Discours

Notes d'allocutions pour
l’honorable Jim Prentice, C.P., C.R., Député,
ministre de l'Environnement
prononcées devant les membres de la
School of Public Policy et de la School of Business de l'Université de Calgary, 
Calgary (Alberta)
Le 1er février 2010

Je vous remercie, Mesdames et Messieurs, de m’avoir invité à prendre la parole devant vous ici aujourd’hui.  

Le fait d’avoir à respecter un horaire de voyage chargé, en plus de mettre à l’épreuve votre patience et la durabilité de vos bagages, vous permet de réellement vérifier vos hypothèses et de voir d’un nouvel œil certains fleurons que l’on finit par ne plus voir dans sa propre cour. Et, pour moi, un de ces fleurons est l’Université de Calgary, que j’ai fréquenté sans toutefois y obtenir un diplôme parce que, soit dit en passant, je suis diplômé d’un autre établissement.

D’ailleurs, partout où je vais, je suis impressionné par la réputation de notre université et par le respect qu’elle commande à l’échelle du pays. L’assistance d’aujourd’hui témoigne vraiment encore de l’importance de l’Université de Calgary. Il ne s’agit peut-être pas de la plus vieille université au Canada, mais certainement d’une des plus dynamiques.  

De plus, comme vous, à titre de Calgarien, je suis fier de la Haskayne School of Business, qui est nommée en l’honneur de mon ami, mentor et voisin, Dick Haskayne. De plus, nous savons que l’avenir sera reluisant pour la nouvelle School of Public Policy, qui sera sous la direction de Jack Mintz. Je dis souvent, à titre de ministre, que je crois fermement au fait qu’il est impossible d’atteindre l’excellence dans le secteur des politiques publiques sans parler aux gens. Je suis donc ici dans cet esprit.  

En 2009, mon itinéraire de voyage et politique le plus difficile a certainement été la Conférence sur les changements climatiques tenue à Copenhague. C’est d’ailleurs sur ce point que j’aimerais commencer mon discours aujourd’hui.  

Il est impossible d’exagérer la complexité du dossier des changements climatiques. Ce dossier touche tous les secteurs de l’économie ainsi que toutes les Canadiennes et tous les Canadiens – qu’ils habitent en milieu rural et en milieu urbain – dans presque tous les aspects de leur vie quotidienne. Il s’agit d’un problème à la fois local, national, continental et mondial. Du même coup, il s’agit d’un problème lié à la science, aux affaires, aux politiques publiques et à la politique.

Le gouvernement du Canada a maintenant compris l’importance – ainsi que la complexité, je dirais – de la Conférence de Copenhague et du processus préalable. Nous étions bien organisés et nous étions bien préparés, et les résultats obtenus font suite à une année de travail ardu de la part des 17 membres du Forum des principales économies instauré par le président Obama.

Et pour être franc, ce qui a été accompli à Copenhague de la Conférence est mal compris aujourd’hui, tout comme l’a été l’importance fondamentale du résultat envers nous, les Canadiennes et les Canadiens. Cela est en partie attribuable au fait que les changements climatiques constituent un problème idéologique à un tel point que les reportages présentés dans les médias ont souvent semé la confusion, ils ont été nombreux et ils ont fait naître un sentiment de sensationnaliste. Par conséquent, ce processus déjà difficile l’est devenu davantage. 

L’Accord élaboré durant ces deux semaines de travail intense en décembre dernier, qui a culminé le 18 décembre,  représente un tournant majeur, pour le Canada et pour tous les autres pays qui l’ont signé.  

L’Accord de Copenhague est fondé sur ce que le gouvernement fédéral fait valoir depuis plus de trois ans et traduit ce que nous avons négocié durant plus d’un an. Et nous appuyons fermement cet accord. Il va de pair avec les principes que nous avons énoncés à titre de gouvernement, parfois à contre‑courant, à la table sur les changements climatiques.

D’un côté, l’Accord est soutenu par les États-Unis, ce qui signifie que notre objectif d’aligner notre politique sur leur politique fait maintenant partie d’un cadre solide.

D’un autre côté, l’Accord permet la création d’une communauté fonctionnelle internationale qui vise réellement un objectif commun, nommément la lutte contre les changements climatiques en se fondant sur des principes et de façon exhaustive. En tant que membre respecté et pleinement actif de la communauté, le Canada n’est pas seul à faire face à ce défi.

L’Accord reconnaît que les changements climatiques constituent un problème mondial qui nécessite bien sûr une réaction mondiale.

  • Il prévoit des engagements précis en matière d’atténuation de la part des grands pays émetteurs;
  • Il prévoit également des mécanismes de présentation de rapports et de suivi des progrès effectués par l’ensemble des Parties dans le respect de leurs engagements de transparence;   
  • Il prévoit des apports financiers prévisibles et progressifs dans le but de contribuer à la mise en œuvre de mesures d’atténuation et d’adaptation à l’échelle mondiale.  

De plus, au fil du temps, les politiques internationales et nationales du Canada et des autres pays signataires seront fondées sur l’Accord de Copenhague. Et il s’agit du premier accord mondial exhaustif sur les changements climatiques qui comprend des engagements de la part de toutes les grandes puissances industrielles émettrices, comme les États-Unis, la Chine et l’Inde.   

Le fait d’avoir rapproché si près d’un point commun un si grand nombre de pays et de programmes constitue aujourd’hui une réussite remarquable. Pourtant, malgré toute l’attention accordée à la Conférence de Copenhague durant ces deux semaines, la plupart des travaux ont en réalité été effectués au cours de l’année qui a précédé, et ce, par la voie d’une longue série de négociations multilatérales raisonnablement discrètes.   

Une bonne partie des travaux a été faite par la voie du Forum des principales économies et aussi du Dialogue sur l’énergie propre entre le Canada et les États-Unis. Et je vous aujourd’hui que le Canada continuera de travailler sans relâche par ces deux voies.

Au bout du compte, toutefois, l’Accord de Copenhague sera fructueux non seulement parce qu’il nous permettra tous d’aller de l’avant, mais également grâce à la façon dont il sera mis en œuvre.

Cet accord est fondé sur les initiatives entreprises par des gouvernements nationaux, sur l’intégration de tous les principaux joueurs et sur des solutions pratiques. Maintenant, mes amis, il tranche nettement sur l’ancienne approche enchâssée dans le Protocole de Kyoto. 

Mais par-dessus tout – et il s’agit peut-être de la plus grande différence – nous avons l’intention de respecter l’Accord de Copenhague. Nous avons également l’intention de collaborer avec les autres pays signataires pour en faire, au cours de la prochaine année, un traité international exhaustif ayant force exécutoire, ce que le gouvernement précédent n’a jamais eu l’intention de faire avec le Protocole de Kyoto – selon ce qu’a admis publiquement au moins un conseiller principal en politiques du Parti libéral. Le Protocole aurait plutôt été utilisé pour galvaniser l’opinion publique canadienne dans le domaine des changements climatiques. Je tiendrai à un autre moment une discussion fascinante sur les dangers de galvaniser l’opinion publique lorsqu’il n’y a pas de consensus social et que les divergences d’opinions sont régionalisées et profondes, mais ce sera pour une autre fois.

Notre gouvernement respecteral’Accord de Copenhague, parce que celui‑ci correspond à la position adoptée par le Canada en matière de changements climatiques et qu’il nous aidera à atteindre notre objectif ultime, soit de devenir une superpuissance de l’énergie propre. Il s’agit également d’un document d’ordre pratique qui reconnaît l’existence de plusieurs mécanismes de lutte contre les changements climatiques. Et il tient compte des contraintes spécifiques des pays tout en leur permettant de tirer profit de leurs forces respectives.

Le fait que l’Accord vise à construire un pont durable entre les pays développés et les pays en développement est également une des raisons pour lesquelles le Canada a accepté sans hésiter de contribuer sa juste part au fonds de démarrage rapide de 30 milliards de dollars. Et ce fonds aidera les pays les plus pauvres et les plus vulnérables à mettre en œuvre des mesures d’atténuation et d’adaptation, à renforcer leurs capacités et à encourager le transfert de technologies. Ce financement constitue la première étape de la mise en place du nouveau Fonds vert pour le climat.

Le gouvernement contribuera par d’autres moyens et de façon active aux initiatives multilatérales visant à convertir le nouvel accord de principe en un traité international exhaustif ayant force exécutoire.   

Nous avons fait les premiers pas dans ce sens en fin de semaine, en déposant auprès des Nations Unies notre cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre : une réduction de 17 p. 100 d’ici 2020 par rapport à l’année de référence 2005.  

Nous avons ajusté notre cible précédente afin qu’elle corresponde exactement à celle que les États-Unis viennent d’annoncer. Et nous affirmons depuis le début du processus que nous devons harmoniser notre stratégie sur les changements climatiques avec celle de notre plus important partenaire commercial en raison du niveau d’intégration économique entre nos deux pays. Et cette harmonisation est un élément important de la réussite de l’Accord.  

Mais il faut se rendre à l’évidence : il est tout à fait contre-productif et inutile au bout du compte pour le Canada et pour les entreprises canadiennes de faire cavalier seul, et de fixer et de viser des cibles qui finiraient par nuire au commerce et nous imposer un désavantage concurrentiel. 

Et, honnêtement, le nouveau règlement sur les véhicules proposé par la province de Québec est un bon exemple de gestes irrationnels tentés en vue d’obtenir une approche nord‑américaine intégrée. Ce règlement portera tout naturellement les consommateurs à acheter leurs véhicules ailleurs que dans leur province dans le but d’éviter de payer des taxes pouvant atteindre 5 000 dollars par véhicule, car 75 p. 100 des plus récents modèles d’automobiles et de camions ne respectent pas ce nouveau règlement.

De plus, au Canada et aux États-Unis, notre dossier est assez exceptionnel lorsqu’il s’agit d’harmoniser nos initiatives avec celles des États-Unis. Il suffit de penser entre autres au Traité sur les pluies acides. 

D’ailleurs, si la question des changements climatiques est complexe en raison des diverses idéologies quelle comporte, Mesdames et Messieurs, les cibles sont au cœur de cette idéologie, comme je l’ai déjà mentionné. Et je crois qu’il est important, alors que je m’adresse à vous aujourd’hui, de bien comprendre à quel point les partis de l’opposition de la Chambre des communessont débranchés du processus de Copenhagueet de ce que le gouvernement du Canada met de l’avant.   

Le projet de loi C-311 présenté par le NPD, appuyé par tous les autres partis de la Chambre des communes, propose une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 p. 100 par rapport aux niveaux de 1990, ce qui représente, mes amis, une réduction de 66 p. 100 par rapport aux niveaux de 2006, les niveaux essentiels actuels. Au fait, en utilisant laplus récenteméthode de calcul des Nations Unies qui évalue l’impact de la dendroctone du pin ponderosa et des incendies de forêt, nous serions tenus de réduire nos émissions de carbone de 85 p. 100 d’ici les neuf prochaines années. De toute évidence, Mesdames et Messieurs, c’est tout simplement irréaliste.

Maintenant, soyons clairs : en adoptant la cible de réduction ambitieuse de 17 p. 100 par rapport à l’année de référence 2005, nous entreprenons un projet très ambitieux.  

Les cibles communes sont peut-être identiques, mais elles n’ont pas toutes les mêmes incidences. Elles sont en fait beaucoup plus onéreuses pour le Canada qu’elles le sont pour les États-Unis, et cela parce que nous brûlons déjà moins de charbon pour produire de l’électricité dans notre pays et notre secteur industriel est généralement plus récent et, par conséquent, plus écoénergétique.

Et en passant, il faut également souligner que, en raison de notre climat froid, de l’immensité de notre territoire et de notre base industrielle qui génère beaucoup d’émissions, les coûts d’exploitation sont habituellement beaucoup plus élevés pour les entreprises canadiennes.  

Les États-Unis peuvent donc atteindre leur cible en prenant des mesures que nous avons honnêtement déjà prises, ce qui leur donne beaucoup plus d’options. Même si le Canada doit en faire plus pour obtenir les mêmes résultats, nous sommes prêts à faire le nécessaire.

Mesdames et Messieurs, notre détermination à harmoniser notre politique sur les changements climatiques avec celle des États-Unis ne se limite pas aux cibles pour les émissions de gaz à effet de serre. Nous devons harmoniser divers autres règlements.   

Jusqu’à maintenant, nous avons accompli des progrès importants en collaborant étroitement dans les secteurs de l’automobile, du transport maritime, de l’aviation et des biocarburants, mais nous devrons en faire plus. Et nous le ferons.  

Cela étant dit, nous n’allons adopter un système de plafonnement et d’échange que si les États-Unis précisent être prêts à en faire de même. Notre position sur l’harmonisation est également la même pour les règlements. Nous avons déjà effectué une grande partie des travaux d’analyse et de consultation exhaustifs requis pour nous préparer en fonction des deux options qui s’offrent à nous. Et le Canada peut choisir la voie du système de plafonnement et d’échange, d’une part, ou celle de la réglementation, d’autre part. Mais, Mesdames et Messieurs, nous n’irons nulle part seuls. 

Cette réalité – et la participation des États-Unis à l’Accord de Copenhague – nous permettra de travailler encore plus étroitement avec nos collègues des États-Unis afin de faire progresser le Dialogue sur l’énergie propre. Ce dialogue, établi il y a plus d’un an lors de la visite du président Obama au Canada, vise à optimiser la collaboration dans des domaines comme les nouvelles technologies, notamment la capture et le stockage du carbone, les réseaux intelligents de distribution d’électricité et les travaux de recherche et de développement en matière d’énergie propre. Nous faisons des progrès importants dans tous ces domaines.

Je me rendrai à Washington au cours des prochains jours pour poursuivre ces discussions avecmes homologues de l’administration Obama afin de discuter de ces questions et d’autres questions connexes.

Nous collaborerons aussi plus étroitement que jamais avec les 17 membres du Forum des principales économies sur l’énergie et le climat. Ce forum comprend les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Inde, le Brésil, le Japon et l’Union européenne.Et, Mesdames et Messieurs, à titre de président du G-8 et du G-20 pour 2010, le Canada est particulièrement bien positionné pour définir le dialogue international sur l’Accord de Copenhague et son évolutionvers un traité international exhaustif ayant force exécutoire.  

Toutefois, comme je l’ai dit également, les travaux sur les changements climatiques ne se dérouleront pas seulement sur la scène internationale ou même continentale. Nous pouvons et nous allons en faire beaucoup ici, chez nous.

Et je souligne que, depuis 2007, le gouvernement du Canada a investi dans un éventail de programmes ÉcoAction, dont un bon nombre visent à encourager l’utilisation de nouvelles technologies. En 2009, le Plan d’action économique du Canada comprenait un investissement de plusieurs milliards de dollars dans des initiatives comme le Fonds pour l’énergie propre et le Fonds pour l’infrastructure verte. Ces fonds prévoient près de 2 milliards de dollars pour le développement de technologies énergétiques propres et de projets d’infrastructure verte prometteurs.

L’importance accordée à la technologie et à l’innovationdans le domaine des changements climatiques sera maintenue.  

Sur un autre plan, bien que ce ne soit pas nécessairement visible à l’œil nu, le gouvernement fédéral a fait des progrès importants dans l’obtention d’un consensus sur les changements climatiques parmi la plupart de nos provinces et de nos territoires.  

Dans le cadre de notre préparation à la Conférence de Copenhague, j’ai participé personnellement à un processus de consultation exhaustif en discutant avec chaque dirigeant provincial et territorial de la position et de la politique du Canada. Et les premiers ministres qui n’ont pu accepter notre invitation à faire partie de la délégation officielle canadienne à Copenhague – et plusieurs d’entre eux ont fait le voyage – ont plutôt envoyé des membres de leur cabinet ou d’autres hauts fonctionnaires comme observateurs ou participants.

Je vous affirme qu’entrouvant un terrain d’entente commun, en nous y appuyant et en collaborant de façon efficace en route vers Copenhague, nous avons établi les bases d’une future collaboration pour l’élaboration d’une stratégie sur les changements climatiques.

Un autre élément important de notre stratégie nationale mise de l’avant à Copenhaguea consisté à mettre sur pied un groupe de conseillers formé de dirigeants canadiens de divers secteurs, dont un bon nombre sont ici aujourd’hui. Ces derniers ont contribué de façon très importante au processus : nous nous sommes rencontrés au débutde la Conférenceafin de discuter des questions et de l’impact qu’aurait la résolution de ces questions sur leurs domaines d’expertise. Ils ont ainsi eu l’occasion d’être au cœur des activités menées au cours d’un sommet international de nature politique, et de mieux comprendre certains des défis auxquels le Canada – et d’autres pays – est confronté dans le domaine des changements climatiques.   

Nous avons été chanceux de pouvoir compter sur la présence de l’ambassadeur du Canada, Gary Doer, parmi ces conseillers. Ce dernier n’est pas seulement un politicien expérimenté – qui a été premier ministre du Manitoba pendant plus de dix ans –, il est également le représentant du Canada à Washington et un joueur important dans nos relations bilatérales en cours en matière de changements climatiques.  

Le renforcement de ces liens sera donc essentiel à mesure que nous irons de l’avant, parce que, parmi toutes les bonnes occasions qui se sont présentées pour le Canada à Copenhague, il y a aussi eu des défis qui ont attiré encore plus l’attention et auxquels nous devrons nous attaquer dans un avenir rapproché.  

Je vais maintenant vous parler d’un enjeu qui concerne tous les Albertains, et tous les Canadiens : les sables bitumineux.  

Notre gouvernement appuie l’expansion continue de l’industrie des sables bitumineux en Alberta. Les sables bitumineux sont une des plus grandes ressources du pays. Exploités de façon responsable, ils pourraient devenir un moteur de l’économie canadienne et ainsi assurer la prospérité et une qualité de vie élevée à nos enfants et à nos petits-enfants.  

C’est ce que nous voulons, et nous nous réjouissons des récentes annonces de Conoco Phillips et Total, qui quadrupleront leur production dans le cadre du projet Surmont. Husky et BP se sont également engagés à consacrer plus de 2,5 milliards de dollars pour stimuler la réalisation du projet Sunrise. Mesdames et Messieurs, il s’agit de bonnes nouvelles.

Mais je tiens à être très clair. Les sables bitumineux doivent être exploités de façon responsable sur le plan environnemental, et le gouvernement du Canada veillera à ce que cette industrie tienne compte de notre objectif de devenir une superpuissance de l’énergie propre. Nous voulons devenir un producteur de toutes les formes d’énergies qui sera respecté et respectueux de l’environnement, qu’il s’agisse d’énergies renouvelables, comme l’hydroélectricité, ou non renouvelables, comme les sables bitumineux.    

L’exploitation des sables bitumineux et l’empreinte écologique de ces activités industrielles sont devenues un sujet d’intérêt international. Par conséquent, ce sujet ne concerne pas uniquement les intérêts des entreprises. Ce qui est en jeu sur la scène internationale est la réputation de notre pays.  

Nous devons donc améliorer notre façon de faire, tant en termes d’investissements et de vigilance sur le plan environnemental qu’en termes d’actions sur le plan des communications. Les gouvernements du Canada et de l’Alberta doivent absolument contribuer à ces actions, et je suis impatient de poursuivre la relation de travail positive que j’ai avec mon bon ami le premier ministre et avec le nouveau ministre de l’Énergie de l’Alberta, mon collègue Ron Liepert , avec lequel j’ai discuté ce matin. Mais nos deux gouvernements ne pourront y arriver sans la collaboration de l’industrie, tant sur le plan environnemental que sur le plan des communications.  

Nous ne resterons pas là à ne rien faire. Le Canada n’a pas l’intention de finir perdant sur la scène internationale. Nous avons fait d’importants progrès à Copenhague. Toutefois, le défi ne fait que commencer, et nous nous attendons à ce que l’industrie collabore aux futurs plans du gouvernement du Canada, et nous comptons sur cette collaboration. Le travail ne fait que commencer, et nous allons tous devoir collaborer pour atteindre nos objectifs.

Comme je l’ai déjà mentionné, les changements climatiques constituent un dossier complexe. C’est-à-dire qu’un certain nombre d’intervenants ont des intérêts légitimes dans la façon dont les sables bitumineux sont exploités. Ils s’attendent également à ce que le processus soit transparent et responsable.

Nous avons beaucoup de travail à faire. Ce n’est pas un secret, et personne ne doit être surpris de constater que la perception générale des sables bitumineux , en raison de toutes les faussetés qui circulent,est profondément négative, au Canada et de plus en plus sur la scène internationale.  

Nous devons continuer le travail positif qu’accomplit l’industrie, en investissant dans les technologies environnementales qui montreront au monde entier que la responsabilité environnementale et l’excellence peuvent atteindre de nouveaux sommets au Canada. Sans ce type de leadership canadien, nous serons perçus comme l’exemple parfait du pays qui exploite ses ressources sans respecter l’environnement. Les Canadiennes et les Canadiens s’attendent à plus et ne méritent rien de moins.   

Ceux qui croient que le gouvernement du Canada n’a pas la volonté ni l’autorité nécessaires pour protéger ses intérêts nationaux en tant que superpuissance de l’énergie propre devront se raviser. Nous sommes déterminés à le faire et nous le ferons. Pour ce faire, nous comptons sur la collaboration des intérêts privés et nous l’obtiendrons. Il en sera une responsabilité qui accompagnera le droit d’exploiter ces précieuses ressources canadiennes. 

La façon dont nous gérons les questions environnementales après Copenhague définira l’avenir du Canada et notre réputation sur la scène internationale.  

Nous devons relever les défis associés aux changements climatiques, mais nous devons éviter de prendre des mesures trop rapides. Nous devons collaborer plus étroitement avec tous les membres de la communauté internationale créée sous les auspices de l’Accord de Copenhague et, plus particulièrement, nous devons travailler à l’harmonisation de nos politiques avec celles des États‑Unis. Nous devons investir dans des technologies et des processus innovateurs qui tiennent compte des circonstances et des forces propres au Canada.

En terminant, il est également important, au moment même où nous établissons de nouvelles normes et de nouvelles cibles, de célébrer nos nombreuses victoires. Dans cette visée, je considère 2009 comme une année remplie de succès sur le plan environnemental pour notre pays, mais encore j’attends avec impatience les sérieux défis qui se présenteront cette année.   

Nous avons ajouté plus 30 000 km carrés au Parc national Nahanni, dans les Territoires du Nord-Ouest, multipliant ainsi sa superficie par six. Nous avons ajouté du mordant à notre loi sur l’application de lois sur l’environnement, en augmentant les amendes et les peines pour les particuliers et les groupes. Nous avons mené la charge dans le domaine de la conservation de l’ours blanc. Nous avons signé un protocole d’entente avec le Groenland pour protéger l’ours blanc. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec Conservation de la nature Canada à la protection de zones écosensibles. Nous avons présenté les nouvelles normes continentales sur les émissions des véhicules et nous avons jeté les bases pour la publication, dans quelques semaines, du premier règlement national sur les eaux d’égout, qui empêchera 4 000 installations canadiennes de déverser leurs effluents dans l’environnement naturel. Nous avons aussi lancé le Dialogue sur l’énergie propre avec les États-Unis.  

Et le dernier, mais non le moindre, et que je tiens à souligner aujourd’hui, 2009 a été l’année de l’Accord de Copenhague et de toutes les promesses qu’il renferme pour notre pays.  

Mesdames et Messieurs, je vous remercie.