climatiques.

À l’échelle internationale, le gouvernement s’est également engagé à élaborer une réponse stratégique en matière de changements climatiques. C’est une question d’intérêt personnel éclairé : si nous voulons que le Canada relève les défis environnementaux de l’avenir, nous devons aider les autres à en faire autant.

C’est pourquoi le Canada est l’un des premiers pays à fournir sa juste part de financement pour l’adaptation aux changements climatiques à l’intention des pays en voie de développement, un engagement pris dans le cadre de l’Accord de Copenhague.

Entre autres mesures, nous avons consenti 400 millions en financement accéléré pour l’exercice 2010-2011 pour aider les nations les plus pauvres et les plus vulnérables du monde à développer des options d’énergie propre, à aborder les problèmes causés par la déforestation et à stimuler l’agriculture durable.

Sur quatre ans, nous contribuons aussi 238,4 millions au Fonds pour l’environnement mondial. Une partie de cette somme provient de l’enveloppe de financement accéléré; le reste vient de l’enveloppe de l’aide internationale.

En retour, ce financement renforce nos 100 millions de dollars contribués en 2008-2009 au programme pilote de la Banque mondiale pour la résistance aux chocs climatiques.

En d’autres mots, nous avons mis en œuvre un plan d’action proactif en matière de changements climatiques sur les fronts national et international, un plan adapté aux besoins spécifiques du Canada, mais fondé sur nos engagements pris aux récents sommets des Nations Unies sur les changements climatiques, qui se sont tenus à Copenhague et à Cancún.

Chaque année à la fin de novembre, les Nations Unies tiennent une rencontre spéciale, la Conférence des Parties, ou COP, pour discuter des changements climatiques et définir les initiatives multilatérales nécessaires pour lutter contre ces changements climatiques.

Cette année, la 17e COP aura lieu à Durban, en Afrique du Sud. Ayant assisté récemment aux séances préparatoires à cette grande rencontre, je peux vous assurer que la saison de la COP a un microclimat très distinct : il a tendance à être très chaud... et parfois très venteux.

De plus, le Canada participe activement au Forum des économies majeures, qui réunit 17 membres, ainsi qu’à des groupes de travail sur l’environnement continentaux et bilatéraux avec les États-Unis et le Mexique.

C’est à la 15e rencontre de la COP en 2009 que le Canada et tous les autres grands émetteurs ont conclu l’accord historique de Copenhague. Nous avons par la suite établi les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui sont la visée aujourd’hui de notre stratégie environnementale sur les scènes nationale et internationale.

Notre engagement à réduire les émissions de notre pays de 17 % d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 2005 a été délibérément harmonisé avec les cibles établies par les États-Unis, notre plus important partenaire commercial et plus proche voisin. Et cela est juste, compte tenu de la nature intégrée de nos économies et environnements respectifs.

À Cancún, à la 16e COP, le Canada s’est appuyé sur l’Accord de Copenhague, qui prévoit le financement auquel j’ai fait référence un peu plus tôt, pour rédiger une série d’ententes complètes.

Bien entendu, il n’est jamais facile d’atteindre un consensus lorsque de si nombreux pays, aux circonstances si diversifiées, sont assis à la table.

Cependant, la position du Canada à l’égard d’un si grand nombre de programmes environnementaux concurrents a toujours été fort simple – et continue à l’être : nous n’appuierons que les ententes en matière de changements climatiques qui sont signées et ratifiées par tous les grands émetteurs.

Il s’agit là d’une approche directe et pratique.

N’oublions pas que nous avons déjà déclaré que, peu importe l’ampleur de la pression internationale, nous n’accepterons pas d’établir une cible pour une seconde période d’engagement dans le cadre du Protocole de Kyoto.

Le Protocole de Kyoto ne répond pas à notre critère simple : il n’a pas été signé par tous les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre du monde. Cela signifie qu’il couvre au bout du compte moins de 30 % des émissions mondiales.

Sincèrement, nous pouvons faire mieux – et nous l’avons déjà fait – avec l’Accord de Copenhague, qui est signé par tous les grands émetteurs et qui incorpore des cibles de réduction des émissions ambitieuses pour chacun d’entre eux.

Les ententes supplémentaires prises à Cancún il y a un an sont des compléments à l’Accord et établissent en outre un modèle exploitable à des fins d’améliorations continues dans l’avenir.

En tant que gouvernement, notre principale mission est de prendre les meilleures décisions possibles pour le Canada et son contexte environnemental, économique et social particulier.

Les autres pays ont le droit de fonder leurs décisions et leurs mesures d’action sur ce qu’ils croient être le mieux par rapport à leurs propres circonstances. Nous avons d’ailleurs confiance en notre plan, et cette confiance est inébranlable.

La raison pour laquelle nous sommes si confiants est bien simple : c’est que notre plan fonctionne.

Grâce à notre approche sectorielle et aux travaux réalisés par les provinces, nous avons maintenant réalisé 25 % du chemin à parcourir en vue d’atteindre notre cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020.

Nous avons introduit de nouveaux règlements en matière d’émissions visant les voitures et les camions. Nous travaillons à mettre au point le règlement qui porte sur l’élimination progressive de l’utilisation du charbon pour la production d’électricité. Nos normes en matière de carburant renouvelable ont fixé à 5 % la teneur en éthanol dans l’essence utilisée par les voitures et les camions.

Alors même que nous nous penchons sur le long terme, nous ne négligeons pas les perspectives à court terme en matière de lutte contre les changements climatiques.

De concert avec les États-Unis et le Mexique, le Canada cherche des moyens de réduire les particules de suie et les émissions d’autres gaz, dont le méthane et l’ozone, que l’on nomme les agents de forçage climatique à courte durée de vie. À court terme, ces agents contribuent dans une proportion de 30 à 40 % au réchauffement de la planète.

Un tel travail apporte un complément à diverses initiatives réglementaires et internationales existantes et promet des résultats spectaculaires.

Beaucoup d’autres initiatives sont à venir, mais soyons logiques : aucune solution rapide n’existe pour aborder les changements climatiques.

Se pencher sur cet enjeu est un processus largement axé sur la consultation, un processus qui exige un équilibrage et un rééquilibrage bien dosés des considérations économiques et environnementales, à l’échelle nationale et internationale. Il exige aussi de la concentration, de la pertinence et de la détermination.

Tandis que la prochaine rencontre de la COP aura lieu dans quelques semaines à peine, il ne fait aucun doute que la discussion sera plutôt animée au sujet de la meilleure façon de gérer la menace que représentent les changements climatiques. Il est par ailleurs évident que les différences et les désaccords susciteront toute l’attention du public : en effet, ce sont là de gros titres plus dramatiques…

Je vous remercie de votre attention.