Dommages à l’infrastructure et aux industries canadiennes

La pollution atmosphérique nuit à notre infrastructure. Les édifices commerciaux et résidentiels, les monuments et beaucoup d’autres biens matériels sont endommagés par la pollution. La réparation de ces dommages coûte de l’argent qui, autrement, serait investi de façon beaucoup plus productive.

Les pluies acides, en accélérant la corrosion de matériaux comme le calcaire, le grès, le mortier et divers métaux, détériorent gravement les édifices anciens, les sculptures extérieures et les monuments. Les pluies acides endommagent la maçonnerie de pierre car elles dissolvent le carbonate de calcium pour ensuite laisser des cristaux dans la pierre à l’évaporation. Ces cristaux, en prenant du volume, font fendre la pierre.

Ces dommages sont un important problème pour les structures et les monuments historiques, qui sont parfois très coûteux à réparer ou à protéger. L’Institut canadien de conservation et le U.S. National Center for the Preservation of Technology and Training mettent au point des méthodes innovatrices de restauration et de protection des structures et des monuments historiques.

La pollution atmosphérique a également un coût pour les propriétaires de biens-fonds. Les pluies acides, en dissolvant la peinture et en détériorant les parements d’aluminium, nuisent à l’apparence des maisons, et c’est pourquoi il faut faire des réparations plus rapidement et repeindre plus souvent. En outre, les poussières transportées dans l’air salissent les édifices, donc les propriétaires doivent dépenser plus d’argent en nettoyage.

La pollution atmosphérique nuit également à l’agriculture et aux forêts. Par exemple, au Canada atlantique, les pluies acides ont entraîné une perte d’éléments nutritifs dans les sols, ce qui a entravé la croissance des arbres. Au rythme où vont les choses, plus de un demi-million de mètres cubes de bois ne seront pas récoltés dans les forêts du Canada atlantique à cause du manque d’éléments nutritifs et de la croissance ralentie des arbres. Au prix du marché, cette perte s’élèverait à des centaines de millions de dollars. Si l’on considère la teneur en éléments nutritifs des sols et les taux d’acidification dans le centre du Canada, il se peut que des millions de mètres cubes de bois soient perdus en Ontario et au Québec chaque année, quoique les données permettant de vérifier cette supposition ne sont pas encore disponibles.   

L’ozone troposphérique endommage les forêts et de nombreuses cultures vivrières. L’impact de l’ozone sur les forêts n’est pas encore totalement connu, mais les impacts sur l’agriculture sont bien documentés, et l’on sait qu’ils coûtent aux agriculteurs canadiens des millions de dollars en pertes de production et en suppléments de fertilisation.

Le tourisme et la pêche commerciale sont d’autres industries qui subissent les effets de la pollution atmosphérique. Au Canada, le tourisme est une industrie importante, et une grande partie de l’industrie touristique canadienne dépend de l’environnement. En 1996, les Canadiens ont dépensé plus de 11milliards de dollars pour prendre part à des activités liées à la nature. Mais il est difficile d’admirer le panorama, d’observer la faune et de simplement apprécier la nature si l’air est chargé de smog. Quant aux pluies acides, elles sont susceptibles de réduire les stocks de poissons, ce qui peut entraîner des conséquences graves pour la pêche sportive et la pêche commerciale, cette dernière étant une industrie de plusieurs milliards de dollars par année au Canada.  

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