Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Plan de gestion des réserves nationales de faune de l’Île-Scotch-Bonnet et de l’Île-Mohawk

5 Approches de gestion

Cette section décrit les diverses approches susceptibles d’être utilisées aux fins de la gestion de la réserves nationales de faune (RNF) de l’Île-Scotch Bonnet et de la RNF de l’Île-Mohawk. Les mesures de gestion seront toutefois définies dans le cadre du processus de planification annuelle du travail et mises en œuvre dans les limites des ressources financières et humaines disponibles.

La philosophie globale sous-tendant la gestion de ces îles consistera à protéger et à préserver l’habitat de nidification des oiseaux aquatiques coloniaux selon une approche non interventionniste.

5.1 Surveillance

Les projets de surveillance et les relevés déjà entrepris dans chacune de ces aires protégées se poursuivront dans les limites imposées par les ressources humaines et financières.

La surveillance des populations d’oiseaux aquatiques coloniaux et des oiseaux migrateurs dans ces RNF et les eaux littorales avoisinantes est exercée dans le cadre de relevés décennaux et vise à obtenir des informations sur les espèces et leur habitat et les données nécessaires pour réagir à tout problème éventuel (figure 14). Des relevés spéciaux pourront également être effectués au besoin.

Les activités de surveillance et relevés actuels ciblant spécifiquement la RNF de l’Île-Scotch Bonnet et la RNF de l’Île-Mohawk ou englobant ces deux aires protégées incluent les projets suivants :

  • surveillance des concentrations de résidus de substances toxiques dans les oiseaux coloniaux, les eaux avoisinantes et les sources de nourriture et évaluation du succès reproducteur des oiseaux contaminés;
  • évaluation de la mortalité aviaire durant la période post-reproduction;
  • relevés décennaux des oiseaux aquatiques coloniaux dans les Grands Lacs;
  • relevés décennaux de la sauvagine migratrice des Grands Lacs d’aval;
  • recherche conjointe axée sur la surveillance des populations de Cormorans à aigrettes dans les Grands Lacs menée en collaboration avec le Service de la faune du département de l’Agriculture des États-Unis (Wildlife Services, United States Department of Agriculture).

D’autres activités de surveillance générale des sites incluent :

  • la surveillance continue de l’état des lieux, de l’utilisation qui en est faite par le public et des activités interdites;
  • les effets de perturbation dus à la présence humaine sur les oiseaux aquatiques coloniaux nicheurs;
  • le signalement des actes de vandalisme ou des dommages causés aux installations;
  • l’enlèvement des déchets;
  • l’installation ou le remplacement des panneaux indiquant la réglementation en vigueur dans les RNF.

Des évaluations formelles périodiques de ces deux îles seront également réalisées au besoin par d’autres organismes fédéraux (Pêches et Océans Canada et Agence Parcs Canada). Des visites occasionnelles seront également effectuées par des agents de la Direction de l’application de la loi sur la faune d’Environnement et Changement climatique Canada, notamment pendant les périodes de nidification des oiseaux aquatiques coloniaux, et des mesures d’exécution seront prises au besoin.

Figure 14 : Chip Weseloh (Service canadien de la faune) dénombrant des nids de Sterne caspienne sur un lit de coquilles de moules zébrées et de moules quagga dans la réserve nationale de faune de l’Île-Mohawk, 2007.
Photo de chip Weseloh
Photo : © Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune
Description longue pour la Figure 12

Une photo de Chip Weseloh (employé du Service canadien de la faune) portant un sac à dos, qui marche et qui regarde le sol pour compter les nids de Sternes caspiennes situés sur la crête couverte de coquilles de moules zébrées et de moules quagga sur la réserve nationale de faune de l’île Mohawk. Il y a un phare et une centaine de goélands (au repos et en vol) à l’arrière-plan.

5.2 Recherche

Les oiseaux aquatiques coloniaux qui fréquentent ces RNF ont fait l’objet d’études approfondies par le Service canadien de la faune – Région de l’Ontario et la Direction des sciences de la faune et du paysage d’Environnement et Changement climatique Canada.

Les données recueillies dans le cadre de projets de recherche seront partagées et pourraient être intégrées à des études de plus grande envergure visant à évaluer l’état de santé de diverses espèces à l’échelle de territoires plus vastes (p. ex. Planification régionale de conservation des oiseaux, Plans d’aménagement panlacustre du lac Ontario et/ou Érié, programme de surveillance des substances toxiques dans les Grands Lacs, rapports émanant de la Conférence sur l’état de l’écosystème des Grands Lacs).

Des permis autorisant la tenue d’activités scientifiques pourront être délivrés aux termes du Règlement sur les réserves d’espèces sauvages uniquement s’il est déterminé que les résultats de telles recherches peuvent contribuer à :

  • la surveillance des substances toxiques et du succès reproducteur chez les populations d’oiseaux aquatiques coloniaux;
  • l’évaluation et l’étude d’autres menaces pesant sur les populations d’oiseaux;
  • l’évaluation de l’intérêt historique et/ou culturel des structures en place sur les îles, avec le soutien des autorités fédérales responsables;
  • la réalisation de gains importants en matière de conservation, selon l’évaluation faite par Environnement et Changement climatique Canada.

Des permis sont nécessaires pour exécuter des travaux de recherche, des relevés et des projets de surveillance dans les RNF de l’Île-Scotch Bonnet et de l’Île-Mohawk. Toutes les demandes de permis de recherche doivent être présentées par écrit au Service canadien de la faune, Région de l’Ontario. Pour soumettre une demande de permis de recherche en vertu de la Loi sur les espèces sauvages du Canada (LESC) ou obtenir de plus amples informations, veuillez communiquer avec le Service canadien de la faune :

Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune
Région de l’Ontario
867, Lakeshore Road
Burlington (Ontario) L7R 4A6
Tél.: 905-336-4464
Téléc.: 905-336-4587
Courriel : wildlife.ontario@ec.gc.ca

Le Service canadien de la faune peut imposer des conditions particulières sur le permis ou exiger des demandeurs qu’ils modifient leur plan d’étude afin d’assurer la normalisation des méthodes, d’atténuer les impacts de leurs travaux ou de se conformer à des protocoles ou à des lignes directrices relatives aux soins des animaux. Ces conditions peuvent inclure l’adoption de mesures ou l’imposition de restrictions particulières. Une demande de permis de recherche soumise en vertu de la LESC peut être rejetée si le Service canadien de la faune estime que les conditions énoncées à l’annexe 4 ne sont pas respectées.

5.3 Évaluation et atténuation des risques

Le Service canadien de la faune installera des panneaux ou affichera des avis publics pour diffuser des informations sur les risques potentiels pour la santé et la sécurité des visiteurs de la RNF de l’Île-Scotch Bonnet et de la RNF de l’Île-Mohawk. Le Service canadien de la faune collaborera avec Pêches et Océans Canada et l’Agence Parcs Canada et d’autres partenaires fédéraux à l’évaluation des conditions actuelles, à la réalisation d’activités de surveillance et de relevés et à l’élaboration de plans destinés à atténuer les menaces pour les visiteurs autorisés et non autorisés.

5.4 Information et sensibilisation du public

Le programme d’information publique et de sensibilisation vise à favoriser au sein de la population une plus grande compréhension et appréciation de l’importance du rôle joué par ces RNF dans la conservation des oiseaux aquatiques coloniaux et à inciter le public à soutenir les efforts de conservation des espèces sauvages. Des mesures seront prises afin de réduire et d’atténuer les effets négatifs potentiels dus à la présence humaine (e.g., navigation de plaisance, chercheurs, observation de la faune) sur la population des oiseaux aquatiques nicheurs à la RNF de l’Île-Scotch Bonnet et à la RNF de l’Île-Mohawk. Les visites et les activités récréatives aux abords du rivage seront déconseillées durant la saison de reproduction (entre avril et août).

En raison des restrictions limitant l’accès aux deux RNF, aucun programme de sensibilisation sur place n’est planifié. Les panneaux d’information et avis installés dans ces deux aires protégées seront examinés et mis à jour périodiquement de manière à fournir aux visiteurs des indications claires sur les activités autorisées et interdites.

Des avis publics seront affichés aux installations de soutien à la navigation de plaisance, dans les marinas et aux rampes de mise à l’eau. Tous les panneaux et avis incluront des informations sur les personnes ou services à contacter pour signaler des incidents ou des infractions. De plus amples renseignements généraux sur les RNF, dont les RNF de l’Île-Scotch Bonnet et de l’Île-Mohawk, sont affichés sur le site Web public sur les Aires protégées.

5.5 Gestion de l’habitat

Aucune des deux îles n’a fait l’objet de mesures de gestion active de l’habitat ou de la végétation. La politique consiste plutôt à laisser les processus naturels suivre leur cours, en veillant principalement à ce que les activités humaines ne perturbent pas la nidification des oiseaux ni leur habitat.

5.6 Gestion de la faune

Aucune des deux RNF n’a fait l’objet de mesures de gestion active des espèces sauvages dans le passé. La politique consiste à laisser les processus naturels suivre leur cours librement. Pour protéger et préserver l’habitat de nidification des oiseaux aquatiques coloniaux, on s’efforcera avant tout de limiter les perturbations anthropiques. En vertu de la Loi sur les espèces sauvages du Canada, toutes les espèces sauvages fréquentant ces deux RNF sont protégées.

Une surveillance des populations d’oiseaux aquatiques coloniaux continuera d’être exercée dans le cadre de programmes de relevés plus vastes, et les menaces pesant sur ces populations et leur habitat seront évaluées. Des mesures de gestion active pourraient être mises en place à la RNF de l’Île-Scotch Bonnet ou à la RNF de l’Île-Mohawk si la situation l’exige. Il est toutefois admis que certaines des menaces qui pèsent sur les populations d’oiseaux (p. ex. fluctuations de la quantité de ressources nutritives disponibles, événements météorologiques extrêmes, hausse de l’incidence du botulisme et d’autres maladies, substances toxiques et mortalité aviaire) dépassent la portée des mesures de gestion qui pourraient être mise en place dans les deux réserves nationales de faune.

5.7 Gestion des espèces exotiques et envahissantes

Aucune mesure de lutte contre des espèces envahissantes n’a été mise en place dans l’une ou l’autre des deux réserves nationales de faune, et à ce jour, aucune espèce de plante envahissante n’a été observée dans la RNF de l’Île-Scotch Bonnet. La salicaire commune est la seule espèce de plante envahissante présente à la RNF de l’Île-Mohawk, mais elle n’y représente pas une menace pour les espèces sauvages indigènes. Le cygne tuberculé, la moule quagga et la moule zébrée ont également été observées à la RNF de l’Île-Mohawk. La Sterne caspienne niche d’ailleurs exclusivement sur les coquilles de ces deux espèces de moules exotiques.

La nécessité de mettre en place des mesures de lutte contre des espèces envahissantes sera déterminée après évaluation de la situation sur place. La mise en place de telles mesures ne sera envisagée que s’il est démontré que les espèces ciblées causent des problèmes importants aux espèces indigènes utilisant les deux RNF.

5.8 Conservation du patrimoine culturel

Chacune des deux îles et les eaux qui les entourent ont une valeur patrimoniale à l’échelle locale et régionale parce qu’elles font partie de l’histoire d’une route de navigation et de transport de marchandises des Grands Lacs. De nombreux bateaux ont fait naufrage autour des îles Scotch Bonnet et Mohawk, et des objets possédant une valeur culturelle et historique sont trouvés à l’occasion sur les rives des deux RNF. La gestion de ces objets relève d’Environnement et Changement climatique Canada. Des mesures appropriées seront prises pour assurer la protection de ces objets, avec la participation directe d’organismes gouvernementaux ou non gouvernementaux.

La sécurité du public est une priorité incontournable dans la gestion des structures patrimoniales existantes. Conformément à la Loi sur la protection des phares patrimoniaux, on laissera le processus de dégradation naturelle des phares suivre son cours en n‘intervenant activement que si la santé ou la sécurité des visiteurs est menacée.

Date de modification :