Déplacements saisonniers des Eiders à duvet du Pacifique nichant dans l’Arctique canadien

photo couverture de la publication

À l’aide d’émetteurs satellites greffés sur des Eiders à duvet du Pacifique (Somateria mollissima v-nigrum) présents dans un même site, au centre de l’Arctique canadien, on a suivi les déplacements de ces canards à l’année afin de déterminer leurs voies de migration, le calendrier de leurs déplacements et l’emplacement de leurs haltes migratoires et de leurs aires de mue et d’hivernage. Les mâles ont quitté la colonie de nidification durant la deuxième semaine de juillet, à savoir environ une semaine après la date médiane du début de l’incubation. Deux tiers des mâles sont demeurés dans l’Arctique canadien pour muer, principalement à la limite de Bathurst Inlet, dans le détroit de Dolphin et Union et au large du cap Parry, tandis que les autres ont mué plus près de l’aire d’hivernage, surtout dans la baie de Kolyuchin, dans le nord de la Russie. Les femelles sont demeurées dans la colonie de nidification jusqu’à l’éclosion des œufs, puis sont parties muer dans les eaux marines, à moins de 45 km de la colonie. Les mâles qui avaient mué au Canada ont amorcé leur migration automnale au début d’octobre, tandis que les femelles sont parties environ 2 semaines plus tard. La migration automnale au-dessus de la mer de Beaufort et de la mer des Tchouktches a duré en moyenne (± écart type) 11 ± 4 jours; aucun des Eiders n’a fait escale avant d’avoir atteint la presqu’île de Tchoukotka, dans le nord de la mer de Béring. À une exception près, tous les Eiders ont hiverné dans les polynies et les chenaux de séparation au large de la côte sud-est de la presqu’île de Tchoukotka et de l’île St. Lawrence; il est probable que l’Eider qui n’a pas suivi ait hiverné au nord de l’île Nunivak, en Alaska. La migration printanière des oiseaux à destination d’aires de nidification en Amérique du Nord a duré 2,4 ± 0,7 mois. Sur la voie de migration printanière, on a répertorié 4 haltes migratoires principales : au large de la presqu’île de Tchoukotka, juste au nord de l’aire d’hivernage; dans l’est de la mer des Tchouktches; dans le sud-est de la mer de Beaufort; et dans le chenal Lambert, dans le détroit de Dolphin et Union. Les Eiders ont atteint l’aire de nidification à la mi-juin. La deuxième année, toutes les femelles sont retournées à une distance de moins de 2 km du site de nidification qu’elles avaient utilisé l’année précédente (n = 7). Les mâles, par contre, se sont dispersés dans leur aire de nidification, du nord-est de la Russie au centre de l’Arctique canadien. Dans l’hypothèse selon laquelle chaque mâle suit une femelle jusqu’à son aire de nidification, on peut supposer que la dispersion des mâles lors de la deuxième saison de reproduction signifie que les Eiders à duvet du Pacifique qui proviennent de l’est de l’Arctique russe, du nord de l’Alaska et de l’ouest de l’Arctique canadien font tous partie de la population qui hiverne dans le nord de la mer de Béring. Toutes les femelles (n = 4), plus les mâles qui sont retournés au Canada pour se reproduire la deuxième année (n = 3), ont mué à une distance de moins de 24 km de l’aire de mue choisie l’année précédente. Cependant, deux mâles qui se sont reproduits en Russie la deuxième année sont demeurés en Russie, donc dans une région totalement différente, pour muer. Tous les Eiders ont hiverné plus ou moins au même endroit, et ce deux années consécutives (n = 5). Étant donné leur tendance à se rassembler en groupes imposants dans quelques lieux précis, surtout durant la migration printanière et l’hiver, les Eiders à duvet du Pacifique sont vulnérables aux changements que subit leur environnement, notamment par suite de déversements de pétrole ou de modification des conditions de glace causée par les changements climatiques.

Formats disponibles :

HTML / PDF 1,14 Mo

Environnement Canada produit une grande variété de publications de différents formats électroniques et imprimés. Certains formats peuvent ne pas être accessibles pour des lecteurs d'écran. Des médias substituts accessibles sont disponibles sur demande. Veuillez communiquer avec enviroinfo@ec.gc.ca

Auteur : Environnement Canada

Langue du document : anglais/français séparé

Type de document : Rapport

N° de catalogue : CW69-5/521F

ISBN : 978-1-100-98827-6

Taille : 21,6x28 cm

Pages : 97

Année : 2012