Discours

Notes d’allocution prononcées par
l’honorable Peter Kent,
ministre de l’Environnement,
à l’occasion de la Conférence nationale sur l’eau
Ottawa (Ontario)
Le 3 mars 2011

La version prononcée fait foi

Je suis ravi d’être ici aujourd’hui. Je vous remercie de m’avoir invité à vous adresser la parole.

En tant que ministre du Cabinet fédéral, j’ai l’habitude de livrer des perspectives réalistes sur ce qui est l’évidence même. Je vous épargnerai donc le récit dramatique de l’importance de l’eau pour la vie de la planète et toutes les formes de vie qui l’habitent. Même ceux d’entre nous qui n’ont pas votre savoir collectif et votre expertise savent que les humains peuvent vivre un mois sans manger, mais seulement quelques jours sans eau.

L’eau est un dossier qui revêt une importance particulière au Canada : notre pays compte plus de lacs de surface que tout autre pays du monde, et 9 % de sa masse terrestre est recouverte d’eau douce. Le bassin des Grands Lacs s’étend sur 750 000 kilomètres carrés, et les lacs de ce bassin fournissent de l’eau potable à plus de 8,5 millions de Canadiennes et de Canadiens.

Plus particulièrement, une conférence nationale sur l’eau, qui met l’accent sur l’innovation et les options pour réagir aux possibilités liées à l’eau, s’intègre d’ailleurs parfaitement au programme du gouvernement Harper.

Nous prenons le dossier de l’eau tellement au sérieux que nous mettons tout en oeuvre pour compter parmi les chefs de file au chapitre de la surveillance de la qualité de l’eau. C’est pourquoi, en 2006, Environnement Canada a lancé le Réseau canadien de biosurveillance aquatique, un programme dans le cadre duquel on évalue la santé des écosystèmes d’eau douce en examinant la qualité et la quantité des organismes qui vivent dans l’eau.

Cela s’éloigne de l’approche plus traditionnelle « de fin de chaîne » à l’égard de la surveillance de la qualité de l’eau. En mettant l’accent sur l’état des principaux organismes qui vivent dans l’eau, nos chercheurs obtiennent un portrait plus précis de la qualité globale de l’eau. Ils peuvent mesurer à la fois les effets propres au site et les effets cumulatifs attribuables aux facteurs de stress qui agissent sur l’environnement, notamment les contaminants et les changements climatiques.

Cette approche tient compte de la nécessité de préserver et de protéger les exceptionnelles ressources en eau du Canada. Cependant, avec le privilège vient la responsabilité, ce qui explique la raison pour laquelle l’eau est au coeur de nos actions dans tous les autres dossiers environnementaux – des changements climatiques à la biodiversité en passant par la gestion des produits chimiques.

Lorsqu’il s’agit de relever les nombreux défis environnementaux que représente l’exploitation des sables bitumineux du Canada, par exemple, le centre d’intérêt est d’abord sur l’eau.

À la fin de l’année dernière, Environnement Canada a accepté les recommandations présentées par un groupe consultatif de chercheurs indépendants qui avait fait un examen de la surveillance dans les environs de la rivière Athabasca et des voies navigables de fonction. Dans quelques semaines, nous publierons, comme il a été promis, le plan sur la surveillance de la qualité des eaux de surface, qui a été examiné par les pairs, afin de donner suite à ces recommandations. Et même si nous avons délibérément limité la portée initiale de cette réponse, il s’agit d’un premier pas important en vue de nous assurer que nous avons un réseau de calibre mondial.

Une fois que cela sera fait, nous élaborerons des plans de surveillance traitant de la quantité de l’eau, de la qualité de l’air et de la biodiversité. Je m’empresse de préciser cependant que nous sommes déterminés à aborder le dossier des émissions de gaz à effet de serre provenant de l’exploitation des sables bitumineux, un dossier de plus en urgent compte tenu de la production qui s’accroît.

Le Réseau canadien de biosurveillance aquatique et la surveillance de l’eau que nous exerçons dans la région des sables bitumineux s’appuient sur la certitude selon laquelle, même s’il est important pour les particuliers de comprendre le rôle qu’ils ont à jouer – ainsi que leurs décisions en tant que consommateur – relativement à l’intendance de l’eau, la clé du succès réside dans un leadership solide. Cela m’amène à vous parler un peu plus des travaux que nous – et nos partenaires stratégiques – avons amorcés.

Dans son ensemble, l’approche exhaustive du gouvernement Harper relativement à l’eau comprend d’importants investissements dans la surveillance scientifique, l’assainissement des secteurs préoccupants et l’établissement de partenariats aux fins de la protection de notre eau douce.

Nous avons fait bien plus que simplement parler : le gouvernement actuel a investi plus de 140 millions de dollars dans des programmes liés à l’eau et dans la science, et ce, au cours de la dernière année seulement.

Dans le cadre du Plan d’action pour l’assainissement de l’eau, nous investissons près de 100 millions de dollars afin de rétablir le lac Winnipeg, le lac Simcoe et plusieurs secteurs préoccupants dans la région des Grands Lacs, tels que le havre Hamilton, la rivière Niagara, la rivière Saint-Clair et la rivière Détroit.

Notre plan de gestion des produits chimiques, auquel nous avons travaillé au cours des quatre dernières années, fait partie intégrante de ce plan d’action : ce plan de gestion a fait du Canada un chef de file mondial dans la réglementation des produits chimiques dangereux provenant de l’utilisation industrielle et ménagère, et de leur élimination.

Ces règles protègent directement nos cours d’eau nationaux. Par exemple, en établissant une norme nationale qui limite la quantité de phosphore ajouté aux détergents et aux produits de nettoyage ménagers, nous avons agi et fait une différence.

Environnement Canada est aussi le principal ministère fédéral responsable de la surveillance et de l’établissement de rapports sur la qualité de l’eau du Canada. En collaboration avec d’autres ministères fédéraux et les gouvernements provinciaux et territoriaux, nous surveillons les bassins versants à 400 sites partout au Canada.

Dans les environs des sables bitumineux, nous avons renforcé la surveillance de l’eau à court terme en quadruplant le nombre de sites, soit maintenant plus de 100 sites surveillés. De plus, nous avons investi 1,6 million de dollars dans un nouveau programme qui nous permet de déterminer si les résidus des sables bitumineux s’infiltrent dans les eaux souterraines.

Le gouvernement du Canada collabore avec l’Alberta afin d’aborder les préoccupations relatives à la qualité et à la quantité de l’eau dans la région des sables bitumineux. Mais ce n’est terminé. D’aucune façon.

En collaboration avec les provinces, les municipalités et d’autres ordres de gouvernement partout au Canada, nous avons élaboré un nouveau règlement sur les effluents des eaux usées afin de prendre des mesures à l'égard des rejets non traités ou sous-traités qui demeurent au Canada.

Le règlement fédéral, que l’on compte déposer plus tard cette année, viendrait créer la toute première norme nationale visant les 4 000 installations d’eaux usées du Canada et plus. Cela signifie une norme pour le traitement secondaire ou équivalent des rejets non traités ou sous-traités qui restent, un calendrier de mise en oeuvre fondée sur le risque et, bien sûr, des exigences en matière de surveillance et de rapports.

En vue de financer les mesures municipales nécessaires pour assainir le traitement et l’élimination des eaux usées, le gouvernement Harper a créé un fonds permanent de la taxe sur l’essence – et l’a doublé à 2 milliards de dollars par année – de sorte que les municipalités puissent compter sur l’argent pour aborder des dossiers liés aux eaux usées et aux infrastructures.

Une de nos priorités principales dans ce domaine consiste à mettre en oeuvre un plan exhaustif portant sur la prestation des services améliorés aux Premières nations en matière d’approvisionnement en eau et de traitement des eaux usées, que soutient le Plan d’action pour l’approvisionnement en eau potable et le traitement des eaux usées des Premières nations qui est doté de 330 millions de dollars.

Cela dit, nous n’agissons pas seulement pour nous. Sachant parfaitement que l’eau est un sujet d’intérêt mondial, qui est bien reflété dans le programme et la participation d’aujourd’hui, nous avons également pris des mesures à l’échelle internationale à l’égard de l’eau en promettant d’investir 2,5 millions de dollars sur cinq ans. Cet investissement contribue à un programme international sur les sciences de l’eau visant à comprendre les problèmes liés à la qualité des eaux intérieures partout dans le monde, un programme que l’on appelle le Système mondial de surveillance continue de l’environnement, ou le GEMS, du Programme des Nations Unies pour l’environnement.

En terminant, je tiens à vous féliciter de vous rassembler, de partager vos connaissances et de faire progresser le dossier de l’eau. Il s’agit d’une priorité du gouvernement du Canada. Et nous nous sommes engagés à en faire aussi la priorité de chaque foyer canadien.

Chaque goutte compte. Je vous remercie.