Rapport de synthèse : Consultations publiques sur la version provisoire de la Stratégie fédérale de développement durable 2016-2019

La version provisoire de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD) 2016-2019 a été publiée en vue des consultations publiques le 26 février 2016, comme l’exige le paragraphe 9(3) de la Loi fédérale sur le développement durable (la Loi). À la fin des consultations, le 24 juin 2016, plus de 540 commentaires avaient été reçus d’un large éventail d’intervenants : public, industrie, associations professionnelles, organisations autochtones, gouvernements, représentants d’entreprises, universitaires et organisations environnementales non gouvernementales. En outre, les responsables de la SFDD ont reçu près de 900 messages, et on a répondu à ces messages, 3 000 partages et 11 000 « J’aime » dans les réseaux sociaux, qui ont rejoint plus de 400 000 personnes. Le présent document indique les nouveaux thèmes tirés de ces commentaires portant sur la version provisoire de la SFDD 2016-2019. Les commentaires ne sont pas présentés en ordre d’importance. Certaines suggestions ont été communiquées aux ministères et organismes concernés afin qu’ils les étudient avant l’élaboration de la version finale de la SFDD.

1. Ce que vous avez aimé au sujet de la version provisoire de la SFDD 2016-2019

De nombreux répondants étaient d’accord avec la version provisoire de la SFDD 2016-2019 et ont signalé des progrès importants qui ont été réalisés depuis la publication de la première SFDD en octobre 2010. Certains d’entre eux ont précisé que la version provisoire de la SFDD 2016-2019 représentait un « changement considérable » par rapport aux deux premiers cycles de la stratégie. Les répondants ont souligné les efforts déployés afin que le document soit plus accessible et donc plus transparent, grâce à la version électronique de la version provisoire SFDD 2016-2019, et surtout la possibilité « d’examiner et de trier » l’information afin que les répondants trouvent les points les plus importants pour eux. Le côté pratique de la nouvelle interface Web a été démontré par l’utilisation des boîtes de commentaires qui figurent à chaque page de la stratégie électronique de la version provisoire, et par les commentaires associés qui portaient sur un sujet particulier de la version provisoire de la SFDD 2016-2019. Les répondants ont également formulé des commentaires positifs sur l’ouverture du gouvernement à recevoir des commentaires et des suggestions, et ils ont aimé les différentes façons de communiquer, notamment par le biais de la SFDD provisoire elle-même, de webinaires sur la version provisoire de la SFDD 2016-2019, de réunions, du site Web de consultations interactives, des réseaux sociaux et de courriels, lettres et vidéos envoyés directement à Environnement et Changement climatique Canada.

Les répondants ont été satisfaits des nouveaux objectifs en matière de santé humaine, de bien-être, de qualité de vie et de technologie, d’emplois et d’innovation propres en lien avec le cadre social et économique associé. Ils ont réagi positivement à l’information contextuelle présentée pour chaque objectif et ils ont souligné l’utilité de l’information pré-triée par sujet dans la stratégie électronique provisoire (p.ex. le Nord, les peuples autochtones, les lois et règlements, etc.). Les répondants ont reconnu les améliorations apportées à la portée et à la rigueur du document, et ils ont mentionné que différents objectifs sont plus spécifiques et mesurables. Ils ont par ailleurs indiqué que la version provisoire de la SFDD 2016-2019 est la seule source globale d’information détaillée sur le programme environnemental du gouvernement, et qu’elle est efficace car elle comprend les engagements et les actions de 37 ministères et organismes, soit 11 de plus que ceux qui figuraient dans la première SFDD.

2. Sujets touchant la durabilité qui vous intéressent

Les commentaires sur les changements climatiques ont été les plus nombreux. Ces commentaires ont été formulés par les participants dans le cadre des consultations publiques. Les répondants ont demandé au gouvernement du Canada de faire preuve de leadership et de prendre des mesures au sujet des changements climatiques. Différents répondants ont fait remarquer que les stratégies de mise en œuvre (actions gouvernementales) relatives aux cibles touchant les changements climatiques, qui figurent dans la version provisoire de la SFDD 2016-2019, ne suffisent pas pour permettre l’atteinte de l’objectif à cet égard.

Les répondants ont parlé d’énergie durable, indiquant qu’aucun plan de transition n’est prévu pour passer des combustibles fossiles à des produits à basse teneur en carbone et que, sans un tel plan, il sera difficile d’atteindre les objectifs et cibles fixés au sujet des changements climatiques. Ils demandent au gouvernement fédéral de paver la voie en vue de cette transition et de faire office de leader en présentant les nouvelles technologies écologiques (p.ex.  l’énergie renouvelable et les biocarburants), et en faisant la promotion de celles-ci. D’autres répondants ont demandé la tenue de discussions sur le lien entre la politique environnementale, la croissance économique future et la compétitivité.

Les répondants ont formulé des suggestions sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment en demandant des solutions de technologie propre, la séquestration du carbone, l’agriculture sans carbone, en développant et en utilisant plus d’énergie renouvelable et en imposant une taxe obligatoire sur le carbone dont les revenu serviraient à développer des technologies d’énergie renouvelable, en utilisant 1990 comme année de référence pour la réduction des émissions, en ramenant l’objectif du Canada qui découle de la Conférence de Kyoto, en taxant la production de pétrole, en haussant la taxe sur l’essence, en mettant en œuvre un plafond fixe sur les émissions, en développant des technologies afin de surveiller les émissions des entreprises et des particuliers, en adoptant le principe du pollueur-payeur, en respectant l’engagement pris par le Canada à la réunion du G20 afin de supprimer graduellement les subventions versées à l’industrie des combustibles fossiles et en offrant des incitatifs à l’innovation. Certains répondants ont suggéré d’élaborer des politiques sur les changements climatiques qui portent sur le carbone actuellement stocké et séquestré au-dessus du sol (p.ex. la forêt boréale) et sous le sol dans des régions naturelles (p.ex les zones humides).

Les répondants demandent au gouvernement de fixer un objectif ambitieux de réduction des émissions de GES pour les immeubles fédéraux, qui irait plus loin que ce qui se fait dans le reste du pays, et ils ont même suggéré de doubler cet objectif ou d’exiger de devenir carboneutre. De nombreuses suggestions ont été communiquées au sujet de la réduction des émissions de manière générale en ajoutant des questions touchant les changements climatiques aux processus fédéraux d’approvisionnement, en développant une infrastructure écologique dans les installations fédérales, en améliorant le rendement énergétique des ministères ayant la garde de biens immobiliers et en réduisant les voyages aériens par les membres du gouvernement. Afin de faciliter la mise en œuvre de ces idées, les répondants ont suggéré de concevoir un programme de financement interne pour les projets durables.

Les répondants ont aussi mentionné la nécessité de se montrer plus résilients aux effets des changements climatiques. Ils ont suggéré que la SFDD fixe une nouvelle cible axée sur les écosystèmes et les parcs urbains afin de prendre en compte l’effet de l’îlot de chaleur et la qualité de l’air, en plus d’aider les régions côtières à composer avec l’élévation du niveau de la mer. D’autres répondants souhaitaient disposer de plus d’information sur la quantification des pertes des services d’écosystèmes en raison d’incidents environnementaux, comme les événements météorologiques extrêmes.

Par ailleurs, une discussion a eu lieu sur les répercussions sociales des changements climatiques, y compris la reconnaissance des conséquences plus grandes sur les populations vulnérables, par exemple celles qui vivent dans la pauvreté, dans le Nord, etc.; la description des incidences de l’augmentation de la population / la surpopulation sur les émissions de GES, sur la fonte du pergélisol et sur le trafic maritime, le tourisme et le développement accrus sur les collectivités du Nord. Certains répondants ont demandé qu’on fasse la distinction, dans la version provisoire de la SFDD 2016-2019, entre les mesures sur les changements climatiques pour le Nord et au sud du 60° parallèle. D’autres répondants ont proposé de faire participer les habitants du Nord, notamment en adjoignant des statistiques sur la glace aux renseignements des chasseurs Inuks et en faisant participer les étudiants du Nord aux mesures et à d’autres projets.

Les répondants ont abordé l’importance du captage et du stockage du carbone. Ils consultent les recherches sur le taux de séquestration des habitats, qui pourrait servir de mesure pour atténuer les effets des changements climatiques. Ils ont aussi parlé de l’importance des forêts à titre de puits de carbone et ils souhaitaient que le rôle des forêts quant au stockage du carbone soit précisé dans la version provisoire de la SFDD 2016-2019.

Puis, les répondants ont commenté des questions importantes pour eux, en raison de l’endroit où ils vivent. De nombreux commentaires ont suggéré que l’étalement urbain et l’absence d’options et d’infrastructure de transport écologique sont des problèmes qui doivent être abordés dans la version provisoire de la SFDD 2016-2019. Parmi les suggestions visant la promotion du transport écologique, on a notamment mentionné la mise en œuvre d’un transport en commun, de métros légers, d’autobus électriques et de postes de recharge électrique, et les répondants ont demandé une enquête sur la possibilité d’un moyen de transport à grande vitesse, par exemple l’Hyperloop. Certains répondants ont fait remarquer que l’agrandissement de l’infrastructure de transport, particulièrement les autoroutes, détruit des terres agricoles et encourage les émissions. Certains répondants souhaitaient que la SFDD provisoire 2016-2019 reconnaisse les contributions de partenaires à la réduction des émissions dans le secteur des transports, par exemple l’industrie de l’aviation/l’aérospatiale.

Certains répondants ont signalé que la version provisoire de la SFDD 2016-2019 établit que l’innovation et l’infrastructure sont des priorités. Toutefois, on ne retrouve aucune explication de la contribution de ces aspects à la compétitivité du Canada et du leadership dont ils pourraient faire preuve en matière d’environnement. Différents répondants ont demandé un message plus ferme et plus tourné vers l’avenir qui indiquerait que le développement durable est bénéfique pour l’économie.

Certains répondants ont suggéré que le secteur des bâtiments pourrait aider à atteindre les objectifs de réduction des émissions de GES en améliorant certaines mesures actuelles, par exemple le Code modèle national de l’énergie pour les bâtiments du gouvernement fédéral. Ils ont suggéré que la version provisoire de la SFDD 2016-2019 pourrait comprendre un engagement en vertu duquel ce Code serait amélioré afin qu’il comprenne plus de contrôles environnementaux, particulièrement au sujet du rendement énergétique. Ils veulent aussi que le gouvernement fédéral fasse preuve de leadership pour les bâtiments en développant et démontrant des bâtiments à consommation énergétique « nette nulle » ou « presque nulle » et en collaborant avec les locateurs afin de réduire l’empreinte environnementale des bâtiments dans lesquels le gouvernement fédéral loue des locaux.

L’objectif sur la santé et le bien-être a aussi suscité une discussion. Les répondants souhaitaient ardemment un développement de technologies écologiques afin d’améliorer la qualité de l’air, et certains ont laissé entendre que les progrès réalisés dans le cadre du Programme de réglementation de la qualité de l’air doivent être poursuivis. Ils ont aussi mentionné des points liés à la qualité de l’air à l’intérieur (p.ex. la moisissure, une base de données sur les indicateurs clés de la qualité de l’air à l’intérieur, des fonds pour la surveillance de la qualité de l’air à l’intérieur).

Certains répondants ont proposé de concevoir un système national de surveillance des pesticides et un régime de surveillance après l’homologation, tandis que d’autres souhaitaient de bannir l’utilisation des pesticides sur toutes les terres fédérales. Certains répondants ont demandé que des renseignements plus explicites soient adjoints à la version provisoire de la SFDD 2016-2019 sur les effets des produits chimiques sur les humains.

Un certain nombre de répondants ont mentionné que la version provisoire de la SFDD 2016-2019 doit prendre en compte les déchets, notamment les déchets de cuisine, les déchets municipaux/solides, le recyclage et les plastiques en mer. Ils ont indiqué qu’il s’agit d’une lacune importante de la version provisoire de la SFDD 2016-2019 et d’un aspect de plus en plus important et auquel on doit s’attarder. D’autres ont suggéré de redéfinir les déchets à titre d’éventuelle ressource utile qui pourrait entraîner des économies, favoriser l’innovation et créer des emplois dans une économie circulaire.

Les questions sur le mode de vie et la consommation ont également fait l’objet de discussions. Par exemple, un certain nombre de suggestions ont été formulées au sujet de l’ajout de renseignements plus poussés sur la gestion des produits chimiques dans  la version provisoire de la SFDD 2016-2019, afin de prendre en compte les engrais, les cosmétiques, les produits de nettoyage et d’autres produits de consommation. Certains ont aussi suggéré de mentionner le retrait des nanoparticules de tous les produits courants. Certains répondants ont demandé d’intégrer le concept « d’économie circulaire » aux politiques et règlements.

Certains commentaires avaient trait à l’adoption de modes de vie durables en favorisant le recyclage et la réduction des emballages et en offrant des outils qui serviraient à calculer l’empreinte environnementale et en appuyant les entreprises locales. Toutefois, les répondants se sont montrés sceptiques au sujet de la possibilité que les citoyens utiliseraient de leur plein gré des vélos plutôt que des voitures, car cette transition est perçue comme un sacrifice personnel. La réduction des déchets et le compostage ont été suggérés, dans le but de faire la promotion de modes de vie durables.

Un autre point d’intérêt est la sécurité alimentaire. Les répondants ont fait remarquer que nous vivons dans une société de surconsommation et que la souveraineté et la sécurité alimentaires doivent être prises en compte par la version provisoire de la SFDD 2016-2019. Ces répondants favorisent des produits biologiques locaux et ont suggéré de délaisser les aliments transgéniques et de réduire la quantité de protéines animales. D’autres souhaitaient la promotion de l’agriculture urbaine dans les écoles, afin que les Canadiens puissent cultiver leurs propres aliments. Les répondants ont suggéré que la version provisoire de la SFDD 2016-2019 devrait faire la promotion du développement d’espaces verts urbains, comme les toits d’immeubles, les jardins communautaires et les parcs urbains.

La question de l’eau douce et des océans a généré un certain intérêt, plus particulièrement les aspects de la pollution marine (principe du pollueur-payeur), de la souveraineté dans le Nord, des mesures incitatives pour l’intégration de l’infrastructure de traitement des eaux usées et l’amélioration des technologies de gestion des réserves d’eau. Un certain nombre de commentaires ont été émis relativement aux systèmes d’eau douce (Grands Lacs, fleuve Saint-Laurent, lac Simcoe et lac Winnipeg), notamment des demandes d’ajout d’informations et d’objectifs plus détaillés portant sur les charges en éléments nutritifs et la gestion des bassins hydrographiques. Certains répondants ont indiqué que la stratégie définitive doit contenir un objectif ambitieux spécifique sur l’eau de surface en lien avec la « santé de l’eau douce ». Certains répondants estimaient que d’autres points doivent être abordés, notamment les systèmes d’eau douce qui ne font pas partie des bassins actuels mentionnés dans la version provisoire de la SFDD 2016-2019, les « rivières sauvages », les bélugas et l’acidification des océans. La sécurité de l’eau, surtout la vente d’eau canadienne, a été mentionnée par certains répondants, qui estimaient que ce point doit figurer dans la version provisoire de la SFDD 2016-2019. La protection des poissons et des stocks de poissons est un autre sujet de préoccupation pour les répondants.

Si certains étaient d’accord avec le développement de technologies propres, d’autres étaient préoccupés par les répercussions économiques et sectorielles qui découleraient de ces « technologies vertes » (p.ex. la perte de terres agricoles à la faveur de parcs éoliens), et par la création « d’emplois verts » susceptibles de supplanter les postes plus traditionnels. Certains répondants ont suggéré d’ajouter un objectif lié aux technologies propres et à l’innovation, pour le secteur pétrolier et gazier, car celui-ci effectue une transition des pratiques traditionnelles à de nouvelles méthodes d’affaires. Différents répondants souhaitaient un objectif particulier et/ou une orientation claire sur les intentions du gouvernement du Canada en ce qui a trait à l’énergie renouvelable.

Les répondants ont indiqué que le gouvernement fédéral devrait appliquer le « principe de précaution » dans le cadre de la gestion des espèces et des écosystèmes (écosystèmes marins et terrestres) et que la protection de l’habitat des oiseaux migrateurs constitue un objectif clé. En outre, on a notamment mis l’accent sur le lien avec la nature, et demandé d’accorder plus d’importance aux parcs nationaux, afin que tous les Canadiens aient accès à ceux-ci. Les répondants ont toutefois noté que la stratégie doit donner des détails sur l’intention de restreindre le développement des parcs nationaux. D’autres commentaires ont souligné qu’il faudrait tenir compte de la qualité des habitats et inclure de bonnes pratiques de gestion pour les aires protégées dans la version provisoire de la SFDD 2016-2019. Les espèces exotiques envahissantes ont été mentionnées à titre de point préoccupant.

L’agriculture durable est un autre aspect qui a été abordé en lien avec la version provisoire de la SFDD 2016-2019 et différents répondants ont demandé qu’on accorde plus d’importance aux activités de ce secteur. Certains ont fait remarquer que la gestion des animaux et le traitement et la production des aliments du bétail sont des facteurs touchant les changements climatiques et qu’ils doivent être abordés dans la version provisoire de la SFDD 2016-2019. D’autres répondants voulaient une meilleure prise en compte de l’agriculture biologique et d’autres formes d’agriculture durable (p.ex. les biocarburants, la machinerie agricole qui n’utilise pas de combustibles fossiles, la biodiversité agricole) dans l’objectif de la version provisoire de la SFDD 2016-2019 sur l’agriculture durable. Certains répondants ont indiqué que certaines des meilleures pratiques de gestion agricole (p.ex. la préservation de la qualité du sol) doivent être mentionnées et ils ont demandé au gouvernement fédéral de continuer à appuyer les tables rondes sur l’agriculture. Les répondants ont aussi demandé une meilleure concordance avec les stratégies sectorielles actuelles, particulièrement en ce qui concerne les investissements dans les technologies de l’agriculture durable. Les abeilles ont aussi fait l’objet de plusieurs commentaires. En effet, les répondants souhaitaient que les pollinisateurs doivent être pris en compte par la cible sur l’agriculture durable, ainsi que par la cible sur la gestion des produits chimiques.

Les répondants ont encouragé le gouvernement fédéral à continuer d’éduquer les Canadiens au sujet du développement durable. Ils ont demandé un dialogue constant entre le gouvernement et la société civile au sujet des points qui présentent un intérêt pour ceux-ci. Étant donné que la SFDD est le porte-étendard du développement durable au Canada, ils estiment qu’elle doit susciter des actions et que si plus de gens sont au courant de la stratégie, un plus grand nombre d’actions seront exécutées.

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 contient 17 objectifs de développement durable (ODD) afin de « mettre fin à la pauvreté, de lutter contre les inégalités et l’injustice et de faire face au changement climatique d’ici 2030 ». À l’heure actuelle, la version provisoire de la SFDD traite de 12 de ces objectifs. Toutefois, la SFDD ne tient pas compte des objectifs socio-économiques, comme la pauvreté, l’éducation ou l’égalité entre les sexes. Certains répondants souhaitaient que la version finale de la stratégie précise les responsables du gouvernement canadien de l’intégration des nombreux éléments du développement durable et de la propriété globale des ODD. Certains répondants ont suggéré que le moment de la version finale de la SFDD 2016-2019 offre une occasion de souligner le fait que le Canada évolue vers les ODD à l’échelle nationale. Ils ont suggéré que dans le premier cas, la SFDD pourrait mettre en évidence les secteurs prioritaires et les objectifs environnementaux, en mettant l’accent sur l’harmonisation et la mesure de ces objectifs avec certaines mesures sociales et économiques. D’autres répondants ont demandé une meilleure intégration de tous les ODD à la SFDD. Les suggestions détaillées relatives au renforcement des liens entre la SFDD et les ODD comprennent l’élargissement de la version provisoire de la SFDD 2016-2019 afin d’inclure une perspective à plus long terme (c.-à-d. 2030) aux fins d’harmonisation avec les ODD et accroître les Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement (ICDE) afin d’inclure des indicateurs plus sociaux et économiques.

Les répondants sont d’accord avec l’importance qui est toujours accordée aux évaluations environnementales stratégiques (EES), indiquant que les questions touchant la durabilité environnementale doivent être intégrées sans cesse aux points clés de la politique sociale et économique. Ils ont demandé un resserrement des politiques et lignes directrices internes, par exemple la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et la directive sur les EES. Certains répondants ont indiqué que le processus d’évaluation environnementale doit être revu afin qu’il comprenne la quantification des pertes de services d’écosystème et des pertes prévues, en se fondant sur les probabilités d’incidents majeurs du passé. Ils ont aussi mentionné d’inclure les effets environnementaux des projets d’immobilisations proposés au processus d’approbation et de demander aux projets qui améliorent l’environnement de compenser ces effets. Certains répondants ont laissé entendre que des évaluations environnementales régionales doivent être mises en place pour les projets qui risquent d’avoir d’importantes répercussions ailleurs que dans la région où le projet est réalisé (p.ex. les pipelines, l’extraction minière).

Différents répondants ont fait remarquer que certains points étaient absents de la version provisoire de la SFDD 2016-2019, par exemple le tourisme. Ils ont indiqué que les Canadiens peuvent établir un lien avec la nature par l’entremise des parcs nationaux, ainsi que par la protection de l’habitat naturel et des paysages et la gestion des zones protégées. On pourrait ainsi favoriser le tourisme et des possibilités économiques pour les collectivités environnantes. Ils ont mentionné que la version provisoire de la SFDD 2016-2019 doit comprendre un point sur le tourisme durable, une occasion qui pourrait être développée au cours des 20 prochaines années. D’autres répondants souhaitaient que si on fait la promotion du tourisme dans les parcs nationaux et que si celui-ci s’accroît, les plans d’activités des parcs nationaux doivent être axés sur l’optimisation de la durabilité, en s’assurant que les concessions touristiques et les exploitants disposant d’un permis se comportent également de manière durable.

La nouvelle cible en ce qui concerne le développement durable des ressources minérales a suscité plusieurs suggestions et, dans certains cas, des commentaires contradictoires. Par exemple, alors que certains commentaires portaient sur l’interdiction de l’utilisation du charbon au Canada, d’autres recommandaient une garantie d’utilisation d’un « charbon propre » dans l’approche multi-énergétique du Canada. Les pipelines ont aussi été mentionnés à titre de sujet relevant de cet objectif : un certain nombre de répondants ont indiqué que ce point est préoccupant, surtout en ce qui a trait aux éventuelles catastrophes environnementales. D’autres répondants, toutefois, ont mentionné que les pipelines font partie d’un moteur économique du Canada et qu’on doit les appuyer. Certains répondants souhaitent que la version provisoire de la SFDD 2016-2019 mentionne les activités des sociétés minières canadiennes à l’étranger comme un lien important avec les ODD.

Certains répondants ont indiqué que le principe de précaution était absent de la version provisoire de la SFDD 2016-2019, même s’il fait partie de la Loi, et qu’ils souhaitaient qu’on y accorde une plus grande importance. Les répondants ont indiqué que le gouvernement fédéral devrait appliquer le principe de précaution dans le cadre de la gestion des espèces et des écosystèmes (écosystèmes marins et terrestres).

3. Vous avez demandé des améliorations

Bien que différents répondants aient reconnu que des améliorations ont été apportées à la portée et la rigueur de la version provisoire de la SFDD 2016-2019, ils avaient d’autres améliorations à suggérer.

Ils appuient une stratégie nationale large et complète qui englobe non seulement le Programme de développement durable à l’horizon 2030, mais aussi les actions de tous les acteurs clés qui contribuent au développement durable au Canada. Les commentaires formulés suggéraient notamment que la SFDD provisoire 2016-2019 soit axée sur des exemples particuliers des cinq objectifs existants et priorise les actions fondées sur les points forts et les points faibles du Canada, ainsi que les actions et les contributions de toutes les facettes de la société civile. Certains répondants ont demandé à ce que la SFDD présente une vision à plus long terme du développement durable au Canada. Ils ont signalé que la version provisoire de la SFDD 2016-2019 doit rappeler aux Canadiens qu’elle n’est qu’une étape de la concrétisation de cette vision et que tous ont un rôle à jouer : tous les ordres de gouvernement, le secteur privé les, organismes non gouvernementaux et la société civile. Ainsi, certains répondants souhaitaient que la version provisoire de la SFDD 2016-2019 porte sur des communications plus axées sur les priorités et soit un document participatif qui aiderait tous les acteurs à comprendre leur rôle, afin que le Canada soit plus durable. Toutefois, différents répondants ont précisé que le document doit comporter un plan de mise en œuvre détaillé qui décrirait clairement les actions réalisées en vue de l’atteinte des objectifs.

Bien que le développement durable soit une question mondiale, les répondants ont indiqué qu’il importe d’inclure le fait que les Canadiens doivent, tous les jours, faire en sorte d’améliorer la durabilité du pays. Ils ont demandé l’optimisation de l’incidence des pratiques durables en faisant participer les Canadiens et en faisant appel à leurs valeurs de base, soit prôner l’excellence dans le monde. Certains répondants ont indiqué que la version provisoire de la SFDD 2016-2019 doit comprendre une « invitation à passer à l’action », ainsi que des suggestions, à l’intention des Canadiens, sur la façon de réduire leur empreinte environnementale et de mener une vie plus durable afin que la SFDD provisoire 2016-2019 soit plus accessible pour le public. D’autres répondants ont demandé des exemples explicites de la vie de tous les jours quant aux incidences des objectifs (c.-à-d. « qu’est-ce que cela signifie pour moi? »).

Les répondants ont souligné l’accesabilité à la stratégie grâce à sa version électronique est améliorée. Toutefois, ils ont formulé différentes suggestions en vue de l’amélioration de la version provisoire de la SFDD 2016-2019, afin qu’elle soit davantage un outil de communication : ajouter un index au fichier PDF, faire correspondre les stratégies passées à la version provisoire actuelle à l’aide de graphiques cliquables, ajouter des éléments visuels et offrir un livre électronique et audio. De plus, les répondants ont demandé à ce que les messages publics soient plus clairs, particulièrement en rendant les résultats des indicateurs plus significatifs pour les Canadiens. Ils ont aussi indiqué que certains des propos et des termes ne sont pas connus des Canadiens (p.ex. la résilience) ou exigent des précisions et une définition (p.ex. la pollution lumineuse, les objectifs de la SFDD par rapport aux buts du développement durable, la « technologie propre », le « degré de biodiversité » et « l’agriculture durable »).

Certains répondants souhaitaient des objectifs plus impérieux et inspirants auxquels tous les aspects de la société canadienne pourraient aspirer, tandis que d’autres ont mentionné que les nouveaux objectifs sur les technologies propres, les emplois, l’innovation, la santé humaine, le bien-être et la qualité de vie représentent un pas important vers l’avant. Ils ont souligné les mesures prises pour rendre différents objectifs afin de répondre davantage aux critères « SMART », mais ils estimaient qu’on pourrait faire davantage afin qu’un plus grand nombre de ces objectifs soient mesurables et temporaires. Certains répondants ont suggéré qu’il serait préférable, pour le gouvernement du Canada, d’accorder la priorité à certains points prioritaires ou objectifs clés, tandis que d’autres ont recommandé l’ajout de plusieurs autres objectifs à la SFDD provisoire 2016-2019 (p.ex. l’énergie renouvelable, le tourisme, les transports écologiques, etc.). Certains répondants ont reconnu que la version provisoire de la SFDD 2016-2019 a été rendue publique en vue de consultations publiques au début du mandat du nouveau gouvernement et qu’il est compréhensible que les stratégies de mise en œuvre (actions du gouvernement) précisées dans le document soient présentées à titre général. D’autres répondants, toutefois, souhaitaient plus de précisions et de clarté quant aux actions du gouvernement destinées à favoriser l’atteinte des objectifs.

La mesure du rendement a été abordée par les répondants. Ils ont en effet noté que la version provisoire de la SFDD 2016-2019 contient un large éventail d’indicateurs. Ils ont indiqué que le suivi et la communication des progrès réalisés améliorent la transparence et la responsabilisation. Ils ont demandé des liens plus étroits entre les Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement (ICDE) et les objectifs de la SFDD (p.ex. des énoncés des progrès, des tableaux). « Nous devons créer une image à partir des morceaux ». Ils ont aussi suggéré que le document précise les différences entre, par exemple, les indicateurs sur l’état de l’environnement et les mesures du rendement. Certains répondants ont aussi indiqué que bien qu’un certain nombre d’indicateurs mesurent ce que les objectifs tentent de réaliser et qu’ils sont mieux expliqués dans la version provisoire de la SFDD 2016-2019, certains sont des « substituts indirects » et exigent plus de précisions, ou bien on doit avoir recours à de meilleurs indicateurs (si des données existent à ce sujet). Ils ont fait remarquer que l’utilisation des indicateurs ODD, s’il y a lieu, serait bénéfique pour les rapports futurs et l’analyse comparative. Certains répondants ont demandé une plus grande collaboration avec d’autres régions au sujet des paramètres afin que ceux-ci concordent au fédéral et dans les provinces (p.ex. le rapport sur l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs).

Les répondants ont demandé un resserrement de la responsabilisation, particulièrement au sujet des coûts et des fonds de programme disponibles, qui seraient alors décrits dans la SFDD provisoire 2016-2019. Parmi les suggestions sur l’amélioration de la responsabilisation, mentionnons la nomination d’un défenseur des « générations futures », la mise sur pied d’un Comité permanent du Parlement pour l’avenir, l’élaboration de principes et d’objectifs à long terme en matière de durabilité, et la désignation des ministres responsables de chaque objectif, ainsi que des ministères dont relève chaque stratégie de mise en œuvre (actions fédérales). Enfin, les répondants ont suggéré d’utiliser l’analyse comparative afin d’améliorer la transparence, et ils ont mentionné spécifiquement les rapports ministériels sur la durabilité à titre de pratique exemplaire. Ils ont aussi suggéré de produire des rapports annuels sur les progrès qui précisent les actions existantes ou nouvelles et de garantir un accès ouvert aux recherches et données scientifiques, à titre de mesures supplémentaires démontrant la transparence et la responsabilisation du gouvernement.

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