Discours

Discours de

l’honorable Peter Kent, P.C., député,
ministre de l’Environnement,

prononcé à la conférence « Passer au vert » de l’Union
européenne et du Canada

Palais des congrès de Montréal
Montréal (Québec)

Le 20 mars 2013

Je vous remercie, Ambassadeur Brinkmann, de cette gentille présentation. Au nom du gouvernement du Canada, je suis ravi de participer à cette discussion opportune sur l’avancement d’initiatives pour une économie verte.

Nous sommes heureux d'être le coorganisateur, avec le gouvernement du Québec, du 10e salon-conférence international des technologies environnementales AMERICANA. J’espère que vous passez du bon temps et que vous profitez de l'occasion pour admirer la beauté de Montréal et découvrir ce que cette ville peut vous offrir.

Le Canada et l’Union européenne sont des partenaires engagés dans l’avancement de l’intendance environnementale, en particulier dans leurs efforts de lutte contre les changements climatiques. Les changements climatiques sont un problème mondial qui nécessite une solution mondiale.

Tout comme l’Union européenne, le Canada prend ses engagements très au sérieux et assume sa part. J’ai eu le plaisir, au cours des deux dernières années, de travailler avec Connie Hedegaard, commissaire européenne à l’action pour le climat par l’intermédiaire de la Conférence-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, et de prendre part aux efforts de la Coalition pour le climat et l’air pur visant à réduire les polluants de courte durée de vie ayant un effet sur le climat.

L’environnement – ainsi que tous les défis associés à son intendance – est l’affaire de tous.

Cela fait qu’il est particulièrement encourageant de constater une si forte participation au salon AMERICANA : une puissante démonstration d’un but commun. Cette année, il y a 10 000 participants, 350 exposants et 200 conférenciers de divers pays. Tous ont mis l’accent sur les plus récentes technologies environnementales. Tous cherchent des moyens pour aller encore plus loin.

Le gouvernement du Canada appuie fermement cette approche multilatérale des progrès environnementaux, ce qui reflète notre propre engagement à l’égard d’un leadership de collaboration.

Dès le départ, notre stratégie visait à travailler de près et en consultation avec un vaste éventail d’intervenants nationaux, ainsi qu’avec nos partenaires continentaux et nos collègues internationaux. Cela est la seule façon de construire un cadre juridique et politique solide qui tient aussi compte du contexte particulier de notre pays et de son environnement unique.

Regardez autour de vous, dans ce palais des congrès : chaque pays, chaque région qui est représentée se distingue par ses propres conditions physiques, sociales et économiques. Il n’existe pas qu’une seule voie vers la réussite, et il n'existe aucune solution universelle.

C’est exactement pour cela qu’il est impératif que nous nous réunissions pour partager nos connaissances, nos pratiques exemplaires, notre expertise et notre expérience. La technologie et l’innovation jouent un rôle crucial dans tous les plans environnementaux – surtout parce qu’elles peuvent être adaptées et appliquées à différentes conditions et à différents défis.

Par la collaboration, les possibilités abondent.

À tous les égards, le programme de réglementation du Canada est ambitieux et il est axé sur l’établissement et la mise en application uniforme de normes environnementales transparentes de calibre mondial.

Les normes, que nous instaurons secteur par secteur, s’appliquent aux émissions de gaz à effet de serre. De plus, les normes pour les gaz à effet de serre, la gestion des produits chimiques, la qualité de l’air et de l’eau ainsi que la biodiversité sont renforcées à tous les tournants par des investissements dans la recherche et le développement nécessaires pour concrétiser les intentions par des actions.

Cependant, quelle que ce soit la fierté que nous éprouvons pour le bilan des réalisations du Canada, nous reconnaissons qu'il y en a – et qu'il y en aura toujours – plus à faire.

Pensez aux plus de 10 milliards de dollars investis par le Canada depuis 2006 pour réduire les gaz à effet de serre, améliorer l’efficacité énergétique et développer une infrastructure écologique.

Pour compléter ce que le gouvernement peut, et devrait, faire, nous envisageons également des possibilités stratégiques pour soutenir des initiatives du secteur privé.

C’est pourquoi la fondation Technologies du développement durable Canada, dans le cadre de son fonds de Technologies du développement durable, a consenti 581 millions de dollars au cours des dix dernières années à 238 projets, des projets qui ont reçu un appui soutenu de la part d’autres partenaires qui y ont contribué une somme supplémentaire de 1,4 milliard de dollars en financement.

Il y a quelques semaines à peine, nous avons renforcé notre engagement à écologiser l’économie du Canada en investissant 61,8 millions de dollars pour financer 23 nouveaux projets de technologie propre, allant d’une façon novatrice et écologique de contrôler les bactéries qui touchent les récoltes à un moyen de rendre les systèmes de chauffage et de climatisation plus éconergiques.

Ces investissements – et les nombreux autres programmes et partenariats appuyés par le gouvernement canadien – sont essentiels pour assurer un équilibre entre notre programme environnemental et notre réalité économique. Mais ce qui est si encourageant, ce sont les résultats que nous obtenons.

J’ai mentionné plus tôt l’accent que met le Canada sur des normes environnementales de calibre mondial. Ainsi, pour le secteur des transports seulement, les changements que nous avons apportés aux règles liées aux émissions – en collaboration avec notre plus grand partenaire commercial, les États-Unis – entraîneront une baisse de 50 % des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation de carburant par les automobiles et les camions légers d’ici 2025 par rapport aux niveaux de 2008.

Pendant ce temps, la nouvelle norme pour les camions lourds mènera à des réductions des émissions de gaz à effet de serre atteignant 23 % d’ici l’année modèle 2018 comparativement aux véhicules non réglementés, ainsi qu’à une baisse considérable dans l’utilisation du carburant et dans les coûts pour les propriétaires et opérateurs des véhicules.

Notre gouvernement a aussi publié un projet de règlement qui mènerait à la réduction des émissions des nouveaux navires dans le secteur maritime. 

Le Canada a aussi pris des mesures contre le type de production d’électricité le plus polluant : la combustion de charbon. Un nouveau règlement fera du Canada le premier pays à interdire la construction d’usines traditionnelles alimentées au charbon.

Comme le Canada continue de progresser – aux échelles nationale, continentale et internationale –, nous dépendrons plus que jamais de la technologie et de l'innovation pour maintenir et soutenir ce que nous avons réalisé jusqu'à présent, et obtenir des gains supplémentaires.

Nous poursuivons avec nos partenaires notre travail visant le secteur pétrolier et gazier. Les sables bitumineux sont un moteur économique essentiel au Canada. Nous sommes déterminés à développer cette importante ressource de manière responsable. Les gouvernements fédéral et provincial et l’industrie continuent de prendre des mesures importantes dans le but d’améliorer le rendement environnemental.

Les sables bitumineux du Canada sont un parfait exemple de dossier où la discussion, dans certains cercles, est alimentée par des faussetés. En effet, des études indépendantes ont clairement montré que, sur l’ensemble du cycle de vie, les émissions de gaz à effet de serre du pétrole brut tiré des sables bitumineux étaient similaires – sinon inférieures – à celles de plusieurs types de pétroles importés et utilisés quotidiennement dans l’Union européenne.

Pourtant, les mesures proposées pour la mise en œuvre de la Directive de l’Union européenne sur la qualité des carburants pénalisent injustement le brut des sables bitumineux alors qu’elles ferment les yeux sur des bruts responsables de grandes quantités de gaz à effet de serre actuellement utilisés dans l’Union européenne.

Le Canada a un régime ouvert et transparent qui l’oblige à déclarer l’intensité de gaz à effet de serre de sa production de pétrole brut, mais on le compare à des pays qui ne publient pas cette information de façon transparente et comparable.

Cela étant dit, le Canada s’oppose à toute option qui place le pétrole brut des sables bitumineux dans une catégorie distincte des autres pétroles bruts lourds, ou dans une catégorie distincte des pétroles bruts légers où il y a rejet ou brûlage extensif. Ces pétroles bruts ont des caractéristiques d’émissions de gaz à effet de serre semblables à celles des sables bitumineux et rien n’en justifie un traitement différent.

Une meilleure méthode de réduction des émissions est une méthode qui tient compte des caractéristiques d’émissions de gaz à effet réelles des pétroles bruts.

Si une valeur moyenne est utilisée, il y a une incitation à ne pas le déclarer, et les fournisseurs à fortes émissions ne le feront jamais.

Le projet de directive actuel sur la qualité du carburant décourage effectivement l’importation du pétrole brut d’un pays fiable, responsable et axé sur le marché – le Canada – en faveur de producteurs moins stables et moins fiables. Cela nuira à l’Union européenne et aux marchés mondiaux en ce qui a trait à la sécurité de l'offre.

Ce qui est particulièrement remarquable, c’est que nous avons réalisé des progrès pour réduire les émissions de gaz à effet de serre au Canada, tout en demeurant conscients de la nécessité de veiller à la prospérité économique à long terme de notre pays. Notre gouvernement croit que notre approche de réduction des émissions de gaz à effet de serre permettra aux Canadiennes et aux Canadiens de bénéficier de la prospérité et de la stabilité de l’économie solide de notre pays, et d’être rassurés du fait qu’ils auront un environnement rigoureusement protégé, propre et magnifique pour des années à venir, et pour les générations de demain.

Nous possédons l’ingéniosité et l’inspiration pour innover... afin de faire des avancées constantes et d’assurer le succès de notre intendance... pour nous et pour les générations à venir.

Comme vous passerez le reste de la journée à discuter de l’efficacité énergétique, des villes vertes et des énergies propres pour un avenir durable, vous aurez l’occasion d’aborder les pratiques exemplaires actuelles du point de vue de l’Union européenne et du Canada, ainsi que les défis au niveau municipal, régional et national. 

Ces discussions productives déboucheront sur des solutions créatives et un suivi pratique comme un éventuel jumelage de villes entre les dirigeants municipaux canadiens et européens ici présents.

Je vous remercie de votre temps et je vous souhaite, à toutes et à tous, des discussions fructueuses et informatives.