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Évaluation du programme du Défi d’une tonne

Juillet 2006

Étapes d’approbation du rapport

Démarrage du projet Juillet 2005
Achèvement de la phase de planification Octobre 2005
Achèvement du rapport 26 mai 2006
Approbation du rapport par le Comité ministériel de la vérification et de l’évaluation (CMVE) 6 juillet 2006

Sigles utilisés dans le rapport

AMAutres ministères
CCChangements climatiques
CCDECadre pour la compétitivité et la durabilité de l’environnement
CEDDCommissaire à l’environnement et au développement durable
CGRRCadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats
CMVEComité ministériel de la vérification et de l’évaluation
DGDirecteur général
DUTDéfi d’une tonne
ECEnvironnement Canada
ENPEnveloppe des nouvelles possibilités
FACCFonds d’action pour le changement climatique
GCGouvernement du Canada
GESGaz à effet de serre
LFCLampe fluorescente compacte
MtMégatonne
OEEOffice de l’efficacité énergétique
OPPPlan de projet axé sur les résultats
PEProtocole d’entente
PPEREAProjet pilote d’élimination et de réduction des émissions et d’apprentissage
RNCanRessources naturelles Canada
SCTSecrétariat du Conseil du Trésor
SPSensibilisation du public
TCTransports Canada

Remerciements

L’Équipe du projet d’évaluation, qui réunissait Shelley Tice (Environnement Canada), Robert Tkaczyk (Environnement Canada) et Marc Bennett (Ressources naturelles Canada), sous la direction de Marie-Christine Tremblay (Environnement Canada), remercie toutes les personnes qui ont collaboré à ce projet, particulièrement celles qui se sont prêtées à des entrevues, ainsi que les membres du comité d’évaluation et les cadres supérieurs de la Direction générale de la vérification et de l’évaluation, dont les idées et les commentaires ont joué un rôle décisif dans cette évaluation.

RÉSUMÉ

Tel que défini dans le Plan ministériel de vérification et d’évaluation 2005-2006 à 2007-2008, une évaluation du programme du Défi d’une tonne (DUT) a été réalisée[1]. Le principal objectif de cette évaluation formative était d’évaluer les progrès accomplis par le DUT en vue d’inciter les Canadiens à agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) qu’ils produisent. Puisque l’éducation et la mobilisation constituent des leviers clés pour atteindre un certain nombre de résultats environnementaux pour les Canadiens, l’évaluation a aussi fait la lumière sur les défis que soulève la poursuite d'un objectif environnemental par l’entremise d’un programme d’éducation du public.

Ce rapport présente les constatations et les leçons tirées de l’évaluation réalisée conjointement par les équipes d’évaluation d’Environnement Canada (EC) et de Ressources naturelles Canada (RNCan). On remarquera que le 13 avril 2006, le ministre de RNCan, dans un communiqué de presse public intitulé « Mise en place d’un programme spécifiquement canadien », a confirmé la décision du gouvernement du Canada de modifier son approche à l’égard du programme du DUT. C’est pourquoi nous ne formulons aucune recommandation quant au programme, si ce n’est de relever les leçons apprises susceptibles de s’appliquer à la conception de tout programme futur pertinent.

Par l’entremise de la sensibilisation du public (c.-à-d. une initiative de marketing nationale et des partenariats avec des secteurs clés de la société canadienne), le programme du DUT a invité tous les Canadiens à réduire les émissions de GES qu’ils produisent et donc à faire leur part pour atteindre les objectifs du Canada en matière de changements climatiques. Plus précisément, le programme du DUT a mis au défi chaque Canadien de réduire ses émissions annuelles de GES d’une tonne, en moyenne, soit environ 20 %; pour ce faire, il encourageait la population à consommer moins d’énergie et de ressources dans ses activités quotidiennes, en tenant compte de l’efficacité énergétique et des économies d’énergie dans les décisions relatives aux achats, à l’utilisation et au mode de vie.

L’évaluation a porté sur les quatre questions d’évaluation suivantes :

  1. Pertinence : Le DUT répondait-il à de réels besoins?
  2. Réussite: Le DUT était-il sur la bonne voie pour obtenir les résultats en matière de sensibilisation du public (c.-à-d. la sensibilisation, la compréhension et l’appui au Défi) et jouissait-il d’un potentiel d’atteindre le résultat ultime souhaité, à savoir inciter les Canadiens à prendre des mesures pour réduire leurs émissions annuelles de GES.
  3. Conception et exécution : Dans quelle mesure le DUT était-il conçu et exécuté de la meilleure façon possible?
  4. Rentabilité : Utilisait-on les moyens les plus appropriés et efficaces pour obtenir les résultats?

Conformément aux pratiques exemplaires, l’approche utilisée par l’évaluation a comporté le recours à de multiples voies d’enquête, y compris un examen des documents, des entrevues avec des répondants clés, un examen des résultats de sondages pertinents, et une analyse des liens entre le DUT et d’autres programmes.

Voici  les constatations sommaires de ce rapport, pour chacune des questions d’évaluation.

Pertinence

L’évaluation a constaté que les programmes de sensibilisation du public comme le DUT étaient pertinents. De tels programmes répondent au besoin des Canadiens d’obtenir de meilleurs renseignements sur le problème des changements climatiques afin de pouvoir prendre des décisions éclairées au sujet de leur utilisation de l’énergie et des ressources dans leurs activités quotidiennes. Des programmes comme le DUT sont aussi pertinents puisque le phénomène des changements climatiques présente des défis uniques lorsque vient le temps d’en faire une priorité d’action à l’échelon individuel. Le fait que les citoyens canadiens soient responsables d’environ 30 % des émissions de GES du Canada fait de la population un élément clé de la lutte du Canada contre les changements climatiques. Les moyens d’éducation du public ont aussi un rôle à jouer pour stimuler la demande des consommateurs pour de nouveaux produits plus éconergétiques. À cet égard, un programme comme le DUT contribue directement à cette transformation du marché qui s’impose pour atteindre comme il se doit les buts à court et à long terme du Canada en matière de changements climatiques.

 

Réussite

On a constaté que le DUT était sur la bonne voie pour atteindre ses résultats en matière de sensibilisation du public. Le niveau de sensibilisation au DUT a considérablement augmenté de 2004 à 2005. Les citoyens du Canada savaient, dans l’ensemble, que le DUT était un programme visant à réduire les émissions et/ou la consommation d’énergie et ils l’appuyaient, notamment en exprimant leur volonté de prendre des mesures personnelles pour réduire les émissions de GES. On ignore toutefois dans quelle mesure le programme était sur la bonne voie pour atteindre sa cible de réduction des émissions. L’évaluation a constaté que le programme était aux prises avec un certain nombre de problèmes de mesure qui entravaient sa capacité de livrer des réductions des émissions de GES claires et attribuables. En outre, l’évaluation a aussi constaté qu’une majorité de Canadiens croient qu’il sera difficile de relever personnellement un tel défi. Cette difficulté perçue demeure plus évidente chez les Canadiens qui émettent relativement plus de GES. Les principaux obstacles à l’action comprennent le faible niveau d’intérêt/de préoccupation, le manque d’information au sujet des moyens à prendre pour réduire les émissions et la perception voulant que le Défi soit trop peu pratique ou qu’il prenne trop de temps.

Conception et exécution

Bien que le DUT ait été bien conçu et exécuté pour atteindre ses résultats en matière d’éducation publique, l’évaluation a relevé un certain nombre d’occasions ratées concernant les partenariats et l’intégration. Plus précisément, les données ont révélé un besoin :

  • de redéfinir certains partenariats et/ou de mieux définir leurs rôles;
  • de compléter les activités du DUT par l’ajout de certains outils (p. ex. encouragements, règlements) susceptibles d’offrir des incitatifs supplémentaires à l’adoption de mesures de réduction des émissions de GES;
  • d’intégrer de manière uniforme les efforts déployés en matière de diffusion de messages avec d’autres programmes/initiatives clés connexes, notamment à l’échelon provincial et territorial.

Rentabilité

Les données ont aussi indiqué que le fait de compléter des activités analogues à celles du DUT par des outils supplémentaires (p. ex. instruments économiques, règlements) améliorerait la rentabilité d’un tel programme, surtout à la lumière de son but de réduction des émissions. Les défis uniques à relever pour faire passer les Canadiens de la sensibilisation à des interventions de réduction des émissions de GES, les leçons tirées d’initiatives analogues de changement du comportement dans le domaine de la lutte contre le tabagisme et les recommandations courantes de l’OCDE sur l’utilisation plus généralisée des instruments économiques, de concert avec d’autres instruments (p. ex. l’éducation du public, les règlements) ont été d’autres raisons invoquées en appui au besoin de recourir à des outils supplémentaires pour améliorer la rentabilité.

Conclusions et leçons apprises

Compte tenu de ces constatations, l’évaluation a conclu qu’afin de réaliser des réductions des émissions de GES, les programmes nationaux de sensibilisation du public (SP) comme le DUT doivent être complétés par des outils supplémentaires (p. ex. des instruments économiques, des règlements) pour aider les Canadiens à réduire les émissions de GES qu’ils produisent. En choisissant de tels outils à l’avenir, on devrait examiner attentivement, par exemple, comment ils pourraient : accroître la portée auprès du public cible, stimuler la demande de nouveaux produits de réduction des émissions de GES, et créer des synergies avec les initiatives pertinentes, incluant celles utilisées et élaborées à l’échelon provincial et territorial.

En outre, il faudrait diffuser des messages cohérents et intégrés étant donné l’existence d’autres initiatives connexes, notamment à l’échelon provincial et territorial. À cette fin, les messages nationaux d’éducation publique concernant les changements climatiques devraient tenir davantage compte d’autres importants facteurs de motivation (p. ex. les économies d’énergie et d’argent, l’environnement en général) qui sous-tendent de nombreuses entreprises connexes.

Réponse de la gestion

Les apprentissages de cette évaluation seront pris en compte dans la conception de tout programme futur pertinent.


 



[1]Des évaluations de deux autres programmes de lutte contre les changements climatiques, à savoir le Projet pilote d’élimination et de réduction des émissions et d’apprentissage (PPEREA) et l’Enveloppe des nouvelles possibilités (ENP), ont aussi été réalisées. Les trois programmes relatifs aux changements climatiques ont été retenus à des fins d’évaluation en raison du rôle de premier plan qu’a joué Environnement Canada (EC) dans leur élaboration et leur mise en œuvre générales, de leur contribution à la poursuite par le Ministère de ses priorités plus générales, c’est-à-dire favoriser une collaboration intergouvernementale, permettre une saine prise de décisions et habiliter les citoyens à prendre des décisions éclairées et de la nécessité de répondre à des questions et des risques spécifiques aux programmes.

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