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Plan de gestion des réserves nationales de faune de l’Île-Scotch-Bonnet et de l’Île-Mohawk

1 Description des sites

L’île Scotch Bonnet et l’île Mohawk sont toutes deux de petites îles à couvert végétal clairsemé et à sol peu profond reposant sur une assise calcaire solide (figure 1 et figure 3). Ces deux îles des Grands Lacs constituent un habitat de nidification important pour un grand nombre d’espèces d’oiseaux aquatiques coloniaux. Elles sont toutes deux comprises dans des voies migratoires importantes et servent de haltes migratoires à de nombreuses espèces de sauvagine et d’oiseaux de rivage durant les migrations printanière et automnale. L’île Scotch Bonnet (1 ha) se trouve dans le lac Ontario, au large de la côte ouest du comté de Prince Edward, en Ontario (figure 2). L’île Mohawk (4 ha) est située dans le bassin est du lac Érié, près de la ville de Dunnville, dans le comté de Haldimand, en Ontario (figure 4).

Chacune des deux îles abrite les ruines d’un phare en pierre construit au 19e siècle. Même si elles ne servent plus d’aides à la navigation de nos jours, ces structures présentent un grand intérêt du point de vue historique et culturel. Le phare de l’île Scotch Bonnet, par exemple, est l’un des derniers vestiges de l’ère des goélettes dans le lac Ontario. Les deux îles ont été désignées réserves nationales de faune (RNF) indépendamment l’une de l’autre à la fin des années 1970, après qu’on eut établi que les phares ne jouaient plus un rôle indispensable à la navigation dans les Grands Lacs. Les deux îles sont gérées par le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada. Leur gestion est planifiée conjointement dans le présent plan de gestion, car ces deux aires protégées comportent des caractéristiques similaires et des enjeux communs en matière de gestion.

À l’échelle internationale, les deux îles satisfont aux critères de classification des aires protégées de catégorie 1A de l’Union internationale pour la conservation de la nature et des ressources naturelles (UICN) (Dudley, 2008). Leur protection vise à y assurer la conservation des espèces et de la diversité génétique et à y favoriser la tenue d’activités scientifiques de surveillance et de recherche, et non pas à en promouvoir l’accès comme destination touristique ou site éducatif pour le grand public.

Tableau 1a : Informations sur les réserves nationales de faune de l’Île-Scotch Bonnet
CatégorieInformation
Désignation de l’aire protégéeRéserve nationale de faune
Province ou territoireOntario
ComtéPrince Edward
Latitude et longitudeLatitude : 43° 54’00”N
Longitude : -77°32’25”O
Superficie1 ha
Critères de sélection de l’aire protégée
(Manuel des aires protégées)
Critère 1.a) – « La zone abrite une population d’une espèce (...) ou d’un groupe d’espèces qui est concentrée pour (...)une partie de l’année.Pour ces RNF : Les deux îles procurent des sites de nidification et de repos et des dortoirs à de nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques coloniaux et sont utilisées comme haltes migratoires par de nombreuses espèces de sauvagine et d’oiseaux de rivage durant les migrations. Critère 3.a) – La zone constitue un habitat faunique rare ou inhabituel d'un type particulier, dans une région biogéographique. ». Pour ces RNF : Ces deux îles sont des éléments géographiques importants dans les Grands Lacs et confèrent aux oiseaux qui les fréquentent une protection contre les prédateurs et les perturbations.
Système de classification des aires protégées
(Manuel des aires protégées)
Conservation d’espèces ou de leur habitat essentiel.
Classification de l’Union internationale pour la conservation de la nature et des ressources naturelles (UICN)Catégorie 1A , Réserve naturelle intégrale :
« Aires protégées mises en réserve pour protéger la biodiversité et (…), où les visites, l’utilisation ou les impacts humains sont strictement contrôlés et limités pour garantir la protection des valeurs de conservation. Ces aires protégées peuvent servir d’aires de référence indispensables pour la recherche scientifique et la surveillance continue. » (Dudley, 2008).
Numéro de décret du ConseilC.P. 1979-3017
Numéro du Répertoire des biens immobiliers fédéraux (RBIF)29224
Publication dans la Gazette du Canada1979
Autres désignationsRégion de conservation des oiseaux no 13 de l’Initiative de conservation des oiseaux de l’Amérique du Nord (ICOAN), comprise dans l’écozone des Plaines à forêts mixtes et l’écorégion de Manitoulin–Lac Simcoe.
Importance faunistique et floristiqueLieu de nidification important pour de nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques coloniaux, dont le Goéland argenté (Larus argentatus), le Cormoran à aigrettes (Phalacrocorax auritus), le Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax), le Goéland marin (Larus marinus), la Sterne caspienne (Hydroprogne caspia) et, occasionnellement, la Sterne pierregarin (Sterna hirundo). Lieu de repos et d’alimentation et halte migratoire pour de nombreuses espèces de sauvagine et d’oiseaux de rivage durant les migrations printanière et automnale.
Espèces envahissantesAucune répertoriée
Espèces en périlAucune répertoriée
Organisme de gestionEnvironnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune (Ontario)
Accès public et utilisation publiqueAccès public interdit en tout temps de l’année, sauf pour les activités de recherche et de surveillance et d’entretien de l’infrastructure en place, autorisées en vertu d’un permis délivré au terme de la Loi sur les espèces sauvages du Canada. Utilisations récréatives restreintes aux zones littorales éloignées et rapprochées. La navigation et l’observation de la faune dans la région proche du rivage sont déconseillées durant la période de reproduction (entre avril et août) puisque ces activités peuvent pousser les oiseaux aquatiques coloniaux nicheurs à abandonner leurs nids.
AutresIl n’y a aucun débarcadère ou installations d’accès à l’un ou l’autre de ces sites. Le littoral est rocheux; tous les visiteurs autorisés doivent faire preuve de prudence.
Tableau 1b : Informations sur les réserves nationales de faune de l’Île-Mohawk
Désignation de l’aire protégéeRéserve nationale de faune
Province ou territoireOntario
ComtéHaldimand
Latitude et longitudeLatitude 42°50'05"N
Longitude -79°31'22"O
Superficie4 ha
Critères de sélection de l’aire protégée
(Manuel des aires protégées)
Critère 1.a) – « La zone abrite une population d’une espèce (...) ou d’un groupe d’espèces qui est concentrée pour (...)une partie de l’année.Pour ces RNF : Les deux îles procurent des sites de nidification et de repos et des dortoirs à de nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques coloniaux et sont utilisées comme haltes migratoires par de nombreuses espèces de sauvagine et d’oiseaux de rivage durant les migrations. Critère 3.a) – La zone constitue un habitat faunique rare ou inhabituel d'un type particulier, dans une région biogéographique. ». Pour ces RNF : Ces deux îles sont des éléments géographiques importants dans les Grands Lacs et confèrent aux oiseaux qui les fréquentent une protection contre les prédateurs et les perturbations.
Système de classification des aires protégées
(Manuel des aires protégées)
Conservation d’espèces ou de leur habitat essentiel.
Classification de l’Union internationale pour la conservation de la nature et des ressources naturelles (UICN)Catégorie 1A , Réserve naturelle intégrale :
« Aires protégées mises en réserve pour protéger la biodiversité et (…), où les visites, l’utilisation ou les impacts humains sont strictement contrôlés et limités pour garantir la protection des valeurs de conservation. Ces aires protégées peuvent servir d’aires de référence indispensables pour la recherche scientifique et la surveillance continue. » (Dudley, 2008).
Numéro de décret du ConseilC.P. 1978-1439
Numéro du Répertoire des biens immobiliers fédéraux (RBIF)10447
Publication dans la Gazette du Canada1978
Autres désignationsRégion de conservation des oiseaux no 13 de l’Initiative de conservation des oiseaux de l’Amérique du Nord (ICOAN), comprise dans l’écozone des Plaines à forêts mixtes et l’écorégion des Basses terres du lac Érié.
Importance faunistique et floristiqueLieu de nidification important pour de nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques coloniaux, dont le Goéland à bec cerclé (Larus delawarensis), le Goéland argenté, le Cormoran à aigrettes, la Sterne caspienne et, occasionnellement, la Sterne pierregarin et le Goéland marin. Lieu de repos et d’alimentation et halte migratoire pour de nombreuses espèces de sauvagine et un certain nombre d’oiseaux de rivage durant les migrations printanière et automnale.
Espèces envahissantesMoule zébrée (Dreissena polymorpha) et moule quagga (Dreissena rostriformis bugensis), salicaire commune (Lytdrum salicaria), Cygne tuberculé (Cygnus olor)
Espèces en périlAucune répertoriée
Organisme de gestionEnvironnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune (Ontario)
Accès public et utilisation publique31 août, sauf pour les activités de recherche et de surveillance et d’entretien de l’infrastructure en place, autorisées en vertu d’un permis délivré au terme de la Loi sur les espèces sauvages du Canada. Accès public autorisé uniquement le jour entre le 1er septembre et le 31 mars, du lever au coucher du soleil. Les activités autorisées sur l’île durant cette période incluent l’observation de la faune, le pique-nique, la pêche récréative depuis le rivage (sans lest ou turlutte plombé et sans harpon) la natation et le débarquement en bateau (bateaux motorisés et non motorisés). Le camping de nuit et l’entretien de feux à ciel ouvert sont interdits en tout temps. La navigation et l’observation de la faune dans la région proche du rivage sont déconseillées durant la période de reproduction (entre avril et août) puisque ces activités peuvent pousser les oiseaux aquatiques coloniaux nicheurs à abandonner leurs nids.
AutresIl n’y a aucun débarcadère ou installations d’accès à l’un ou l’autre de ces sites. Le littoral est rocheux; tous les visiteurs autorisés doivent faire preuve de prudence.
Figure 1 : Photographie aérienne de la réserve nationale de faune de l’Île-Scotch Bonnet, lac Ontario (Ontario), 1976.
Photo of aérienne
Description longue pour la Figure 1

Photo aérienne de l’île Scotch Bonnet, dans le lac Ontario, dotée d’éléments supplémentaires illustrant les limites de la réserve nationale de faune (RNF) et l'emplacement des ruines d’un phare en pierre, du panneau d’identification de la RNF, de la tour de navigation en acier de Pêches et Océans Canada et du brise-lames. La photo et ses éléments sont exprimés en mètres.

 

Figure 2 : Emplacement de la réserve nationale de faune de l’Île-Scotch Bonnet, lac Ontario
Photo de emplacement
Source : Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune, Ontario, 2016
Description longue pour la Figure 2

Cartes de la réserve nationale de faune (RNF) de l’île Scotch Bonnet par rapport à la province de l’Ontario (encart) et par rapport au comté de Prince Edward, dans l’Est ontarien, au lac Ontario (carte principale). L’encart indique que la RNF est située dans le Sud-Est de l’Ontario. La carte principale représente de façon plus détaillée les limites et l’emplacement, à l’intérieur du comté de Prince Edward, de l’île Scotch Bonnet, de la baie Wellers, des RNF de Prince Edward Point, des parcs provinciaux Sandbanks et Timber Island, et des terrains de pique-nique provinciaux de Lake on the Mountain. L’échelle de la carte est exprimée en mètres.

 

Figure 3 : Photographie aérienne de la réserve nationale de faune de l’Île-Mohawk, lac Érié (Ontario), 2006.
Photo de aérienne
Description longue pour la Figure 3

Photo aérienne de l’île Mohawk dans le lac Érié. Les limites de la réserve nationale de faune, un panneau d’identification et un phare y sont représentés. Il y a un petit trou d’eau au centre de l’île. La photo et ses éléments sont exprimés en mètres.

 

Figure 4 : Emplacement de la réserve nationale de faune de l’Île-Mohawk, lac Érié.
Photo de emplacement
Source : Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune, Ontario, 2016.
Description longue pour la Figure 4

Cartes de la réserve nationale de faune (RNF) de l’île Mohawk par rapport à l’Ontario, au Québec et aux États-Unis (encart) et par rapport au bassin est du lac Érié, en Ontario (carte principale). La carte principale illustre de façon plus détaillée les limites de la RNF et du parc provincial Rock Point, et les localités et routes principales à proximité. L’échelle de la carte est exprimée en km.

 

1.1 Contexte régional

La RNF de l’Île-Scotch Bonnet est située dans le lac Ontario, à une vingtaine de kilomètres directement au sud de la ville de Trenton, dans le comté de Prince Edward. La portion continentale du comté forme une grande péninsule (700 km2) comportant plus de 800 km de rive bordée principalement par le lac Ontario et la baie de Quinte (figure 2). L’île a été nommée d’après une des trois crêtes d’argile et de till glacio-lacustres d’orientation nord-sud, connue sous le nom de dorsale Scotch Bonnet, qui s’étend dans le bassin est du lac Ontario.

L’île Scotch Bonnet et la région avoisinante sont comprises dans l’écozone des Plaines à forêts mixtes et l’écorégion de Manitoulin-Lac Simcoe (Groupe de travail sur la stratification écologique, 1995). Le climat de cette écozone est fortement influencé par les grandes étendues d’eau des Grands Lacs, qui contribuent à adoucir les températures de l’air (effet de lac). Les précipitations sont uniformément réparties tout au long de l’année, mais les conditions météorologiques peuvent fluctuer considérablement d’une journée à l’autre.

L’agriculture constitue la principale vocation des terres dans le comté de Prince Edward, mais la région est également une destination touristique prisée par les amateurs de navigation de plaisance et les pêcheurs. Une pêche commerciale (filet-piège et filet maillant) est également pratiquée dans les eaux avoisinantes. Le comté de Prince Edward renferme de nombreuses aires naturelles, dont des parcs provinciaux (Presqu’île, North Beach, Sandbanks, Lake on the Mountain et Timber Island), une aire de gestion de la faune provinciale (Point-Petre) et des aires protégées fédérales (RNF de la Baie-Wellers et RNF de la Pointe-Prince-Edward) (figure 2). La zone importante pour la conservation des oiseaux de la rive sud du comté de Prince Edward se trouve au sud-est de la RNF de l’Île-Scotch Bonnet. Toute la région est importante durant les migrations : plus de 300 espèces d’oiseaux qui empruntent la voie migratoire de l’Atlantique, principalement des oiseaux chanteurs et des rapaces, traversent le comté de Prince Edward durant les migrations printanière et automnale.

La RNF de l’Île-Mohawk se trouve plus à l’ouest, dans le bassin est du lac Érié, à environ 20 km au sud-ouest de Port Colborne, près de l’embouchure de la rivière Grand (figure 4). Des affleurements calcaires y forment des hauts-fonds et de petites îles dans ces eaux relativement profondes pour le lac Érié. L’île Mohawk est la plus grande île dans ce secteur. La superficie de sa portion émergée varie au gré des fluctuations du niveau de l’eau du lac Érié. Par exemple, en 1995, sa superficie s’établissait à environ 16 325 m2, mais en 2006, alors que le niveau d’eau était plus bas (qu’en 1995), elle s’élevait à environ 26 325 m2 (figure 5).

Comme celui de l’île Scotch Bonnet, le climat de la région de l’île Mohawk est tempéré par les Grands Lacs, qui agissent comme des réservoirs de chaleur. Au printemps, l’air est refroidi par les eaux de surface, qui se maintiennent près du point de congélation. En automne et en hiver, l’eau réchauffe l’air, et des nappes de brouillard se forment souvent. Le niveau de l’eau du lac Érié peut fluctuer d’environ 4 m, mais les fluctuations annuelles oscillent généralement entre 1 et 2 m (Pêches et Océans Canada, 2010). Durant les fortes tempêtes, qui se produisent généralement en novembre, les vagues atteignent souvent une hauteur de 2 à 5 m et sont parfois même plus hautes que l’île Mohawk.

Figure 5: Portion émergée de la Réserve nationale de faune de l’Île-Mohawk, dans le lac Érié, en 1995 (à gauche) et en 2006 (à droite).
Photo de 1995 (à gauche)
Photo de 2006 (à droite)
Description longue pour la Figure 5

Photos aériennes de l’île Mohawk et de sa surface émergée en 1995 (première photo) et en 2006 (deuxième photo). Les deux photos dépeignent les limites de la réserve nationale de faune et l’emplacement du phare. La deuxième photo contient une plus grande surface terrestre. La photo et ses caractéristiques sont exprimées en mètres.

 

Au nord de l’île Mohawk, l’agriculture constitue également la principale vocation des terres dans la portion continentale du comté de Haldimand. Cette portion des Grands Lacs fait également l’objet d’une pêche commerciale active. Les rares aires naturelles encore présentes dans les régions avoisinantes incluent les parcs provinciaux Rock Point et James N. Allan, le marais Dunnville et l’aire de conservation de Byng Island, le long de la rivière Grand. La rive nord du lac Érié, dont les secteurs de la baie Mohawk, de Rockhouse Point, de Port Colborne et de Port Maitland (à l’embouchure de la rivière Grand), est fréquentée par un grand nombre d’oiseaux migrateurs au printemps et en automne. La station de bagage de Rock Point, située dans le parc provincial Rock Point, fait partie du Réseau canadien de surveillance des migrations et est exploitée par l’Observatoire d’oiseaux de Haldimand. Des sternes, des goélands et des cormorans viennent souvent se nourrir le long des rives du lac Érié. Durant les migrations printanière et automnale, de nombreuses espèces de sauvagine et d’oiseaux de rivage font halte dans les îles et les secteurs avoisinants lorsqu’ils traversent le lac Érié en longeant les voies migratoires du Mississippi et de l’Atlantique.

1.2 Contexte historique

1.2.1 Île Scotch Bonnet

L’île Scotch Bonnet est un repère de navigation dans le bassin est du lac Ontario depuis que le ministère des Transports y a établi une station d’aide à la navigation en 1856. On y construisit alors un phare circulaire en pierre calcaire de 16,5 m de hauteur et une maison pour le gardien afin de signaler aux navigateurs la présence des hauts-fonds autour de l’île. Une corne de brume actionnée manuellement était utilisée aux mêmes fins. Après le départ de son dernier gardien, en 1924, le phare a continué d’être utilisé de façon presque continue jusqu’à ce qu’il soit remplacé en 1959 par une tour de navigation en acier équipée d’un système d’éclairage automatisé. Au milieu des années 1970, le vieux phare en pierre calcaire était en très mauvais état, et l’île fut déclarée terre de la Couronne excédentaire par le ministère des Transports.

Après que le ministère des Transports eut transféré les droits de propriété de l’île Scotch Bonnet au Service canadien de la faune le 8 mars 1979 (P.C. 1979-686), l’île a été désignée réserve nationale de faune de l’Île-Scotch Bonnet le 8 novembre 1979. La création de la RNF de l’Île-Scotch Bonnet avait pour principal objectif d’assurer la protection de l’habitat de nidification des oiseaux aquatiques coloniaux et d’y favoriser la tenue de projets de recherche.

Selon les dispositions de l’accord de transfert intervenu en 1979, Transports Canada demeure propriétaire de la tour de navigation en acier et conserve certains droits d’accès à des fins d’entretien de la tour, tandis que l’Agence Parcs Canada (APC) conserve les droits d’accès au phare à des fins de conservation du patrimoine. La tour de navigation en acier est actuellement entretenue et gérée par Pêches et Océans Canada. Aujourd’hui, une partie seulement des murs de la tour de phare et de la maison du gardien subsiste et il est interdit de pénétrer à l’intérieur de la structure (figure 6)

Figure 6 : Phare et tour de navigation en acier, réserve nationale de faune de l’Île-Scotch Bonnet, 2012.
Photo de phare et tour de navigation en acier
Photo : Jeff Robinson © Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune
Description longue pour la Figure 6

Photo des ruines du phare et de la tour de navigation en acier, et d’un panneau d’identification sur la réserve nationale de faune de l’île Scotch Bonnet en 2012. Un certain nombre de goélands sont en vol ou debout sur l’île rocheuse.

 

1.2.2 Île Mohawk

Le phare de l’île Mohawk occupe une place importante dans l’histoire de la navigation et du transport sur le lac Érié. La tour en pierre, alors connue sous le nom de phare de l’île Gull, ainsi que la maison en pierre du gardien attenante au phare ont été construites entre 1846 et 1848. Le phare servait d’aide à la navigation pour les navires qui pénétrait dans canal Welland original par son entrée sud, à Port Maitland, et à signaler la présence de hauts-fonds au large de la rive sud-est de l’île Mohawk. La tour circulaire en pierre se dressait à l’époque sur une hauteur de 18 m et abritait une lanterne octogonale en fer surmontée d’une coupole. Des lampes à l’huile munies de réflecteurs projetaient un faisceau lumineux d’une portée d’environ 16 km (Planck et Robinson, 1985).

En 1911, le ministère des Terres, des Forêts et des Mines de l’Ontario recommanda le transfert des droits de propriété de l’île Mohawk (à l’époque connue sous le nom d’île Gull) au ministère fédéral de la Marine et des Pêches (aujourd’hui Transports Canada) afin d’assurer l’entretien du phare. Le phare fut automatisé en 1933 utilisant un système d’éclairage alimenté par batterie. Par suite de la relocalisation de l’entrée du canal Welland à Port Colborne en 1934, le phare de l’île Mohawk devint moins important pour les navigateurs. Sa structure continua de se détériorer, puis fut ravagée par un incendie en 1969.En 1969, le phare en pierre fut déclassé et une bouée de navigation fut installée au large de la rive sud-est de l’île pour signaler la présence de dangereux hauts-fonds.

Après avoir examiné l’île au début des années 1970, des biologistes du Service canadien de la faune recommandèrent la désignation de l’île à titre de réserve nationale de faune afin d’y protéger les oiseaux aquatiques coloniaux. En 1976, le ministère des Transports (Transports Canada) a transféré la gestion de l’île au Service canadien de la faune, aujourd’hui une division d’Environnement et Changement climatique Canada. En 1978, l’île Mohawk a été officiellement désignée réserve nationale de faune en vertu du Règlement sur les réserves d’espèces sauvages, pris en application de la Loi sur les espèces sauvages au Canada. Estimant que le phare constituait un danger public, le ministère des Transports a émis un avis de démolition en 1977 pour ensuite céder à la pression populaire locale et retarder et finalement annuler l’exécution des travaux. Aujourd’hui, seuls les murs extérieurs de la tour et de la maison du gardien sont encore debout et il est interdit de pénétrer à l’intérieur de la structure (figure 7).

Figure 7 : Phare, réserve nationale de faune de l’Île-Mohawk, 2012.
Photo de phare
Photo : Denby Sadler © Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune
Description longue pour la Figure 7

Photo du phare en pierre sur la réserve nationale de faune de l’île Mohawk en 2007 montrant une multitude d’oiseaux en vol, un avant-plan sablonneux et le lac Érié à l’arrière-plan.

 

L’importance à long terme de ces deux îles pour les oiseaux aquatiques coloniaux est bien documentée. Les premières mentions de nidification d’oiseaux à l’île Scotch Bonnet datent des années 1930. Dans le cas de l’île Mohawk, les premières mentions remontent aux années 1890, comme l’indique Thomas McIlwraith dans Birds of Ontario (1984). Dans ce même ouvrage, McIIwraith fait également allusion à l’île Mohawk sous le nom d’île Gull. Au cours des années 1930 et 1940, l’île Mohawk a continué d’attirer de nombreux observateurs d’oiseaux. Diverses mentions datant de cette époque y font état de la présence d’un nombre important de goélands et de sternes (Mitchell, 1946; Gamble, 1948).

Le présent Plan de gestion des réserves nationales de faune de l’Île-Scotch Bonnet et de l’Île-Mohawk (2013) est une mise à jour du plan de gestion de 1986 pour la réserve nationale de faune de l’Île-Scotch Bonnet (1986 Management Plan: Scotch Bonnet Island National Wildlife Area) (Lévesque, 1986) et du plan de gestion de 1985 pour la réserve nationale de faune de l’Île-Mohawk (1985 Management Plan: Mohawk Island National Wildlife Area) (Planck et Robinson, 1985) et remplace toutes les autres versions.

1.3 Propriété des terres

Les RNF de l’Île-Scotch Bonnet et de l’Île-Mohawk appartiennent toutes deux au gouvernement du Canada et sont administrées par le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada. Comme les documents attestant le transfert des droits de propriété mentionnent uniquement le terme « île », il est inféré qu’Environnement et Changement climatique Canada est propriétaire des lieux jusqu’aux rives des deux RNF. L’Agence Parcs Canada et Pêches et Océans Canada (anciennement Transports Canada) ont conservé leur droit d’accès à la RNF de l’Île-Scotch Bonnet, conformément aux dispositions de l’accord de transfert des terres intervenu en 1979.

Les Grands Lacs appartiennent au Canada et aux États-Unis et sont gérés conjointement par les deux pays. Selon le type d’activité considéré, la délivrance de permis peut incomber à d’autres organismes fédéraux ou provinciaux (Pêches et Océans Canada, ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario et ministère de l’Environnement de l’Ontario).

1.4 Installations et infrastructure

Les deux îles sont accessibles uniquement par embarcation et ne comportent aucune route ni aucun sentier ou débarcadère. Des avis précisant les restrictions d’accès (c.-à-d. accès public interdit en tout temps à la RNF de l’Île-Scotch Bonnet et accès restreint [1er septembre au 31 mars] à la RNF de l’Île-Mohawk) sont affichés sur les deux îles. Ces avis peuvent être difficiles à installer dans l’assise rocheuse et, en raison des dommages causés par les intempéries, doivent faire l’objet d’un entretien fréquent.

Les phares ne fonctionnent plus et les aides à la navigation marquent l’emplacement des îles et des hauts-fonds à l’intention des navigateurs. Une tour de navigation en acier équipé d’un système d’éclairage automatisé a été érigée à l’extrémité ouest de l’île Scotch Bonnet (figures 8a, 8b). À la RNF de l’Île-Mohawk, une bouée de navigation est placée au sud-est de l’île, dans le lac Érié. Ces deux structures appartiennent actuellement à Pêches et Océans Canada et sont entretenues par le ministère.

Les deux îles abritent les ruines de phares en pierre et de structures connexes construits au 19e siècle. Le phare de l’île Scotch Bonnet présente des signes de détérioration cumulés depuis plusieurs décennies (figure 8b). Au milieu des années 1980, des employés de l’Agence Parcs Canada ont visité l’île pour documenter la valeur du phare en pierre à titre de patrimoine architectural. Ce phare continue de se détériorer, et les ruines représentent une menace à la sécurité des visiteurs. L’accès public à la RNF et l’accès aux ruines sont interdits

Dans la portion centrale de l’île Scotch Bonnet, un brise-lames en béton plein rempli de sol importé de l’île Nicholson voisine entoure le vieux phare en pierre et la tour de navigation en acier érigée plus récemment. Autrefois, ce brise-lames avait pour fonction de protéger le phare des tempêtes et des vagues, et il continue de jouer ce rôle pour la tour de navigation. Au fil du temps, des sections du brise-lames se sont érodées ou ont subi les méfaits du vandalisme, comme des graffiti (figures 8a, 8b).

Figure 8 : a) Détérioration du brise-lames en béton bordant la rive sud de la réserve nationale de faune de l’Île-Scotch Bonnet, 2010; figure 8b) Phare de la réserve nationale de faune de l’Île-Scotch Bonnet et section du brise-lames en béton couverte de graffitis, 2008.
a.
a. Photo de détérioration du brise-lames
b.
b. Photo du brise-lames en béton couverte de graffitis
Photos : a) Tyler Hoar; b) Dave Moore © Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune
Description longue pour la Figure 8

Figure 8a: Photo de la détérioration du brise-lames le long de la rive sud de la réserve nationale de faune de l’île Scotch Bonnet en 2010. Une douzaine de goélands se tiennent debout sur la surface rocheuse de l’île.

Figure 8b: Photo des ruines du phare et du brise-lames (avec graffiti) sur la réserve nationale de faune de l’île Scotch Bonnet en 2008. Des goélands se reposent sur les ruines du phare et du mur.

 

Le phare de l’île Mohawk, qui se dresse sur le côté sud de l’île, a cessé d’être occupé beaucoup plus tôt et a été vandalisé dès 1938. Au fil du temps, il a été endommagé par les intempéries et le vandalisme, et les murs extérieurs de la tour et de la maison attenante constituent aujourd’hui les seuls vestiges de la structure originale (figure 7). L’accès public et l’accès aux ruines du phare sont interdits. La structure continue de servir de repère informel pour les pêcheurs et les amateurs de navigation de plaisance.

Tableau 2a : Installations et infrastructure en place à la réserve nationale de faune (RNF) de l’Île-Scotch Bonnet
Type d’actifSuperficie approximativeResponsabilité
Avis interdisant l’accès à la RNF1,2 m × 1,2 mEnvironnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune
Tour de navigation en acier19,2 mPêches et Océans Canada
Brise-lames en béton82 m de longueur X 22 m de largeurEnvironnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune/Pêches et Océans Canada
Phare en pierre16,5 m de hauteurEnvironnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune/Agence Parcs Canada
Tableau 2b : Installations et infrastructure en place à la réserve nationale de faune (RNF) de l’Île-Mohawk
Type d’actifSuperficie approximativeResponsabilité
Avis interdisant l’accès à la RNF1,2 m × 1.2 mEnvironnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune
Phare en pierreSuperficie au sol : 100 m2
Hauteur de la tour : 18 m
Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune
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