Atlas des oiseaux bagués ou repris au Canada
Survol général
L'essentiel de cette série d'atlas se compose de
comptes rendus sur des espèces individuelles décrivant
des modèles migratoires et faisant un résumé des
données connexes afin de montrer ce qui est disponible
aux fins d'analyses plus poussées. Même si les
comptes rendus peuvent aller d'une seule reprise à
10 000 ou plus par espèce, chacun est présenté dans un
format cohérent tel qu'il est détaillé dans la prochaine
section. Dans le présent document, nous donnons un
bref aperçu du traitement des données et signalons les
limites de nos analyses.
Des comptes rendus complets sont inclus pour les espèces qui ont fait l'objet d'au moins une reprise à
plus de 100 km du site de baguage; les statistiques de baguage concernant les autres espèces baguées ou
reprises au Canada se trouvent à la résumé de baguage. Chaque compte rendu fournit une
ou plusieurs cartes géographiques montrant les modèles migratoires de l'espèce, suivis d'un exposé et d'une
liste de reprises choisies décrites en détail. Chaque compte rendu se termine par un tableau récapitulatif
de renseignements normalisés et une carte géographique montrant la répartition des sites de baguage de cette
espèce au Canada.
Les déplacements ou la survie des espèces qui
ont fait l'objet de 100 reprises ou plus ont souvent été
analysés dans des travaux publiés. Dans ces cas-là,
nous fournissons un précis des résultats des analyses
dans notre exposé (ainsi que quelques références
importantes publiées après 1995, dont des données
provenant du Bureau canadien du baguage des oiseaux
sur la longévité maximale (jusqu'en 2007). Quand il
n'y a pas de documentation sur le sujet, ou très peu,
nous avons essayé de faire ressortir les modèles
migratoires les plus importants relatés dans les rapports
de reprises.
La liste des enregistrements de reprises choisis
qui se trouve dans chaque compte rendu comprend des
exemples de déplacements types, mais comporte aussi
des cas qui intéresseront les bagueurs. Par exemple,
des enregistrements qui font état d'une longévité ou
d'une distance parcourue exceptionnelle pour un
oiseau, des déplacements effectués en dehors de l'aire
de répartition habituelle et certains cas de « migration
inversée ». Il nous faut reconnaître, d'après notre
expérience, que ce sont souvent les reprises
inhabituelles ou spectaculaires qui stimulent l'intérêt
d'un bagueur, et nous espérons que certains des cas
indiqués dans la liste auront cet effet.
La base de données utilisée pour la préparation
de cette série d'atlas comporte tous les enregistrements
d'oiseaux bagués dans le cadre du projet nordaméricain
de baguage, qui ont été : 1) bagués au
Canada et repris au Canada ou ailleurs; 2) bagués
ailleurs (habituellement aux États-Unis, mais quelquesuns
en Amérique centrale ou dans les îles du Pacifique)
et repris au Canada. Au Canada, les reprises d'oiseaux
bagués dans le cadre d'autres projets (surtout dans le
nord-ouest de l'Europe et le Groenland) sont aussi
incluses dans la mesure où des renseignements étaient
disponibles à leur sujet, car de tels enregistrements
enrichissent énormément nos connaissances de la
distribution et des déplacements des oiseaux canadiens
(Tuck, 1971; Dennis, 1981). Avant 1975, les
enregistrements de reprises de ce genre ont été extraits
de rapports de baguage européens et d'autres
publications. Ceux de 1975 à 1995 proviennent en
partie d'ouvrages publiés, mais principalement de la
European Union for Bird Ringing (EURING). Nous
reconnaissons que cet atlas brosse un tableau
incomplet des oiseaux bagués en Europe qui sont
repris au Canada. Au risque, minime soit-il, de causer
un incident diplomatique, nous avons également inclus
dans la série quelques enregistrements sur un territoire
non canadien, soit les îles françaises de Saint-Pierre et
Miquelon (situées au large de la côte sud de Terre-Neuve).
La limite la plus évidente de cette série d'atlas
réside dans le fait qu'elle ne traite que des activités de
baguage et de reprise menées à l'intérieur des
frontières du Canada et dans les eaux au large de ses
côtes. Les dossiers des États-Unis qui ne touchaient
aucun territoire canadien ont dû être mises de côté ne
serait-ce qu’en raison de la quantité de données
existant pour l'Amérique du Nord, quantité
simplement au-dessus de nos moyens de traitement.
(Le projet était déjà bien amorcé longtemps avant le
début de l'ère de l'informatique.) Néanmoins, il nous a
semblé que la base de données canadienne était
suffisamment importante et géographiquement
représentative pour justifier une couverture restreinte.
Nous espérons que cette série d'atlas incitera nos
collègues des États-Unis à collaborer à une évaluation
plus complète des données continentales sur le
baguage et la reprise des oiseaux.
Les données sur le baguage peuvent être
trompeuses si elles ne sont pas interprétées
prudemment avec une compréhension totale des
distorsions et des limites inhérentes. Il existe toujours
de l'incertitude concernant certains enregistrements. La
personne qui enregistre une reprise doit fournir le
chiffre exact se trouvant sur la bague (par lequel on
identifie habituellement l'espèce); toutefois, les
chiffres qui apparaissent sur les bagues peuvent
facilement être mal lus, et les bagues ne sont que très
rarement retournées avec le rapport de reprise. De plus,
la personne qui trouve l'oiseau doit enregistrer
correctement la date et l'endroit, ainsi que d'autres
détails; or, une étude montre que les enregistrements
sont souvent incomplets ou incorrects (Houston et
Francis, 1993). La saisie des données constitue une
autre source fréquente d'erreurs. Étant donné les
compétences nécessaires à l'obtention d'un permis de
baguage, il est moins probable que les bagueurs fassent
des erreurs. Cependant, les occasionnels rapports de
reprise étranges tendent plutôt à s'expliquer par des
erreurs d'identification de l'espèce de la part du
bagueur. De tels cas se produisent, par exemple, quand
il faut baguer des oisillons dans des colonies mixtes
d'espèces de goélands et de sternes.
Même si nous n'avons pas pu vérifier tous les
enregistrements, nous avons examiné les détails des
reprises les plus frappantes. Dans la plupart des cas, il
n'y a pas d'erreurs de saisie de données et rien ne
permet de déterminer si le numéro de bague a été lu
correctement. Il a donc fallu que nous fassions preuve
de jugement pour décider d'inclure ou non certains
enregistrements étranges. Quand un enregistrement
comportait une erreur évidente, nous le rejetions, mais
lorsqu'il subsistait un doute, nous le gardions tout en
prenant soin de signaler sa nature étrange dans le
compte rendu de l'espèce. Les lecteurs devraient
cependant considérer chaque rapport individuel avec
circonspection et accorder plus d'importance aux
modèles migratoires en général. Même si cela a parfois
été décourageant (mais peu surprenant) de voir que des
erreurs s'étaient glissées dans cette grande base de
données, nous sommes convaincus que la valeur
globale de cet ensemble de données justifie notre
travail de synthèse de toutes les données disponibles
pour que le grand public puisse en faire un examen
minutieux.