Discours
Discours de
l'honorable Peter Kent, C.P., député,
ministre de l’Environnement,
prononcé devant le Comité de liaison avec Ottawa de la Chambre de commerce du Canada
Ottawa (Ontario)
Le 29 novembre 2012
Bonjour tout le monde et merci.
C'est avec plaisir que je me joins à vous pour cette discussion informelle concernant des enjeux économiques d'un point de vue environnemental.
Le Plan d'action économique du Canada de 2012 cible les facteurs de croissance et de création d'emploi, à savoir l'innovation, l'investissement, l'éducation, les compétences et les collectivités, que soutient notre engagement visant à maintenir les impôts à un bas niveau et à revenir à un budget équilibré d’ici la fin de la présente législature.
Tandis que le gouvernement fédéral s'emploie à s'associer au secteur privé dans la croissance économique, mon rôle est de veiller à ce que cette croissance se fasse d'une manière responsable sur le plan environnemental.
Le Plan d'action économique du Canada de 2012 comprend la rationalisation de la réglementation par l'intermédiaire de modifications apportées à la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale et la Loi sur la protection des eaux navigables. Cette démarche vient compléter les progrès que nous avons faits concernant la rationalisation de la réglementation faisant suite aux recommandations de la Commission sur la réduction de la paperasse.
Autrefois, les entreprises subissaient le fardeau des multiples processus fédéraux, provinciaux et territoriaux.
La voie que nous suivons mène maintenant à de meilleurs processus qui sont avantageux, en ce qui concerne la réglementation intelligente aidant à améliorer les perspectives de la croissance économique et l'assurance d'une meilleure valeur pour l'argent des contribuables canadiens.
Depuis que j’ai été nommé responsable du portefeuille de l’Environnement en janvier 2011, j’ai énormément réfléchi aux enjeux environnementaux.
J’ai approfondi mes connaissances sur les dossiers, bien sûr, et avec les partenaires environnementaux. Et pourtant, malgré tout ce que nous avons accompli, je perçois toujours des lacunes dans la sensibilisation du grand public concernant le bilan des réalisations du gouvernement.
Je m'interroge donc, car chaque jour, mon défi consiste à évoquer l'histoire d'Environnement Canada d'une manière qui inspire et qui aide la population canadienne à comprendre à quel point notre nation est un chef de file mondial dans de nombreux dossiers environnementaux, et à se sentir fière à cet égard.
Par l’intermédiaire de ses experts scientifiques et en recourant aux meilleures recherches disponibles, Environnement Canada assure à la population canadienne des politiques et des règlements efficaces. Nos activités scientifiques procurent à tous des prévisions météorologiques en temps opportun. La science est essentielle à la surveillance des changements environnementaux. L’application de la loi donne un sens à nos actions. Grâce à tout cela, on fait de nous un organisme de réglementation de calibre mondial.
Nous exerçons un solide leadership dans la protection des espèces en voie de disparition et de la riche biodiversité de notre pays; dans la conservation des terres par la création d’un nombre record de parcs et l’établissement de partenariats avec des organisations, dont Conservation de la nature Canada; dans la planification rigoureuse de la gestion des produits chimiques; ainsi que dans la prise de mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, grâce auxquelles nous sommes à mi-chemin de la cible que nous visons d’ici 2020.
Mais ce n'est pas tout.
Nous pouvons être fiers de ce que nous avons accompli. D’autant plus que nous avons persévéré dans nos actions alors que les budgets des secteurs privé et public étaient très maigres et que l’efficience devait être optimale. De plus, nous avons accompli tout cela selon une approche qui complète et respecte notre programme économique.
Notre gouvernement comprend qu’une économie ressemble beaucoup aux écosystèmes que nous nous efforçons si vaillamment de protéger : nous devons minutieusement gérer les changements survenus dans un secteur afin de ne pas susciter de nouveaux problèmes ailleurs.
Nos normes environnementales sont élevées au Canada. Nous comprenons cependant que les entreprises canadiennes, créatrices d’emplois canadiens, font concurrence aux entreprises étrangères qui, elles, ne sont pas soumises aux mêmes normes environnementales et, par conséquent, n’ont pas les mêmes coûts fixes.
Nous pouvons aussi être fiers du degré auquel les collaborations, les consultations et les partenariats définissent le cadre de notre approche en matière d’environnement. Je vous l'accorde, il nous faut parfois plus de temps pour résoudre les complexités. Par contre, un organisme de réglementation de calibre mondial comme Environnement Canada ne peut tout simplement pas faire les choses autrement.
Comme vous le savez, les sables bitumineux sont un important moteur de notre économie nationale, mais ils doivent être exploités de manière responsable.
Cela signifie que nous devons nous assurer de disposer des meilleurs renseignements scientifiques disponibles sur les effets cumulatifs des projets liés aux sables bitumineux.
Nous sommes d’ailleurs déterminés à travailler en partenariat avec l’Alberta et un vaste éventail d’intervenants, notamment les groupes environnementaux, les scientifiques, les collectivités, les peuples autochtones et les sociétés, afin de nous assurer tout autant que nos solutions sont exhaustives, rigoureuses et durables.
En février, nous avons annoncé le Plan de mise en œuvre conjoint Canada–Alberta pour la surveillance visant les sables bitumineux. Environnement Canada collabore étroitement avec ses homologues provinciaux afin d'introduire progressivement une surveillance renforcée au cours des quelques prochaines années. Ce nouveau système de surveillance sera exhaustif, intégré et transparent sur le plan scientifique.
J'étais d’ailleurs à Fort McMurray en juillet dernier pour visiter quelques-unes des plus récentes installations de surveillance avec la ministre de l’Environnement de l’Alberta, l’honorable Diana McQueen. Et je dois dire que nous avons tous deux été impressionnés par tout le travail déjà accompli. Mais il en reste encore beaucoup à faire.
Nous sommes en train d’intégrer et de coordonner les diverses activités de surveillance. Nous ferons preuve de transparence quant aux données afin de nous assurer que nous avons la vue d'ensemble le plus crédible qui soit sur le plan scientifique concernant les enjeux relatifs à l'eau, à l'air, au sol et à la diversité biologique dans la région.
Voilà le seul moyen de comprendre en temps opportun les effets cumulatifs de l’exploitation des sables bitumineux. Nous nous affairons à déployer la capacité et l’expertise scientifiques de calibre mondial d’Environnement Canada et à travailler en étroite collaboration avec l’Alberta.
Nous avons également le soutien de l’industrie. Les producteurs de sables bitumineux se sont engagés à aider à financer le système de surveillance améliorée mis de l’avant par l’intermédiaire de cette initiative conjointe fédérale-provinciale.
Bien que les sables bitumineux aient été dépeints dans certains quarts comme étant une menace pour les changements climatiques, les plus récentes statistiques révèlent que les actions entreprises par le Canada relatives aux émissions des gaz à effet de serre portent leurs fruits.
Et notre plan de réglementation sectoriel donne des résultats. Au cours des cinq dernières années, nous avons réalisé de grands progrès en dissociant les émissions de gaz à effet de serre et la croissance économique.
En juillet 2012, le gouvernement du Canada a publié un projet de règlement qui instaurerait des normes visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique dans le secteur maritime. Ce projet de règlement s'appuie sur les nouvelles normes visant les tuyaux d’échappement que nous avons déjà introduites pour les voitures et les camions lourds.
En septembre, nous avons déposé la version définitive du règlement visant à abaisser les émissions de gaz à effet de serre provenant des centrales électriques alimentées au charbon au niveau d’émissions des sources de gaz naturel. Ce nouveau règlement est l'aboutissement d'un très long processus inclusif. Nous avons reçu 5 000 réponses à notre version provisoire et nous avons pris le temps nécessaire pour étudier ces commentaires.
Le résultat final, qui nous satisfait grandement, a été façonné par le fait que chaque province et chaque service public d'électricité ont un profil très différent. Tandis que nous souhaitons prendre des mesures pour lutter contre la pollution, le coût de l'électricité pour les entreprises et ménages canadiens doit être géré dans un esprit de respect, ce qui rejoint mon point sur le respect de notre écosystème économique.
Un autre aspect du règlement sur la production d'électricité au charbon est qu'il offre une certaine flexibilité pour ce qui est des mesures incitatives potentielles visant l'élaboration de solutions de captage et de stockage du carbone.
Le nouveau règlement sur les centrales alimentées au charbon constitue une étape importante dans la réduction des émissions canadiennes de gaz à effet de serre, et Environnement Canada s’emploie à règlementer les émissions de gaz à effet de serre du secteur pétrolier et gazier.
Notre approche porte ses fruits. Dans le cadre de son effort national, le Canada est à mi-chemin de sa cible de Copenhague qui consiste à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 17 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2020. Les efforts combinés réalisés à ce jour de la part des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, des consommateurs et des entreprises permettront de réaliser la moitié de la réduction des émissions nécessaire pour que le Canada puisse atteindre sa cible de réduction d’ici 2020.
Tout cela est le résultat d’un travail d’équipe : les gouvernements fédéral et provinciaux ont mis en place des mesures et, surtout, les consommateurs et les entreprises ont réagi à ses mesures et ont su se sont montrés à la hauteur.
Le travail assidu que nous avons accompli pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre au pays a été motivé par la cible que le Canada compte atteindre d’ici 2020 dans le cadre de l'Accord de Copenhague. Cette cible est très ambitieuse, soit une réduction de 17 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 2005 d'ici 2020. Elle suit la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre que se sont fixée les États-Unis, ce qui est important puisque nos économies sont intégrées, tout comme l'économie européenne. Le niveau d'ambition de cette cible est également comparable à celle fixée par l'Union européenne.
Pour cette raison, nous nous alignons étroitement sur les États-Unis afin de maximiser les réductions d’émissions de gaz à effet de serre, et ce, tout en maintenant la compétitivité économique.
À titre d’exemple, le succès de notre alignement sur les normes du secteur des transports des États-Unis signifie que les émissions moyennes de gaz à effet de serre des automobiles à passagers et des camions légers de l'année modèle 2016 seront réduites d'environ 25 % par rapport aux véhicules vendus au Canada en 2008. Cette semaine, j'ai annoncé un projet de règlement visant les années modèles 2017 et ultérieures qui s'appuie sur le règlement applicable aux années modèles 2011 à 2016. Nous nous attendons à ce que cette démarche apporte d'importants avantages pour l'environnement, les consommateurs et l'économie.
Compte tenu de l'accent que je place sur la collaboration et le but commun, il serait négligent de ma part de ne pas mentionner la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui a débuté cette semaine. La semaine prochaine, je participerai aux réunions de haut niveau de cette conférence, tenue à Doha, au Qatar.
L’année dernière à Durban, le Canada a démontré son engagement en jouant un rôle influent sur la scène internationale dans l'élaboration d’une nouvelle plateforme relative aux changements climatiques qui nous rapproche du moment où tous les grands émetteurs accepteront de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Au cours de la 18e Conférence des Parties, à Doha, nous espérons tirer profit du succès obtenu à Durban, où un processus engageant tous les grands émetteurs envers un nouvel accord international a été établi. Il s’agissait d’un objectif canadien de longue haleine.
De plus, le Canada continue de travailler étroitement avec des acteurs clés par l’intermédiaire du G8, du G20, du Forum des économies majeures et d’autres organisations afin de mettre au point des initiatives pratiques traitant des émissions de gaz à effet de serre et des changements climatiques.
Nous reconnaissons l'importance de travailler avec nos partenaires sur la scène internationale. En février, nous avons d’ailleurs joint une nouvelle coalition multilatérale pour le climat et l'air pur visant à réduire les polluants de courte durée de vie ayant un effet sur le climat. J'ai aussi eu l'honneur de représenter le Canada à Rio, en juin dernier, où nous avons renouvelé collectivement l'appui mondial au développement durable. Les pratiques exemplaires partagées pendant la Conférence montrent qu'il n'y a aucune solution unique pour renforcer la durabilité.
Bien évidemment, nous continuons d’accompagne ces mesures d’un engagement coopératif plus proche de nous, en travaillant avec les États‑Unis et le Mexique et en élaborant des solutions nord-américaines visant à renforcer notre environnement au titre du cadre de la Commission de la coopération environnementale. En septembre dernier, j'ai également eu le plaisir de signer, avec mes homologues des États-Unis, l'Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs, qui fait en sorte que les générations d'aujourd'hui et de demain puissent continuer de travailler, de jouer et de vivre le long de ces eaux exceptionnelles.
La réussite du Canada sur le plan environnemental découle de mesures concrètes et pragmatiques. Nous disposons d'une approche pratique et efficace qui tient compte des réalités environnementales et économiques auxquelles nous sommes confrontés. Cette approche nous permettra d’assurer aux Canadiennes et des Canadiens des actions équilibrées et vraiment durables. C’est ainsi que nous continuerons à produire des résultats.
Qu'il s'agisse des réductions des émissions de gaz à effet de serre ou de la surveillance de calibre mondial visant la région des sables bitumineux, nous avons fait des progrès de manière uniforme, systématique et scientifique.
Et ces progrès, nous devons tous en être fiers. Et je le suis.
Merci.
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