Discours
Notes d’allocution de
l’honorable Jim Prentice, C.P., c. r., député,
ministre de l’Environnement
prononcées à l’occasion de l’annonce du projet de
règlement visant la production d’électricité
dans le cadre des
Forums canadiens sur l’énergie
Ottawa (Ontario)
Le 15 juin 2010
L’allocution prononcée fait foi.
Bonjour. Je vous remercie de m’avoir invité à venir vous parler aujourd’hui.
C’est la première occasion qui m’est offerte de voir le Musée de la nature, fraîchement rénové. Je vous en félicite.
Je suis malheureusement entre deux âges. Finie, l’époque où mes filles me traînaient d’exposition en exposition, et me prouvaient que j’étais plus un enfant qu’elles, mais je suis encore un peu trop jeune pour que mes petits-enfants en fassent autant.
Ce musée est un endroit exceptionnel, et toutes les familles du Canada devraient le visiter.
Mes remerciements pour votre invitation sont sincères : le portefeuille de l’environnement n’est jamais ennuyeux. Je reviens à peine de Gwaii Haanas, où je suis allé en kayak explorer le dernier-né des parcs nationaux du Canada – l’aire marine de conservation de Gwaii Haanas – les Galapagos du Canada, une zone protégée des profondeurs de l’océan jusqu’au sommet des montagnes. Il s’agit d’une première réalisation de ce genre au Canada, sur la planète.
Avant cela j’étais à Ilulissat, au Groenland, où j’ai vu d’immenses icebergs de l’Arctique, qui s’étaient détachés du glacier continental du Groenland.
Les six derniers mois ont aussi été exceptionnellement remplis d’action, au chapitre de l’élaboration de politiques. La préparation de mon allocution a été pour moi une occasion de réfléchir plus longuement à notre orientation stratégique, de faire le bilan de tout ce que nous avons accompli et de mettre le tout en contexte.
Ceux qui sont fiers des réalisations du Canada en matière d’environnement peuvent montrer du doigt tout ce que nous avons réussi à faire depuis 18 mois.
Nous poursuivons également le Dialogue sur l’énergie propre instauré par le premier ministre Harper et le président Obama durant la visite de ce dernier il y a un an et demi. Le secrétaire à l’Énergie Chu et moi‑même avons mis sur pied des groupes de travail mixtes qui œuvrent à la réalisation de 20 initiatives conjointes sur l’énergie propre dans trois domaines clés.
Le premier est la capture et le stockage de carbone qui, selon les deux pays, a un énorme potentiel de contrôle des émissions de gaz à effet de serre. Le deuxième domaine porte sur la mise au point d'un réseau électrique amélioré, fondé sur la régénération d’énergie propre et renouvelable. Le troisième domaine du Dialogue consiste à encourager la recherche, le développement et le déploiement en matière d'énergie propre.
En tout et pour tout, il y a beaucoup de possibilités de collaboration sur les technologies respectueuses du climat et à faibles émissions de carbone dans le cadre du Dialogue sur l'énergie propre. Nous participons à une course mondiale pour trouver des technologies qui réduisent notre incidence sur l'environnement. Les pays en avance seront les pays qui établiront la prospérité pour les générations à venir.
Nous aussi avons négocié et signé un nouvel accord international sur les changements climatiques à Copenhague.
La Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques à Copenhague a été un franc succès. Le Canada a tenu ferme et a obtenu ce qu’il souhaitait : un accord international qui a l’appui de tous les principaux émetteurs et qui considère les changements climatiques comme un enjeu mondial qui nécessitent une intervention mondiale.
Nous avons ensuite aligné nos cibles de Copenhague à l’échelle continentale – en harmonisant notre engagement à réduire nos émissions de 17 % d’ici 2020, comparativement aux niveaux de 2005.
Ce processus international est un processus continu. Le prochain sommet sur les changements climatiques aura lieu au Mexique, en novembre. Comme c’est le cas depuis le début, le Canada continue de jouer un rôle très actif dans la réalisation des termes de l’Accord de Copenhague.
Depuis les deux dernières semaines, notre équipe, qui se trouve à Bonn, participe à la première séance de négociations complète depuis décembre dernier. Je vous annonce avec plaisir que des progrès importants ont été accomplis dans un certain nombre d’aspects clés, comme la surveillance, la présentation de rapports et la vérification, qui est délicate pour de nombreux États, car il requiert une transparence exceptionnelle. L’adaptation, les finances et la technologie ont également fait l’objet de discussions dans cette ronde de négociations.
Il convient aussi de mentionner que le Canada a assumé sa juste part de responsabilité internationale à l’égard de l’environnement. À Copenhague, nous nous sommes engagés à contribuer au fonds d’action rapide, et nous avons tenu cette promesse. Le Canada émet 2 % des gaz à effet de serre du monde. Pour le premier volet de cet engagement, nous avons annoncé, il y a deux semaines, une augmentation de l’apport du Canada au Global Environment Fund.
Après avoir établi un cadre de travail international et une cible continentale claire, nous avons entrepris de réglementer les émissions du Canada, une source à la fois, en agissant de manière responsable pour imprimer à nos émissions une trajectoire descendante.
Nous avons commencé par le secteur des transports parce que celui-ci est la source de 27 % de nos émissions de carbone. Nous avons alors annoncé de rigoureuses normes continentales visant les émissions des tuyaux d’échappement des véhicules à passager et des camions légers. Cela a été le premier sujet de discussion avec le président Obama lors de sa visite au Canada, à la suite de son élection.
Nous ne nous sommes pas arrêtés là. Nous avons annoncé la même approche le mois dernier pour chacune des 15 catégories de camions lourds – des normes continentales, élaborées au Canada et aux États-Unis, qui s’appliquent à l’ensemble de l’économie. Et ce n’est pas tout. Nous avons des groupes de travail qui se penchent sur le cas des navires, des trains et des avions.
Nous avons formulé un nouveau règlement qui exige une concentration en biocarburant dans l’essence et le diesel.
Nous avons déposé un nouveau règlement qui exige une concentration en biocombustible dans l’essence et le diesel.
Par conséquent, à compter de septembre 2010, l’essence devra contenir 5 % de carburant renouvelable. D’ici 2011, nous aurons également une exigence de 2 % pour le diesel et l’huile de chauffage. En plus des règlements provinciaux coordonnés, cela entraînera une réduction annuelle d’environ quatre mégatonnes d’émissions de gaz à effet de serre de moins – c’est comme si on avait retiré un million de véhicules de la route.
Alors, ne laissez personne dire que le Canada n’est pas fermement résolu à réduire les émissions de gaz à effet de serre, ni à porter sa juste part de la responsabilité internationale.
Dans le cadre de nos initiatives visant à faire du Canada un pays propre et vert, nous avons annoncé les toutes premières normes nationales du Canada visant l’assainissement des eaux usées municipales – confrontant, ce faisant, ce que certains appellent le « sombre secret du Canada ». Nous continuerons à collaborer avec les provinces et les municipalités pour mettre fin au déversement d’effluents non traités dans les rivières, les lacs et les océans du Canada.
Il s’agit là d’une tâche ardue – et coûteuse –, mais notre intendance responsable de l’eau est pour nous une priorité majeure.
Bien qu’il varie de collectivité en collectivité, le montant total de la facture pour l’assainissement des eaux usées du pays devrait totaliser de 10 à 13 milliards de dollars au cours des 30 prochaines années.
Le gouvernement fédéral s’est déjà engagé à contribuer au financement de ces travaux.
Depuis 2007, il a dépensé, ou a engagé des dépenses, de plus de 3,25 milliards pour l'infrastructure de service d'eau ou de traitement des eaux usées. Ce financement comprend 740 millions de dollars qui seront répartis entre 1 100 projets axés sur les eaux usées partout au Canada financés par le fonds de stimulation de l'infrastructure. De plus, le gouvernement a donné au Fonds de la taxe sur l'essence un caractère permanent et l'a doublé à 2 milliards de dollars par année.
Il s’agit d’un financement sur lequel les municipalités peuvent compter et qu’elles peuvent utiliser pour satisfaire à de futures normes nationales sur le traitement des eaux usées et la modernisation des installations.
L’eau est également un facteur dans un autre secteur dans lequel nous avons travaillé fort. La conservation me tient personnellement à cœur, et je suis fier de nos réalisations à cet égard.
Pour ceux d’entre vous qui ont suivi l’actualité, nous avons agrandi le réseau de parcs nationaux du Canada de 30 %. Nous avons élargi le parc Nahanni, qui fait maintenant six fois sa superficie originale. Nous avons mis au point l’aire marine de conservation de Gwaii Haanas. Nous avons annoncé la création d’un nouveau parc dans la région des monts Mealy, au Labrador, un parc qui est plus grand que Yellowstone et Yosemite réunis. Nous avons annoncé une nouvelle aire marine de conservation en Arctique, à Lancaster Sound. Avec l’aval de la NouvelleÉcosse, nous avons intégré la légendaire île de Sable à notre réseau national de parcs.
Nous collaborons avec l’Alberta et le secteur du pétrole pour nous assurer que nos règlements actuels sur l’environnement sont rigoureusement appliqués à la lumière des meilleures données scientifiques qui soient, et nous envisageons aussi d’autres politiques pour faire en sorte que le développement de ressources comme les sables bitumineux se fasse de manière favorable à l’environnement durable.
Nous avons donc fait beaucoup, et nous en sommes fiers. La semaine dernière, la Société pour la nature et les parcs du Canada a applaudi notre travail concernant l’aire marine de conservation de Gwaii Haanas; elle disait apprécier ce pas dans la bonne direction.
Et David Suzuki a mentionné qu’il s’agissait d’une approche révolutionnaire et de calibre mondial en matière de conservation.
Revenons à l’électricité maintenant.
Mesdames et Messieurs, nous avons fait tout cela en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre, dans le respect de nos principes fondamentaux : un ferme engagement à l’égard d’un accord international viable relativement aux changements climatiques; le respect des cibles de réduction des gaz à effet de serre qui représentent la réalité économique et géographique du Canada; une étroite harmonisation de nos politiques et règlements avec ceux de l’administration Obama en reconnaissance de la proximité de nos économies et territoires; une consultation continue des provinces et des intervenants pour nous assurer de bien calibrer les politiques et règlements requis afin de lutter contre les changements climatiques à l’échelle nationale, continentale et internationale.
Ces principes continueront de définir les prochaines étapes de notre démarche en matière de réduction des émissions de carbone, laquelle consiste à tirer profit du travail que nous faisons dans le secteur des transports.
Le gouvernement du Canada est déterminé à ce que le pays maintienne et rehausse sa réputation de superpuissance de l’énergie propre. Pour ce faire, notre réseau électrique doit être le plus propre du monde.
Nous nous en acquittons déjà plutôt bien. Soixante-quinze pour cent du réseau électrique du Canada n’émet absolument pas de carbone. Nous figurons au nombre des producteurs d’hydroélectricité les plus efficaces, et la population canadienne en est fière.
Nous aspirons à faire encore plus. Et nous le pouvons.
Le Canada a l’occasion de définir des politiques réglementaires unique qui doteront le pays du réseau électrique le plus propre de tous les pays membres du G8 ou du G20.
Nous avons souvent souligné le besoin de coordonner les principales décisions et actions en matière d’environnement avec celles de nos partenaires continentaux. Cette approche alignée s’appuie sur les considérations pratiques que, dans des secteurs comme le transport, nous conduisons les mêmes automobiles et camions. De plus, les camions lourds, les avions, les trains et les bateaux, que nous utilisons, pour la majorité, sont communs aux deux côtés de la frontière. On pourrait en dire autant si, sur le marché nord‑américain, des normes s’appliquaient à des produits comme des appareils électroniques et électroménagers.
Par contre, cela n’est pas toujours le cas. Nos pays sont différents. Dans des secteurs comme l’électricité, où les conjonctures du Canada et des États-Unis divergent, nous n’hésiterons pas à suivre une orientation stratégique qui reflète notre conjoncture.
Nous reconnaissons que, dans certains secteurs stratégiques, nous devrons agir par nous‑mêmes. L’un des secteurs sur lequel nous portons notre attention est, par exemple, la calibration des besoins des intervenants canadiens en fonction de nos objectifs environnementaux précis. Il s’agit d’un processus qui exige une consultation et un examen minutieux, ainsi que du courage et de la confiance.
Quoi qu’il en soit, nous avons la responsabilité, en tant que pays, de réduire nos émissions de carbone, et, pendant ce temps, à mesure que la technologie progresse, la consommation de charbon reste la plus importante source d’émissions ponctuelle du pays. En tant que nation, nous avons la chance d’avoir les compétences technologiques, les énergies de remplacements et les ressources qui nous permettent de réduire ces émissions, et c’est exactement ce que notre gouvernement compte faire.
Nous avons l’expertise et les qualités nécessaires pour apporter des changements importants en temps opportun. Mais, au bout du compte, il ne s’agit pas seulement de nous. Pour nous, nos enfants et nos petits-enfants, nous nous devons de prendre les bonnes décisions pour l’avenir du Canada et pour l’environnement.
Je vous remercie.
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