Planifier un avenir durable – 
Stratégie fédérale de développement durable pour le Canada

Bureau du développement durable
Environnement Canada

Octobre 2010


Chapitre 4 : Priorités de la durabilité environnementale

Lors de la préparation de la première Stratégie fédérale de développement durable, le gouvernement du Canada a été guidé par les meilleures pratiques et l'expérience internationale qui démontrent les avantages d'une approche stratégique et ciblée de la planification et de la production de rapports.

Le gouvernement du Canada a adopté quatre thèmes qui sont, de façon constante, des priorités élevées pour la population canadienne :

  1. Relever les défis des changements climatiques et de la qualité de l'air;
  2. Préserver la qualité et la disponibilité de l'eau;
  3. Protéger la nature;
  4. Réduire l'empreinte environnementale - En commençant par le gouvernement.

Ce chapitre traite du contexte social, économique, et environnemental pris en compte lors de l'élaboration des objectifs de chacun de ces thèmes. Les annexes 1 à 4 fournissent un compte rendu détaillé des objectifs, cibles et stratégies de mise en œuvre fédéraux actuels pour chacun des thèmes environnementaux et présentent de manière transparente, pour la première fois à un seul endroit, les initiatives et priorités du gouvernement du Canada en matière de durabilité environnementale.

Définir les objectifs, les cibles et les stratégies de mise en œuvre

Les objectifs, cibles et stratégies de mise en œuvre sont tirées des engagements clés pris par le gouvernement du Canada dans les documents stratégiques et de planification, tels que le Discours du Trône, le budget fédéral, les mémoires au Cabinet, les présentations au Conseil du Trésor et les rapports ministériels sur les plans et les priorités ainsi que les rapports ministériels sur le rendement. À ce titre, ils évolueront au fil du temps à mesure que de nouvelles décisions stratégiques sont prises.

Le gouvernement fédéral s'efforce de garantir que les objectifs :

  • Sont idéaux;
  • Donnent une vision à long terme;
  • S'attaquent à des défis et des problèmes importants;
  • Restent harmonisés avec les renseignements, les données et les indicateurs environnementaux;
  • Encouragent la souplesse dans le choix des stratégies pour les atteindre;
  • Tiennent compte des priorités et des engagements nationaux et internationaux.

Les cibles sont, par nature, plus précises. Le gouvernement fédéral s'efforce de garantir que les cibles :

  • Respectent les critères SMART (spécifique, mesurable, réalisable, pertinent et limité dans le temps);
  • Donnent une vision à moyen terme;
  • Relèvent de la compétence fédérale et des mandats des ministères;
  • Demeurent éclairées par les données et les indicateurs environnementaux de base;
  • Sont harmonisées avec les priorités du gouvernement;
  • Tiennent compte du principe de précaution.

Dans certains domaines, les cibles sont déjà assez solides; le renforcement d'autres cibles prendra du temps. Par exemple, la cible pour les écosystèmes et habitats terrestres (habitats protégés dans un parc) - maintenir ou améliorer l'état général de l'intégrité écologique dans tous les parcs nationaux entre mars 2008 et mars 2013 - respecte déjà les critères SMART. Dans d'autres cas, les critères SMART ne peuvent pas être respectés tant que la qualité des cibles n'est pas améliorée. Le Bureau du développement durable s'efforcera de garantir que les contributions ministérielles visant à atteindre les cibles respectent les critères SMART du mieux possible.

En dernier lieu, les ministères et organismes entreprennent des stratégies de mise en œuvre comme moyen d'atteindre les cibles définies dans la Stratégie fédérale de développement durable. Les stratégies de mise en œuvre doivent :

  • Respecter les critères SMART (spécifique, mesurable, réalisable, pertinents et limité dans le temps);
  • Donner une vision à court terme;
  • Cadrer dans les structures de production de rapports et de planification du gouvernement;
  • Désigner les ressources et les activités;
  • Contribuer à l'atteinte de la cible connexe.

La Loi fédérale sur le développement durable répertorie 28 ministères assujettis à la Loi et qui, par conséquent, doivent préparer leurs propres stratégies ministérielles afin de respecter la Stratégie fédérale de développement durable et d'y contribuer. Mais seulement un sous-ensemble de ministères a des mandats incluant la programmation précisément associée aux objectifs répertoriés dans la Stratégie fédérale de développement durable sous les priorités suivantes : Relever les défis des changements climatiques et de la qualité de l'air, Maintenir la qualité et la disponibilité de l'eau et Protéger la nature. Néanmoins, tous les ministères sous la Stratégie fédérale de développement durable sont tenus de contribuer à l'atteinte des objectifs et cibles du quatrième thème, Réduire l'empreinte environnementale - En commençant par le gouvernement.

Quels seront les résultats? Chaque programme et chaque politique ont leur propre incidence, et les annexes décrivent la stratégie de mise en œuvre de chacun. Les stratégies de mise en œuvre, sont divisées en quatre catégories qui reflètent les rôles clés du gouvernement fédéral, et sont désignées par l'abbre anglais LEAD :

  • Donner l'exemple – activités qui auront une incidence directe sur les opérations du gouvernement ou qui changeront la manière dont le gouvernement réalise ses activités de gestion;
  • Capacité habilitante – activités dans le cadre desquelles le gouvernement accroît la capacité des autres à prendre des mesures ou fait des investissements stratégiques pour appuyer les objectifs et les cibles;
  • Progression des connaissances et des communications – activités liées aux sciences, au rassemblement et au dissémination de connaissances et à l'éducation du public;
  • Exigence de rendement – activités, comme les lois et les règlements, au travers desquelles les entreprises et les particuliers doivent changer leurs comportements.

I. Relever les défis des changements climatiques et de la qualité de l'air

Les changements climatiques sont un important défi à relever pour assurer la durabilité; mais ce défi n'est pas insurmontable. Les polluants atmosphériques sont souvent étroitement associés aux émissions de gaz à effet de serre. De nombreuses substances en suspension dans l'air ont une incidence sur le smog, la pollution et notre qualité de vie en général, la santé humaine en particulier. Une mauvaise qualité de l'air touche également les plantes et les animaux, peut mettre en péril des espèces et réduire la productivité de nos fermes, de la pêche et des forêts.

Au cours des dernières décennies, à mesure que les implications ont été mieux comprises, le souhait de combattre les changements climatiques s'est renforcé et la population canadienne se montre aujourd'hui déterminée à agir. Le consensus observé dans les milieux scientifiques, comme en témoigne le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC, 2007), est que l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre, causée par l'activité humaine, commence à avoir un effet néfaste perceptible sur le climat. Les nouvelles technologies ouvrent la voie à l'énergie propre et à des méthodes permettant d'éviter les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique.

Pourquoi est-ce important

Le Canada est un pays dans lequel les distances sont grandes et où la population est dispersée; l'économie est menée par la production et l'exportation de ressources naturelles, le climat y est nordique et la croissance de la population est élevée. Chacun de ces éléments contribue à la demande énergétique croissante du Canada, facteur déterminant des émissions de gaz à effet de serre dans le pays. En 2008 par exemple, environ 81 % des émissions de gaz à effet de serre du Canada ont été générés par la production, la distribution et la consommation d'énergie, y compris la production d'électricité et de combustibles fossiles, les activités de transports et le chauffage, la climatisation et l'éclairage des habitations, commerces et bâtiments gouvernementaux (Environnement Canada, 2010b).

La prospérité et le bien-être du Canada sont liés à la solidité de son économie reposant sur les ressources et de son milieu naturel. Les changements climatiques doivent prendre en compte l'importance économique des secteurs tels que l'énergie (pétrole et gaz naturel), l'agriculture, la foresterie, la pêche, les ressources en eau et les ressources minérales. En 2008, les ressources naturelles (bois d'œuvre, énergie et minéraux) ont contribué à hauteur de 22 % à la richesse totale du Canada. La valeur de ces ressources naturelles a grimpé de 45 % pour atteindre 1 723 milliards de dollars la même année (Statistique Canada, 2009b). Les secteurs des ressources naturelles et des sciences de la terre employaient directement près de 859 000 personnes en 2008 (Ressources naturelles Canada, 2008). Le défi principal consiste à répondre aux besoins en énergie de notre économie en expansion tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, objectif essentiel de la stratégie. Sur le terrain, cela implique le besoin de faire des compromis.

Plus de 25 millions de Canadiennes et Canadiens (80 %) vivent dans des zones urbaines, où la pollution atmosphérique a tendance à être la plus importante (Ressources humaines et Développement des compétences Canada, 2010). La pollution atmosphérique accrue cause un accroissement des risques de problèmes respiratoires et cardiovasculaires et de certains types de cancer (Environnement Canada, 2008). L'air pur contribuera de façon considérable à la compétitivité à long terme de l'économie canadienne, en réduisant les coûts des soins de santé et en améliorant la productivité des travailleurs.

La Ontario Medical Association a estimé que la pollution atmosphérique coûte plus de 1 milliard de dollars par année en admissions à l'hôpital, visites aux services d'urgence et en absentéisme. Par exemple, les frais médicaux associés à une admission à l'hôpital pour une maladie respiratoire sont, en moyenne, d'environ 3 000 $, auxquels il faut ajouter 1 000 $ de pertes de salaire et de productivité du travailleur (Environnement Canada, 2010c).

Pour relever les défis des changements climatiques et de la pollution atmosphérique, il nous faut trouver de nouvelles manières de produire et de transporter les produits, carburants et aliments, d'éclairer et de chauffer nos maisons et nos bureaux et de se rendre au travail ou de voyager. De manière globale, nous devons créer un monde à faible émission de carbone, où la croissance économique et la compétitivité sont guidées par des technologies propres et efficaces. Le Canada souhaite être un leader dans ce monde futur en prenant des mesures concrètes dès aujourd'hui.

Objectif 1 : Changements climatiques

Réduire les taux d'émissions de gaz à effet de serre (GES) afin d'atténuer la gravité et les effets inévitables des changements climatiques.

Ce que fait le gouvernement

Le gouvernement du Canada a élaboré une stratégie agressive visant à relever les défis des changements climatiques et de la qualité de l'air en prenant des mesures de réduction des gaz à effet de serre et de la pollution atmosphérique (Environnement Canada 2010d). Cela comprend :

  • Fournir une action continue visant à créer une économie à faibles émissions de carbone et à faire du Canada un leader mondial dans la production d'électricité propre.
  • La collaboration avec la communauté internationale pour assurer la mise en œuvre de l'Accord de Copenhague, premier accord international rassemblant tous les pays émetteurs importants. En vertu de l'Accord de Copenhague, le Canada s'engage à investir 400 millions de dollars dans les efforts internationaux visant les changements climatiques au cours de  cet exercicecette année fiscale (2010-2011) et à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 17 % sous les niveaux de 2005 d'ici l'année 2020.
  • L'élaboration et la mise en œuvre d'une stratégie visant les changements climatiques et l'énergie propre, uniforme avec celle des États-Unis, notre plus grand partenaire commercial. Le Canada a déjà aligné sa cible de réduction des émissions automobiles pour 2020 avec celle des États-Unis.
  • La publication de l'ébauche d'un règlement visant à réglementer les émissions de gaz à effet de serre rejetées par les véhicules et à poursuivre le même travail avec les États-Unis pour créer des réglementations en ce qui a trait aux camions lourds.
  • La préparation d'un nouveau règlement exigeant un contenu en carburant renouvelable de 5 % dans l'essence et le diesel (Environnement Canada, 2009a).
  • Une collaboration avec les États-Unis afin de continuer à réduire les émissions dans le cadre du Dialogue entre le Canada et les États-Unis sur l'énergie propre, lancé en 2009. Le Dialogue encouragera le développement du secteur de l'énergie propre au Canada et aux États-Unis. Cela permettra de renforcer la capacité du gouvernement du Canada à respecter son engagement de 90 % d'électricité fournis par des sources non émettrices d'ici l'année 2020 (Environnement Canada, 2009b).

Vous découvrirez les initiatives particulières à l'annexe 1.

Objectif 2 : Pollution atmosphérique

Minimiser les menaces à la qualité de l'air afin que les Canadiens puissent respirer de l’air pur qui appuiera également des écosystèmes sains.

Ce que fait le gouvernement

Le gouvernement du Canada s'est engagé à prendre des mesures visant à améliorer la qualité de l'air que nous respirons en limitant la pollution atmosphérique; il collabore avec les provinces, les territoires et le secteur privé pour élaborer des stratégies qui garantiront un air plus pur et un environnement plus propre pour toute la population canadienne. Pour ce faire :

  • Il va de l'avant avec le Programme de réglementation de la qualité de l'air, qui permettra d'établir des normes nationales claires pour faire passer l'industrie d'une conformité volontaire à une réglementation et pour suivre les progrès et informer les Canadiennes et les Canadiens sur les progrès que fait le Canada afin de réduire la pollution et les émissions de gaz à effet de serre.
  • Il poursuit ses consultations auprès des provinces, des territoires, des industries et de la population canadienne afin de définir et d'atteindre les cibles de réduction des polluants dans l'air intérieur et extérieur et des émissions de gaz à effet de serre.
  • Il fournit aux Canadiennes et Canadiens les renseignements nécessaires pour prendre des décisions éclairées. Par exemple, la Cote air santé offre à la population canadienne des renseignements et conseils sur la qualité de l'air et les risques pour la santé afin de l'aider à réduire son niveau d'exposition aux polluants atmosphériques (Environnement Canada, 2010e). De la même manière, l'inventaire national des rejets de polluants dans l'air, l'eau et le sol, légiféré du Canada, intitulé Inventaire national des rejets de polluants, fournit aux Canadiennes et Canadiens des sommaires et tendances complets des émissions pour les polluants atmosphériques majeurs, d'après les données fournies par les installations. Il comprend également des estimations des émissions pour d'autres sources de pollution, telles que les véhicules motorisés, le chauffage domestique, les incendies de forêts et l'agriculture.
  • Le gouvernement du Canada s'est également engagé à nettoyer les anciens sites contaminés. Le gouvernement du Canada a investi dans le nettoyage des sites contaminés et réussi à restaurer 5 620 des 19 775 sites désignés (Secrétariat du Conseil du Trésor, 2010).

II. Maintenir la qualité et la disponibilité de l'eau

Le Canada possède environ 7 % des réserves totales d'eau douce renouvelables de la planète. Mais les Canadiennes et Canadiens comptent parmi les plus grands utilisateurs d'eau par habitant au monde. La demande en eau augmente et souvent, les différentes parties prenantes formulent des demandes conflictuelles.

Pourquoi est-ce important

L'accès à une eau salubre et propre est essentiel pour la population canadienne. Le gouvernement du Canada s'engage à faire en sorte que tous les Canadiens aient accès à de l'eau propre, saine et sans danger, que l'approvisionnement en eau soit sûr et que nos ressources en eau soient utilisées judicieusement, tant sur le plan économique qu'écologique.

La pollution de l'eau peut nuire à la santé des Canadiennes et Canadiens, à l'environnement naturel et à l'économie. Une eau de mauvaise qualité peut par exemple conduire à des maladies d'origine hydrique. Les problèmes de santé liés à la pollution de l'eau coûtent en général, d'après les estimations, 300 millions de dollars par an au Canada (Environnement Canada, 2009b). Chaque fois qu'une communauté canadienne reçoit un avis lui conseillant de faire bouillir l'eau potable, nous nous rappelons de l'importance de prendre davantage soin de nos ressources en eau. Le 30 juin 2010, 114 communautés des Premières nations à travers le Canada avaient reçu un Avis concernant la qualité de l'eau potable (Santé Canada, 2010).

Les Grands Lacs offrent un exemple majeur de l'importance d'assurer la propreté de nos écosystèmes d'eau. Ce bassin alimente 33 millions de personnes, donc neuf millions de Canadiennes et Canadiens et huit des 20 plus grandes villes de notre pays. Il abrite 90 % de la population ontarienne et 40 % de l'activité économique du Canada. Chaque année, les Grands Lacs contribuent à hauteur de 180 milliards de dollars dans le commerce entre le Canada et les États-Unis (Environnement Canada, 2009b) et sont utilisés par 1,5 million de plaisanciers et pêcheurs.

Une réserve fiable en eau est essentielle pour l'économie canadienne. En effet, environ 60 % du produit intérieur brut du Canada dépendent directement de l'eau (Environnement Canada, 2002) pour des secteurs tels que l'extraction de ressources, la fabrication et la production et la transformation des aliments. Par ailleurs, la production d'eau et la production d'énergie sont fondamentalement liées (c.-à-d. la production d'énergie électrique thermique, la production d'énergie hydroélectrique et, dans une moindre mesure, l'extraction de pétrole et de gaz).

La croissance soutenue des demandes en eau par différents utilisateurs au Canada pourrait aboutir à des utilisations concurrentielles. Les installations de production d'énergie thermique, l'industrie, l'agriculture, les ménages et l'exploitation minière font partie des principaux utilisateurs et consommateurs d'eau au Canada; chaque année, ils sont responsables du prélèvement d'environ 44 milliards de mètres cubes d'eau dans les rivières et les lacs canadiens. Sur ces 44 milliards de mètres cubes d'eau, environ 5,5 milliards de mètres cubes ne sont pas réintroduits dans l'écosystème.

Le transport maritime pourrait être touché par l'indisponibilité de l'eau. Des niveaux d'eau moins élevés, par exemple dans les Grands Lacs et la voie maritime du Saint-Laurent, impliquent le transport de moins de marchandises; par conséquent, les expéditeurs maritimes sont désavantagés en matière de concurrence par rapport à ceux qui n'utilisent pas l'eau pour transporter leurs marchandises (Environnement Canada, 2010f).

La pression sur ces ressources en eau augmentera car, entre aujourd'hui et 2050, la population canadienne devrait s'accroître de 25 % et l'économie canadienne devrait croître d'environ 55 % d'ici à 2030 (Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie, 2010). Ces éléments, en plus des changements climatiques, toucheront les bassins versants du Canada et ajouteront de nouvelles pressions à la durabilité à long terme de nos ressources en eau.

Le gouvernement du Canada s'engage à faire en sorte que tous les Canadiens aient accès à de l'eau propre, saine et sans danger, que l'approvisionnement en eau soit sûr et que nos ressources en eau soient utilisées judicieusement, tant sur le plan économique qu'écologique.

Objectif 3 : Qualité de l'eau

Protéger et améliorer la qualité de l’eau pour qu'elle soit propre, saine et sécuritaire pour tous les Canadiens et qu'elle soutienne des écosystèmes sains.

Ce que fait le gouvernement

Au Canada, les trois niveaux du gouvernement (fédéral, provincial-territorial et municipal) ont des rôles et responsabilités envers la gestion de l'eau douce. Les provinces et territoires sont les premiers responsables de la plupart des aires de gestion et de protection de l'eau, notamment pour la concession de licences pour la majorité des usages principaux de l'eau. Le rôle du gouvernement fédéral inclut la gestion de l'eau sur les terres autochtones et fédérales, les pêches, les eaux frontalières et transfrontalières, la surveillance de l'eau et les sciences et recherches portant sur l'eau. Le gouvernement du Canada reconnaît qu'il est primordial de disposer de réserves en eau sûres et sécuritaires pour la santé humaine, l'environnement et l'économie, ainsi que d'eau pure pour toutes les Canadiennes et Canadiens.

Le gouvernement du Canada :

  • continue d'aider la population canadienne à remettre en état les lacs et écosystèmes marins endommagés par la pollution; le gouvernement a attribué 96 millions de dollars pour financer le nettoyage, répartis comme suit : 30 millions de dollars pour le lac Simcoe, 18 millions de dollars pour le lac Winnipeg et 48 millions de dollars pour les secteurs préoccupants des Grands Lacs (Environnement Canada, 2010g);
  • travaille avec des collectivités et d'autres niveaux du gouvernement pour protéger et restaurer la qualité de l'eau dans d'autres zones prioritaires, telles que le fleuve Saint-Laurent;
  • utilise une approche moderne et coordonnée pour gérer l'incidence des activités de l'homme sur les océans du Canada et pour faire d'importants progrès dans l'extension du réseau des aires maritimes protégées;
  • travaille à la préservation et à la protection des ressources en eau du Canada grâce à de nombreux engagements pris en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement, du plan d'action pour l'assainissement de l'eau, du plan d'action pour les océans et du plan d'action pour la gestion de l'eau potable dans les collectivités des Premières nations (Environnement Canada, 2010g);
  • travaille à bannir le déversement d'eaux usées dans nos voies navigables et permet aux municipalités de mettre à niveau leurs infrastructures des eaux usées et de l'eau;
  • entreprend des recherches scientifiques et une surveillance importantes pour que nous comprenions mieux les problèmes que rencontrent nos écosystèmes et pour évaluer l'efficacité de nos mesures;
  • tente de garantir l'intendance efficace des ressources en eau partagées avec les États-Unis par l'entremise de l'Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs.

Objectif 4 : Disponibilité de l'eau

Améliorer l'information pour que les Canadiens puissent gérer et utiliser les ressources en eau d’une manière qui cadre avec la durabilité de la ressource.

Ce que fait le gouvernement

Le gouvernement collabore avec d'autres autorités et des intervenants majeurs sur la gestion durable de l'eau par l'intermédiaire de recherches, promotion et distribution de renseignements qui appuieront l'efficacité et la gestion intégrée de l'eau.

Dans le Discours du Trône de 2008, le gouvernement du Canada s'est également engagé à présenter une loi visant à interdire tout transfert ou exportation en gros d'eau depuis les bassins d'eau douce canadiens. Si elle est adoptée, la Loi sur la protection des eaux transfrontalières placera les eaux transfrontalières, c'est-à-dire celles qui s'écoulent à la frontière entre le Canada et les États-Unis, sous les mêmes protections que celles déjà mises en place pour les eaux frontalières, comme celles des Grands Lacs.

L'annexe 2 comporte de nombreuses initiatives du gouvernement du Canada désormais en cours pour maintenir la qualité et la disponibilité de l'eau, notamment une mesure visant à limiter les quantités de phosphates dans les détergents des lave-vaisselle et les détergents à lessive, ainsi que la collaboration avec la communauté agricole en matière de lessivage des terres cultivées et d'utilisation de l'eau. Le gouvernement collabore avec d'autres autorités et partenaires, notamment des communautés des Premières nations, pour améliorer la qualité de l'eau potable et le traitement des eaux usées et augmenter la durabilité de l'eau.

III. Protéger la nature

Les Canadiennes et Canadiens sont fiers de la richesse et de la diversité de leur patrimoine naturel. Le Canada est responsable de nombreux écosystèmes importants pour la planète, y compris 30 % des forêts boréales mondiales et 20 à 30 % des terres humides d'eau douce. La nature et les écosystèmes naturels nettoient l'air que nous respirons et l'eau que nous buvons, favorisent les aliments que nous cultivons et jouent un rôle essentiel dans la préservation de notre bien-être général. Ils sont essentiels pour notre économie, notamment pour les activités des pâtes à papier, du bois d'œuvre, de la pêche et des loisirs, et sont à la base de l'économie émergente fondée sur la biologie, constituée notamment des secteurs de la génomique, des biotechnologies et des produits pharmaceutiques. Le patrimoine naturel du Canada comprend d'importantes ressources non renouvelables, telles que des minéraux, des métaux, du pétrole et du gaz.

Pourquoi est-ce important

L'utilisation durable de toutes nos ressources naturelles est le fondement pour des collectivités saines et prospères et de moyens de subsistance durables. Des centaines de communautés canadiennes dépendent directement de l'emploi dans les secteurs des pêches, de la foresterie et de l'agriculture et comptent notamment de nombreuses communautés autochtones (gouvernement du Canada).

La base de ressources naturelles du pays est une part importante de l'économie canadienne. En 2008 par exemple, 1,9 % du produit intérieur brut du Canada provenait des forêts et 8 % de l'agriculture et de l'industrie agroalimentaire. En termes financiers, le secteur des océans représentait 17,7 milliards de dollars du produit intérieur brut direct au Canada en 2006, créant plus de 150 000 emplois (Ressources naturelles Canada, 2008; Statistique Canada, 2009c; Pinfold, 2009). La richesse des ressources naturelles dépend d'un ensemble de facteurs comprenant la taille des réserves concrètes de ressources et les prix de celles-ci. Nourri par l'augmentation des prix des ressources, le patrimoine des ressources naturelles a augmenté, en moyenne, de 10 % par an au cours des dix dernières années. En 2005, le patrimoine naturel du Canada a franchi le cap du billion de dollars (Islam et Adams, 2010).

La population canadienne elle-même apprécie la nature et dépense plus de 11 milliards de dollars chaque année dans des activités liées à la nature, telles que l'observation des oiseaux et le canotage, créant ainsi environ 215 000 emplois (Statistique Canada, 2000). La chasse, la pêche et le piégeage font partie intégrante de la vie traditionnelle canadienne, surtout dans les communautés autochtones, et contribuent à l'apport de biens de première nécessité dans les collectivités partout au pays. Au cours d'une année donnée, on estime à six millions le nombre de Canadiennes et Canadiens qui s'adonnent à la chasse, à la pêche et au piégeage récréatifs.

En 2002, les forêts boréales du Canada fournissaient une valeur économique nette pour l'extraction de capital naturel de 50,9 milliards de dollars. La valeur économique des services écosystémiques qui ne sont pas disponibles sur le marché (p. ex., l'eau potable propre et la décomposition des déchets), s'ils sont laissés intacts, a été estimée à 703 milliards de dollars (Anielshi et Wilson, 2009).

Alors que la pression exercée sur l'habitat naturel augmente, les enjeux liés à la protection de la nature continuent de croître eux aussi. Au cours des 40 dernières années, la zone totale des terres urbaines au Canada a quasiment doublé, davantage de terres sont converties à un usage industriel et l'intégrité des écosystèmes est menacée par les polluants, les espèces exotiques envahissantes et les changements climatiques.

Depuis l'ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent, plus de 180 espèces exotiques ont été signalées dans le bassin des Grands Lacs. En 2008, les frais annuels dépensés dans la région des Grands Lacs associés aux espèces exotiques envahissantes introduites par l'expédition de marchandises, ont été estimés à 200 millions de dollars minimum (Union St-Laurent Grands Lacs, 2008).

Le gouvernement du Canada a conscience de l'importance de protéger la nature pour les générations actuelles et futures de Canadiens.

Objectif 5 : Conservation de la faune

Maintenir ou rétablir les populations fauniques à des niveaux sains.

Ce que fait le gouvernement

Le gouvernement du Canada s'engage à protéger les espèces naturelles et la faune, notamment les espèces en péril et les oiseaux migrateurs. Afin d'encourager des activités d'intendance qui protègent et remettent en état les écosystèmes menacés et les espèces en péril, le gouvernement travaille en partenariat avec les provinces et territoires, le secteur privé, des communautés autochtones, des organismes de conservation et des Canadiennes et Canadiens. Des animaux, tels que les grues blanches et les loutres de mer, ont été sauvés d'une extinction certaine, tout comme la physe des fontaines de Banff, la tortue de Blanding et le corégone de l'Atlantique. Grâce au maintien de l'intégrité des écosystèmes, les habitats nécessaires à la santé des espèces sont conservés.

De la même façon, le gouvernement du Canada s'engage à protéger le patrimoine naturel de notre pays. Le gouvernement a notamment pris des engagements pour protéger des espèces en péril, des oiseaux migrateurs et leur habitat. Voici quelques exemples d'investissements et d'engagements :

  • 30 millions de dollars par an pour renforcer la mise en application de la Loi sur les espèces en péril;
  • 11,3 millions de dollars affectés à 205 projets dans des collectivités du Canada, dans le cadre du Programme d'intendance de l'habitat en 2008-2009;
  • 85 millions de dollars de financement visant à gérer la menace des espèces exotiques envahissantes en mettant en œuvre la Stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes.

Objectif 6 : Conservation et protection des écosystèmes et habitats

Conserver des écosystèmes productifs et résilients ayant la capacité de se rétablir et de s'adapter; et protéger les zones de façon à ce qu'elles ne soient pas altérées pour les générations actuelles et futures.

Ce que fait le gouvernement

Les Canadiennes et Canadiens donnent de la valeur à la santé de l'environnement naturel de leur pays et le gouvernement du Canada reconnaît que notre bien-être social et économique dépend de sa durabilité. C'est pourquoi le gouvernement du Canada prend des mesures et investit dans la conservation et la protection des écosystèmes et de l'habitat, notamment en :

  • mettant de côté des terres pour les parcs nationaux : depuis 2006, 85 860 km2 sont destinés aux parcs nationaux, réserves nationales de faune, aires marines nationales de conservation et terrains à d'autres fins de conservation;
  • multipliant par six la superficie d'origine de la réserve de parc national du Canada Nahanni dans les Territoires du Nord-Ouest;
  • négociant un accord avec le Groenland pour protéger les ours blancs;
  • fournissant 225 millions de dollars à Conservation de la nature Canada afin d'établir le Programme de conservation des zones naturelles;
  • investissant 5,5 millions de dollars pour surveiller les aires marines protégées actuellement;
  • renforçant la mise en application des lois environnementales qui protègent les écosystèmes et l'habitat essentiel.

Objectif 7 : Ressources biologiques

Production et consommation durables des ressources biologiques en respectant les limites des écosystèmes.

Ce que fait le gouvernement

Le gouvernement du Canada s'engage à améliorer le développement et l'utilisation responsables des ressources naturelles du pays. Le gouvernement fédéral s'efforce de garantir que l'utilisation des ressources naturelles est durable pour l'environnement, tout en soutenant la prospérité économique en :

  • offrant un financement et du soutien aux Premières nations pour qu'elles participent au secteur forestier; en 2008-2009, le programme a soutenu plus de 130 projets au niveau communautaire et permis de faciliter l'élaboration de projets à l'échelle régionale;
  • entreprenant d'importantes recherches visant à améliorer la compréhension des écosystèmes afin de permettre de prendre les futures décisions stratégiques et réglementaires;
  • déterminant la résilience du réseau des aires protégées nationales, notamment face aux changements climatiques et à d'autres facteurs de stress;
  • évaluant les risques pour la biodiversité forestière du Canada;
  • agissant dans le but d'empêcher l'introduction et la dispersion d'espèces exotiques envahissantes dans les écosystèmes canadiens grâce au Programme de partenariat sur les espèces exotiques envahissantes et au Règlement sur le contrôle et la gestion de l'eau de ballast.

Vous découvrirez les initiatives particulières, associées à la manière dont le gouvernement protège la nature, à l'annexe 3.

IV. Réduire l'empreinte environnementale - En commençant par le gouvernement

Le gouvernement fédéral a une empreinte environnementale importante, qui s'étend de l'énergie utilisée pour chauffer et climatiser les immeubles fédéraux et exploiter le parc automobile fédéral aux biens achetés pour offrir des services aux Canadiens, en passant par l'élimination des matériels électroniques qui ont atteint la fin de leur cycle de vie utile.

Les Canadiens s'attendent à ce que leur gouvernement soit un chef de file pour trouver des moyens de réduire son impact sur l'environnement et trouver des manières plus durables de produire des résultats. Le gouvernement fédéral a déjà lancé des initiatives dans l'ensemble de ses opérations, y compris la Politique d'achats écologiques, et il a réalisé des progrès dans des secteurs importants comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Bon nombre de ministères et organismes ont également fait des progrès importants dans leurs propres initiatives.

Pourquoi est-ce important

Le gouvernement du Canada occupe une grande présence opérationnelle à travers le pays, avec plus de 40 000 édifices dont il est soit propriétaire, soit locataire, plus de 30 000 véhicules sur la route et 260 000 employés à travers le Canada. Par conséquent, le gouvernement du Canada est lui-même un consommateur important de ressources naturelles et un gros producteur d'émissions dans l'air et de déchets, qui ont une incidence importante sur l'environnement. En tant que gardien, gestionnaire de parc automobiles, responsable des biens et services et employeur, le gouvernement a démontré son engagement à agir pour réduire l'incidence de ses opérations et de son leadership dans le cadre de l'écologisation des opérations.

Le gouvernement du Canada s'engage à améliorer la performance environnementale de ses propres opérations. Avec ce projet en tête, le gouvernement fédéral a élaboré de nouvelles cibles dans les domaines de l’écologisation des immeubles, des émissions de gaz à effet de serre, des déchets électroniques, les imprimantes, de la consommation de papier, des réunions écologiques et des achats écologiques. Travaux publics et Services gouvernementaux Canada continuera de fournir une assistance technique aux ministères qui écologisent leurs opérations.

Objectif 8 : Écologisation des opérations gouvernementales

Réduire au maximum l'empreinte environnementale des opérations gouvernementales.

Ce que fait le gouvernement

Le gouvernement du Canada a déjà pris des mesures importantes pour réduire son empreinte environnementale. Par exemple, tous les immeubles de bureaux neufs du gouvernement doivent atteindre le niveau Or du « Leadership in Energy and Environmental Design » (LEED) du Conseil du bâtiment durable du Canada. En 2006, le Secrétariat du Conseil du Trésor a approuvé la Politique d'achats écologiques qui exige que des considérations de performance environnementale soient intégrées aux processus décisionnels portant sur les achats fédéraux. D'autre part, en 2010, le gouvernement a mis en œuvre une stratégie visant à examiner l'élimination écologiquement rationnelle de tous les déchets électroniques produits au niveau fédéral.

Vous découvrirez les initiatives particulières à l'annexe 4.