Atlas des oiseaux bagués ou repris au Canada

Survol général – Volume 4 : Oiseaux de rivage, 1921-1995.
(Dunn et al., 2010)

Volume 4 : Oiseaux de rivage, 1921-1995 pdf

Quarante-sept espèces sont visées dans ce volume (Recherche par espèces). Parmi celles-ci, 32 espèces comptaient au moins un enregistrement d’une reprise à plus de 100 km de l’endroit du baguage, ce qui méritait donc un relevé complet des espèces.

Pour les espèces renseignées dans ce volume, 164 855 individus ont été bagués au Canada entre 1955 et 1995. Parmi ceux-ci, 1 579 individus ont été repris par la suite, pour un taux de reprise global de l’ordre de 1 %. Toutefois, ce taux comprend douze espèces pour lesquelles il n’y a eu aucune reprise - principalement des espèces qui n’avaient été baguées qu’en petits groupes, notamment le pluvier neigeux, le tournepierre noir, le bécasseau du ressac et le bécasseau des Aléoutiennes — mais aussi le phalarope de Wilson, dont plus de 1 000 individus ont été bagués. Les taux de reprise les plus élevés concernaient deux espèces chassées (la bécassine de Wilson et la bécasse d’Amérique, qui ont des taux de reprise de 2,4 % et 6,1 %, respectivement) ainsi que le courlis corlieu, dont le taux de reprise de l’ordre de 7,6 % était dû majoritairement à la nature intensive du baguage et de la reprise lors d’une étude de reproduction. Les taux de reprise rapportés ici sont basés sur des rapports liés aux bagues en métal, mais des proportions relativement élevées d’oiseaux de rivage reçoivent des marques auxiliaires telles que des bagues colorées ou des teintures à plume, qui ont contribué à de nombreux registres des espèces observées qui ne sont pas inclus dans ce volume.

En général, les taux de reprise des bagues sont liés à la taille du corps. On pourrait s’attendre à ce que les oiseaux de rivage soient repris plus fréquemment que la plupart des oiseaux chanteurs, mais moins souvent que les rapaces et oiseaux marins plus gros (Brewer et al., 2000; Dunn et al., 2009; Gaston et al., 2009). Les reprises d’oiseaux de rivage sont relativement fréquentes en Amérique latine, par rapport aux oiseaux d’autres types, comme les oiseaux de rivages sont souvent chassés à des fins alimentaires.

Les efforts de baguage pour la plupart des espèces mentionnées ici sont restés relativement constants au fil du temps, à l’exception de l’augmentation des efforts pour plusieurs bécasseaux Calidris qui sont devenus des espèces modèles pour l’étude détaillée de la migration. En effet, 72 % des oiseaux de rivage bagués au Canada entre 1955 et 1995 reprenaient seulement trois espèces : les bécasseaux semipalmés, les bécasseaux d’Alaska et les bécasseaux minuscules — le bécasseau semipalmé représentait 55 % du total à lui seul.

Outre les 1 579 reprises d’oiseaux de rivage bagués au Canada entre 1955 et 1995, ce volume comprend 54 reprises d’oiseaux bagués entre 1921 et 1955, ainsi que 212 autres relevés d’oiseaux bagués entre 1921 et 1995 dans d’autres pays mais repris au Canada. La plupart de ceux-ci représentent des oiseaux bagués aux États-Unis et nous disposons d’enregistrements complets à leur sujet. Il y a également de nombreux échanges entre le Canada et l’Europe. Cependant, et malgré les efforts modestes destinés à obtenir des détails concernant d’autres programmes de baguage, il est probable que certains enregistrements de ce type aient été manqués.

Les oiseaux de rivage nicheurs dans les régions tempérées ont tendance à être des migrateurs de courte distance, mais les nombreuses espèces d’oiseaux nicheurs de l’Arctique font partie des champions de la migration parmi l’ensemble des oiseaux : leurs différentes populations d’oiseaux nicheurs au Canada se déplacent vers des habitats d’hivernage en Amérique latine, en Europe et Afrique du Nord ou en Asie, souvent par des vols transocéaniques. L’étude intensive de la migration des oiseaux de rivage a fait progresser nos connaissances en matière de physiologie, d’énergie et d’orientation de la migration (Harrington et al., 2002). Ces oiseaux ont des adaptations spéciales pour la migration de longue distance, notamment la réduction des organes internes, l’augmentation de la taille des muscles du vol, ainsi que le stockage important de graisses pour permettre un vol extrêmement performant. Les oiseaux de rivage ont aussi tendance à être concentrés dans de petites régions extrêmement productives au cours de leur migration, ce qui les rend vulnérables à la perte d’habitat, et ils traversent les frontières de nombreux pays (même de continents) durant leurs voyages; la coordination des efforts de conservation relève alors du défi.

Comme pour les oiseaux marins, une proportion importante du baguage des oiseaux de rivage a été réalisée par des biologistes gouvernementaux et des chercheurs universitaires, qui travaillent souvent dans des aires de reproduction éloignées ou qui réalisent des études sur des sites de halte migratoire. Néanmoins, certains observatoires d’oiseaux et de bagueurs individuels apparaissent sur les listes des cinq meilleurs bagueurs pour chaque espèce, même si habituellement, ils n’en capturent pas beaucoup, simplement parce que l’effort de baguage a été limité à quelques localités. Avec 29 relevés des espèces répertoriant les cinq meilleurs bagueurs pour chaque espèce, 145 noms potentiels différents étaient susceptibles d’apparaître. Le nombre actuel n’est que de 55 noms, étant donné que plusieurs noms apparaissent sur les listes de plusieurs espèces. En effet, 69 % du baguage des oiseaux de rivage au Canada lors de la période d’étude a été effectué en vertu de quatre permis seulement; R.I.G. Morrison, d’Environnement Canada, était chargé de 34 % du total des baguages. Son nom apparaît en qualité de bagueur numéro un pour dix espèces sur vingt-neuf, avec une cote inférieure pour les neuf autres espèces.

La distance maximale entre l’endroit du baguage et celui de la reprise d’un individu d’une espèce incluse dans ce volume a été atteinte par un bécasseau maubèche qui a parcouru 11 383 km entre son aire de reproduction au Nunavut et un site du sud du Brésil, où il a été repris cinq ans plus tard.

Légèrement en dessous de ce record se trouvait une barge hudsonienne baguée au stade d’oisillon à Churchill, au Manitoba; elle a été repérée un an plus tard à 11 128 km, en Argentine. L’individu le plus âgé parmi l’ensemble de données était un bécasseau minuscule bagué au stade d’oisillon sur l’île de Sable, en Nouvelle-Écosse; quinze ans plus tard, on a découvert qu’il y faisait son nid.

Citer le volume 4 de la façon suivante :

Dunn, E. H., A. D. Brewer, A. W. Diamond, E. J. Woodsworth, et B. T. Collins. 2010. Atlas des oiseaux bagués ou repris au Canada, Volume 4 : Oiseaux de rivage, 1921-1995. Service canadien de la faune, Publication spéciale. Disponible par Environnement Canada.

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