Critères de sélection


Introduction

Mouflons de Californie, Réserve nationale de faune de Vaseux-Bighorn, Colombie-Britannique © Service canadien de la faune

La désignation de sites comme réserves nationales de faune commence par l’identification de zones selon des critères biologiques. Ces critères ont été établis par une équipe de spécialistes de l’habitat du Service canadien de la faune de l’administration centrale et des bureaux régionaux d’Environnement Canada. Les zones qui répondent à plus d'un critère peuvent recevoir une cote d’importance plus élevée. De plus, les zones jugées importantes ou considérées comme habitat essentiel peuvent également être évaluées en fonction des besoins d’intervention pour la zone en particulier. La priorité peut être déterminée par des facteurs comme la menace, l’opportunité ou le financement.

Chevêche des terriers, une espèce en voie de disparition protégée en vertu de la  Loi sur les espèces en péril © Sa Majesté la Reine du Chef du Canada photo: Geoff Holroyd

Une fois qu’une zone candidate a été identifiée, on procède à l'évaluation de cette zone selon, entre autres, sa valeur de conservation et les ressources naturelles qu'elle contient. Cette évaluation va informer la prise de décision sur les limites d’une éventuelle réserve nationale de faune. Pour ce faire, il faudra tenir compte des terres et des cours d'eau essentiels à la conservation des fonctions écosystémiques et de la faune pour la zone. Il faudra également tenir compte du type de propriété des terres et des intérêts dans ces terres. Étant donné que les réserves nationales de faune peuvent uniquement être établies sur des terres de la Couronne, le régime de propriété pourrait modifier le tracé final des limites du site candidat, ainsi que le mode de gestion requis pour cette zone (par exemple, une cogestion).

Selon sa vision et ses principes directeurs, Environnement Canada reconnaît que la gestion de réserves nationales de faune ne peut se faire que de concert avec les partenaires et en intégrant les mesures reliées à l’utilisation des terres pour maintenir les valeurs faunique de la zone.

But

Les critères sélection visent trois grands objectifs permettant:

  • d'établir une norme minimale de l'importance des habitats à l'échelon national, en fonction de valeurs biologiques défendables, et qui sont conformes aux obligations du Canada en vertu de la, Convention sur la diversité biologique et de la Politique des espèces sauvages pour le Canada;
  • de prendre des décisions sur le choix de nouvelles réserves de manière uniformes à travers tout le pays; et
  • d'utiliser les communications pour illustrer le caractère unique et la valeur nationale des réserves identifiées.

Avec l’élaboration de ces critères nationaux, il est reconnu que leurs applications régionales peuvent exiger des directives ponctuelles et même demander l’élaboration de critères régionaux dans certains cas. Peu importe la situation, les critères nationaux constituent la norme minimale de sélection à l’échelle nationale.

Portée

Les critères tiennent compte des aspects suivants:

  • le pouvoir conféré par la Loi sur les espèces sauvages du Canada pour établir les réserves nationales de faune;
  • les objectifs de recherche, de conservation et d'interprétation pour lesquels les réserves nationales de faune pourraient être établies en vertu de la Loi;
  • les engagements nationaux et internationaux du gouvernement fédéral rattachés à l’habitat1; et
  • la définition élargie des « espèces sauvages » acceptée par toutes les instances dans la Politique des espèces sauvages pour le Canada.

Critères pour une zone candidate au titre de réserve nationale de faune

Une zone remplie les exigences minimales voulues pour être une réserve nationale de faune si elle respecte au moins un des critères suivants :

1. La zone abrite au moins 1 % de la population canadienne d’une espèce ou d’une sous-espèce d’oiseaux migrateurs ou d’espèces en péril2 pour une partie de l’année où une population totale est recensée.

Ces critères comprennent les zones dont les espèces ou sous-espèces dépendent pour achever  toute partie de leur cycle de vie, comme la nidification, l’alimentation, et l’hivernage.

2. La zone abrite un assemblage appréciable d’espèces ou de sous-espèces d’oiseaux migrateurs ou d’espèces en péril, ou un nombre appréciable d'individus de l’une ou de plusieurs de ces espèces ou sous-espèces, dans le cas où l'envergure de la population totale est inconnue, ou la combinaison représente une zone significative sur le plan régional.

Un « assemblage appréciable » d’espèces ou de sous-espèces est un regroupement qui, en termes relatifs, est généralement considéré comme étant assez nombreux pour justifier une intervention de conservation.

3. La zone a été identifiée en tant qu’habitat essentiel pour un oiseau migrateur listé ou pour une population d’espèces ou sous-espèces en péril.

4. La zone constitue un habitat faunique rare ou inhabituel d'un type particulier, dans une région biogéographique, ou revêt une valeur particulière pour maintenir la diversité génétique et écologique d'une région à cause de l’étendue, de la qualité et de l'unicité de sa flore et de sa faune.

Ce critère comprend les habitats qui ont toujours été rares dans une région, ainsi que les habitats réduits à un simple reliquat de leur étendue précédente, dont les tourbières hautes du sud de l'Ontario, l’écosystème du chêne de Garry dans le sud de l’île de Vancouver, ou l’écosystème de la prairie d'herbes longues.

5. La zone présente un potentiel élevé de restoration ou d'amélioration, maintenant ou dans le futur, permettant d’augmenter ou de gérer les populations d’espèces sauvages en vue d'atteindre les objectifs nationaux.

Ce critère pourrait s’appliquer à une zone dont le potentiel de recherche sur les espèces sauvages est élevé, cette dernière étant  l'une des fonctions pour lesquelles une réserve nationale de faune peut être créée. La recherche pourrait appuyer le rétablissement ou l'amélioration d'une zone, soit pour remettre en état des habitats dégradés, soit pour rehausser de bons habitats, dans l'intérêt d'espèces sauvages. L'objectif de la recherche viserait l’augmentation des populations d’espèces sauvages pour atteindre les cibles nationales, comme celles établies dans le Plan nord-américain de gestion de la sauvagine, la Stratégie nationale de surveillance des oiseauxterrestres, les objectifs rattachés à la population et à la distribution d’une stratégie nationale de rétablissement et, à l’occasion, les cibles internationales.


1 Le choix d’une zone candidate pour la désignation d’une réserve nationale de faune est en accord avec  les engagements politiques d’Environnement Canada, comme la stratégie sur les aires protégées des Territoires du Nord-Ouest (SAP) de 1999. La SAP est  une approche communautaire visant l’établissement d’un réseau d’aires protégées dans les Territoires du Nord-Ouest. Elle a été signée par des organisations autochtones, les gouvernements fédéraux et territoriaux, des organismes non gouvernementaux et l’industrie. À l’appui de la mise en œuvre de la SAP, six aires candidates à la désignation de réserve nationale de faune sont considérées, conformément au plan d'action d'établissement 2010–2015.

2 Au Canada, les espèces en péril sont évaluées et classifiées par le COSEPAC (le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada).