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Rapport sur la caractérisation du bassin atmosphérique de Georgia Basin-Puget Sound 2014

14. Incidences d’une mauvaise qualité de l’air sur la santé et l’économie

Jim Vanderwal, Amy Greenwood, Narissa Chadwick (Conseil du bassin du Fraser), Tracey Parker (Environnement Canada), Patti Dods (Santé Canada) et Rita So (Environnement Canada)

De nombreuses incidences sur la santé et l’environnement sont associées à une mauvaise qualité de l’air. Le présent chapitre présente un résumé de ces incidences et des études et des documents qui ont examiné ces incidences dans le bassin atmosphérique de Georgia Basin/Puget Sound. Les valeurs monétaires sont présentées à titre d’exemple et ne caractérisent pas de façon exhaustive les coûts économiques totaux de la pollution atmosphérique ni la valeur des biens et services écologiques touchés dans la région de Georgia Basin/Puget Sound. De plus, les valeurs monétaires ne doivent pas être regroupées, car les délais et les paramètres peuvent différer.

Il convient de noter qu’en raison de la rareté des renseignements à ce sujet, la plupart des renseignements du côté canadien de la frontière sont propres à la région du Grand Vancouver et au district régional de la vallée du Fraser (DRVF). Bien que ces deux régions ne représentent que 9 % de la zone géographique de Georgia Basin, elles abritent un grand pourcentage de sa population. Du côté américain de la frontière, la majorité des renseignements disponibles sont propres à l’État de Washington.

14.1 Incidences d’une mauvaise qualité de l’air sur la santé

Bien que la qualité de l’air dans le bassin atmosphérique de Georgia Basin/Puget Sound semble être relativement bonne en comparaison avec d’autres régions urbaines en Amérique du Nord, on a découvert que les niveaux actuels de pollution atmosphérique ont des incidences mesurables sur la santé (Karr et al., 2009; MacIntyre et al., 2011). Le tableau 14.1 résume les effets sur la santé de chacun des polluants atmosphériques et des mélanges aux niveaux ambiants actuels d’exposition.

Les polluants atmosphériques affectent la santé humaine de différentes façons, allant des symptômes respiratoires à la mort. Les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes et les personnes atteintes de maladies chroniques figurent parmi les personnes le plus à risque. Pour les polluants tels que l’ozone et les matières particulaires fines, il n’existe aucun seuil inférieur connu pour les incidences sur la santé humaine. Par conséquent, la gestion des niveaux de polluants atmosphériques implique de prendre des décisions qui minimisent, mais qui n’éliminent pas nécessairement, les risques pour la santé.

La section 14.1.1 présentera les conclusions d’études sur les incidences de la pollution atmosphérique sur la santé qui ont été menées dans le cadre de la Stratégie sur la qualité de l’air transfrontalier. Les sections 14.1.2 et 14.1.3 traiteront ensuite des effets cancérogènes et non cancérogènes sur la santé, d’après d’autres études empiriques.

Tableau 14.1 Résumé des effets de chacun des polluants atmosphériques et des mélanges aux niveaux ambiants actuels d’exposition
(adapté de la British Columbia Lung Association, 2003).
PolluantEffets aigusEffets chroniquesRéférence
Matières particulairesAugmentation des symptômes respiratoires comme une irritation des voies respiratoires, la toux ou des difficultés respiratoires
Aggravation de l’asthme
Arythmie
Crises cardiaques non fatales
Augmentation des visites à l’urgence et des admissions à l’hôpital pour des troubles cardiovasculaires
Réduction de la fonction pulmonaire
Augmentation de la mortalité causée par des problèmes cardiovasculaires
Augmentation des symptômes respiratoires et développement de l’asthme
Augmentation de la mortalité causée par le cancer du poumon
Développement de bronchite chronique
Environmental Protection Agency des États-Unis, 2012a;
Environmental Protection Agency des États-Unis, 2009
Émissions de moteurs dieselIrritation aiguë (p. ex. irritation des yeux, de la gorge, des bronches)
Symptômes neurophysiologiques (p. ex. étourdissements, nausées)
Symptômes respiratoires tels que la toux ou des mucosités
Exacerbation de la réaction aux allergènes connus et des symptômes semblables à l’asthme
Augmentation des risques de cancer du poumon
Effets respiratoires indésirables non cancéreux
Environmental Protection Agency des États-Unis, 2002
Fumée de bois 1Augmentation des admissions à l’hôpital pour des troubles respiratoires (p. ex. bronchiolite, maladies pulmonaires obstructives chroniques);
Augmentation des infections de l’oreille moyenne chez les enfants (moins de 2 ans).
 MacIntyre et al., 2011; Karr et al., 2009; Clark et al., 2010
OzoneSusceptibilité des poumons aux infections
Aggravation des maladies pulmonaires telles que l’asthme, l’emphysème et la bronchite chronique
Réductions aiguës réversibles de la fonction pulmonaire chez les adultes et les enfants en bonne santé
Augmentation des symptômes respiratoires (p. ex. toux, respiration sifflante, production de mucosité et essoufflement) chez les enfants souffrant d’asthme
Augmentation des effets de morbidité respiratoire
Dommages permanents aux poumons
Augmentation du risque de décès prématuré attribuable à des maladies cardiovasculaires ou pulmonaires
Réduction de la croissance de la fonction pulmonaire chez les enfants
Environmental Protection Agency des États-Unis, 2012b;
Environmental Protection Agency des États-Unis, 2006
Sulfates et nitrates dans les aérosolsDiminution de la fonction pulmonaire dans les adolescents qui souffrent d’asthme Bates et Caton, 2002
Aérosols acidesDétérioration de la clairance mucociliaire et changements modestes de la fonction pulmonaire
Aggravation de l’asthme
Augmentation de la prévalence de bronchite chez les enfants
Possibles effets nocifs sur la croissance, le développement et la fonction pulmonaires chez les enfantsWyzga et Folinsbee, 1995; Dockery et al., 1996; Raizenne et al., 1996.
Dioxyde de soufreEffets respiratoires nocifs, notamment des symptômes accrus d’asthme et de bronchoconstriction
Aggravation des maladies cardiaques existantes
Développement ou aggravation de maladies respiratoires, telles que l’emphysème et la bronchite
Augmentation des symptômes respiratoires chez les enfants, en particulier ceux qui souffrent d’asthme ou de symptômes respiratoires chroniques
Augmentation des visites à l’urgence et des admissions à l’hôpital dues à des maladies respiratoires, en particulier dans les populations à risque
Preuves contradictoires ou limitées des effets nocifs sur la santéEnvironmental Protection Agency des États-Unis, 2012c
Environmental Protection Agency des États-Unis, 2008a
Dioxyde d’azoteIrritation de la muqueuse des yeux, du nez, de la gorge et des voies respiratoires
Augmentation de la réactivité des bronches chez certaines personnes souffrant d’asthme
Diminution de la fonction pulmonaire chez les patients atteints de maladies pulmonaires obstructives chroniques
Augmentation des visites à l’urgence et des admissions à l’hôpital pour des troubles respiratoires
Risque accru d’infections respiratoires chez les enfants
Réductions observées dans la croissance de la fonction pulmonaire
Environnemental Protection Agency des États-Unis, 2012d;
Environnemental Protection Agency des États-Unis, 2008b
Monoxyde de carboneAugmentation du taux de morbidité et de mortalité cardiovasculaire
Augmentation de l’ischémie cardiaque
Augmentation des naissances prématurées et des anomalies cardiaques congénitales
Lien possible avec le poids insuffisant à la naissance, la diminution de la croissance du fœtus et la mortalité infantile
Environnemental Protection Agency des États-Unis, 2010a
Sulfure d’hydrogèneSystème nerveux central et symptômes respiratoires
Irritation oculaire
Développement de symptômes neurologiques comme la fatigue, la perte d’appétit, l’irritabilité, un déficit mnésique, des changements d’humeur, des maux de tête et des étourdissements
Augmentation des infections respiratoires
Bates et Caton, 2002; Parti-Pellinen et al., 1996; Legator et al., 2001

Remarques : 1 en plus des effets des particules

Description du tableau 14.1

Le tableau 14.1 présente les effets sur la santé des polluants atmosphériques individuels et des mélanges.

La première rangée contient les en-têtes « Polluant », « Effets aigus », « Effets chroniques », et « Référence ». La première colonne énumère le polluant étudié. Les voici :

  • Matières particulaires
  • Émissions de moteurs diesel
  • Fumée de bois (en plus des effets des particules)
  • Ozone
  • Sulfates et nitrates dans les aérosols
  • Aérosols acides
  • Dioxyde de soufre
  • Dioxyde d'azote
  • Monoxyde de carbone
  • Sulfure d'hydrogène

La deuxième colonne énumère les effets aigus sur la santé de chaque polluant. La troisième colonne énumère les effets chroniques sur la santé de chaque polluant. La dernière colonne indique les références.

 

Figure 14.1 Hiérarchie des effets de la pollution atmosphérique (Bates et al., 2002).

Figure 14.1 Hiérarchie des effets de la pollution atmosphérique (Bates et al., 2002). (Voir la description ci-dessous)

Description de la figure 14.1

La figure 14.1 est un schéma illustrant un triangle dans lequel est écrite une liste des effets de la pollution atmosphérique. Le long de la base du triangle se trouve une flèche à deux pointes avec une note indiquant un nombre accru de cas pour les effets près du bas du triangle. Le long du côté droit du triangle se trouve une flèche pointant vers le haut avec une note qui indique l'augmentation de la gravité des effets, du bas vers le haut. Voici la liste des effets, à partir du bas :

  • Symptômes respiratoires aigus
  • Jours de symptômes d'asthme
  • Jours d'activité restreinte
  • Bronchite chez les enfants
  • Bronchite chronique
  • Visites à l'urgence
  • Admissions à l'hôpital
  • Décès prématurés

 

14.1.1 Étude de la Stratégie sur la qualité de l’air transfrontalier

Une initiative menée récemment dans le bassin atmosphérique de Georgia Basin/Puget Sound, la Stratégie sur la qualité de l’air transfrontalier du gouvernement du Canada, a donné lieu à de nouveaux projets de recherche visant à évaluer l’exposition individuelle à une mauvaise qualité de l’air et les répercussions sur la santé, spécifiquement pour le bassin atmosphérique de Georgia Basin/Puget Sound. L’étude de la Stratégie sur la qualité de l’air transfrontalier a été créée pour étudier les incidences de la pollution atmosphérique transfrontalière sur la santé humaine et pour faciliter l’élaboration d’un cadre de gestion coordonnée du bassin atmosphérique. L’objectif de ces projets de recherche consistait à mieux connaître et comprendre les liens qui existent entre l’exposition accrue à de nombreux polluants atmosphériques et le risque accru d’issues indésirables de la grossesse, de maladies respiratoires chez les enfants et de maladies cardiovasculaires chez l’adulte. Contrairement à d’autres études, l’étude de la Stratégie sur la qualité de l’air transfrontalier a profité de la forte population dans le bassin atmosphérique pour examiner les effets relatifs des régions fort polluées, les effets sur la santé chez les sous-populations et les incidences subtiles sur la santé dans les régions présentant des niveaux de pollution atmosphérique ambiante relativement faibles. Ces derniers effets étaient peut-être indiscernables dans les petites études. Les résultats de ces études ont mis en évidence la possibilité d’atténuer les effets néfastes sur la santé grâce à la prise en compte de la circulation et de la proximité aux autoroutes pendant l’aménagement urbain, ainsi que des stratégies pour réduire les émissions provenant de la combustion résidentielle du bois. En étant une grande étude basée sur la population, les résultats de cette étude peuvent être étendus pour l’ensemble de la population dans la région de Georgia Basin/Puget Sound.

Un résumé des résultats de recherche de l’étude de la Stratégie sur la qualité de l’air transfrontalier est présenté dans le tableau 14.2. Les méthodologies et les résultats des projets de recherche individuels sont examinés plus en détail ci-dessous, en fonction des effets sur la santé.

Tableau 14.2 Résumé des résultats de recherche de l’étude de la Stratégie
sur la qualité de l’air transfrontalier de Georgia Basin/Puget Sound.
Polluant atmosphériqueEffet sur la santéPopulation à l’étudeRéférence
Polluants liés à la circulationIssues de la grossesseFemmes enceintes, nourrissons
(70 249 accouchements simples)
Brauer et al., 2008
Polluants liés à la circulationDéveloppement de l’asthmeJeunes enfants
(37 401 enfants)
Clark et al., 2010
Polluants liés à la circulation, fumée de boisBronchioliteJeunes enfants
(11 675 nourrissons)
Karr et al., 2009
Polluants liés à la circulation, fumée de boisOtite moyenneJeunes enfants
(45 513 enfants)
MacIntyre et al., 2011
Polluants liés à la circulationMortalité causée par la coronaropathieAdultes
(414 793 résidents,
entre 45 et 85 ans)
Gan et al., 2010
Gan et al., 2011
Description du tableau 14.2

Le tableau 14.2 présente un résumé des résultats de recherche de l'étude de la Stratégie sur la qualité de l'air transfrontalier du bassin de Georgia/Puget Sound.

La première rangée contient les en-têtes « Polluant atmosphérique », « Répercussion sur la santé », « Population à l'étude », et « Référence ». La première colonne répertorie le polluant étudié, qui se situe dans deux grandes catégories : Polluants liés à la circulation; et Polluants liés à la circulation et fumée de bois. La deuxième colonne présente l'effet sur la santé de ces polluants. La troisième colonne indique la population à l'étude, et la quatrième colonne donne les références.

Les polluants liés à la circulation ont des effets sur la santé par rapport à l'issue de la grossesse pour une population à l'étude composée de femmes enceintes et de nourrissons (70 249 accouchements simples) (Brauer et al., 2008). Les polluants liés à la circulation ont des effets sur la santé par rapport au développement de l'asthme pour une population à l'étude composée de jeunes enfants (37 401 enfants) (Clark et al., 2010). Les polluants liés à la circulation ont des effets sur la santé par rapport à la mortalité causée par la coronaropathie pour une population à l'étude composée d'adultes (414 793 résidents, entre 45 et 85 ans) (Gan et al., 2010 et Gan et al., 2011). Les polluants liés à la circulation et la fumée de bois ont des effets sur la santé par rapport à la bronchiolite pour une population à l'étude composée de jeunes enfants (11 675 nourrissons) (Karr et al., 2009). Les polluants liés à la circulation et la fumée de bois ont des effets sur la santé par rapport aux otites moyennes pour une population à l'étude composée de jeunes enfants (45 513 enfants) (MacIntyre et al., 2011).

 

Issues indésirables de la grossesse

Dans une grande étude basée sur la population et menée par Brauer et al. (2008), on a examiné les effets de l’exposition à la pollution atmosphérique urbaine sur les issues de grossesse en utilisant une cohorte de naissance dans la région métropolitaine de Vancouver. Les chercheurs ont étudié les incidences, au niveau individuel, des expositions à la pollution atmosphérique en milieu urbain, notamment en ce qui a trait au faible poids à la naissance pour l’âge gestationnel, au faible poids à la naissance pour une grossesse à terme et aux naissances prématurées. L’exposition à la pollution atmosphérique pour chaque membre de la cohorte a été attribuée à l’aide des méthodes de surveillance et de régression de l’utilisation des terres (en utilisant des approches de surveillance de proximité et de pondération inversement proportionnelle). Les résultats des études ont démontré qu’une augmentation du nombre de grossesses à terme ayant un faible poids à la naissance et une augmentation du nombre de naissances prématurées étaient associées à une mauvaise qualité de l’air. Résider à moins de 50 m des autoroutes était associé à une augmentation de 26 % du nombre de grossesses ayant un faible poids à la naissance pour l’âge gestationnel ainsi qu’à une augmentation de 11 % du nombre de grossesses à terme ayant un faible poids à la naissance. Les grossesses ayant un faible poids à la naissance pour l’âge gestationnel ont été associées à une exposition accrue à tous les polluants à l’exception de l’O3. Les MP2,5étaient associées à des naissances prématurées dans le cas des naissances ayant une période de gestation de moins de 37 semaines (et pour les autres polluants, moins de 30 semaines). Les résultats n’ont pas montré de périodes d’exposition spécifiques au cours de la grossesse qui étaient de plus ou de moins grande pertinence en ce qui concerne les grossesses ayant un faible poids à la naissance pour l’âge gestationnel ou les naissances prématurées.

Asthme

Bien que la pollution atmosphérique soit reconnue comme étant un facteur qui influence la gravité de l’asthme et qui peut en déclencher des symptômes, on connaît peu de choses quant au rôle que joue la pollution atmosphérique dans le développement de cette maladie. Une étude basée sur la population, menée par Clark et al. (2010), a examiné les effets de l’exposition à la pollution atmosphérique in utero, ainsi que durant la première année de vie, sur le risque de diagnostiquer l’asthme chez les enfants jusqu’à l’âge de 3 ou 4 ans. L’exposition à la pollution atmosphérique pour chaque sujet à son domicile a été estimée en fonction des données de surveillance, de la régression de l’utilisation des terres et de la proximité des sources fixes de pollution. Les diagnostics d’asthme ont été identifiés par l’entremise des dossiers de facturation des médecins et des dossiers de congés des hôpitaux. Les résultats de cette étude indiquent que l’exposition à la pollution atmosphérique in utero et au cours de la première année de vie peut jouer un rôle dans le développement de l’asthme chez les enfants. Les enfants asthmatiques subissaient des expositions moyennes plus élevées au NO, au NO2, au CO, aux MP10, au carbone noir, au SO2 et aux sources ponctuelles que les enfants qui n’étaient pas asthmatiques. Une augmentation statistiquement importante du risque de diagnostiquer l’asthme en cas d’exposition dès la naissance au CO, au NO, au NO2, aux MP10, au SO2, au carbone noir et aux sources ponctuelles a été démontrée. Les polluants liés à la circulation étaient associés au risque le plus élevé de développement de cette maladie.

Bronchiolite

Une autre étude a examiné le rôle de la pollution atmosphérique ambiante sur la bronchiolite infantile dans le bassin atmosphérique de Georgia Basin (Karr et al., 2009). La cohorte basée sur la population était composée de tous les enfants nés d’accouchements simples entre 1999 et 2002 dans le bassin atmosphérique de Georgia Basin. Les nourrissons étaient définis comme ayant la bronchiolite s’ils avaient fait l’objet d’une consultation clinique pour la bronchiolite entre le deuxième et douzième mois de leur vie. L’exposition aux polluants liés à la circulation a été mesurée à l’aide de multiples méthodes, y compris la surveillance ambiante, les modèles de régression de l’utilisation des terres basés sur la circulation et la proximité aux autoroutes. Les résultats de cette étude indiquent que l’augmentation de l’exposition au NO2, au NO, au SO2 et au CO, l’augmentation des jours d’exposition à la fumée de bois, ainsi que les émissions de sources ponctuelles, étaient associées à un risque accru de bronchiolite. Ces liens indiquent que la pollution atmosphérique ambiante pourrait augmenter la bronchiolite infantile nécessitant des soins médicaux, même à des niveaux de pollution jugés sécuritaires par les normes de réglementation.

Otite moyenne

L’otite moyenne est une infection de l’oreille moyenne, soit l’infection bactérienne la plus souvent diagnostiquée chez les jeunes enfants et une cause principale des visites chez le médecin. Dans le cadre de l’étude de la Stratégie sur la qualité de l’air transfrontalier, des chercheurs à l’Université de la Colombie-Britannique ont évalué la relation entre la pollution atmosphérique ambiante et les otites moyennes. Tous les enfants nés d’accouchements simples dans le bassin atmosphérique de Georgia Basin entre 1999 et 2000 ont été suivis jusqu’à l’âge de 2 ans (MacIntyre et al., 2011). Les expositions à la pollution atmosphérique d’origine résidentielle ont été estimées à l’aide de la surveillance des données (CO, NO, NO2, O3 , MP2,5, MP10, SO2), les modèles de régression de l’utilisation des terres temporairement ajustés (NO, NO2, MP2,5, carbone noir, fumée de bois), et la proximité des routes et des sources ponctuelles. Les résultats indiquent que des 45 513 enfants (76 % de l’ensemble des naissances entre 1999 et 2000), 42 % ont eu une ou plusieurs otites moyennes diagnostiquées par un médecin au cours de la période de suivi de deux ans. Des corrélations entre les otites moyennes et certaines émissions de la circulation principale (NO) ont été observées. Une forte association entre la fumée de bois résidentielle et les otites moyennes a été observée. Les résultats de cette étude indiquent que, même dans une région qui présente des niveaux de pollution atmosphérique ambiante relativement faibles, des associations modestes, mais constantes ont été observées entre certains polluants atmosphériques et les otites moyennes chez les jeunes enfants.

Maladies cardiovasculaires chez l’adulte

Des études menées par Gan et al. (2010, 2011) ont examiné la relation entre la proximité résidentielle à la circulation et la mortalité due à la coronaropathie. La cohorte basée sur la population était composée de 414 793 résidents de la région métropolitaine de Vancouver, au Canada, âgés de 45 à 85 ans qui n’avaient jamais reçu un diagnostic de coronaropathie. D’après les données de régression de l’utilisation des terres, les sujets ayant toujours vécu à proximité de la circulation et ceux ayant vécu tantôt à proximité de la circulation, tantôt à l’écart de la circulation, ont connu une plus grande exposition à la pollution atmosphérique liée à la circulation (MP2,5, NO2, NO et carbone noir), par rapport à ceux qui ont toujours vécu à l’écart de la circulation. Les résultats indiquent également que le fait de vivre à proximité de la circulation était associé à une augmentation du risque de mortalité due à la coronaropathie, tandis que le fait de s’éloigner de la circulation était associé à une diminution des risques. L’exposition à long terme aux matières particulaires fines de la pollution atmosphérique liée à la circulation, dont la présence est indiquée par le carbone noir, peut expliquer en partie les liens observés entre l’exposition à la circulation routière et les résultats néfastes sur le système cardiovasculaire. Une force majeure de cette étude était sa capacité de réduire la classification erronée des expositions en tenant compte de la réinstallation résidentielle au cours de la période d’exposition. L’intégration de renseignements détaillés sur l’historique résidentiel au moment de déterminer le statut d’exposition dans une grande cohorte basée sur la population a permis l’observation de nouveaux résultats.

14.1.2 Études du fardeau sur la santé occasionné par les incidences liées au cancer

Une étude sur les incidences liées au cancer attribuables à la qualité de l’air, menée par Levelton Engineering Ltd, Alchemy Consulting Inc. et le Dr D.V. Bates (2000), a examiné les préoccupations environnementales connexes, les risques pour la santé et les compromis associés aux matières particulaires du diesel dans la vallée du bas Fraser de la Colombie-Britannique. Cette étude a utilisé des estimations faites par le California Air Resources Board (CARB), où le facteur de risque de cancer associé à une exposition continue aux matières particulaires du diesel est de 300 cas de cancer par million de personnes si une personne est exposée à un (1) µg/m3de matières particulaires de diesel sur une durée de vie de 70 ans. D’après ces estimations, il a été déterminé que le risque de cancer associé aux matières particulaires du diesel dans la vallée du bas Fraser semble représenter une petite part du risque de cancer à vie total provenant d’autres sources (environ 200 000 à 250 000 cas par million d’habitants) sur une période de 70 ans. La baisse estimée de 45 % des émissions de matières particulaires de diesel par rapport aux niveaux actuels, qui devrait survenir entre 2010 et 2015 par suite de la mise en œuvre de mesures de gestion de la qualité de l’air, est censée entraîner une réduction potentielle des risques de cancer (Levelton Engineering et al., 2000).

Une deuxième étude sur les substances toxiques atmosphériques, menée par la Puget Sound Clean Air Agency, s’est penchée sur les risques potentiels pour la santé des habitants de Puget Sound qui sont liés à un certain nombre de contaminants atmosphériques. Cette étude a révélé que le principal effet des produits chimiques sur la santé était le cancer du poumon, principalement lié à la suie provenant de moteurs diesel. Toujours selon cette étude, la suie provenant de moteurs diesel représentait, en moyenne, entre 70 % et 85 % des risques totaux de cancer liés aux substances toxiques atmosphériques dans la région de Puget Sound. La fumée de bois, le benzène, le formaldéhyde, le tétrachlorure de carbone et un certain nombre d’autres toxines ont également été considérés comme des facteurs qui contribuent au cancer, comme l’illustre le tableau 14.1. En plus du cancer du poumon, les toxines atmosphériques ont également contribué à la leucémie, au cancer nasal et au cancer du foie. Le risque moyen de cancer lié aux toxines atmosphériques surveillées dans la région du Grand Seattle/King Country a été déterminé comme étant d’environ 550 cas par million d’habitants. Le risque de cancer était similaire dans les différentes régions surveillées de Puget Sound (Keill et Maykut, 2003).

14.1.3 Études du fardeau sur la santé occasionné par les incidences non liées au cancer

Un document produit pour la régie de santé South Fraser Health Region de la Colombie-Britannique, en 2001, indiquait que le nombre de mortalités attribuables à la pollution atmosphérique dans le Lower Mainland était presque identique au nombre de mortalités attribuables au VIH, aux chutes accidentelles ou aux accidents de la circulation » (South Fraser Health Region, 2001). Une étude de Santé Canada passant en revue 10 années de données a révélé que les mortalités non accidentelles dans le Grand Vancouver ont augmenté de 8,3 % au cours des journées de forte pollution (Burnett et al., 1998). Des études réalisées dans le Grand Vancouver ont trouvé que, grâce à une réduction de 25 % des MP10, plus de 2 700 décès prématurés et 33 000 visites à l’urgence pourraient être évités sur une période de 30 ans (Nugent, 2002).

Une étude menée par Jackson et al. (2010) a examiné les prévisions de mortalité excessive causée par une augmentation des concentrations d’ozone troposphérique au demi-siècle (2045-2054) dans les comtés de King et de Spokane dans l’État de Washington. Le taux de mortalité global et le taux de mortalité cardio-pulmonaire ont été estimés à l’aide des mesures de l’ozone actuelles (1997-2006) et des prévisions d’ozone au milieu du XXIe siècle, combinées aux données dose-effet tirées des publications scientifiques. On prévoit que les concentrations moyennes quotidiennes maximales sur 8 heures seront de 16 % à 28 % plus élevées d’ici 2045-2054. D’ici le milieu du siècle dans le comté de King, le taux de mortalité non traumatique liée à l’ozone devrait augmenter par rapport au niveau de référence (0,026 par 100 000), passant à 0,033. Le taux de mortalité cardio-pulmonaire par 100 000 habitants liée à l’ozone devrait augmenter, passant de 0,011 à 0,015.

14.2 Incidence d’une mauvaise qualité de l’air sur la situation socioéconomique

Dans ce chapitre, les coûts économiques de la pollution atmosphérique sont classés en trois grands volets : les incidences sur la santé, les incidences sur la visibilité et les incidences sur l’environnement. En général, des coûts importants sont associés aux incidences sur la santé. La visibilité réduite peut avoir une incidence sur les revenus touristiques et sur le plaisir de regarder les paysages naturels. La pollution atmosphérique entraîne des conséquences écologiques, ce qui pourrait faire diminuer le rendement des cultures et nuire aux écosystèmes naturels et aux activités économiques connexes.

14.2.1 Incidences liées à la santé

La pollution atmosphérique a diverses incidences négatives sur la santé humaine, à savoir l’aggravation de l’asthme et des problèmes respiratoires, l’augmentation du nombre d’admissions dans les salles d’urgence et des hospitalisations, et le risque accru de décès prématuré. Des techniques sont disponibles pour quantifier la valeur socioéconomique de ces incidences. Ces méthodes se concentrent généralement sur l’incidence totale d’une mauvaise santé, évalué du point de vue de la qualité de vie. Ainsi, ces valeurs économiques comprendront les coûts associés aux problèmes de santé tels que l'augmentation des coûts médicaux et la réduction de la productivité des travailleurs, et les incidences sur la qualité de vie tels que l'augmentation de la douleur et de la souffrance, ou le risque de mortalité accru.

Des modèles spécifiquement conçus pour cette analyse incluent le programme Coûts des soins de santé associés à la pollution de l’air (ICAP, Ontario Medical Association, 2008) ou l’outil pour évaluer les avantages d’une meilleure qualité de l’air (OEAQA) (Judek et al., 2006). Ces outils aident à estimer les bienfaits pour la santé et le bien-être associés aux améliorations de la qualité de l’air ambiant en utilisant l’« approche de fonction de dommage ». Il s’agit d’une méthode généralement acceptée dans laquelle un changement de la qualité de l’air est précisé par l’analyste et dans laquelle des facteurs de risque servent à quantifier les incidences sur la santé et les domaines connexes.

À l’échelle locale, une étude menée par Furberg et Preston (2005) dans le bassin atmosphérique de Georgia Basin/Puget Sound estime qu’une amélioration de 10 % de l’ozone troposphérique et des matières particulaires (MP2,5) par rapport aux niveaux de concentration de base sur cinq ans (1999-2003) se traduirait par des avantages annuels dans la santé et autres domaines connexes, dont les retombées seraient respectivement estimées à 24,8 millions de dollars ($CAN) et 268,8 millions de dollars ($CAN) (dollars de 2003, non actualisés) dans la vallée du bas Fraser et le comté de Whatcom en 2010. Ces avantages exprimés en termes monétaires sont généralement attribuables à des résultats en matière de mortalité d’environ 80 % pour ce qui est des MP2,5 et de l’ozone. Néanmoins, les problèmes de santé, comme la bronchite chronique et les jours d’activité restreinte mineure, sont également des facteurs importants. En tenant compte d’une prévision de croissance de la population au sein de la région, ces valeurs devraient augmenter et passer à 27,7 millions de dollars ($CAN) et à 300,1 millions de dollars ($CAN) pour l’ozone et les matières particulaires, respectivement, d’ici 2020.

Tableau 14.3 Valeur annuelle des problèmes de santé liés aux changements dans la qualité de l’air ambiant (Furberg et Preston, 2005).

Problèmes de santé
Valeur annuelle
2010 - 10 % de changement dans la qualité de l’air ambiant de base2020 - 10 % de changement dans la qualité de l’air ambiant de base
Évaluation non actualisée
($CAN de 2003)
Évaluation non actualisée
($CAN de 2003)
Concentration moyenne d’ozoneConcentration moyenne de MP2,5Total moyenConcentration moyenne d’ozoneConcentration moyenne de MP2,5Total moyen
Ouest de la vallée du bas Fraser19 317 020 $208 470 479 $227 787 499 $21 385 497 $230 792 642 $252 178 139 $
Est de la vallée du bas Fraser3 262 648 $30 091 799 $33 354 447 $3 746 065 $34 549 484 $38 295 550 $
Comté de Whatcom2 259 384 $30 239 319 $32 498 703 $2 598 789 $34 782 083 $37 380 872 $
Total24 839 052 $268 801 597 $293 640 649 $27 730 352 $300 124 209 $327 854 561 $
Description du tableau 14.3

Le tableau 14.3 montre la valeur annuelle des problèmes de santé liés à une amélioration de 10 % de l'ozone troposphérique et des matières particulaires (MP2,5) par rapport aux niveaux de concentration de base sur cinq ans (1999-2003).

La première colonne du tableau porte le titre « Valeur annuelle des problèmes de santé » dans la première cellule, ensuite les trois régions à l'étude (ouest de la vallée du bas Fraser, est de la vallée du bas Fraser, et le comté de Whatcom), et finalement, le total.

La deuxième colonne a les en-têtes globaux « 2010 - 10 % de changement dans la qualité de l'air ambiant de base » et « Évaluation non actualisée ($CAN de 2003) ». Sous ces en-têtes, la colonne est ensuite subdivisée en trois colonnes portant les en-têtes « Concentration d'ozone moyenne », « Concentration de MP2,5moyenne » et « Total moyen ». Dans chacune de ces sous-colonnes, la valeur en dollars associée à chacun des titres d'en-tête est donnée pour chaque région à l'étude.

La deuxième colonne a les en-têtes globaux « 2010 - 10 % de changement dans la qualité de l'air ambiant de base » et « Évaluation non actualisée ($CAN de 2003) ». Sous ces en-têtes, la colonne est ensuite subdivisée en trois colonnes portant les en-têtes « Concentration d'ozone moyenne », « Concentration de MP2,5moyenne » et « Total moyen ». Dans chacune de ces sous-colonnes, la valeur en dollars associée à chacun des titres d'en-tête est donnée pour chaque région à l'étude, et ensuite le total pour toutes les régions.

La troisième colonne a les en-têtes globaux « 2020 - 10 % de changement dans la qualité de l'air ambiant de base » et « Évaluation non actualisée ($CAN de 2003) ». Sous ces en-têtes, la colonne est ensuite subdivisée en trois colonnes portant les en-têtes « Concentration d'ozone moyenne », « Concentration de MP2,5moyenne » et « Total moyen ». Dans chacune de ces sous-colonnes, la valeur en dollars associée à chacun des titres d'en-tête est donnée pour chaque région à l'étude, et ensuite le total pour toutes les régions.

 

14.2.2 Incidences sur la visibilité

La région de Georgia Basin/Puget Sound est reconnue pour ses zones côtières du Pacifique spectaculaires, ses majestueuses montagnes et ses uniques paysages qui attirent des visiteurs de partout dans le monde. Le tourisme y est un facteur économique clé. Comme de nombreuses personnes visitent cette région pour profiter des vues spectaculaires que la région a à offrir, les problèmes de visibilité pourraient obstruer ces vues et avoir des répercussions négatives sur le tourisme.

Une étude menée dans le Nord-Ouest du Pacifique (région métropolitaine de Vancouver et du district régional de la vallée du Fraser) (McNeill et Roberge, 2000) a conclu que la visibilité réduite résultant de la pollution atmosphérique pourrait avoir des répercussions importantes sur les revenus touristiques de la région. L’étude consistait à interroger les touristes de la région pour évaluer comment ils percevaient les journées de mauvaise visibilité. On a présenté aux participants à l’enquête une série d’images photographiques illustrant la perte de visibilité (représentée par l’indice BSP, qui mesure la lumière diffusée par les particules). On leur a demandé ensuite si chacun des scénarios présentés (illustrant différents degrés de mauvaise visibilité) avait influencé leur décision de recommander la région à d’autres personnes ou d’y revenir pour de futures visites.

Tableau 14.4 Pertes potentielles de revenus touristiques associées à des épisodes de mauvaise visibilité (McNeill et Roberge, 2000).

Pertes potentielles de revenus touristiques liées à des épisodes de mauvaise visibilité (Par épisode)
Indice BSPRégion du Grand Vancouver
Pertes de revenus
(en millions $CAN)
Région de la vallée du Fraser
Pertes de revenus (en millions $CAN)
Total
(en millions $CAN)
,05
4,03 $
0,50 $
4,53 $
,06
4,87 $
0,64 $
5,51 $
,07
5,63 $
0,78 $
6,41 $
,08
6,25 $
0,91 $
7,16 $
,09
6,71 $
1,03 $
7,74 $
,10
7,02 $
1,12 $
8,14 $
,11
7,24 $
1,20 $
8,44 $
,12
7,36 $
1,27 $
8,63 $
,13
7,45 $
1,32 $
8,77 $

Remarque : Plus l’indice BSP est élevé, moins la visibilité est bonne.

Description du tableau 14.4

Le tableau 14.4 porte le titre global « Pertes potentielles de revenus touristiques liées à des épisodes de mauvaise visibilité (par épisode) ». Dans la rangée sous ce tableau sont les en-têtes « Indice BSP », « Pertes de revenus de la région du Grand Vancouver (en millions $CAN) », « Pertes de revenus de la région de la vallée du Fraser (en millions $CAN) », et « Total (en millions $CAN) ». La première colonne montre les indices BSP suivants : 0,05; 0,06; 0,07; 0,08; 0,09; 0,10; 0,11; 0,12; et 0,13. L'indice BSP est une mesure de la lumière diffusée par les particules; plus l'indice BSP est élevé, moins la visibilité est bonne. Dans la deuxième colonne, on trouve un montant en dollars pour les pertes de revenus de la région du Grand Vancouver pour chaque indice BSP. Dans la troisième colonne, on trouve un montant en dollars pour les pertes de revenus de la région de la vallée du Fraser pour chaque indice BSP. Dans la quatrième colonne, on trouve un montant en dollars pour les pertes de revenus totales pour chaque indice BSP.

 

Pour un seul épisode extrême de mauvaise visibilité censé se produire pendant la saison touristique de pointe, les pertes de revenus touristiques régionaux ont été estimées à 7,45 millions $CAN pour la région de Vancouver et à 1,32 million $CAN pour la vallée du Fraser. Ces estimations ne représentent pas les moyennes annuelles des pertes de revenus touristiques résultant de la pollution atmosphérique visible qui, prises globalement, donneraient un chiffre plus important. Comme les épisodes de mauvaise qualité de l’air moins extrêmes sont plus fréquents, ils peuvent avoir une plus grande incidence cumulative que les épisodes plus extrêmes. Cependant, il faut reconnaître que le modèle a certaines limites, notamment le recours à des hypothèses simplificatrices concernant le recrutement touristique et l’omission de facteurs dynamiques tels que la période et le nombre de visites renouvelées, et les conséquences à long terme de la mauvaise visibilité persistante sur le plan de la réputation (McNeill et Roberge, 2000).

Une autre étude réalisée dans la région du Lower Mainland a utilisé des techniques d’enquête de préférence déclarée pour les choix des contingences pour estimer la valeur monétaire que les individus sont prêts à payer pour une meilleure visibilité. L’expérience de choix discrets s’est axée sur trois différents attributs : la perception de visibilité (basée sur une série d’images photographiques), les risques pour la santé (fondés sur l’indice de qualité de l’air) et le coût par ménage (le mode de paiement de préférence). Les retombées sur le bien-être, associées à une amélioration de 5 % à 20 % de la portée visuelle, sont estimées respectivement à 29,38 $CAN et à 48,55 $CAN par ménage par an. Ces estimations représentent la valeur annuelle que chaque ménage est prêt à payer pour divers degrés d’amélioration de la visibilité. Les auteurs font remarquer que les valeurs se situent dans le bas de l’échelle des études réalisées dans d’autres villes des États-Unis, ce qui laisse penser que les faibles valeurs tiennent peut-être du fait que la visibilité dans la région d’étude est meilleure que celle observée dans les autres régions d’étude (Haider et al., 2002).

Tableau 14.5 Montant estimé que les ménages sont prêts à payer pour une amélioration de la visibilité (Haider et al., 2002).
HypothèsesChangements en matière de visibilité
Changement dans la portée visuelle (%) 151020
Changement dans la portée visuelle (km) 13,016,0012,00
Changement dans le nombre de jours d’excellente visibilité 21,693,376,74
Estimation du bien-être ($CAN de 2002)
(Offres de contestation exclues)
29,38 $35,77 $48,55 $

Remarques :

1 Un changement dans la portée visuelle est basé sur une portée visuelle quotidienne moyenne de 60 km pour une période de 60 jours durant la saison d’été.

2Défini comme un changement dans les jours de visibilité allant de « mauvaise » à « excellente », ce qui se traduit par une augmentation de la portée visuelle quotidienne moyenne de 1,78 km (~3 %).

Description du tableau 14.5

Le tableau 14.5 montre les montants estimés que les ménages sont prêts à payer pour un éventail d'améliorations de la visibilité.

Le tableau a deux colonnes avec les en-têtes « Hypothèses » et « Changements en matière de visibilité ». La dernière colonne est ensuite divisée en trois sous-colonnes qui représentent différents scénarios de visibilité.

La première valeur dans la colonne « Hypothèses » correspond aux changements dans la portée visuelle (en pourcentage) (il faut noter qu'un changement dans la portée visuelle est basé sur une portée visuelle quotidienne moyenne de 60 km pour une période de 60 jours durant la saison d'été). Les changements dans la portée visuelle pour les trois différents scénarios de visibilité sont 5 %, 10 % et 20 %.

La deuxième valeur dans la colonne « Hypothèses » correspond aux changements dans la portée visuelle (en kilomètres) (il faut noter qu'un changement dans la portée visuelle est basé sur une portée visuelle quotidienne moyenne de 60 km pour une période de 60 jours durant la saison d'été). Les changements dans la portée visuelle pour les trois différents scénarios de visibilité sont 3,01, 6,00 et 12,00.

La troisième valeur dans la colonne « Hypothèses » correspond au changement dans le nombre de jours d'excellente visibilité (défini comme un changement dans les jours de visibilité allant de « mauvaise » à « excellente », ce qui se traduit par une augmentation de la portée visuelle quotidienne moyenne de 1,78 km [~3 %]). Les changements dans le nombre de jours d'excellente visibilité pour les trois différents scénarios de visibilité sont de 1,69, 3,37 et 6,74.

La quatrième valeur de la colonne « Hypothèses » correspond à l'estimation du bien-être ($CAN de 2002) (offres de contestation exclues). Les estimations du bien-être pour les trois différents scénarios de visibilité sont de 29,38 $, 35,77 $ et 48,55 $.

 

En s’appuyant sur les conclusions de cette étude, Environnement Canada a élaboré un module d’évaluation qui a été intégré au modèle d’évaluation de la qualité de l’air (MEQA2) afin d’estimer le changement monétaire dans le bien-être résidentiel dû à un changement dans la portée visuelle. À cette fin, les changements dans la portée visuelle associés aux différents niveaux ambiants de pollution atmosphérique se traduisent par des changements dans l’échelle deciview, qui est un indice visuel conçu pour être linéaire relativement aux changements visuels perçus sur toute sa portée. L’échelle deciview est de zéro pour des conditions vierges et augmente au fur et à mesure que la visibilité se dégrade. Une diminution d’un (1) deciview correspond à peu près à une amélioration de 10 % de la portée visuelle (en km), quelle que soit la portée visuelle initiale. En supposant que le bien-être est proportionnel au changement dans l’échelle deciview, les estimations de la volonté de payer pour l’amélioration de la visibilité peuvent être calculées pour les ménages canadiens et utilisées comme valeurs indicatives dans le cadre de l’analyse des politiques environnementales.

14.2.3 Incidences sur l’environnement

La pollution atmosphérique fatigue les écosystèmes naturels et diminue leur capacité à fournir des biens et des services écologiques, ce qui peut se traduire ensuite par des pertes économiques pour les industries à base de matières premières telles que la foresterie, la pêche et l'agriculture. Bien que le nombre d’études disponibles axées sur le bassin atmosphérique de Georgia Basin/Puget Sound soit limité, la valeur économique de ces incidences sur l’environnement pourrait tout de même être importante.

Agriculture

La pollution atmosphérique a des incidences directes sur la production agricole. Divers polluants, l’un des plus importants étant l’ozone, peuvent affecter les processus végétaux qui contrôlent ou modifient la croissance et la reproduction, ce qui pourrait potentiellement augmenter ou baisser le rendement agricole. Une concentration élevée d’ozone troposphérique est le problème de qualité de l’air le plus important ayant une incidence sur la production agricole. L’exposition des plantes à l’ozone troposphérique peut entraîner des dommages visibles aux feuilles, la modification de l’allocation de glucide (ce qui entraîne une diminution de la croissance et du rendement), et l’altération des modèles concurrentiels dans les communautés végétales et les écosystèmes (Environnement Canada et Santé Canada, 1999; Guderian et al., 1985). L’Environmental Protection Agency des États-Unis indique que l’exposition à l’ozone a une incidence sur les processus physiologiques des plantes, dont une réduction de la photosynthèse et une augmentation de la sénescence des feuilles pouvant mener à une réduction de la croissance des plantes. L’exposition à l’ozone peut également entraîner une diminution de l’absorption d’éléments nutritifs, de la capacité concurrentielle et de l’efficacité de la reproduction, ainsi que l’augmentation de la lixiviation foliaire et de la sensibilité aux maladies des racines, à la sécheresse et au déracinement par le vent (Environment Protection Agency des États-Unis, 2010b).

Le Lower Mainland est une importante région de production alimentaire, et le Grand Vancouver a produit 27 % des revenus agricoles bruts de la Colombie-Britannique (2006) sur seulement 1,5 % des terres provinciales (Grand Vancouver, 2009). Les dommages économiques des pertes agricoles associées à une mauvaise qualité de l'air sont donc une source de préoccupation à l'échelle régionale.

La recherche conclut que la diminution des concentrations d’ozone durant la saison estivale entraînera l’amélioration du rendement des légumes, des baies et des cultures fourragères. Une étude menée dans le cadre d’une analyse coûts-avantages du Plan initial de gestion de la qualité de l’air du district régional du Grand Vancouver, a estimé les incidences de la qualité de l’air sur sept différentes cultures qui découleraient de la mise en œuvre du plan de gestion et des normes sur les émissions des véhicules. Les retombées découlant des efforts de réduction des dommages causés aux cultures dans la vallée du bas Fraser, avec la mise en œuvre du plan initial de gestion de la qualité de l’air et des normes sur les émissions des véhicules, étaient estimées à 3 millions $CAN (dollars de 1993) en 2005 (ARA Consulting et experts-conseils de BOVAR-Concord Environmental, 1994).

En s’appuyant sur les fonctions biologiques exposition-réponse, Environnement Canada a élaboré un module d’évaluation pour le modèle d’évaluation de la qualité de l’air (MEQA2) afin de fournir une indication des effets du changement des niveaux d’ozone troposphérique en été sur le produit de la vente des producteurs canadiens de cultures agricoles (Folkins, 2008). Les changements dans la production (rendement en tonnes) et le produit de la vente prévu peuvent être estimés pour 19 types de cultures.

Écosystèmes forestiers

La pollution atmosphérique est également associée aux dommages causés aux écosystèmes forestiers. Par exemple, l’exposition à l’ozone peut entraîner des symptômes foliaires visibles, une réduction de la croissance des arbres et de leur productivité, et une augmentation de la vulnérabilité aux attaques des ravageurs (Karnosky et al., 2007; Percy et al., 2009). Ces effets peuvent causer des pertes économiques pour l’industrie du bois en diminuant le rendement du bois ou en repoussant la période optimale de la récolte. En outre, la réduction du volume de bois peut nuire à la capacité des écosystèmes forestiers d’emmagasiner le carbone (Wittig et al., 2009) et de fournir d’autres précieux services écologiques.

Écosystèmes aquatiques

Les émissions de polluants atmosphériques, tels que les oxydes de soufre et les oxydes d’azote, peuvent interagir dans l’atmosphère pour finalement former des dépôts acides qui contribuent à l’acidification ou à l’eutrophisation de l’eau. En favorisant la prolifération des algues et des cyanobactéries, l’eutrophisation peut entraîner une diminution des activités récréatives et des revenus touristiques à proximité des lacs ou des cours d’eau touchés, générer des mauvaises odeurs et des nuisances visuelles, menacer la biodiversité aquatique, réduire la valeur des terrains et augmenter les coûts du traitement de l’eau potable (Dodds et al., 2009). En réduisant la population de poissons, l’acidification ou l’eutrophisation des lacs et des cours d’eau peut aussi avoir un effet défavorable sur l’industrie de la pêche récréative.

Souillure des matériaux

La souillure des matériaux est un autre dommage économique reconnu qui est associé à la pollution atmosphérique. Les matériaux sont touchés par les particules en suspension dans l’air par la souillure, l’érosion ou la corrosion des surfaces (Environnement Canada et Santé Canada, 1999). Bien qu’elle soit limitée, la documentation existante fournit diverses estimations pour quantifier le coût économique de la souillure des matériaux. D’après ces estimations, le modèle d’évaluation de la qualité de l’air peut fournir des valeurs indicatives des dépenses évitées en matière de nettoyage pour les foyers résidentiels, associées à un changement de la concentration ambiante de particules (MP10) (Chestnut et al., 1999).

14.3 Résumé du chapitre

Une mauvaise qualité de l’air a une incidence sur la santé humaine et l’activité économique, en plus de diminuer la qualité de vie des résidents. Dans le bassin atmosphérique de Georgia Basin/Puget Sound, on a découvert que les niveaux actuels de pollution atmosphérique avaient des incidences mesurables sur la santé. Par l’entremise de la Stratégie sur la qualité de l’air transfrontalier, de nouveaux projets de recherche propres au bassin atmosphérique de Georgia Basin/Puget Sound ont fourni une meilleure compréhension de l’association entre une exposition accrue aux polluants atmosphériques et un risque accru d’issues indésirables de la grossesse, de maladies respiratoires chez l’enfant et de maladies cardiovasculaires chez l’adulte. Les résultats de ces études ont mis en évidence la possibilité d’atténuer les effets néfastes sur la santé grâce à la prise en compte de la circulation et de la proximité aux autoroutes pendant l’aménagement urbain, ainsi que des stratégies pour réduire les émissions provenant de la combustion résidentielle du bois. En plus des effets sur la santé, la pollution a des répercussions économiques qui peuvent toucher l’agriculture, la visibilité, le bien-être récréatif et l’état général des écosystèmes naturels.

14.4 Références

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Pour des renseignements supplémentaires:

www.ec.gc.ca

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Centre d'information
10, rue Wellington, 23e étage
Gatineau QC K1A 0C3
Téléphone: 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800
Fax: 819-994-1412
ATS: 819-994-0736
Email: enviroinfo@ec.gc.ca

 

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Région 10
1200 Sixth Avenue, Suite 900
Seattle, WA 98101
Téléphone: 1-206-553-1200
Sans frais: 1-800-424-4EPA (4372)

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