Aidez le gouvernement du Canada à organiser son site Web!

Remplissez un questionnaire anonyme de 5 minutes. Commencez maintenant.

Stratégie des aires protégées d'Environnement Canada

Avril 2011

Visiter le catalogue de publication d'Environnement Canada pour télécharger la version PDF.

Table des matières

Information sur le document

Haut de la page


Information sur le document

Stratégie des aires protégées d'Environnement Canada – Avril 2011

Pour des renseignements supplémentaires :

Environnement Canada
Informathèque
10, rue Wellington, 23e étage
Gatineau (Québec) KIA OH3
Téléphone : 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800
Télécopieur: 819-994- 1412
ATS: 819-994-0736
Courriel : enviroinfo@ec.gc.ca

Haut de la page


Avant-propos

Au Canada la protection juridique des terres destinées à la conservation de la faune, de l'habitat et de la biodiversité est principalement assurée par les gouvernements fédéral, provinciaux, territoriaux et autochtones. Le mandat d'Environnement Canada est surtout axé sur la conservation et la protection des oiseaux migrateurs et, avec l'apport des provinces, des territoires et des peuples autochtones, sur les espèces en péril et autres espèces d'intérêt national. Environnement Canada contribue à cet objectif au moyen de son réseau d'aires protégées dont l'établissement et la gestion reposent sur la législation.

Cette stratégie vise à décrire le rôle, l'orientation stratégique et la portée du Programme pour les aires protégées couvrant la période 2010-2015. Le Service canadien de la faune (SCF), une direction générale du Ministère de l'Environnement (EC), est responsable de son exécution. La Stratégie est fondée sur la vision et les orientations établies dans le Plan stratégique 2010-2015 du SCF, le Plan stratégique 2005-2010 sur les aires protégées, et la Stratégie fédérale de 2005 sur les aires marines protégées.

Depuis quelques années, les réorganisations administratives et le manque de ressources nuisent à l'administration du programme alors que les attentes sont en hausse. À cela s'ajoute le fait que l'on commence à comprendre l'étendue des défis qu'entraînent le réchauffement climatique et les incertitudes dues aux changements écologiques à venir. C'est dans ce contexte que s'inscrit le renouvellement de la Stratégie d'EC relativement au Programme sur les aires protégées.

Haut de la page

1.0 Le contexte

1.1 Conservation de l'habitat

La faune et l'habitat faunique sont vitaux pour les processus écologiques et biologiques qui sont essentiels à la vie. Un nombre suffisant d'habitats de qualité est très important pour assurer la survie des populations d'espèces sauvages. Le maintien et l'enrichissement de la vie humaine dépendent des interactions complexes entre les éléments qui composent la biosphère, comme l'habitat et les espèces sauvages. Ces processus écologiques sont essentiels pour assurer l'apport en eau douce et en air de qualité, pour les activités agricoles, forestières, piscicoles et les autres activités dont dépend la vie humaine. De plus, l'attachement des Canadiens pour la nature est ancré dans leur histoire et leur patrimoine et a fortement contribué à la conservation de l'habitat faunique au Canada.

[Encadré]

Habitat essentiel

Selon la LEP, c’est l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite et qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement.

Le mandat d'Environnement Canada en matière de conservation de la faune est fondée sur la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs (LCOM), la Loi sur les espèces sauvages au Canada (LESC) et la Loi sur les espèces en péril (LEP). Promulguée en 1917, la LCOM vise à protéger et à conserver les oiseaux migrateurs, tant les populations que les individus, et leurs nids. La Convention a été modifiée en 1995 suite au protocole de Parksville dont un des principes est « …de fournir et de protéger l'habitat nécessaire à la conservation des oiseaux migrateurs ». La LESC, adoptée en 1973, autorise le ministre à promouvoir et appuyer la recherche, la conservation et l'interprétation au moyen d'activités axées sur la faune. La LEP, adoptée en 2002, vise « … à prévenir la disparition des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées ». La Loi autorise le ministre à « ….établir des codes de pratiques, des normes ou des directives nationales en ce qui a trait à la protection de l'habitat essentiel ». De plus, à titre de signataire de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique de 1992, le Canada doit élaborer et mettre en œuvre des stratégies de conservation. Notre engagement à cet égard a conduit en 1995 à la Stratégie canadienne de la biodiversité dont l'objectif est d'assurer une meilleure coordination des efforts axés sur la conservation de la biodiversité et l'utilisation durable des ressources biologiques.

[Encadré]

Conservation

Selon la définition de la Stratégie canadienne de la biodiversité (1995), la conservation se préoccupe du « maintien ou de l’utilisation durable des ressources de la Terre de manière à préserver la diversité des écosystèmes, des espèces et des gènes ainsi que les phénomènes évolutifs et autres qui les façonnent. La conservation peut comprendre ou non l'utilisation des ressources, autrement dit, certaines régions, espèces ou populations peuvent être soustraites à l'utilisation de l'homme dans le cadre d'une approche globale de conservation des paysages terrestres et aquatiques. »

La conservation se fait au moyen de deux approches distinctes mais complémentaires : 

La protection

La protection juridique de terres par le biais d’acquisitions ou d’autres moyens, et la gestion de ces terres dans un but de conservation.

L’intendance

Cela comprend les actions volontaires entreprises sur des terres gérées par des personnes ou des organismes au profit d’espèces cibles et de leur habitat.

1.2 Protection et intendance de l'habitat

Les gouvernements canadiens et les organismes non gouvernementaux gèrent la conservation de l'habitat faunique sur deux grands fronts. Le premier consiste à acquérir des terres destinées à la protection de la faune et de la biodiversité. Selon la définition de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), une aire protégée est « une portion de terre ou de mer vouée spécialement à la protection et au maintien de la diversité biologique, ainsi que des ressources naturelles et culturelles connexes et gérées par des moyens efficaces, juridiques ou autres ». Le deuxième front porte sur les initiatives d'intendance où les terres sont gérées de manière à ne pas menacer mais à protéger la survie à long terme des populations d'espèces sauvages, de la biodiversité ou de la fourniture de produits et de services écologiques. La Politique des espèces sauvages pour le Canada, une politique nationale élaborée en 1990 par le Conseil canadien des ministres de la faune, reconnaît expressément que « …la conservation de l'habitat nécessite quatre approches solidaires : des réseaux étendus d'aires protégées, l'intégration de la conservation de l'habitat dans la gestion des terres publiques, la conservation de l'habitat sur les terres privées, et la conservation de l'habitat sur les terres autochtones ». La Politique reconnaît expressément que les aires protégées ne sont qu'une composante de l'approche plus vaste en matière de conservation de la faune. Par conséquent, ces aires protégées doivent faire l'objet d'une planification et d'une gestion qui s'inscrivent dans une suite de mesures de conservation se complètant les unes aux autres.

1.3 Aires protégées d'Environnement Canada

Environnement Canada protège l'habitat en établissant des réserves nationales de faune marine et terrestre en vertu de la Loi sur les espèces sauvages au Canada pour protéger la faune et l'habitat faunique dans un but de conservation, de recherche ou d'interprétation et les refuges d'oiseaux migrateurs établis en vertu de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs. Celles-çi sont gérées en tant que sites individuels et comme partie intégrale d'un réseau national.

Caractéristiques des aires protégées d’Environnement Canada - Autorité juridique
Réserves nationales de fauneRefuges d’oiseaux migrateurs
Loi sur les espèces sauvages au CanadaLoi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs, 1994
Caractéristiques des aires protégées d’Environnement Canada - Objet
Réserves nationales de fauneRefuges d’oiseaux migrateurs
Protéger la faune et l’habitat faunique aux fins de conservation, de recherche et d’interprétation.Protéger les oiseaux migrateurs et leurs nids.
Caractéristiques des aires protégées d’Environnement Canada - Titre
Réserves nationales de fauneRefuges d’oiseaux migrateurs
Les réserves nationales de faune nécessitent un droit de propriété conformément au Règlement sur les réserves d’espèces sauvages où « réserve d’espèces sauvages » signifie des terres publiques.Les refuges d’oiseaux migrateurs peuvent être établis sur des terres privées, des terres de propriété provinciale ou fédérale.
Caractéristiques des aires protégées d’Environnement Canada - Activités interdites
Réserves nationales de fauneRefuges d’oiseaux migrateurs
Le Règlement sur les réserves d’espèces sauvages fait état des activités spécifiques interdites (comme la chasse, la pêche, les dommages aux végétaux et l’enlèvement de végétaux, les activités agricoles, toute activité récréative, etc.) à moins que des avis contraires ne soient affichés qui autorisent des activités spécifiques ou qu’une personne ne détienne un permis à cet égard.La Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs donne l’autorité d’émettre un règlement établissant des aires de protection pour les oiseux migrateurs et leurs nids et en prévoyant la surveillance et la gestion de ces aires; la portée de cette autorité de surveillance et de gestion des refuges peut être restreinte en fonction des conditions de propriété.

Ce tableau présente l’information suivante, pour les Réserves nationales de faune et pour les Refuges d’oiseaux migrateurs : autorité juridique, objet, titre, activités interdites  

[Encadré]

Habitats rares et uniques

Un habitat naturel rare ou inhabituel d’un type spécifique dans une région biogéographique, possède une valeur spéciale dans le maintien de la diversité génétique et écologique d’une région en raison de la qualité de sa flore et de sa faune. Cela comprend des habitats qui ont toujours été rares dans une région, de même que des habitats considérablement réduits par rapport à ce qu’ils ont déjà été.

[Encadré]

Résilience écologique

La capacité d’un écosystème de résister à une perturbation sans modifier ses processus et  structures auto-organisés.

Environnement Canada est depuis longtemps un chef de file en matière de conservation de l'habitat : la première aire protégée, maintenant administrée par le Ministère, a été établie en 1887 (maintenant connue comme la réserve nationale de faune Last Mountain Lake). À l'intérieur du ministère le Service canadien de la faune gère un réseau grandissant d'aires protégées qui comprend présentement 146 réserves nationales de faune et de refuges d'oiseaux migrateurs couvrant plus de 12,3 millions d'hectares de terres. Chaque site choisi vise un objectif précis de conservation. Les réserves nationales de faune sont établies sur des terres ou des eaux fédérales; d'autres ministères peuvent administrer des sites établis par Environnement Canada en vertu d'une délégation de pouvoir comme c'est le cas de la Réserve nationale de faune de la base des Forces canadiennes de Suffield. Les refuges d'oiseaux migrateurs couvrent des terres fédérales et non fédérales; dans le cas de terres non fédérales, la collaboration d'autres propriétaires est essentielle. L'ensemble de ces sites crée un réseau qui contribue aux objectifs nationaux en matière de conservation. Une responsabilité propre à Environnement Canada est la protection des oiseaux migrateurs et des espèces en péril, et avec le soutien des provinces et des territoires, des habitats naturels rares et uniques et de l'habitat d'espèces d'intérêt national. En conservant ces habitats, les aires protégées d'Environnement Canada protègent également d'autres espèces sauvages pour empêcher qu'elles ne soient mises en péril, et préservent la biodiversité tant à l'échelle régionale que nationale. De plus, le réseau d'aires protégées au Canada contribue à la résilience des écosystèmes face au changement écologique. Dans son exposé de principe sur l'adaptation écosystémique préparé en vue des pourparlers de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (juin 2009), l'UICN affirme que le maintien et l'augmentation de la résilience des écosystèmes à  l'échelle des paysages au moyen de réseaux d'aires protégées bien gérées et des améliorations apportées à la gestion des terres et des mers environnantes contribuent à l'adaptation écosystémique.

1.4 Réseau fédéral d'aires protégées

Le gouvernement fédéral contribue activement à la protection de l'habitat grâce aux activités d'Environnement Canada, de Parcs Canada, et de Pêches et Océans Canada. Ces activités s'inscrivent dans un ensemble plus vaste de mesures de conservation allant de la surveillance des aires réglementées à des initiatives d'intendance sur des terres privées. L'objectif précis de l'administration des aires protégées diffère beaucoup selon les ministères. Les aires protégées d'Environnement Canada sont uniques du fait qu'elles sont spécifiquement établies et surveillées pour protéger la faune et son habitat. Les activités peuvent comprendre des interventions comme le rétablissement de l'habitat, en particulier celui des espèces en péril.

Cette figure démontre le continuum de mesures légales et volontaires selon lequel les aires protégées sont établies.

Description longue de la figure

D'autres aires protégées au Canada font l'objet de mandats différents bien qu'ils portent également sur la protection de la faune. Par exemple, le mandat de Parcs Canada est de protéger, à l'intérieur d'un réseau de parcs nationaux, un échantillonnage représentatif de chacune des 39 régions naturelles terrestres du Canada pour le bénéfice et l'agrément des Canadiens. Les parcs nationaux sont des endroits destinés au public, qui sont représentatifs d'un écosystème, et où la gestion de leur achalandage est fondée sur le maintien de l'intégrité écologique. À l'opposé, les réserves nationales de faune d'Environnement Canada sont destinées à la protection de la faune, sélectionnées parce qu'elles sont importantes pour la faune et gérées à des fins de conservation. De plus, Environnement Canada établit ses aires protégées selon des critères biologiques. Environnement Canada a donc la flexibilité nécessaire pour adapter le réseau dans un contexte écologique en constante évolution et fait en sorte que ses aires protégées contribuent à améliorer la capacité d'adaptation de la faune aux changements climatiques.

1.5 Les défis pressants associés aux changements écologiques à venir

Les aires protégées sont des lieux privilégiés pour la faune qui empêchent aussi la perte, la fragmentation et la dégradation des habitats. Ainsi ils contribuent à équilibrer les besoins économiques et environnementaux à l'échelle des paysages en préservant certaines composantes et fonctions critiques des écosystèmes. Dans les dernières décennies les demandes placées sur les écosystèmes, particulièrement de la part du secteur des ressources, on augmenté considérablement. Des économies et des populations en croissance, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Canada, ne nous permettent pas d'envisager une diminution de ces demandes dans les années à venir. Ceci risque de pousser jusqu'à leur limites la capacité des écosystèmes à maintenir leurs structures et leurs fonctions. Au fur et à mesure qu'augmente la pression du développement l'importance des aires protégées pour contribuer à cet équilibre va croitre si, et seulement si, leur intégrité écologique est maintenue, restaurée là où c'est nécessaire, et sauvegardée. Face à des changements climatiques qui transformeront les écosystèmes la valeur des aires protégées comme refuges pour la biodiversité ne pourra qu'augmenter. Il faudra donc tenter de minimiser le stress sur les aires protégées afin de conserver leur résilience et maintenir leur rôle critique en tant que refuges pour la biodiversité. Ceci aidera à maintenir la capacité des espèces à répondre et s'adapter à des écosystèmes en transition.

Haut de la page

2.0 Le cadre stratégique

2.1 Vision

Un réseau d'aires visant à protéger les habitats prioritaires nécessaires à la conservation des oiseaux migrateurs et des espèces en péril, de même que les habitats rares et uniques du Canada; un réseau pouvant s'adapter au changement écologique et géré conjointement avec d'autres.

2.2 Mission

Environnement Canada détermine, établit et gère selon un mode coopératif des aires protégées à l'intérieur d'un réseau comprenant des réserves nationales de faune marines et terrestres et des refuges d'oiseaux migrateurs en vue de protéger l'habitat et la faune, d'améliorer la compréhension des processus écologiques et de promouvoir la conservation de la nature et le rôle d'Environnement Canada à cet égard; enfin ces mesures se traduiront par des populations saines d'oiseaux migrateurs, le maintien et le rétablissement de populations d'espèces en péril et ainsi que d'autres espèces sauvages d'importance nationale, et la protection d'habitats rares et uniques.

2.3 Objectifs

Établir un réseau national de réserves de faune marine et terrestre et de refuges d'oiseaux migrateurs qui est complet, géré avec efficacité, et écologiquement sain afin:

  1. D'assurer la protection, au Canada, de l'habitat essentiel à la survie à long terme des populations d'oiseaux migrateurs, dans le cadre d'une planification de la conservation coordonnée au niveau national, continental et hémisphérique qui s'appuie sur de la recherche de qualité et un public sensible à l'importance des mesures de conservation.

  2. De protéger les habitats essentiels au rétablissement de populations d'espèces en péril au moyen d'une gestion active et d'une réglementation des aires protégées existantes et de l'établissement de nouvelles aires protégées, au besoin.

  3. De protéger des habitats fauniques rares et uniques de type spécifique dans une région biogéographique ou des habitats de valeur pour le maintien de la diversité génétique et écologique d'une région en raison de l'étendue, de la qualité et du caractère unique de sa flore et de sa faune.

  4. De planifier et surveiller le réseau d'aires protégées de façon à accroitre la résilience et la capacité d'adaptation devant tout changement écologique à venir notamment le réchauffement climatique.

2.4 Principes directeurs

2.4.1 La protection d'abord

L'objectif premier d'une aire protégée est la protection de la faune et de son habitat. Toutes les activités menées sur des aires protégées, sur terre ou sur mer, doivent être examinées en tenant compte de cette priorité. Cette protection se réalisera par l'acquisition de terres par voie légale et l'établissement de règlements, l'émission de permis, l'application des lois, l'évaluation et la surveillance comme il est prévu dans les plans de gestion.

2.4.2 La science au cœur de la planification et de la gestion des aires protégées

La science fournit le fondement de la planification de réseaux,  de l'établissement et de la gestion d'aires protégées. Les connaissances sur la faune, les habitats et les écosystèmes à conserver sont au cœur de ce fondement alors que les considérations d'ordre social, économique et politique ainsi que le savoir traditionnel autochtone apportent des couches supplémentaires d'information contextuelle importante.

2.4.3 Réseau d'EC conçu en complément d'autres mesures de conservation

Le réseau d'Environnement Canada est conçu comme un complément de l'ensemble d'aires protégées et d'accords d'intendance qui existent au Canada. Le Ministère reconnaît que son réseau est un sous-ensemble de grands réseaux nationaux et internationaux créés par les gouvernements et les organismes non gouvernementaux ayant des programmes et des critères différents pour sélectionner des aires de protection.

2.4.4 Réseau conçu et géré pour s'adapter au changement écologique à venir

Le réseau d'aires protégées est conçu et géré pour s'adapter aux changements écologiques à venir notamment les changements résultant du réchauffement climatique. Cela exige que la planification prenne en compte les échelles écologiques spatiales et temporelles et une approche adaptative de la conservation où la collecte de nouvelles connaissances oriente la planification de la conservation de manière itérative.

2.4.5 Gestion écosystémique des aires protégées

Environnement Canada reconnaît les avantages d'une approche écosystémique dans la planification et la surveillance de ses aires protégées lorsque celles-ci font partie intégrante de paysages plus vastes gérés par des particuliers et des organismes auxquels ils fournissent des produits et services écologiques.

2.4.6 Partenariats d'Environnement Canada

Environnement Canada collabore avec les peuples autochtones, les communautés, les organismes partenaires et les autres gouvernements ainsi que les autres ministères fédéraux pour améliorer la conformité et la protection, compléter les capacités et favoriser la sensibilisation à la conservation de la faune.

2.5 Approches stratégiques

2.5.1 Maintien et amélioration de l'intégrité écologique des aires protégées

La valeur de conservation des aires protégées d'Environnement Canada doit être maintenue face aux défis grandissants. La présence d'espèces exotiques envahissantes et les activités humaines ont de graves conséquences dans les aires protégées individuelles situées au sud du 60e parallèle. Les demandes d'accès aux ressources qui se trouvent à l'intérieur des aires protégées ne cessent de croître. Le changement climatique présente des risques importants à l'infrastructure actuelle, en particulier au nord du 60e parallèle où il se manifestera davantage. Il peut entraver la mission de conservation initiale en raison de modifications dans la composition biophysique de ces écosystèmes.

La modernisation des règlements, des plans de gestion et des politiques permettra de faire face à ces défis. L'infrastructure au sol sera maintenue, l'émission de permis d'activités sera renforcée par une mise à jour de la politique, l'application de règlements reposera sur une meilleure information, et la conformité avec les règlements sera encouragée. On focalisera davantage sur la surveillance de la faune et des habitats afin de suivre le changement et, lorsque ce sera possible et réalisable, on s'assurera que l'intégrité écologique n'est pas compromise. Ce sera fait au moyen de consultations avec le personnel du programme et les parties intéressées en collaboration avec les partenaires de cogestion, au besoin.

2.5.2 Établissement, avec les partenaires, d'un réseau national d'aires protégées qui assure la résilience, la redondance des habitats prioritaires et qui complète d'autres réseaux.

L 'amélioration et la consolidation d'un réseau d'aires protégées d'Environnement Canada qui permet d'atteindre les objectifs de conservation et d'assurer la résilience aux changements écologiques à venir se feront plus efficacement en partenariat avec d'autres organismes de conservation. Il importe de planifier le réseau d'EC comme un sous-ensemble de grands réseaux nationaux et internationaux. Un nombre croissant d'organismes gouvernementaux et non gouvernementaux participent à l'acquisition d'aires pour la protection de la faune et des habitats. Bien que ces organismes aient des agendas et des critères de sélection différents, ils se complètent.

La première étape du processus d'harmonisation des efforts vise à mieux cibler les priorités d'Environnement Canada dans le cadre du plan de conservation des oiseaux migrateurs à l'échelle des régions de conservation des oiseaux et à répondre aux besoins de protection de l'habitat des espèces en péril. Le travail de collaboration avec les partenaires dans l'établissement de nouveaux sites ou l'élargissement de sites existants augmentera l'efficacité du processus d'acquisition, en particulier au sud du 60e parallèle. Au nord, il sera essentiel de collaborer avec les gouvernements territoriaux et les peuples autochtones pour déterminer et établir de nouvelles aires protégées. Des directives sur la mise en œuvre des comités de cogestion devront également être fournies. L'arrivée d'autres partenaires et parties intéressées dans la planification du réseau entraînera l'élaboration, la validation et l'utilisation d'outils de planification plus efficaces. La planification du réseau devra être assez souple pour qu'il soit possible de réagir au changement par une meilleure surveillance et évaluation du réseau; elle demandera également d'appuyer les efforts d'application de la loi au moyen d'outils de télédétection.

2.5.3 Compréhension et soutien du public quant au rôle et à l'importance des aires protégées

Au-delà de leur valeur immédiate au plan de la conservation de la faune, les aires protégées joueront un rôle grandissant dans l'amélioration de la résilience des écosystèmes devant le changement écologique résultant du réchauffement climatique et de l'augmentation des stresseurs anthropogéniques. Par conséquent, il est important que le public comprenne et apprécie le rôle et l'importance des aires protégées. Confrontés à des intérêts économiques concurrents, les gouvernements appuieront les aires protégées à condition que le public comprenne leur importance pour la société. De plus, la population sera mieux disposée à limiter ses activités et impacts dans les aires protégées.

Le déploiement des efforts pour susciter la compréhension et le soutien du public se fera sur deux fronts : l'élaboration, dans des Réserves sélectionnées, d'infrastructures pour l'interprétation et la présence accrue d'EC sur Internet en ce qui concerne les aires protégées. Ces efforts seront déployés en partenariat avec d'autres ministères responsables du réseau national d'aires protégées.

Haut de la page

3.0 Développer et gérer le réseau

Les trois approches stratégiques seront mise en œuvre en consultation avec les parties intéressées, en collaboration avec d'autres agences gouvernementales et les partenaires en conservation, et le public sera informé du processus ainsi que des résultats. Les politiques, les règlements et les documents d'orientation seront revus et mis à jour; il s'agit notamment du Règlement sur les réserves d'espèces sauvages, de la politique à l'égard de la sélection, la modification et la radiation d'aires protégées et des autres politiques et normes pertinentes aux aires protégées, de la Politique sur l'émission de permis pour des activités interdites dans les aires protégées. Un plan directeur sera établi pour chacune des 146 aires protégées d'Environnement Canada, les infrastructures seront entretenues et améliorées, de nouveaux sites seront établis, et la  compréhension et l'amélioration de l'intégrité écologique des sites sera appuyé par la recherche et la surveillance. Une coordination continue à l'intérieur d'Environnement Canada veillera à ce que l'application des règlements par la Direction générale de l'application de la loi ainsi que la promotion de la conformité par le Service canadien de la faune s'effectuent de manière efficace. La promotion de la conformité sera assurée par une coordination continue avec la Direction générale de l'application de la loi. Enfin, le réseau d'aires protégées d'Environnement Canada s'intégrera aux efforts de planification des réseaux privés, provinciaux, territoriaux et fédéraux, tant au niveau national que régional.

Les détails concernant le Plan d'action stratégique seront développés lors du processus annuel de planification du travail d'Environnement Canada et la mise en œuvre se fera selon la disponibilité des ressources humaines et financières.