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Plan de gestion des réserves nationales de faune de l’Île-Scotch-Bonnet et de l’Île-Mohawk

2 Ressources écologiques

2.1 Habitats terrestres et aquatiques

La surface de l’île Scotch Bonnet est constituée à environ 60 % d’affleurements calcaires exposés et à 40 % de zones de sol dénudé dans sa portion intérieure. L’île est entourée d’une plate-forme calcaire presque émergée (figure 9a). Historiquement, la végétation était confinée aux secteurs les plus élevés de l’île et contenue par le brise-lames en béton. Le couvert végétal était composé d’une strate herbacée dominée par diverses espèces de graminées et de moutardes et la morelle douce-amère (Solanum dulcamara) et quelques petits arbustes comme des cornouillers (Cornus spp.) Au cours des dernières années, la présence accrue du Cormoran à aigrettes et l’accumulation de guano très acide qui en a résulté ont entraîné la disparition d’une bonne partie de la végétation en place. L’île Scotch Bonnet est aujourd’hui pratiquement dépourvue de végétation vivante (figure 9b).

Figure 9 : a) Plate-forme calcaire bordant l’extrémité ouest de la réserve nationale de faune (RNF) de l’Île-Scotch Bonnet; figure 9b) Arbustes morts à la RNF de l’Île-Scotch Bonnet, 2010.
a.
a. Photo de plate-forme calcaire bordant
b.
b. Photo de arbustes morts
Photo : Tyler Hoar © Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune
Description longue pour la Figure 9

Figure 9a: Photo de la plateforme de calcaire située du côté ouest de l’île Scotch Bonnet, de la tour de navigation en acier et du phare qui se dégrade. La plateforme est en calcaire solide et lisse, sans végétation.
Figure 9b: Photo d’arbustes morts, de terrain sec et de la base de la tour de navigation en acier sur la réserve nationale de faune de l’île Scotch Bonnet 2010. Trois goélands sont assis sur le brise-lames.

 

L’île Mohawk est également un écueil calcaire plat, affleurant et exposé, près des trois quarts de l’île émergeant à peine de l’eau. Sa surface est principalement constituée de calcaire dénudé, bien qu’une mince couche de sol soit présente dans certains secteurs plus élevés et dans les crevasses. Une plage et monticule de sable et de gravier ont été déposés sur une portion des côtés sud et est de cet écueil rocheux (figure 10). Une crête de plage composée de coquilles de moules zébrées (Dreissena polymorpha) et de moules quagga (Dreissena rostriformis bugensis) s’est formée sur le côté sud-est de l’île.

La végétation de l’île Mohawk est également très clairsemée et relativement peu diversifiée. Seules quelques petites colonies mixtes d’herbacées et de graminées subsistent actuellement dans les crevasses et dépressions rocheuses (figure 11). Les espèces présentes incluent la potentille simple (Potentilla simplex), la renouée persicaire (Polygonum persicaria), le pissenlit officinal (Taraxacum officinale), une espèce de rumex non identifiée (Rumex sp.), la salicaire commune (Lythrum salicaria) et des espèces de verges d’or indéterminées (Solidago spp.). Des mousses et des lichens sont également présents sur les roches. Des carex et des joncs comptent parmi les espèces aquatiques émergentes communes établies dans quelques crevasses immergées.

Figure 10 : Plage de sable et de gravier et monticule à la réserve nationale de faune de l’Île-Mohawk, 2015.
Photo de plage de sable
Photo : Jeff Robinson © Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune

 

Figure 11 : Étendue de calcaire exposée et végétation clairsemée à la réserve nationale de faune de l’Île-Mohawk, 2006
Photo de étendue
Photo : © Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune

 

Comme l’île Scotch Bonnet, l’île Mohawk présentait autrefois une végétation plus dense constituée de battures herbeuses, de petits arbustes et plusieurs arbres. En 1956, une bonne partie de cette végétation avait disparu, probablement sous l’effet de l’activité des goélands et de l’affouillement causé par les vagues (Beardslee et Mitchell, 1965). Les gaulis de saules (Salix spp.) et de peuplier deltoïde (Populus deltoides) observés sur l’île au cours des années 1980 ont aujourd’hui disparu.

Comme ces îles calcaires dénudées ne sont plus soumises à l’effet tampon de la végétation et sont exposées aux événements pluvio-hydrologiques fréquents, le potentiel de régénération naturelle aux deux sites est très faible, et toute nouvelle végétation a peu de chance de persister.

2.2 Faune

2.2.1 Oiseaux

Oiseaux fréquentant la RNF de l’Île-Scotch Bonnet

Tel que mentionné précédemment, les deux îles jouent un rôle important pour les oiseaux aquatiques coloniaux à titre de sites de nidification et d’aires de repos. Ces îles procurent un endroit sûr aux couples nicheurs pour se reproduire et élever leurs jeunes et aux individus non nicheurs pour se reposer. Elles constituent un refuge sûr contre les prédateurs et un point facilement accessible pour les individus qui s’alimentent dans les eaux avoisinantes. Les deux îles abritent des assemblages d’espèces similaires, à quelques importantes différences près. Ces différences sont précisées dans les paragraphes qui suivent.

Les principales espèces d’oiseaux aquatiques coloniaux qui nichent dans la RNF de l’Île-Scotch Bonnet sont le Cormoran à aigrettes (Phalacrocorax auritus) et le Goéland argenté (Larus argentatus). Le Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax) et le Goéland marin (Larus marinus) y ont également déjà niché, mais ils n’y sont pas présents actuellement. Des précisions sur la nidification des oiseaux aquatiques coloniaux à la RNF de l’Île-Scotch Bonnet sont fournies à l’annexe 1.

Le Cormoran à aigrettes est le premier oiseau aquatique colonial dont la nidification a été documentée sur l’île Scotch Bonnet; en 1938, 6 couples y avaient niché (annexe 1). Au cours des 17 années qui ont suivi, le nombre de nids a progressivement augmenté jusqu’à 200 (annexe 1). Entre 1952 et 1992, le nombre de couples nicheurs a chuté de façon spectaculaire, oscillant entre 0 et 29 couples. Entre la fin des années 1950 et le début des années 1970, la contamination par des substances chimiques toxiques et la persécution par les humains ont entraîné la disparition presque complète du Cormoran à aigrettes dans la région des Grands Lacs (Price et Weseloh, 1986; Weseloh et al., 1995, 2002). En 1993, la découverte de 260 nids à la RNF de l’Île-Scotch Bonnet confirmait le retour en force de l’espèce dans la région. Depuis, le nombre de nids a fluctué d’année en année, culminant à 985 nids en 2006 et s’établissant à 759 nids en 2010 (annexe 1, Weseloh et al., 2002, 2003, données inédites). En 2010, la colonie de Cormorans à aigrettes de l’île Scotch Bonnet abritait 2,4 % de tous les nids de l’espèce répertoriés à l’échelle des portions canadienne et états-unienne du lac Ontario et était la onzième plus importante colonie de l’espèce à l’échelle du lac Ontario (Weseloh et al., 2010, données inédites). Au cours de toutes ces années, l’espèce a toujours niché sur la portion la plus élevée de l’île et sur les ruines du phare en pierre et de la maison du gardien. Les individus non nicheurs utilisent également l’île pour se reposer, et un très grand nombre d’individus s’y rassemblent en automne.

La première mention de nidification du Goéland argenté sur l’Île Scotch Bonnet remonte à 1950. Cette année-là, quelque 550 nids y ont été dénombrés (annexe 1). Ce nombre, qui n’a jamais été égalé depuis, équivaut à plus du double du plus fort total répertorié par la suite, mais il pourrait résulter d’une surestimation. Depuis cette date, le nombre de nids a fluctué d’année en année, avec un sommet de 246 nids en 1995 et une moyenne de 133 nids (N = 25 années). Depuis 1998, le nombre de couples nicheurs n’a jamais dépassé 200; 128 nids ont été dénombrés en 2010 (annexe 1). Lors du dernier recensement exhaustif des oiseaux aquatiques coloniaux nichant dans la portion canadienne du lac Ontario (2008), la colonie de Goélands argentés de l’île Scotch Bonnet était la troisième en importance parmi les 24 colonies établies dans la région, après celles des îles Gull et Pigeon. Elle abritait alors 11,5 % de tous les nids de l’espèce répertoriés à l’échelle du lac Ontario. Le Goéland argenté niche partout sur l’île, tant sur la partie centrale surélevée que sur les étendues de calcaires dénudées. Les individus immatures utilisent l’île comme dortoir durant tout l’été. Au début des années 1970, les concentrations de contaminants dans les œufs étaient mesurées chaque année (Gilbertson, 1974, 1975; Gilbertson et Hale, 1974a, 1974b; Gilbertson et al., 1976). L’île n’est pas visée par le programme de surveillance des colonies de Goélands argentés (Mineau et al., 1984; Pekarik et Weseloh, 1998; Hebert et al., 1999), mais la colonie est visitée dans le cadre du programme de surveillance des oiseaux aquatiques coloniaux (Fox et al., 2007a, 2007b).

Deux autres espèces d’oiseaux coloniaux ont niché sur l’île Scotch Bonnet au cours d’un passé récent, mais seulement durant de brèves périodes. Le Goéland marin y a niché à cinq reprises entre 1986 et 2001. Un maximum de 5 couples nicheurs y a été observé entre 1999 et 2001 (annexe 1). On ignore à partir de quel moment cette espèce a cessé de nicher sur l’île Scotch Bonnet, car l’endroit n’est pas visité chaque année. En outre, il peut être difficile de confirmer la nidification de l’espèce, car les parents quittent souvent le nid et même l’île au moindre signe d’approche d’une embarcation. En 2004, et au cours de chacune des années suivantes, des épidémies récurrentes de botulisme de type E ont frappé les oiseaux piscivores fréquentant le lac Ontario. Le Goéland marin s’est révélé particulièrement sensible à la maladie, qui a décimé toutes les colonies nicheuses du lac Ontario (îles Little Galloo, Pigeon, Snake et Scotch Bonnet). Le nombre de couples nicheurs s’est effondré de plus de 40 couples à 0, et la toxine associée au botulisme a été décelée dans tous les oiseaux morts qui ont fait l’objet d’une autopsie (Campbell et al., 2009; Shutt et al., 2010). À l’époque, le Goéland marin nichait sur l’extrémité est de la portion centrale surélevée de l’île.

L’autre espèce d’oiseau aquatique colonial dont la nidification a déjà été observée sur l’île Scotch Bonnet est le Bihoreau gris. Cette espèce s’y est reproduit au cours de trois années entre 1990 et 1994, le nombre de couples nicheurs (nids) oscillant entre 27 et 17 annexe 1). Le Bihoreau gris nichait dans les petits arbres et arbustes qui se dressaient immédiatement à l’ouest du phare et de la maison du gardien. Lorsque la colonie a commencé à s’établir sur l’île, aucun Cormoran à aigrettes n’y nichait (annexe 1). En 1994, quelque 600 couples nicheurs de Cormorans à aigrettes nichaient sur l’île, certains dans les mêmes petits arbres que ceux utilisés par le bihoreau gris, et le nombre de nids de Bihoreau gris avait chuté de plus de 35 %. Aucun nid de Bihoreau gris n’a été découvert sur l’île après 1994. En s’emparant de tous les sites de nidification (petits arbres), le Cormoran à aigrettes semble avoir chassé le Bihoreau gris de l’île.

L’importance de l’île Scotch Bonnet pour les oiseaux aquatiques coloniaux semble s’être amenuisée, à tout le moins dans le cas du Cormoran à aigrettes. Alors qu’elle abritait autrefois la principale colonie de l’espèce, elle est aujourd’hui considérée comme une aire de nidification d’importance secondaire pour la population en croissance. D’autres îles avoisinantes abritent aujourd’hui des populations plus importantes (Price et Weseloh, 1986; Weseloh et al., 1995, 2002, 2003).

La Bernache du Canada (Branta canadensis) (1984, 1 nid) et le Pigeon biset (Columba livia) ont également déjà niché sur l’île. Des Sternes pierregarins (Sterna hirundo) et des Sternes caspiennes (Hydroprogne caspia) non nicheuses sont observées régulièrement autour de l’île. Des Goélands à bec cerclé (Larus delawarensis) sont également souvent aperçus près de l’île, mais la nidification de l’espèce n’y a jamais été observée.

Au printemps et en automne, l’île est utilisée comme halte migratoire par de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs, en particulier des espèces de sauvagine et d’oiseaux de rivage. Plusieurs espèces de canards, dont des espèces de macreuses et le Grand harle (Mergus merganser), fréquentent les eaux littorales avoisinantes durant les migrations et en hiver, mais seulement quelques canards barboteurs utilisent l’île elle-même. En périodes de migration, il n’est pas rare de voir des milliers de fuligules (plusieurs espèces) et de Hareldes kakawis (Clangula hyemalis) nageant autour de la RNF de l’Île-Scotch Bonnet et le long des rives découpées du comté de Prince Edward. Cette région est donc considérée comme une halte migratoire importante pour la sauvagine dans l’est de l’Ontario (Dennis et al., 1984; PCHEO, 2007) (annexe 3).

Oiseaux fréquentant la RNF de l’Île-Mohawk

Les principales espèces nicheuses à la RNF de l’Île-Mohawk sont le Goéland argenté, le Goéland à bec cerclé, le Cormoran à aigrettes et la Sterne caspienne. Les colonies de Goélands argentés et de Cormorans à aigrettes sont les plus importantes colonies de ces espèces dans le bassin est du lac Érié, et la colonie de Sternes caspiennes est la seule de cette espèce à l’échelle du lac Érié (Hebert et al., 2008; Weseloh, 2010a). La Sterne pierregarin y a niché de façon intermittente, et le Goéland marin y a niché moins de cinq fois (Peck et James, 1994; Moore et al., 2007, 2008; Weseloh et Moore, 2009). Des précisions sur la nidification des oiseaux aquatiques coloniaux à la RNF de l’Île-Mohawk sont fournies à l’annexe 2.

La première mention de nidification du Goéland argenté sur l’île remonte à 1943 (annexe 2). La population nicheuse a lentement pris de l’ampleur, et en 1966, 200 nids étaient dénombrés. Depuis, le nombre de nids oscille généralement entre 200 et 250 nids. Un sommet de 259 nids a été atteint en 1980 (annexe 2). Les quelque 253 nids dénombrés sur l’île Mohawk en 2007 représentaient 10,1% du nombre total de nids de Goéland argenté répertoriés à l’échelle du lac Érié (Weseloh et al., 2010, données inédites).

La nidification du Goéland à bec cerclé a été signalée pour la première fois sur l’île Mohawk en 1943; 26 nids y avaient alors été dénombrés (annexe 2). La croissance de cette colonie a été beaucoup plus rapide que celle du Goéland argenté, le nombre de nids passant de 300 en 1950 à un sommet de 6 300 en 1964 (Beardslee et Mitchell, 1965; Ludwig, 1974; Haymes, 1977). Depuis, le nombre de nids a oscillé annuellement entre 1 500 et 2 400 (annexe 2; Morris, 2010; Weseloh, 2010b). Les 2 201 nids répertoriés sur l’île Mohawk en 2010 représentaient 6,1 % du nombre total de nids répertoriés à l’échelle du lac Érié (Weseloh et al., 2010, données inédites).

L’arrivée du Cormoran à aigrettes sur l’île Mohawk est plus récente. La première année, en 1983, la colonie ne comptait que 16 nids (Clark et al., 1983). Les données de recensement montrent que la population nicheuse a connu une croissance soutenue pour atteindre un sommet de 1 586 nids en 2008 (annexe 2). En 2009, la colonie comptait environ 800 couples (de Solla, 2009, données inédites). La croissance spectaculaire de cette colonie est représentative des augmentations observées à l’échelle des Grands Lacs (Weseloh et al.,1995, 2002, 2003, 2009; Hebert et al., 2008). En 2009, la colonie de l’île Mohawk abritait 9,0 % de tous les nids de l’espèce répertoriés à l’échelle du lac Érié (Weseloh et al., 2010, données inédites).

La Sterne caspienne niche chaque année sur l’île Mohawk depuis 1996. Cette année-là, 40 nids avaient été découverts par Laird Shutt et son équipe dans une zone de dépôt de coquilles de moules zébrées et de moules quagga, sur la rive sud-est de l’île (Weseloh, 2010a). Bien que variable d’année en année, le nombre de nids s’est accru de façon soutenue, au point où l’île Mohawk constitue aujourd’hui une importante aire de nidification pour l’espèce dans la région : les 300 nids dénombrés en 2007 représentaient tous les nids répertoriés à l’échelle du lac Érié et 10,3 % de tous les nids répertoriés à l’échelle des Grands Lacs (Weseloh et al., 2010, données inédites). Les nids de Sterne caspienne sont aménagés exclusivement dans la zone de dépôt de coquilles de moules zébrées et de moules quagga (Weseloh, 2010a). (figure 12, 13)

Figure 12 : Sternes caspiennes adultes et oisillons sur des coquilles de moules zébrées et de moules quagga à la réserve nationale de faune de l’Île-Mohawk, juillet 2012.
Photo de sternes caspiennes adultes
Photo : Denby Sadler © Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune

 

La Sterne pierregarin était autrefois la principale espèce nicheuse à l’île Mohawk. Un sommet estimé entre 1 400 et 1 800 couples y a niché en 1946 (Beardslee et Mitchell, 1965). En 1960, la population avait diminué, mais les populations de goélands avaient augmenté, entraînant une réduction de la végétation sur l’île. Depuis, le nombre de Sternes pierregarins fréquentant l’île fluctue d’année en année, mais aucun nid n’y a été trouvé depuis 2004 (Morris, 2010; annexe 2).

La première mention de nidification du Goéland marin au lac Érié remonte à 1991 et a été enregistrée à la RNF de l’Île-Mohawk (Peck et James, 1994). Depuis, ce goéland niche sur l’île de façon très intermittente; un nid isolé y a été découvert en 1993, et un autre en 1996 (Moore et al., 2007, 2008).

Bien que le nombre d’espèces d’oiseaux aquatiques coloniaux présents sur l’île Mohawk varie annuellement, chaque espèce y niche habituellement à peu près au même endroit d’une année à l’autre (Weseloh et Moore, 2009). La figure 13 présente l’emplacement des colonies nicheuses de chaque espèce sur l’île. Les colonies d’oiseaux aquatiques coloniaux nichant sur l’île Mohawk sont particulièrement vulnérables à l’action des vagues. Par exemple, au début de juin 2010, presque tous les nids de Sterne caspienne aménagés sur l’île Mohawk ont été détruits lorsqu’une forte onde stationnaire (seiche) a provoqué une élévation du niveau de l’eau de près de un mètre dans le bassin est du lac Érié et la submersion de l’île (King et de Solla, 2010).

Figure 13 : Utilisation de la réserve nationale de faune de l’Île-Mohawk par les oiseaux aquatiques coloniaux, 2000-2009
Photo de utilisation
Source : Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune, Ontario, 2016.
Description longue pour la Figure 13

Carte de la réserve nationale de faune de l’île Mohawk et de l’aire de répartition des oiseaux de 2000 à 2009. La carte représente de façon détaillée les sites de nidification de la Sterne caspienne, de la Sterne pierregarin, du Cormoran à aigrettes, du Goéland argenté, du Goéland à bec cerclé, ainsi qu’un monticule de Goélands argentés, une crête couverte de coquilles de moules et les limites de la Réserve nationale de faune. L’échelle de la carte est exprimée en mètres.

 

Un certain nombre d’espèces d’oiseaux utilisent la RNF de l’Île-Mohawk comme aire de repos ou halte migratoire ou traversent la région durant leur migration. Parmi celles-ci figurent de nombreuses espèces de goélands et de sternes, diverses espèces de sauvagine et quelques espèces d’oiseaux de rivage (annexe 3).

Depuis 1970, au moins vingt espèces de sauvagine ont été observées dans la RNF ou dans les eaux avoisinantes, à moins de 1,5 km du littoral (SCF, données inédites; Dennis et Chandler, 1974; Dennis et al., 1984) (annexe 3). En périodes de migration, divers Anatidés comme le Canard colvert (Anas platyrhynchos), la Bernache du Canada (Branta canadensis), le Garrot à œil d’or (Bucephala clangula) et des fuligules (Aythya spp.) et diverses espèces d’oiseaux de rivage comme des bécasseaux (Calidris spp.) fréquentent la région de l’île Mohawk lorsqu’ils traversent le lac Érié. Depuis les années 1980, le nombre de Canards colverts, de Canards noirs et de Bernaches du Canada utilisant la région a augmenté, alors que le nombre de canards plongeurs et de canards marins y a légèrement diminué. Par exemple, entre les relevés effectués en 1970-1980 et ceux réalisés en 1990-2000, les nombres de Canards colverts et de Canards noirs utilisant la région ont doublé, tandis que ceux de la Bernache du Canada ont augmenté dans une proportion de 13 fois. La RNF de l’Île-Mohawk et les eaux avoisinantes sont considérées comme présentant une importance secondaire pour la sauvagine en migration en comparaison notamment d’autres secteurs du bassin du lac Érié situés plus à l’ouest, comme la pointe Long (Dennis et al., 1984; PHEO, 2007).

Un certain nombre d’espèces rares dans la région ont été observées au fil des ans dans la région. Ainsi, deux Goélands bourgmestres (Larus hyperboreus), un mort, l’autre blessé, ont été trouvés sur l’île en 1975 et 1976; ces deux spécimens font aujourd’hui partie de la collection d’oiseaux du Buffalo Museum of Science. Un Pélican brun (Pelecanus occidentalis) a été aperçu sur l’île en 1991 par des étudiants de Ralph Morris, de la Brock University (D. Moore, comm. pers., 2009). Diverses espèces de hérons, d’aigrettes et d’oiseaux de rivage ont été observées le long des rives de Rock Point, point le plus rapproché de l’île, et certaines de ces espèces pourraient également fréquenter occasionnellement la RNF de l’Île-Mohawk ou les eaux avoisinantes.

2.2.2 Autres espèces fauniques

Aucune autre espèce animale sauvage n’a été observée dans la RNF de l’Île-Scotch Bonnet. Dans la RNF de l’île-Mohawk, la seule autre espèce de vertébré présente est la couleuvre rayée (Thamnophis sirtalis sirtalis), qui vit parmi les fondations du phare. La végétation terrestre des deux îles est trop clairsemée pour fournir des abris ou des sources de nourritures adéquates et abriter des populations résidentes de vertébrés.

2.3 Espèces en péril

Aucune espèce en péril n’a été observée dans la RNF de l’Île-Scotch Bonnet ou dans la RNF de l’Île-Mohawk.

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