Atlas des oiseaux bagués ou repris au Canada

Survol général – Volume 1 : Pigeons et tourterelles, coulicous, colibris et passereaux,
1921-1995, 2me édition.
(Brewer et al., 2006)

La première édition du Volume 1 était publiée en version papier en 2000, mais c'est maintenant épuisé. La deuxième édition du Volume 1 est une version électronique de l'atlas original qui corrige les erreurs constatées dans la première édition, et qui contient quelques nouveautés. La section « Résumé des statistiques de baguage » indique maintenant le nombre d'oiseaux bagués au Canada (1955-1995) lors de leur année d'éclosion et ceux bagués après leur année d'éclosion. Le « Résumé de baguage » (L'annexe 1 de la première édition) a été réduite et n'indique plus le nombre d'oiseaux observés au cours de chaque décennie. Ces chiffres étaient difficiles à interpréter, car la date à laquelle on déclarait avoir observé l'oiseau ne se trouvait pas toujours dans la même décennie que la date à laquelle on avait réellement observé l'oiseau. L'annexe révisée est maintenant plus facile à lire. Enfin, la deuxième édition est disponible en français et en anglais.

Ce volume prend en considération les 227 espèces de petits oiseaux terrestres qui ont été bagués ou repris au Canada entre 1921 et 1995 (voir liste complète à Recherche par espèces). Parmi ces espèces, 133 font l'objet d'un compte rendu complet. (Il s'agit des espèces pour lesquelles il y a eu au moins une reprise à plus de 100 km du site de baguage.)

En ce qui concerne les 227 espèces dont il est question dans ce volume, 2 502 063 ont été bagués au Canada entre 1955 et 1995. (Les données sur les oiseaux bagués avant 1955 n'ont pas été entrées dans la base de données électronique.) Parmi ces, 11 390 ont été repris plus tard, pour un taux global de reprise de 0,5 p. 100. Le taux de reprise pour chaque espèce variait de moins de 0,1 p. 100 (p. ex. le Roitelet à couronne rubis), à des taux de l'ordre de 3 à 5 p. 100 pour les plus grandes espèces (p. ex. les geais), jusqu'à un maximum de 8 p. 100 dans le cas du Grand Corbeau. Les petits oiseaux sont moins souvent repris, en partie parce qu'ils sont de petite taille (donc plus difficiles à voir), et qu'ils sont rapidement mangés par des prédateurs, mais également à cause du fait que sur les plus petites bagues, l'adresse de retour se trouve à l'intérieur, là où les personnes qui les trouvent n'iront probablement pas voir (Hussell et al. 1993).

Le nombre de petits oiseaux bagués a beaucoup augmenté depuis 1975 (voir Recherche par espèces), surtout pour les oiseaux minuscules (taille de bague de zéro). De ce nombre, plus de 450 000 ont été bagués de 1986 à 1995, par rapport à environ 150 000 de 1966 à 1975. Cette augmentation est grandement attribuable à l'adoption du filet japonais en Amérique du Nord pour attraper les oiseaux, mais correspond probablement aussi au nombre croissant de stations de surveillance des migrations à volume élevé au Canada.

En plus des 11 390 reprises d'oiseaux bagués au Canada entre 1955 et 1995, le présent volume porte sur les reprises d'oiseaux bagués entre 1921 et 1955 - ce qui n'ajoute que 1923 enregistrements (un autre indice de l'augmentation du baguage avec le temps). En plus des 13 313 reprises d'oiseaux bagués au Canada de 1921 à 1995, l'ouvrage comporte aussi 7294 cas d'oiseaux bagués dans d'autres pays, mais repris au Canada durant la même période.

Les cartes géographiques de reprises des oiseaux montrent que les petits oiseaux terrestres migrent sur un front large en suivant à peu près les mêmes voies de migration que la sauvagine (Lincoln, 1935). Les oiseaux migrateurs qui nichent en Colombie-Britannique ont tendance à se déplacer à l'ouest des montagnes Rocheuses et le long de la côte du Pacifique. Les oiseaux forestiers des provinces des Prairies se déplacent selon un axe sud-est/nord-ouest, se dirigeant vers le sud-est des États-Unis à l'automne; les espèces qui habitent en terrain découvert, comme les merles-bleus et les bruants, se dirigent plus au sud. L'Ontario constitue une zone de transition, et les oiseaux ont plus tendance à se déplacer directement du nord au sud, certains migrateurs traversant depuis des aires de reproduction plus à l'ouest vers d'autres plus à l'est. D'après certaines sources, quelques oiseaux migrateurs peuvent adopter des routes différentes au-dessus des Grands Lacs d'une année à l'autre. Les oiseaux du Québec et des Maritimes se déplacent davantage selon un axe sud-ouest/nord-est, en un mouvement généralement parallèle à la côte de l'Atlantique.

Les cartes géographiques relatives au Merle d'Amérique illustrent particulièrement bien ces modèles migratoires types, mais des oiseaux ayant fait l'objet de beaucoup moins de reprises peuvent faire voir les mêmes modèles (p. ex. voir cartes relatives aux autres espèces de grives et à la Paruline flamboyante). Quelques espèces montrent des modèles migratoires quelque peu différents, comme il en est question dans les comptes rendus d'espèces (p. ex. Bruant à couronne blanche, Étourneau sansonnet).

Même si les modèles migratoires globaux des oiseaux chanteurs sont bien illustrés par les reprises de bagues, il est clair qu'il reste encore d'énormes lacunes à combler dans notre connaissance des aires de migration et d'hivernage de certaines populations d'oiseaux nicheurs, même après plus de 75 ans de baguage des oiseaux non gibiers au Canada. Plus de la moitié des 227 espèces comprises dans cet ouvrage ont à leur actif cinq enregistrements de reprise ou moins, et 75 p. 100 en ont moins de 30 (Recherche par espèces). Dans bien des cas, les enregistrements disponibles ne donnent pas de renseignements convenables sur les aires d'hivernage ou les voies de migration pour les espèces dans leur ensemble, sans parler des populations régionales. Seulement 15 p. 100 des espèces comptent plus de 100 enregistrements de reprise.

Dans ce volume, on trouve de nombreux enregistrements d'oiseaux repris à une bonne distance, quelques jours après le baguage, notamment un Bruant à gorge blanche qui avait voyagé 673 km en un seul jour. La distance maximale, inscrite dans cet ouvrage, parcourue par un membre d'une espèce entre le lieu de baguage et celui de la reprise, est de 7764 km. Il s'agit d'une Hirondelle de rivage, baguée en Saskatchewan et reprise six ans plus tard en Bolivie.

Citer le volume 1 de la façon suivante :

Brewer, A. D., A. W. Diamond, E. J. Woodsworth, B. T. Collins, et E. H. Dunn. 2006. Atlas des oiseaux bagués ou repris au Canada, Volume 1 : Pigeons et tourterelles, coulicous, colibris et passereaux, 1921-1995, deuxième édition [en ligne]. Service canadien de la faune, Publication spéciale. Disponible sur Internet par Environnement Canada.