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« Écosystèmes polaires en transition : Une étude de cas interdisciplinaire sur les répercussions des changements climatiques sur les tendances temporelles de l’accumulation des contaminants, l’écologie de la recherche de nourriture et l’incidence de l’activité humaine sur les ours polaires (Ursus maritimus) »

Ce projet est une initiative qui englobe divers aspects de l’impact des changements climatiques sur les ours polaires (Ursus maritimus). Il examine les effets des changements climatiques sur la bioaccumulation et les tendances (spatiales et temporelles) associées aux polluants chimiques chez les ours polaires (contaminants, R. Letcher), et la relation dans le temps entre la croissance des phoques et des ours polaires, de manière à vérifier la relation directe entre les ours polaires et leur principale proie, (prédateur-proie, M. Dyck). Deux autres volets du projet concernent la collecte d’éléments du savoir écologique traditionnel inuit sur les changements climatiques et les ours polaires dans le détroit de Davis (savoir inuit, M. Kotirek), et l’évaluation des changements relatifs à l’écologie de la recherche de nourriture dans deux populations au cours des 10 à 15 dernières années ainsi que l’évaluation du lien entre le taux de survie annuelle et les variations individuelles dans le comportement alimentaire (écologie de la recherche de nourriture, E. Peacock).

Volet contaminants et recherche de nourriture

Chercheur scientifique à côté d’un chromatographe liquide couplé à un spectromètre de masse à haut rendement (HPLC-MS) qui sert à analyser les contaminants à l’état d’ultratraces dans les tissus d’ours blancs.Les produits chimiques utilisés couramment et qui tendent à se retrouver sous la forme de contaminants dans les réseaux alimentaires, les écosystèmes et la faune arctique, ainsi qu’on l’observe chez les ours polaires, comprennent des composés polyfluoroalkyles et leurs précurseurs, mieux connus sous le nom de PFC. Ces composés sont souvent présents dans des produits comme les enduits imperméabilisants, utilisés, par exemple sur les tapis et les tissus de recouvrement, ainsi que dans les revêtements anti-adhésifs pour poêles et autres ustensiles de cuisine. Parmi les autres contaminants émergents, on compte les produits ignifuges bromés (PIB), comme les éthers diphényliques polybromés (PBDE) utilisés dans le mobilier et les appareils électroniques, qui sont parvenus jusqu’à l’ours polaire par voie de leur chaîne alimentaire arctique. L’objectif principal de ce volet du projet de l’API est d’étudier les changements dans le temps de la répartition et des concentrations de PIB et de PFC chez les ours polaires en procédant à l’analyse de tissus (tissus adipeux, foie et sang) prélevés sur des individus appartenant à des populations qui couvrent tout l’Arctique canadien. L’utilisation d’une nouvelle série d’échantillons et des échantillons archivés disponibles prélevés à autant de périodes différentes que possible permettra d’effectuer ces études temporelles et géographiques sur les PIB et les PFC. Il est aussi question de déterminer si les modifications de l’état des glaces et de leur durée par suite des changements climatiques (réchauffement) se traduisent par des changements dans le régime alimentaire des ours polaires (grâce à des traceurs écologiques de régime alimentaire et de position dans le réseau trophique marin) et dans la bioénergétique et, par conséquent, dans les concentrations et la répartition de PIB et de PFC chez les ours polaires en fonction de la population.

D’autres échantillons de tissus sont nécessaires pour ces études couvrant la période 2007-2008, mais les données de 2007 sur les contaminants obtenues jusqu’à présent semblent indiquer que les taux de PBDE sont dans une certaine mesure inférieurs à ce qu’ils étaient en 1999-2002, ce qui pourrait indiquer un changement dans l’apport anthropique et dans les modes d’utilisation à la source, à des latitudes plus basses. Bien que les résultats concernant les PFC ne soient que préliminaires, la répartition de PFC dans les populations d’ours étudiées semble être la même que ce qui avait été rapporté en 1999-2002, la seule autre période pour laquelle on dispose de données sur la présence de PFC dans les tissus des ours polaires au Canada. Parmi les régions et les échantillons étudiés jusqu’à présent, les concentrations de PFC les plus élevées, semblables à celles mesurées en 1999-2002, ont été détectées chez les ours du sud de la baie d’Hudson. Il semblerait que les sources géographiques de PFC n’ont pas changé ni augmenté considérablement au cours des 5 à 8 dernières années.

Volet sur le savoir inuit

On tente d’utiliser le savoir et les valeurs inuits pour la gestion de la faune et de l’environnement, mais aussi à tous les échelons du gouvernement du Nunavut. L’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut a établi un système de gestion de la faune qui pose, en tant que principe, la participation réelle des Inuits pour tous les aspects liés à la gestion de la faune, y compris la recherche. Ainsi, le projet cherche à déterminer comment le savoir inuit peut être utilisé pour la gestion environnementale, en engageant avec les Inuits et les résidants du Nord une discussion sur les ours polaires, les changements climatiques et le savoir traditionnel.

Pour ce faire, nous avons parlé aves les aînés et les résidants du Nord établis à Kimmirut, Pangnirtung et à Iqaluit de leurs connaissances sur les ours polaires et les changements climatiques ainsi que de leur savoir traditionnel. Nous avons aussi discuté avec des aînés, dont nous avons obtenu le nom par l’entremise de l’Association des chasseurs et des trappeurs et des agents de conservation, de ce qu’ils pensaient des ours polaires, des changements climatiques, de leur savoir traditionnel et des interactions dans le milieu.

Une sélection au hasard de foyers a permis de choisir des résidants du Nord à qui nous avons demandé de participer à l’enquête. En plus d’obtenir leur opinion sur les sujets qui nous intéressent, nous avons recueilli, auprès de ces personnes, des renseignements relatifs à d’autres variables, et ce, en vue d’établir de possibles corrélations.

Grâce à ce projet, il sera possible de mesurer l’ampleur des connaissances et des valeurs des Inuits et des résidants du Nord en ce qui concerne les ours polaires, les changements climatiques et le savoir traditionnel. Ce faisant, le projet invite les aînés et les résidants du Nord à participer aux discussions concernant les divers volets du projet ce qui, en retour, permet de documenter leur position et de la rendre accessible. Or, l’accessibilité à ce savoir et sa diffusion pourront ouvrir la discussion et permettre d’établir un consensus sur certaines de ces questions parfois controversées.

Volet prédateur-proie

Plan serré d’un grand ours blanc près de Cape May, sur les rives de l’ouest de la baie d’Hudson.Au Canada, la plupart des ours polaires se trouvent au Nunavut. Dans la société inuite, ils jouent un rôle culturel et spirituel essentiel et occupent une place importante dans l’économie locale. Les changements climatiques pourraient avoir des effets préjudiciables sur les ours et, par le fait même, sur la culture inuite. Actuellement, nous disposons de très peu de renseignements sur les conséquences, le cas échéant, des changements climatiques sur les ours au Nunavut. Les informations biologiques obtenues des captures précédentes (méthode non invasive qui permet de prélever des échantillons; sexe, âge par le décompte des couches de croissance qui se forme sur les dents, longueur du corps, périmètre thoracique) sont compilées en fonction de deux zones, une située dans le Haut-Arctique (c.-à-d. dans le détroit de Lancaster [DL]), et une autre, dans le sud (c.-à-d. dans l’ouest de la baie d’Hudson [OH]), à des fins de comparaison. L’épaisseur de la couche de croissance des dents des animaux nés la même année (cohortes d’ours polaires et de phoques) sera comparée et mise en corrélation avec des données environnementales (p. ex., indices de l’oscillation arctique, données sur la glace, température de l’air ambiant, etc.). L’épaisseur de cette couche est un indicateur de l’abondance de nourriture et de l’influence de celle-ci sur la croissance; elle fournit une information indirecte sur l’habitat, sur l’état et la productivité de la chaîne alimentaire.

En analysant les données climatiques des 30 dernières années, ainsi que les données relatives à l’épaisseur de la couche de croissance sur les dents pour la même période, il sera possible de déterminer comment les facteurs abiotiques (c.-à-d. le climat) ont influé sur les facteurs biologiques (c.-à-d. la croissance ou l’état de l’individu) dans le passé. La collecte de données biologiques sur les ours et les phoques et la surveillance continue peuvent nous révéler l’état des populations de ces deux espèces compte tenu du climat, et nous indiquer s’il y a lieu d’élaborer et de mettre en application des plans d’action immédiate (stratégies de rétablissement). La collecte continue de données biologiques sur les ours et les phoques peuvent indiquer si des changements sont survenus dans l’habitat/l’écosystème et dans la chaîne alimentaire. Le savoir traditionnel des chasseurs peut apporter des renseignements supplémentaires en vue de comprendre ces processus.

Ours blanc à peser et à marquer (temporairement capturé par filet et gardé immobile par hélicoptère).L’établissement de données morphométriques de référence des ours polaires chassés permettra de comparer les mesures prises ultérieurement et de les coupler aux données climatiques, de manière à déduire les effets spécifiques que pourraient avoir le régime de chasse et les changements climatiques sur les populations d’ours polaires.

Les principales activités consistent à photographier, sur lames de microscope, des coupes de dents d’ours polaires et de phoques. L’étape suivante visera à distinguer les couches de croissance, à mesurer leur épaisseur et à regrouper les ours et les phoques en cohortes de manière à établir une possible corrélation entre niveaux trophiques, et à préciser si les données climatiques sont aussi en corrélation avec l’épaisseur des couches de croissance des dents. Jusqu’à présent, nous avons photographié environ 500 coupes de dent d’ours polaires que nous sommes en train d’examiner pour voir si leur qualité et leur échelle conviennent à la mesure de l’épaisseur des couches de croissance. Les échantillons prélevés sur des phoques (dents et mesures) devraient être fournis par l’équipe de Resolute, ou encore par le MPO (advenant qu’aucun échantillon n’ait été prélevé à Resolute).

Chercheur principal
NomAffiliationAdresse postaleAdresse électroniqueNo de téléphone
Elizabeth PeacockGouvernement du NunavutC.P. 209, Igloolik,
Nunavut  X0A 0L0
epeacock@nunavutwildlife.ca867-934-2186

Équipe de projet
NomAffiliationRôle
(Codemandeur, collaborateur, autre intervenant clé, p. ex., étudiant de troisième cycle, aîné, technicien, etc.)
Coordonnées
Robert J. LetcherToxicologie et maladies de la faune, Faune et science du paysage, Direction générale des sciences et de la technologie, Environnement CanadaCodemandeurTél. : 613-998-6696
Fax : 613-998-0458
Courriel : Robert.letcher@ec.gc.ca
Moshi KotierkMinistère de l’Environnement, Gouvernement du NunavutCodemandeurTél. : 867-934-8434
E-mail:mkotierk@gov.nu.ca
Markus DyckCollège de l’Arctique du NunavutCodemandeurC.P. 1133, Iqaluit, NU  X0A 0H0
Willie SoonUniversité HarvardCollaborateurwsoon@cfa.harvard.edu
Christina LockyerAge DynamicsCollaboratriceChristina_Lockyer@hotmail.com
Steve FergusonMPO CanadaCollaborateur (si possible)FergusonSH@dfo-mpo.gc.ca
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